La tendinite du coude peut toucher la face externe, interne, antérieure ou postérieure de l’articulation. Ce guide vous aide à reconnaître le type de douleur, les signes d’alerte, les traitements efficaces et le délai réaliste de retour au sport.
- 4 types : épicondylite latérale (tennis elbow), épitrochléite (golf elbow), tendinite du biceps distal, tendinite du triceps.
- Signal d'alarme : impossibilité de tendre le bras, gonflement brutal, fièvre → urgences ortho.
- Traitement de 1re intention : exercices isométriques puis excentriques — pas le repos complet.
- Durée : 6–12 semaines pour une forme simple ; jusqu'à 6 mois pour une forme chronique ou avec fissure du tendon.
- Impact pro : arrêt de travail de 4 à 11 semaines selon le poste. Reconnaissance en maladie professionnelle possible (tableau n°57).
Comment savoir rapidement si tu es concerné(e) ?
- Si tu ressens une douleur : sur le côté externe de l’avant-bras (côté pouce)
- entre le coude et le poignet
quand tu serres un objet ou soulèves quelque chose
alors il est probable que le long supinateur soit en cause.
🦾 Les 4 types de tendinite du coude
La tendinite du coude désigne toute atteinte tendineuse au niveau du coude. Le mécanisme dominant est dégénératif (tendinopathie) plutôt qu'inflammatoire : micro-altérations des fibres de collagène, désorganisation tissulaire, néovascularisation. C'est pourquoi les anti-inflammatoires seuls ne suffisent pas — la rééducation par la charge reste la clé.
🔴 Épicondylite latérale
Tennis elbow — douleur à la face externe du coude, déclenchée par l'extension du poignet et la prise en force. Touche 1 à 3 % de la population générale.
🔵 Épitrochléite
Golf elbow — douleur interne, provoquée par la flexion du poignet et la pronation. Concerne les golfeurs, CrossFitters et travailleurs en flexion.
🟢 Tendinopathie biceps distal
Douleur antérieure, gêne à la supination (tourner une clé) et à la flexion. Rupture aiguë = urgence chirurgicale.
🟡 Tendinopathie du triceps
Douleur postérieure à l'olécrâne, lors des gestes en extension (pompes, dips, développé couché).
🔍 Symptômes : comment reconnaître votre tendinite du coude ?
Où ça fait mal ? Quel geste déclenche la douleur ? Ces deux questions orientent le diagnostic dans 80 % des cas.
Si votre douleur apparaît surtout bras tendu, lisez notre guide sur la douleur au coude bras tendu pour identifier la cause précise.
- Impossibilité de tendre le bras après un choc → fracture de l'olécrâne
- Claquement + creux palpable en avant du coude → rupture du biceps distal
- Gonflement rouge chaud + fièvre → bursite infectée ou arthrite septique
- Fourmillements permanents dans l'annulaire et l'auriculaire → compression nerf cubital
Démonstration du test de Cozen, l'un des principaux tests cliniques utilisés pour orienter le diagnostic d'une épicondylite latérale (tennis elbow). Une douleur reproduite à la face externe du coude lors de l'extension contrariée du poignet est considérée comme un test positif.
⚙️ Causes et facteurs de risque
La tendinite du coude résulte d'un déséquilibre entre la sollicitation mécanique et la capacité du tendon à s'y adapter. La réparation tendineuse est lente (vascularisation pauvre) — la surcharge répétée crée des microdégâts plus vite qu'ils ne se réparent.
Gestes répétitifs et surcharge mécanique
Mouvements répétés d'extension ou de flexion du poignet (clavier, outils vibrants, raquette), augmentation trop rapide des charges à l'entraînement, technique inadaptée, manque d'échauffement. Les travailleurs manuels et les sportifs de raquette sont les plus exposés.
Fissure du tendon du coude
Une fissure du tendon du coude (aussi appelée déchirure partielle ou lésion intratendinale) survient quand la surcharge dépasse la résistance des fibres de collagène. Elle se distingue d'une simple tendinopathie par une douleur plus intense, parfois nocturne, et une résistance au traitement conservateur habituel. L'échographie ou l'IRM est nécessaire pour la confirmer.
Une fissure ne signifie pas forcément une chirurgie : 60 à 80 % des fissures partielles répondent à un protocole de charge progressive bien conduit. En revanche, une rupture complète (notamment du biceps distal) nécessite une réparation chirurgicale rapide.
Calcification au coude
Les calcifications au coude (ou enthésophytes) sont des dépôts calciques qui se forment dans le tendon, souvent à l'insertion sur l'épicondyle ou l'olécrâne. Elles peuvent être asymptomatiques ou entretenir une douleur chronique en irritant les tissus adjacents. Détectables à la radiographie simple. Leur traitement spécifique (ondes de choc, ponction-lavage) est discuté au cas par cas.
Facteurs favorisants
- Âge (pic entre 40 et 60 ans)
- Tabac et diabète (altèrent la cicatrisation tendineuse)
- Prise de fluoroquinolones (antibiotiques) ou de corticoïdes systémiques
- Surpoids et sédentarité
- Déséquilibres musculaires (faiblesse des muscles scapulaires)
🩺 Diagnostic : comment confirmer une tendinite du coude ?
