Passer au contenu principal

jemeremetsausport.com

Rowing haltère à un bras

Rowing haltère à un bras
Rowing haltère à un bras-Crédit illustration © Adobe Stock

Vous faites du rowing haltère depuis des mois et ce sont vos biceps qui brûlent, pas votre dos. Le problème n'est presque jamais la charge : c'est par où vous démarrez le mouvement. Une fois ce détail corrigé, l'exercice devient l'un des meilleurs constructeurs de dos — et l'un des plus sûrs pour vos lombaires, chiffres à l'appui.

Qu'est-ce que le rowing haltère à un bras ?

Le rowing haltère à un bras — aussi appelé tirage haltère à un bras, tirage bûcheron ou one-arm dumbbell row — est un exercice de tirage horizontal unilatéral. Un genou et une main en appui sur un banc, on tire un haltère du sol vers le tronc, un côté à la fois.

Cet appui change tout. Il stabilise le buste, décharge le bas du dos et permet de se concentrer sur le travail dorsal plutôt que sur le maintien de la position. C'est ce qui en fait, avec les tractions et le rowing barre, l'un des trois piliers du travail du dos — et le plus accessible des trois.

  • Peu de matériel : un haltère et un banc, ou même une chaise stable à la maison.
  • Unilatéral : chaque côté travaille seul, ce qui révèle et corrige les déséquilibres. Voir les exercices unilatéraux.
  • Grande amplitude : sans barre pour buter contre le buste, l'haltère descend plus bas et monte plus haut.
  • Adaptable : de la version légère et contrôlée à la version lourde orientée force.
↑ Retour au sommaire

Les muscles sollicités

C'est un mouvement polyarticulaire qui recrute l'ensemble du dos, avec une contribution des bras et un travail de gainage souvent sous-estimé.

RôleMuscles
Moteur principalLe grand dorsal (latissimus dorsi), qui ramène le bras vers l'arrière et le bas. Voir les muscles du dos.
Renfort du grand dorsalLe grand rond (teres major), juste au-dessus, très actif quand le coude reste près du corps.
Épaisseur du dosLes trapèzes moyen et inférieur et les rhomboïdes, responsables de la rétraction des omoplates en fin de mouvement.
Arrière d'épauleLe deltoïde postérieur, d'autant plus sollicité que le coude s'écarte du buste. Voir les épaules.
Fléchisseurs du coudeLe biceps brachial et le brachial antérieur, assistants — jamais moteurs. Voir les biceps.
PriseLes avant-bras et les fléchisseurs des doigts, souvent le maillon faible sur les séries lourdes. Voir les avant-bras.
Stabilisation du troncLes obliques et la sangle abdominale, en anti-rotation : la charge d'un seul côté cherche en permanence à faire pivoter le buste. Voir les abdominaux.
Maintien du dosLes érecteurs du rachis, qui gardent la colonne neutre pendant tout le mouvement.
↑ Retour au sommaire

Ce que dit la science

On lit partout que le rowing à un bras « protège les lombaires ». C'est exact — et pour une fois, c'est mesuré. Une étude du laboratoire de biomécanique du rachis de l'université de Waterloo, dirigée par Stuart McGill, a comparé trois formes de tirage en enregistrant l'activité musculaire et la charge réelle sur la colonne[1].

Trois enseignements exploitables

1. La colonne travaille moins qu'au rowing barre. Le tirage à un bras et le tirage inversé maintiennent une colonne bien moins fléchie que le rowing barre buste penché, dont l'angle de flexion lombaire augmentait de près de 23 degrés. La compression articulaire mesurée était significativement plus élevée au rowing barre qu'aux deux autres.

2. Le dos travaille pourtant davantage. À charge équivalente, l'activation du grand dorsal atteignait environ 70 % de la contraction maximale au tirage à un bras, contre environ 55 % au rowing barre buste penché. Moins de contrainte lombaire, plus de travail dorsal : c'est le meilleur des deux mondes.

3. Le gainage anti-rotation est réel. Le tirage à un bras est celui qui sollicitait le plus les capacités de résistance à la torsion du tronc. Ce n'est pas un argument marketing : la charge d'un seul côté impose un travail anti-rotation mesurable.

