
Une chute à ski avec le bâton en main, une réception de ballon sur le pouce écarté, une main posée au sol par réflexe : l’entorse du pouce arrive vite et se banalise souvent à tort. Derrière une douleur qui semble modérée peut se cacher une rupture complète du ligament, qui ne cicatrisera jamais seule et dont la fenêtre chirurgicale se referme en trois semaines. Voici comment reconnaître la gravité, ce qu’il faut faire les trois premiers jours, et à quelles conditions reprendre le sport.
- L’entorse du pouce touche le plus souvent le ligament collatéral ulnaire, sur le bord interne — c’est la blessure de main la plus fréquente chez le skieur.
- Trois grades : étirement simple, rupture partielle, rupture totale. Chacun a son traitement et ses délais.
- Protocole PEACE & LOVE dans les premières 48 à 72 heures, puis remise en charge progressive.
- Une attelle est indispensable : 2 à 3 semaines pour un grade 1, 4 à 6 semaines pour un grade 2 ou 3.
- La rééducation précède toute reprise. Deux critères comptent : force de pince d’au moins 80 % du côté sain, et stabilité confirmée par un professionnel de santé.
Anatomie : comprendre ce qui se blesse
Le pouce comprend deux phalanges et un métacarpien, reliés par plusieurs ligaments. Le plus vulnérable est le ligament collatéral ulnaire, situé sur le bord interne du pouce, entre la phalange proximale et la tête du premier métacarpien. C’est lui qui stabilise l’articulation métacarpo-phalangienne lors des mouvements de pince et de préhension.
Ce ligament comporte en réalité deux faisceaux : un faisceau propre, tendu lorsque l’articulation est fléchie, et un faisceau accessoire, tendu en extension[1]. Cette distinction n’est pas anecdotique : elle explique pourquoi l’examen clinique doit être réalisé dans deux positions, et pourquoi un test mal conduit peut passer à côté d’une rupture.
Le mécanisme lésionnel classique est une déviation forcée en valgus : le pouce, déjà en abduction, part brusquement vers l’extérieur au-delà de son amplitude[1]. Isolé des autres doigts, le pouce est directement exposé aux chocs et aux impacts latéraux.
Causes et mécanismes
Le pouce du skieur
Le mécanisme est bien identifié : lors d’une chute avec le bâton en main, la dragonne maintient le bâton contre la paume et le pouce part en valgus forcé au moment de l’impact au sol. C’est un motif si fréquent que la lésion porte le nom de pouce du skieur[2].
Prévention : lâcher le bâton dès que la chute est inévitable — ne pas garder la dragonne autour du poignet — et utiliser des gants avec protection latérale du pouce.
Les autres causes sportives
- Volley-ball, basket-ball, handball : réception de balle sur le pouce écarté, impact latéral direct.
- Judo, rugby, arts martiaux : chute sur la main ouverte, pouce coincé dans un textile.
- Escalade : doigt coincé dans une fissure, traction forcée sur une prise en pince.
- Tennis, padel : choc de raquette mal amorti, chute sur le court.
Dans tous les cas, le mécanisme commun reste l’impact latéral ou l’hyperextension forcée.
Les causes non sportives
Une chute banale sur la main — réflexe naturel d’amortissement — peut suffire. Les accidents de voiture, main crispée sur le volant, et les chutes de vélo sont également fréquents. Ces situations sont souvent sous-estimées : la douleur initiale peut sembler modérée, ce qui retarde la consultation.
Symptômes et grades de gravité
Les signes caractéristiques
- Douleur à la base du pouce, côté interne, aggravée à la pression et aux mouvements de pince.
- Gonflement et ecchymose dans les premières heures.
- Sensation d’instabilité : le pouce « lâche » lors de la prise pouce-index.
- Difficulté à saisir les objets du quotidien : bouteille, stylo, clé.