Tests cliniques par localisation
| Type | Test principal | Interprétation |
|---|---|---|
| Épicondylite latérale | Cozen, Mill, Maudsley | Douleur à l'extension du poignet contrariée |
| Épitrochléite | Flexion/pronation contrariées | Douleur face interne à la flexion résistée |
| Biceps distal | Hook test | Absence de corde tendineuse = rupture |
| Triceps | Extension contrariée | Douleur au pôle postérieur de l'olécrâne |
Quand demander une imagerie ?
Pas systématique en première intention. L'échographie est l'examen de 1re ligne : elle visualise les microfissures, les calcifications et la continuité tendineuse. L'IRM est indiquée si la douleur résiste après 6–8 semaines de traitement bien conduit, ou si une rupture partielle ou complète est suspectée.
💊 Traitement de la tendinite du coude — 4 phases
La tendinite du coude guérit dans 90 % des cas sans chirurgie. Le traitement suit une progression en 4 phases selon la sévérité.
- Repos relatif : réduire les gestes déclenchants, pas d'immobilisation totale.
- Exercices isométriques : 5 × 30–45 s/j, intensité 4–6/10, indolores le lendemain.
- Sangle épicondylienne à l'essai (épicondylite latérale) pendant les activités.
- Antalgiques en cure courte (AINS gel ou oral) si douleur intense. Voir les 5 gestes immédiats →
- Infiltration corticoïdes : soulagement rapide (3–4 semaines) mais résultats moins bons à long terme. À éviter en première intention sur une tendinopathie chronique ou une fissure.
- Infiltration PRP (plasma riche en plaquettes) : résultats prometteurs sur l'épicondylite résistante (amélioration douleur à 6 mois vs corticoïdes). Prise en charge non remboursée.
- Ondes de choc (ESWT) : 3–5 séances hebdomadaires, bénéfice modéré sur les formes chroniques et les calcifications.
- Ponction-lavage des calcifications sous échographie si calcifications symptomatiques persistantes.
- Exercices excentriques : 3 × 15/j, haltère 1–2 kg, progression +0,5–1 kg/sem selon tolérance. Programme complet d'exercices →
- HSR (Heavy Slow Resistance) : tempo 3–4 s descente, charge lourde contrôlée — réorganise les fibres de collagène.
- Travail proprioceptif et correction des compensations (épaule, poignet).
- Retour progressif au sport : d'abord en amplitude partielle, puis complet sur 4–6 semaines.
- Épicondylite latérale/médiale : < 10 % des cas, après ≥ 6 mois bien conduits. Résection des zones dégénérées.
- Fissure du tendon / rupture partielle : discussion au cas par cas selon la taille et l'évolution.
- Biceps distal (rupture complète) : réparation chirurgicale précoce recommandée (≤ 3 semaines) pour récupérer la force de supination.
Démonstration pratique d’exercices de rééducation pour les tendinopathies du coude. Ces exercices permettent de restaurer progressivement la capacité du tendon à supporter la charge et constituent la base du traitement des épicondylites et autres tendinites du coude.
📅 Durée de guérison et retour au sport
| Type | Délai de guérison | Retour au sport | Facteur aggravant |
|---|---|---|---|
| Épicondylite latérale simple | 6–12 semaines | 8–12 semaines | Travail manuel répétitif |
| Épicondylite avec fissure | 3–6 mois | 4–6 mois | Reprise trop précoce |
| Épitrochléite | 8–16 semaines | 10–16 semaines | Golf / CrossFit |
| Tendinite du triceps | 6–12 semaines | 8–12 semaines | Extension lourde |
| Biceps distal (tendinopathie) | 3–6 mois | 4–6 mois | Tractions, supination |
Tendinite du coude chronique : que faire si ça ne guérit pas ?
Une tendinite qui ne guérit pas après 3 mois de traitement bien conduit doit faire suspecter : une fissure du tendon non diagnostiquée, des calcifications, une compression nerveuse associée (syndrome du tunnel radial), ou une mauvaise observance du protocole de rééducation.
Dans ce cas : imagerie (écho ou IRM) pour stratifier les lésions, réévaluation du protocole avec un kinésithérapeute spécialisé, et discussion PRP ou chirurgie si toutes les options conservatrices ont échoué.
💼 Impact professionnel
Semaines d'arrêt de travail
Selon le type de poste (4 sem. sédentaire, 10–11 sem. travail physique avec port de charges répété).
Des TMS reconnues
L'épicondylite est l'une des pathologies les plus reconnues en maladie professionnelle en France (tableau n°57).
Arrêt de travail pour épicondylite
Un arrêt de travail peut être prescrit si votre poste implique des gestes déclenchants répétitifs. Sans chirurgie, aucune durée standard n'est fixée — c'est votre médecin traitant qui décide. Après chirurgie, les repères de l'Assurance Maladie sont de 4 à 11 semaines selon l'intensité du travail. Guide complet : arrêt de travail épicondylite →
Reconnaissance en maladie professionnelle
L'épicondylite figure au tableau n°57 (régime général) et n°39 (régime agricole). Trois conditions cumulatives : la pathologie correspond au tableau, déclaration dans les 14 jours après cessation de l'exposition, travaux listés (mouvements répétés d'extension du poignet). Si les conditions sont remplies, la présomption d'origine professionnelle s'applique automatiquement.