La nuance honnêteCette étude portait sur sept participants et testait un tirage à un bras à la poulie, debout, et non la version sur banc décrite ici. La version avec appui sur banc réduit encore davantage la sollicitation lombaire, puisqu'une partie du poids du buste repose sur le bras d'appui — mais retenez que le mécanisme est démontré, pas la valeur exacte pour chaque variante.
↑ Retour au sommaire

La technique, pas à pas

Rowing haltère à un bras : genou et main en appui sur un banc plat, buste parallèle au sol, tirage de l'haltère vers la hanche coude le long du corps
Le rowing haltère à un bras : genou et main du même côté en appui, buste parallèle au sol, dos plat. Le coude longe le corps et remonte vers la hanche.

L'installation

  1. L'appui. Posez le genou et la main du même côté sur un banc plat. L'autre pied reste au sol, jambe légèrement fléchie, pied ancré.
  2. Le buste. Parallèle au sol, ou très légèrement relevé. Dos plat, cambrure naturelle conservée.
  3. Les hanches. « Carrées » : les deux crêtes iliaques à la même hauteur, sans ouverture d'un côté.
  4. La nuque. Neutre, dans le prolongement de la colonne : le regard tombe vers le sol, un mètre devant vous. Ne relevez pas la tête.
  5. La prise. Saisissez l'haltère en prise neutre (paume tournée vers le banc), bras tendu sans être verrouillé.
  6. Le gainage. Rentrez légèrement les côtes, serrez les abdominaux et les fessiers. Le tronc doit être solide avant le premier centimètre de tirage.

Le mouvement

  1. L'étirement de départ. En bas, laissez l'épaule descendre légèrement vers le sol pour pré-étirer le grand dorsal — sans laisser le buste tourner.
  2. L'amorce. Initiez par l'omoplate : rapprochez-la de la colonne avant même que le coude ne se plie. C'est le point technique décisif.
  3. Le tirage. Conduisez le coude vers l'arrière et le haut, en longeant le buste, jusqu'à ce que l'haltère arrive au niveau de la hanche ou du bas des côtes.
  4. La contraction. Marquez une seconde en position haute, omoplate serrée, épaule loin de l'oreille.
  5. La descente. Redescendez en 2 à 3 secondes, en contrôle, jusqu'au bras tendu et à l'épaule légèrement décrochée.
  6. Le côté. Terminez toutes les répétitions, puis changez. Commencez toujours par le côté faible.

La respiration

Inspirez pendant la descente, expirez en tirant. Sur les séries lourdes, bloquez brièvement la respiration en début de tirage pour renforcer le gainage, puis expirez en fin de mouvement.

↑ Retour au sommaire

Pourquoi vous sentez vos biceps et pas votre dos

Le problème numéro un du rowing haltère

C'est la plainte la plus fréquente sur cet exercice : « je ne sens rien dans le dos, tout part dans le bras ». La cause est presque toujours la même : vous démarrez le mouvement en pliant le coude. Or le biceps est un fléchisseur du coude : si c'est lui qui lance le geste, il prend la charge et le dos suit en spectateur.

La correction : le mouvement doit démarrer par l'omoplate, pas par le bras. Avant de plier le coude, rapprochez l'omoplate de la colonne d'un ou deux centimètres. Ensuite seulement, le coude se plie — comme une conséquence, pas comme une cause.

Trois images qui fonctionnent : « glissez l'omoplate dans la poche arrière de votre jean » ; « votre main n'est qu'un crochet, elle ne tire pas » ; « conduisez le coude vers la hanche », pas l'haltère vers le haut.

Le test : allégez de 30 % et refaites une série lente en pensant uniquement à l'omoplate. Si le ressenti dorsal apparaît, ce n'était pas la charge le problème — c'était l'ordre d'allumage.

↑ Retour au sommaire

Hanche ou côtes : où faut-il tirer l'haltère ?

Les deux trajectoires sont valables, mais elles ne développent pas la même chose. Le facteur déterminant est l'angle du coude par rapport au buste.

TrajectoireAngle du coudeAccent musculaire
Vers la hancheCoude près du corps (15-30°)Grand dorsal et grand rond : la largeur du dos
Vers le bas des côtesCoude modérément écarté (45°)Compromis équilibré, le plus courant
Vers le nombril, coude ouvertCoude écarté (60° et plus)Trapèzes moyens, rhomboïdes, deltoïde postérieur : l'épaisseur
Comment choisirSi votre dos manque de largeur, tirez vers la hanche, coude collé. S'il manque d'épaisseur entre les omoplates, ouvrez le coude et tirez plus haut. Le plus simple : alternez les deux d'une séance à l'autre, ou gardez la version coude près du corps sur les séries lourdes et la version coude ouvert sur les séries longues.
↑ Retour au sommaire