- Chaleur locale et sensibilité au toucher sur le bord interne de l’articulation.
| Grade | Lésion | Signes | Prise en charge |
|---|---|---|---|
| 1 — Étirement | Fibres étirées, continuité conservée | Douleur modérée, pas d’instabilité | Attelle souple, 2 à 3 semaines |
| 2 — Rupture partielle | Rupture incomplète des fibres | Douleur marquée, laxité modérée avec arrêt ferme | Attelle rigide 4 à 6 semaines, puis rééducation |
| 3 — Rupture totale | Ligament rompu | Instabilité franche, absence d’arrêt ferme | Avis chirurgical rapide, immobilisation, rééducation |
Un repère clinique utile : une douleur sur le ligament sans laxité asymétrique oriente vers une entorse simple ; une différence de laxité de 10 à 15° avec un arrêt ferme évoque une rupture partielle[1]. Ce sont des repères d’examen médical, pas des tests à faire soi-même — voir la section 05.
Quand consulter en urgence
- Le pouce paraît franchement instable ou « part » anormalement sur le côté.
- La douleur est intense au repos et ne cède pas.
- Vous ne pouvez plus bouger le pouce du tout.
- Vous avez entendu un craquement au moment du traumatisme, ou le choc a été direct — une fracture est possible.
- Une bosse est perceptible sur le bord interne de l’articulation.
Lorsque le ligament se rompt complètement, l’aponévrose du muscle adducteur du pouce peut venir s’interposer entre les deux extrémités rompues. Le ligament se retrouve alors bloqué au-dessus de l’aponévrose et ne peut plus cicatriser spontanément, quelle que soit la durée d’immobilisation[2].
Sa fréquence est élevée parmi les ruptures complètes : une cohorte prospective de trente patients a retrouvé une lésion de Stener chez 56 % des ruptures complètes identifiées[2].
Les meilleurs résultats de réparation directe s’obtiennent dans les trois à quatre semaines suivant le traumatisme. Au-delà, la rétraction du ligament impose une reconstruction plus lourde.
Le diagnostic ne se fait pas soi-même
Cette section n’existe pas dans la plupart des articles sur le sujet, et c’est un manque sérieux.
Le test de laxité en valgus consiste à écarter le pouce latéralement pour évaluer le ligament. Réalisé avec force sur une rupture complète non déplacée, il peut faire basculer le ligament au-dessus de l’aponévrose de l’adducteur et créer une lésion de Stener — transformant une blessure potentiellement traitable sans chirurgie en blessure opératoire.
Le professionnel palpe d’abord le bord interne de l’articulation à la recherche d’une lésion de Stener, avant tout test de laxité. C’est une raison suffisante pour laisser faire.
Ce que fait le médecin
Le test de laxité doit être réalisé dans deux positions : articulation en extension, puis fléchie à 30°. Tester uniquement en extension expose à un faux négatif, car le faisceau propre du ligament n’est tendu qu’en flexion[1].
Les critères classiques d’une rupture complète : une laxité supérieure à 35° en flexion ou en extension, et une différence de plus de 15° par rapport au pouce sain, avec absence d’arrêt ferme[1]. Une anesthésie locale est parfois nécessaire, la contraction de défense rendant l’examen peu fiable sur un pouce douloureux.
Les examens complémentaires
| Examen | Indication | Ce qu’il montre |
|---|---|---|
| Radiographie | Systématique | Élimine une fracture par arrachement au point d’insertion du ligament |
| Échographie | Suspicion de grade 2 ou 3 | Visualise le ligament et peut détecter une lésion de Stener |
| IRM | Doute persistant | Bilan complet des structures ligamentaires et osseuses |
Elle élimine une fracture, rien de plus. Un arrachement osseux au point d’insertion accompagne d’ailleurs jusqu’à 30 % des ruptures complètes[1] — mais son absence ne dit rien de l’état du ligament. Pour les grades 2 et 3, l’imagerie des parties molles reste nécessaire.
La phase aiguë : le protocole PEACE & LOVE
Dubois et Esculier ont proposé dans le British Journal of Sports Medicine les acronymes PEACE et LOVE pour remplacer les anciens RICE et POLICE, jugés trop centrés sur la phase aiguë et laissant de côté les stades subaigu et chronique de la cicatrisation[3].
Un point souvent oublié : les auteurs signalent que si les anti-inflammatoires soulagent la douleur et la fonction, ils pourraient nuire à la réparation tissulaire optimale. Ils questionnent également l’usage de la cryothérapie — la glace n’est pas recommandée par défaut dans ce protocole[3].
