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Le cœur des femmes : risques, symptômes, prévention

Le cœur des femmes : risques, symptômes, prévention

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité des femmes, et leurs signes sont parfois discrets. Facteurs de risque, symptômes et prévention.

Le cœur des femmes : un risque longtemps sous-estimé

Les maladies cardiovasculaires sont devenues la première cause de mortalité chez les femmes en France, avec plus de 75 000 décès par an selon l’Assurance Maladie.[1] Pourtant, elles restent souvent perçues comme un problème masculin, ce qui retarde l’alerte et le diagnostic.

Les femmes sont aussi touchées plus tôt qu’on ne le croit. L’Assurance Maladie rapporte une hausse d’environ 25 % de l’incidence de l’infarctus chez les femmes non ménopausées, surtout entre 45 et 64 ans.[1]

À retenir

Le risque cardiovasculaire féminin dépend des facteurs classiques et de facteurs liés à la vie hormonale. La majorité des facteurs de risque se corrigent.

Facteurs de risque : classiques et propres aux femmes

Les facteurs que l’on partage avec les hommes

  • Tabac : premier facteur évitable, particulièrement dangereux associé à une contraception œstrogénique.
  • Hypertension artérielle, souvent silencieuse.
  • Diabète et cholestérol élevé.
  • Sédentarité, alimentation déséquilibrée, surpoids.
  • Stress chronique et manque de sommeil.

Les facteurs liés à la vie hormonale

Périodes et situations à surveiller
PériodeCe qui augmente le risqueConduite utile
Contraception hormonaleRisque de thrombose accru en cas de tabac, d’hypertension ou d’autres facteursFaire le point avec son médecin avant de commencer ou de continuer
GrossessePrééclampsie et diabète gestationnel, marqueurs de risque ultérieurSignaler ces antécédents et assurer un suivi tensionnel et glycémique
MénopausePerte de la protection hormonale, élévation de la tension et du cholestérolContrôler régulièrement tension, bilan lipidique et glycémie

Les recommandations européennes de prévention intègrent ces éléments (complications de grossesse, ménopause précoce) parmi les facteurs qui modulent le risque cardiovasculaire d’une femme.[2]

Infarctus chez la femme : des signes parfois atypiques

Ce que dit la science

Dans un registre américain de plus d’un million de patients hospitalisés pour infarctus, 42,0 % des femmes n’avaient pas de douleur thoracique, contre 30,7 % des hommes. Cette différence était plus marquée chez les moins de 45 ans.[3]

Limite : il s’agit d’une étude d’observation américaine, sur des données de 1994 à 2006. Elle décrit une tendance et ne permet pas de prédire la présentation chez une personne donnée.

Les signes peuvent donc être discrets et attribués à tort au stress, à la fatigue ou à la digestion.

  • Gêne ou douleur dans le cou, la mâchoire, le dos ou le haut de l’abdomen.
  • Essoufflement inhabituel.
  • Nausées, vomissements, sueurs.
  • Fatigue intense et soudaine, sans explication.
  • Palpitations, vertiges ou malaise.
Urgence : composez le 15 ou le 112

Devant un ou plusieurs de ces signes inhabituels et persistants, n’attendez pas. Mieux vaut une alerte inutile qu’un infarctus négligé.

Prévention : ce qui compte vraiment

  1. Arrêter le tabac, en particulier en cas de contraception œstrogénique.
  2. Bouger régulièrement : l’OMS recommande 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.[4]
  3. Surveiller ses chiffres : tension, cholestérol, glycémie.
  4. Manger équilibré, en limitant sel, sucres rapides et graisses saturées.
  5. Dormir et gérer le stress.
  6. Participer à la réadaptation cardiaque après un événement, quand elle est proposée.

Pour démarrer, la marche régulière est un bon point d’entrée, et la zone 2 en cardio permet de doser l’intensité. En cas d’hypertension, voir notre guide sport et hypertension. Après la ménopause, la santé osseuse compte aussi : ostéoporose et sport.

Quand consulter ?
  • Douleur ou gêne thoracique, même brève, à l’effort.
  • Essoufflement ou fatigue nouveaux, sans cause évidente.
  • Palpitations répétées ou malaise.
  • Tension élevée à plusieurs mesures, ou antécédent familial précoce de maladie cardiaque.

Questions fréquentes

Ils peuvent être moins typiques : gêne dans le cou, la mâchoire, le dos ou le haut du ventre, essoufflement, nausées, sueurs, fatigue inhabituelle. Une douleur thoracique reste possible, mais elle est plus souvent absente que chez l’homme. Au moindre doute, appelez le 15 ou le 112.
Oui. D’après l’Assurance Maladie, elles sont devenues la première cause de mortalité chez les femmes en France, avec plus de 75 000 décès par an.
Les symptômes sont plus souvent atypiques et attribués à autre chose (stress, fatigue, digestion), et le risque est encore perçu comme masculin. L’Académie nationale de médecine a rapporté en 2025 une inégalité de prise en charge de l’infarctus chez les femmes.
Certaines contraceptions hormonales augmentent le risque de thrombose, surtout en cas de tabagisme, d’hypertension ou d’autres facteurs de risque. Parlez-en à votre médecin ou à votre gynécologue plutôt que d’arrêter seule un traitement.
Oui. L’OMS recommande 150 à 300 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine pour les adultes, avec un renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Après un événement cardiaque, la reprise se discute avec le médecin, souvent en réadaptation cardiaque.
Il n’y a pas d’âge minimal pour mesurer sa tension et connaître son cholestérol et sa glycémie, d’autant plus en cas de tabac, de diabète, d’hypertension, d’antécédents familiaux, de complications de grossesse ou de ménopause précoce.
À retenir

Le cœur des femmes mérite une attention précoce : ne pas fumer, bouger, surveiller sa tension, son cholestérol et sa glycémie, et ne jamais ignorer un signe inhabituel. Au moindre doute, appelez le 15 ou le 112, puis parlez de votre risque à votre médecin.

Aller plus loin

  1. Assurance Maladie (ameli.fr). Infarctus du myocarde chez la femme : causes et chiffres clés (page consultée en 2026). ameli.fr
  2. Visseren FLJ et al. 2021 ESC Guidelines on cardiovascular disease prevention in clinical practice. Eur Heart J. 2021;42(34):3227-3337. doi:10.1093/eurheartj/ehab484
  3. Canto JG et al. Association of age and sex with myocardial infarction symptom presentation and in-hospital mortality. JAMA. 2012;307(8):813-822. doi:10.1001/jama.2012.199
  4. Bull FC et al. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. Br J Sports Med. 2020;54(24):1451-1462. doi:10.1136/bjsports-2020-102955
Avertissement Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Il ne permet pas de poser un diagnostic. Les situations individuelles peuvent modifier les conseils donnés ici. En cas de douleur persistante, de doute ou de signe d’alerte, consultez un médecin ou un professionnel de santé.

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