Les erreurs à éviter

ErreurConséquenceCorrection
Démarrer en pliant le coudeLe biceps prend la charge, le dos ne travaille pasAmorcer par l'omoplate, puis plier le coude
Arrondir le bas du dosCompression lombaire, perte de forceDos plat « comme une table », gainage actif, charge réduite
Faire pivoter le buste pour monter plus hautTriche, perte de tension, contrainte lombaireHanches carrées, résistez à la rotation : c'est le travail anti-rotation
Hausser l'épaule en fin de tirageLe trapèze supérieur prend le relaisÉpaule basse, loin de l'oreille, poitrine ouverte
Tirer avec de l'élanTemps sous tension réduit, risque accruTempo régulier, 1 s en haut, 2-3 s en descente
Amplitude écourtée en basPerte de l'étirement du grand dorsalBras tendu en bas, épaule qui se décroche légèrement
Relever la têteExtension cervicale, alignement rompuRegard au sol, un mètre devant, nuque neutre
Jambe d'appui négligéeBassin instable, compensationsPied bien ancré au sol, genou légèrement fléchi
Charger pour l'egoTechnique dégradée dès la 3ᵉ répétitionChoisir la charge qui permet 10 répétitions propres
Négliger le côté faibleLe déséquilibre s'installeCommencer par le côté faible, égaliser les répétitions
↑ Retour au sommaire

Charge, séries et répétitions

ObjectifFormat
Apprentissage3 séries de 12 à 15 répétitions par bras, charge légère, tempo lent.
Hypertrophie3 à 4 séries de 8 à 12 répétitions par bras, 1 à 3 répétitions en réserve.
Force4 à 5 séries de 5 à 8 répétitions par bras, charge lourde, technique irréprochable.
Endurance / congestion2 à 3 séries de 15 à 20 répétitions, charge modérée, en fin de séance.
Fréquence1 à 2 fois par semaine, dans une séance dos ou « pull ».
Repos60 à 90 s entre les séries ; jusqu'à 2 min sur les séries lourdes.

Comment choisir la bonne charge

  • Le test des 10 répétitions : prenez une charge avec laquelle vous faites 10 répétitions propres, sans rotation du buste ni élan. C'est votre point de départ.
  • Le critère d'arrêt : dès qu'une répétition demande de faire pivoter le buste ou de hausser l'épaule, la série est finie — même s'il en restait au programme.
  • La progression : ajoutez 2 à 2,5 kg quand vous atteignez le haut de votre fourchette sur toutes les séries. Voir la surcharge progressive.
  • Si la prise lâche avant le dos : c'est fréquent sur les séries lourdes. Travaillez la poigne à part, ou utilisez des sangles pour les dernières séries seulement — pas sur toutes, sous peine de laisser les avant-bras à la traîne.
↑ Retour au sommaire

Les variantes

  • Rowing 3 points : main libre en appui sur un rack ou un haltère lourd, les deux pieds au sol. Très stable, permet de charger lourd, tout en gardant un vrai travail anti-rotation.
  • Rowing un bras sans appui, buste penché : main libre sur la hanche ou le genou. Plus exigeant pour le gainage et les lombaires ; réservé aux pratiquants qui tiennent une colonne neutre sans y penser.
  • Rowing poitrine calée sur banc incliné : le buste repose sur un banc à 30-45°. La sollicitation lombaire devient minime — l'option de choix en cas de dos sensible ou en fin de séance.
  • Prise pronation (paume vers l'arrière) : accentue le deltoïde postérieur et les trapèzes moyens, réduit l'implication du biceps.
  • Tirage un bras à la poulie : tension plus régulière sur toute l'amplitude, excellent en séries longues. Voir le tirage horizontal à la poulie.
  • Rowing à un bras à la machine : trajectoire guidée, idéale pour débuter ou pour finir. Voir le rowing à un bras à la machine.
  • Rowing haltères à deux bras buste penché : la version bilatérale, plus lourde mais plus exigeante pour le dos. Voir le rowing avec haltères buste penché.

Choisir sa variante selon son profil

VarianteCharge possibleContrainte lombaireIdéale pour
Sur banc (genou + main)ÉlevéeFaibleTout le monde, par défaut
3 points (appui rack)Très élevéeModéréePrise de masse et de force
Sans appui, buste penchéTrès élevéePlus élevéeIntermédiaires et confirmés
Poitrine calée sur banc inclinéModéréeMinimeDos sensible, fin de séance
Poulie un brasModéréeFaibleSéries longues, congestion
↑ Retour au sommaire

Rowing haltère ou rowing barre : lequel choisir ?