PEACE — les 48 à 72 premières heures
- Protection — limiter les contraintes sur le ligament, attelle en place.
- Élévation — main surélevée au-dessus du cœur pour réduire le gonflement.
- Anti-inflammatoires à éviter — la phase inflammatoire fait partie de la cicatrisation.
- Compression — bandage élastique pour limiter l’œdème.
- Éducation — comprendre sa blessure pour éviter les comportements contre-productifs.
LOVE — à partir du troisième jour
- Load — remise en charge progressive et contrôlée.
- Optimisme — l’état d’esprit influence les résultats fonctionnels.
- Vascularisation — mobilisation douce pour stimuler la circulation.
- Exercice — rééducation précoce pour éviter la raideur.
Une précision importante : ce protocole s’applique après qu’un professionnel a écarté une rupture complète. Sur un grade 3 méconnu, aucune remise en charge précoce ne remplacera une prise en charge chirurgicale.
L’attelle et le taping
| Type | Grade | Durée indicative | Intérêt |
|---|---|---|---|
| Attelle thermoformée rigide | 2 et 3 | 4 à 6 semaines | Immobilisation complète, protection maximale |
| Attelle semi-rigide | 1 et 2 | 2 à 4 semaines | Mobilité partielle, confort au quotidien |
| Bandage fonctionnel | 1, ou reprise après cicatrisation | Selon l’activité | Liberté de mouvement, protection partielle |
L’attelle doit immobiliser l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce sans bloquer le poignet ni les autres doigts. Une mise en place approximative expose à une raideur secondaire. Faites vérifier le réglage par un médecin, un kinésithérapeute ou un orthésiste.
Le taping en figure de huit
C’est la technique de référence pour protéger le pouce lors de la reprise sportive, une fois la cicatrisation acquise.
- Ancrage — un demi-tour de bande autour de la phalange proximale, sans serrer.
- Passage en huit — croiser sur le dos de la main, passer sous le poignet, revenir en face palmaire et remonter vers le pouce, en formant un « 8 » autour de l’articulation.
- Fixation — terminer par un tour autour du poignet, sans créer de zone de compression excessive.
Le taping ne remplace pas l’attelle en phase aiguë. Il est réservé à la reprise après cicatrisation. Faites-vous montrer la technique par un kinésithérapeute : une séance suffit, et un bandage mal posé protège mal.
Le traitement chirurgical
La chirurgie est indiquée en cas de rupture complète avec lésion de Stener, de rupture instable, ou d’instabilité chronique après échec du traitement conservateur. Le chirurgien de la main procède à une réinsertion ou à une reconstruction du ligament, souvent par ancre osseuse.
En cas de suspicion de rupture complète, ne laissez pas passer plus de trois semaines avant l’avis d’un chirurgien de la main. Les meilleurs résultats de réparation directe s’obtiennent dans cette fenêtre. Au-delà, la rétraction impose une reconstruction ligamentaire, avec des suites plus longues.
Les suites habituelles après chirurgie : immobilisation d’environ six semaines, puis plusieurs mois de rééducation, et une reprise sportive qui se compte en mois plutôt qu’en semaines. Ces délais sont indicatifs et dépendent du geste réalisé.
La rééducation en trois phases
Elle peut débuter dès le troisième à cinquième jour pour les grades 1 et 2, après validation médicale. Un accompagnement par un kinésithérapeute est recommandé dès le grade 2, pour éviter la raideur et récupérer la force de pince.
Phase 1 — Mobilité douce, semaines 1 à 3Débutant
Objectif : récupérer l’amplitude sans contraindre le ligament en cours de cicatrisation.
- Flexion-extension douce du pouce : 10 répétitions, 3 fois par jour, dans l’amplitude non douloureuse uniquement.
- Cercles du pouce : 5 dans chaque sens, 3 fois par jour, lentement.
- Opposition pouce-doigts : toucher chaque doigt successivement, 10 répétitions.
Règle absolue : arrêter si la douleur dépasse 3 sur 10. Ne jamais forcer l’amplitude.
Phase 2 — Renforcement progressif, semaines 3 à 6Intermédiaire
- Prise en pince sur balle de rééducation souple : 3 séries de 10, maintien 3 secondes.
- Résistance élastique en abduction : écarter le pouce contre un élastique fin, 3 séries de 15.
- Pince contre résistance avec pâte de rééducation : 3 séries de 10, résistance progressive.
Phase 3 — Reprise fonctionnelle, semaines 6 à 12Avancé
- Pince contre résistance progressive : élastique plus fort, dynamomètre de pince.
- Proprioception : balle rebondissante, exercices de contrôle fin de la main.
- Gestes sportifs spécifiques : prise de raquette, simulation de bâton, réception de ballon.
1. Une force de pince atteignant au moins 80 % du côté sain, mesurée au dynamomètre.
2. Une stabilité confirmée par le professionnel — absence de douleur à la palpation du ligament et test de laxité rassurant, réalisé par le médecin ou le kinésithérapeute.
Ces deux critères se valident ensemble. L’absence de douleur seule ne suffit pas : un ligament cicatrisé en position allongée peut être indolore et instable.
Délais de guérison et reprise sportive
| Grade | Guérison | Gestes du quotidien | Sport loisir | Compétition |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 à 3 semaines | 5 à 7 jours | 3 semaines | 3 à 4 semaines, avec protection |
| 2 | 6 à 8 semaines | 3 à 4 semaines | 6 à 8 semaines | 8 à 10 semaines, avec taping |
| 3 non opéré | 3 à 4 mois | 6 à 8 semaines | 3 à 4 mois | 4 à 6 mois |
| 3 opéré | 4 à 6 mois | 2 à 3 mois | 4 à 5 mois | 5 à 6 mois |
Reprendre le ski
- Gants avec protection latérale du pouce, renfort rigide sur le bord interne.
- Automatiser le réflexe de lâcher le bâton en cas de chute — jamais la dragonne au poignet.
- Taping systématique lors des deux ou trois premières sorties, même sans douleur.
- Éviter les pistes difficiles les deux premières semaines de reprise.
- Critère de reprise : stabilité confirmée par le professionnel et force de pince à 80 % du côté sain.
Sports de balle, de raquette et escalade
- Volley, basket, tennis : taping systématique pendant plusieurs mois, reprise technique avant les matchs.
- Handball, rugby : protection rigide lors des premiers contacts, accord médical avant la reprise des matchs.
- Escalade : reprise très progressive, prises à plat main d’abord, pas de pince ni de fissure les deux premières semaines.
Pendant l’immobilisation, la condition physique générale se maintient : le cardio-training sans appui sur la main reste accessible, et le travail du bas du corps peut se poursuivre.
Prévenir les récidives
Une entorse mal traitée ou reprise trop tôt peut évoluer vers une instabilité chronique, source de douleurs persistantes, de perte de force de pince et d’usure articulaire précoce.
- Taping préventif lors des activités à risque, pendant au moins six mois après la blessure.
- Renforcement régulier des muscles intrinsèques du pouce, trois fois par semaine, même après guérison.
- Lâcher le bâton — automatiser ce réflexe dès les premières sorties de la saison.
- Équipement adapté : des gants avec protection latérale intégrée.
- Consulter vite en cas de nouvelle douleur : une entorse négligée devient une instabilité chronique.
Ces réflexes s’inscrivent dans une démarche plus large de prévention des blessures.
Questions fréquentes
Cela dépend du grade. Un simple étirement guérit en deux à trois semaines avec une attelle souple. Une rupture partielle demande six à huit semaines d’immobilisation puis de rééducation. Une rupture totale se compte en mois, selon que le traitement est conservateur ou chirurgical. Ces délais sont des moyennes : la qualité de la prise en charge initiale et la régularité de la rééducation pèsent lourd.
Non, et c’est un point de sécurité important. Appliquer une contrainte latérale forcée sur une rupture complète non déplacée peut faire basculer le ligament au-dessus de l’aponévrose de l’adducteur et créer une lésion de Stener — transformant une blessure potentiellement traitable sans chirurgie en blessure opératoire. Le professionnel palpe d’abord la zone avant tout test de laxité.