CritèreRowing haltère à un brasRowing barre buste penché
Charge totaleMoindre (un bras à la fois)Supérieure
Contrainte lombaireFaible, grâce à l'appuiLa plus élevée des tirages courants
Activation du grand dorsalEnviron 70 % de la contraction maximaleEnviron 55 %
AmplitudeGrande, sans butéeLimitée par la barre sur le buste
DéséquilibresCorrigés, chaque côté autonomeLe côté fort compense
Gainage anti-rotationMarquéFaible
Temps par sérieDoublé (deux côtés)Économe

La réponse honnête : ils sont complémentaires. Le rowing barre reste imbattable pour accumuler du tonnage sur l'ensemble du dos. Le rowing haltère à un bras offre plus d'amplitude, plus d'activation dorsale à charge égale, moins de contrainte lombaire et corrige les asymétries. L'idéal est de faire cohabiter les deux dans la semaine, ou d'alterner par blocs de 4 à 6 semaines. En cas de lombaires sensibles, le choix penche nettement vers la version haltère.

↑ Retour au sommaire

Sa place dans un programme et progression sur 4 semaines

Où le placer dans la séance

  • Après un tirage vertical (tractions, tirage poitrine), pour couvrir le dos dans les deux plans : largeur puis épaisseur. Voir les tractions et le tirage vertical poitrine.
  • En premier exercice de tirage horizontal si votre priorité est le grand dorsal et que vous voulez y mettre vos meilleures séries.
  • Après le rowing barre, en second exercice, quand vous cherchez le volume et le ressenti plutôt que la charge maximale.
  • Équilibrez toujours avec du travail d'arrière d'épaule : voir le face pull.

Progression sur 4 semaines

  • Semaine 1 : 4 × 10 par bras, charge permettant 3 répétitions en réserve, tempo 1 s en haut / 3 s en descente, repos 90 s. Objectif : technique.
  • Semaine 2 : 4 × 10 par bras, même charge ou +2 kg, 2 répétitions en réserve, même tempo.
  • Semaine 3 : 5 × 8 par bras, charge plus lourde, 1 à 2 répétitions en réserve, repos 120 s.
  • Semaine 4 (allégée) : 3 × 10 par bras, charge de la semaine 1, tempo strict, accent sur la qualité. On consolide avant de repartir plus lourd.
Deux options utilesSi vos lombaires fatiguent en fin de cycle, remplacez la dernière séance par la version poitrine calée. Et pour finir une séance dos, ajoutez 1 à 2 séries de 15 répétitions au tirage poulie un bras : la tension y est plus régulière et le ressenti excellent.
↑ Retour au sommaire

Précautions

  • Lombaires sensibles ou antécédent de lombalgie : privilégiez la version poitrine calée ou la poulie, et progressez par petits incréments. Voir la lombalgie.
  • Épaule douloureuse : évitez de laisser l'épaule s'effondrer vers l'avant en bas du mouvement et gardez le coude plus près du corps.
  • Dos qui s'arrondit : c'est le signal d'arrêt. Aucune répétition supplémentaire ne vaut une colonne fléchie sous charge.
  • Coude sensible : si le biceps ou le coude prennent trop, revoyez l'amorce par l'omoplate avant d'incriminer la charge. Voir l'épicondylite.
  • Échauffement : mobilisez épaules et hanches, faites une série légère avant de charger. Voir l'échauffement musculaire.
  • Matériel : banc stable, sol non glissant, haltère posé à portée pour éviter de le ramasser en torsion.
↑ Retour au sommaire

En résumé. Le rowing haltère à un bras est l'un des meilleurs constructeurs de dos, et probablement le plus sûr des tirages lourds. Les mesures de laboratoire le confirment : comparé au rowing barre buste penché, il maintient une colonne bien moins fléchie, génère une compression lombaire plus faible, et sollicite pourtant davantage le grand dorsal à charge équivalente.

Le point qui décide de tout : amorcez par l'omoplate, pas par le coude. Si vous sentez vos biceps et pas votre dos, ce n'est presque jamais une question de charge, mais d'ordre d'allumage. Rapprochez l'omoplate de la colonne, puis conduisez le coude vers la hanche — la main n'est qu'un crochet.