Oui dans la grande majorité des cas. L’attelle protège le ligament pendant la cicatrisation et évite les contraintes qui retarderaient la guérison. Pour un grade 1, une attelle semi-rigide suffit deux à trois semaines. Pour un grade 2 ou 3, une attelle rigide est nécessaire quatre à six semaines. Elle doit immobiliser l’articulation du pouce sans bloquer le poignet ni les autres doigts.
C’est une complication de la rupture complète du ligament collatéral ulnaire : l’aponévrose du muscle adducteur du pouce s’interpose entre les deux extrémités rompues, empêchant toute cicatrisation spontanée. Une cohorte prospective l’a retrouvée chez 56 % des ruptures complètes. Elle impose une prise en charge chirurgicale, idéalement dans les trois à quatre semaines suivant le traumatisme.
Non. La radiographie élimine une fracture, rien de plus — et un arrachement osseux accompagne jusqu’à 30 % des ruptures complètes, mais son absence ne dit rien de l’état du ligament. Pour une suspicion de grade 2 ou 3, une échographie ou une IRM reste nécessaire pour évaluer les parties molles et rechercher une lésion de Stener.
Le protocole PEACE & LOVE, qui fait aujourd’hui référence pour les lésions des tissus mous, questionne explicitement l’usage de la cryothérapie et déconseille les anti-inflammatoires les premiers jours, car la phase inflammatoire participe à la cicatrisation. La priorité va à la protection, à l’élévation, à la compression, puis à une remise en charge progressive.
Cela dépend du grade et du sport. Pour un grade 1, les activités qui ne sollicitent pas la main — vélo stationnaire, course à pied — peuvent souvent être maintenues avec protection. Pour les grades 2 et 3, la reprise des sports impliquant le pouce attend la cicatrisation. Elle se fait avec taping et après validation médicale, avec une force de pince d’au moins 80 % du côté sain.
Oui. Une immobilisation trop courte, une reprise prématurée ou une rééducation négligée peuvent laisser le ligament cicatriser en position allongée. Il reste alors laxe, ce qui entraîne des douleurs persistantes, une faiblesse de la pince et une usure articulaire précoce. Une reconstruction chirurgicale devient alors souvent nécessaire. La meilleure prévention reste un traitement initial rigoureux.
Ce qu’il faut retenir
Une entorse du pouce ne se juge pas à l’intensité de la douleur. Une rupture complète peut faire moins mal qu’un simple étirement, et elle ne cicatrisera pas seule si l’aponévrose de l’adducteur s’est interposée. C’est pourquoi la consultation prime sur l’autodiagnostic — et pourquoi il ne faut surtout pas tester soi-même la stabilité de son pouce.
Le reste tient en trois points : une attelle bien posée et portée assez longtemps, une rééducation menée jusqu’au bout, et une reprise conditionnée à deux critères objectifs — 80 % de force de pince et une stabilité confirmée par un professionnel. Si vous suspectez une rupture complète, l’avis d’un chirurgien de la main ne doit pas attendre plus de trois semaines.
Aller plus loin
- Ulnar collateral ligament injury (gamekeeper’s thumb) — StatPearls, NCBI Bookshelf, et données de référence sur les critères de laxité et les arrachements osseux associés. Consulté en août 2026.
- Clinical evaluation vs magnetic resonance imaging of the skier’s thumb: a prospective cohort of 30 patients. European Journal of Radiology. Consulté en août 2026.
- Dubois B, Esculier JF. Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. British Journal of Sports Medicine, 2020;54(2):72-73. DOI : 10.1136/bjsports-2019-101253
Ce contenu a une vocation d’information générale et ne remplace ni un examen clinique, ni l’avis d’un professionnel de santé. Il ne constitue pas un diagnostic. N’appliquez jamais vous-même de contrainte latérale forcée sur un pouce blessé : ce geste peut aggraver la lésion et transformer une blessure traitable sans chirurgie en blessure opératoire. Toute suspicion d’instabilité, tout craquement au moment du traumatisme et toute douleur intense imposent une consultation dans les 48 heures. Les délais et protocoles indiqués sont des repères moyens, à adapter par votre médecin ou votre kinésithérapeute.