Ensuite, tout est affaire de discipline : hanches carrées, dos plat, épaule basse, pause en haut, descente lente. Choisissez la charge qui vous permet dix répétitions propres, commencez par votre côté faible, et arrêtez la série dès que le buste commence à pivoter. C'est cette rigueur, plus que le poids sur l'haltère, qui construit un dos large, épais et symétrique.

Aller plus loin

FAQ — Le rowing haltère à un bras

Quels muscles travaille le rowing haltère à un bras ?

Principalement le grand dorsal, moteur du tirage, assisté du grand rond. Les trapèzes moyen et inférieur et les rhomboïdes assurent la rétraction des omoplates et donnent l'épaisseur du dos. Le deltoïde postérieur participe, d'autant plus que le coude s'écarte du buste. Le biceps et le brachial antérieur interviennent comme assistants, les avant-bras tiennent la prise, et les obliques travaillent en anti-rotation pour empêcher le buste de pivoter sous la charge décentrée.

Pourquoi je sens mes biceps et pas mon dos ?

Parce que vous démarrez le mouvement en pliant le coude. Le biceps étant un fléchisseur du coude, s'il lance le geste, il prend la charge et le dos ne fait que suivre. La correction : amorcez par l'omoplate. Avant de plier le coude, rapprochez l'omoplate de la colonne d'un ou deux centimètres, puis conduisez le coude vers la hanche. Pensez que votre main n'est qu'un crochet. Testez en allégeant de 30 % sur une série lente : si le ressenti dorsal apparaît, c'était bien l'ordre d'allumage, pas la charge.

Rowing haltère ou rowing barre : lequel choisir ?

Ils sont complémentaires. Le rowing barre permet de soulever plus lourd et d'accumuler du tonnage sur l'ensemble du dos. Le rowing haltère à un bras offre plus d'amplitude, corrige les déséquilibres, sollicite le gainage anti-rotation et impose une contrainte lombaire nettement plus faible. Les mesures de laboratoire montrent même une activation du grand dorsal supérieure à charge équivalente. L'idéal est de faire cohabiter les deux dans la semaine. En cas de lombaires sensibles, préférez nettement la version haltère.

Faut-il tirer vers la hanche ou vers les côtes ?

Cela dépend de votre objectif, et le facteur déterminant est l'angle du coude. Coude près du corps et tirage vers la hanche : accent sur le grand dorsal et le grand rond, donc sur la largeur du dos. Coude écarté à 60 degrés et tirage plus haut, vers le nombril ou les côtes : accent sur les trapèzes moyens, les rhomboïdes et le deltoïde postérieur, donc sur l'épaisseur. Le compromis courant est un coude à environ 45 degrés. Vous pouvez aussi alterner les deux selon les séances.

Combien de séries et de répétitions faire ?

Pour l'hypertrophie, 3 à 4 séries de 8 à 12 répétitions par bras, avec 1 à 3 répétitions gardées en réserve. Pour la force, 4 à 5 séries de 5 à 8 répétitions avec une charge plus lourde. Pour apprendre le mouvement, 3 séries de 12 à 15 répétitions légères et lentes. Comptez 60 à 90 secondes de repos, jusqu'à 2 minutes sur les séries lourdes, et pratiquez une à deux fois par semaine dans une séance dos ou pull.

Le rowing haltère est-il sans danger pour le bas du dos ?

C'est l'un des tirages lourds les plus sûrs, à condition de garder le dos plat. L'appui du genou et de la main sur le banc décharge une partie du poids du buste, et les mesures montrent que la colonne reste bien moins fléchie qu'au rowing barre buste penché, avec une compression articulaire plus faible. Le danger n'est donc pas l'exercice mais son exécution : un dos arrondi sous charge reste risqué. Dès que la colonne s'arrondit ou que le buste pivote, arrêtez la série.

Peut-on faire du rowing haltère sans banc ?

Oui, de plusieurs façons. Vous pouvez poser la main libre sur un support stable à hauteur de hanche, comme un rack, une commode solide ou le dossier d'une chaise lestée : c'est la version 3 points, très stable. Vous pouvez aussi travailler buste penché sans appui, main libre sur le genou ou la hanche, mais cette version sollicite bien plus les lombaires et suppose de tenir une colonne neutre sans y penser. À la maison, l'appui sur un support reste préférable.

Quelle prise adopter : neutre ou pronation ?

La prise neutre, paume tournée vers le banc, est la plus courante et la plus confortable pour l'épaule. Elle permet de garder le coude près du corps et d'accentuer le travail du grand dorsal. La prise en pronation, paume tournée vers l'arrière, ouvre naturellement le coude et accentue le deltoïde postérieur et les trapèzes moyens, tout en réduisant un peu l'implication du biceps. Aucune n'est supérieure : elles ciblent des zones légèrement différentes.

Faut-il faire pivoter le buste pour monter plus haut ?

Non, en règle générale. La rotation du buste est presque toujours une compensation liée à une charge trop lourde : elle réduit la tension sur le dos et augmente la contrainte sur la colonne. Résister à cette rotation fait justement partie du bénéfice de l'exercice, puisque le tirage à un bras sollicite fortement les capacités anti-rotation du tronc. Gardez les hanches carrées et le buste stable, quitte à alléger de quelques kilos.

Par quel côté commencer ?

Toujours par le côté faible, généralement le non dominant. Vous réalisez ainsi vos meilleures répétitions du côté qui en a le plus besoin, puis vous reproduisez exactement le même nombre de répétitions de l'autre côté, sans chercher à en faire plus avec le côté fort. C'est la méthode la plus efficace pour rattraper une asymétrie, et l'un des principaux intérêts du travail unilatéral par rapport au rowing barre, où le côté fort compense naturellement.

Faut-il utiliser des sangles de tirage ?

Uniquement si votre prise lâche avant votre dos, et de préférence sur les dernières séries seulement. Sur les séries lourdes, les avant-bras deviennent souvent le maillon faible et vous empêchent d'aller au bout du travail dorsal : les sangles règlent ce problème. Mais si vous les utilisez systématiquement, votre poigne ne progressera plus. Le compromis courant consiste à faire les premières séries sans sangles, puis à en mettre pour les séries les plus lourdes.

Le rowing haltère élargit-il le dos ou l'épaissit-il ?

Les deux, selon la trajectoire choisie. C'est traditionnellement un exercice d'épaisseur, puisque c'est un tirage horizontal qui travaille fortement les trapèzes moyens et les rhomboïdes. Mais en gardant le coude près du corps et en tirant vers la hanche, vous mettez l'accent sur le grand dorsal et le grand rond, qui donnent la largeur. Pour un dos complet, associez-le à un tirage vertical comme les tractions ou le tirage poitrine, qui travaillent l'autre plan de mouvement.

Sources et références

  1. Fenwick CMJ, Brown SHM, McGill SM. Comparison of different rowing exercises : trunk muscle activation and lumbar spine motion, load, and stiffness. Journal of Strength and Conditioning Research, 2009 ;23(5) :1408-1417. Étude du laboratoire de biomécanique du rachis de l'université de Waterloo comparant le tirage inversé, le rowing barre buste penché et le tirage à un bras à la poulie, avec électromyographie de surface, capteur de position rachidienne et calcul des moments articulaires. Le rowing barre buste penché produisait la charge lombaire la plus élevée et une flexion rachidienne accrue d'environ 23 degrés ; le tirage à un bras et le tirage inversé maintenaient une colonne moins fléchie pour une activation du grand dorsal supérieure, et le tirage à un bras sollicitait le plus les capacités de résistance à la torsion du tronc. doi:10.1519/JSC.0b013e3181b07334
  2. Sur l'anatomie fonctionnelle des muscles du dos : le grand dorsal assure l'extension, l'adduction et la rotation interne de l'épaule ; le grand rond agit en synergie sur ces mêmes actions ; les trapèzes moyen et inférieur ainsi que les rhomboïdes assurent la rétraction et la sonnette de l'omoplate. La position du coude par rapport au tronc pendant un tirage horizontal modifie la répartition du travail entre ces groupes. Données de référence en anatomie fonctionnelle du membre supérieur.
  3. Sur la stabilité lombaire pendant les exercices de tirage : les travaux de biomécanique du rachis soulignent que le maintien d'une colonne neutre, associé à une co-contraction de la musculature du tronc, augmente la marge de sécurité de la colonne pendant les efforts de charge. Le choix d'un appui (banc, poitrine calée) permet de réduire le moment de flexion appliqué au rachis tout en conservant une forte activation des muscles du dos.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel qualifié. Un antécédent de lombalgie, une douleur d'épaule ou de coude justifient une adaptation ou un avis avant de pratiquer cet exercice. Progressez graduellement en charge et interrompez la série dès que le dos s'arrondit ou que le buste pivote.