Passer au contenu principal

jemeremetsausport.com

Bruite prépatellaire,,bruite du genou

En bref : La bursite du genou est une inflammation d’une bourse séreuse, un petit coussin rempli de liquide qui réduit les frottements entre les os, les tendons et la peau. Elle provoque souvent un genou gonflé, douloureux et sensible, rendant la marche, les escaliers ou le simple fait de s’agenouiller difficiles. Cette affection peut toucher aussi bien les sportifs que les personnes dont le travail ou les activités sollicitent régulièrement les genoux. Mais attention : tous les gonflements du genou ne correspondent pas à une véritable bursite. Certaines formes, notamment au-dessus de la rotule, sont en réalité liées à un épanchement articulaire et nécessitent d’en rechercher la cause. Dans ce guide complet, découvrez les symptômes, les causes, les différents types de bursite du genou, les traitements les plus efficaces, les signes qui doivent vous alerter et les conseils pour reprendre le sport en toute sécurité..

Qu’est-ce qu’une bourse, et qu’est-ce qu’une bursite ?

Une bourse séreuse est un petit sac tapissé de synoviale et contenant une fine pellicule de liquide, placé aux endroits où des structures glissent les unes sur les autres : peau sur os, tendon sur os, tendon sur tendon. Son rôle est de réduire les frottements. Il en existe des dizaines dans le corps, particulièrement autour des grandes articulations.

Une bursite est l’inflammation de cette bourse. Le sac, normalement virtuel, se remplit de liquide : il gonfle, devient douloureux, et cesse précisément de jouer son rôle de facilitateur de glissement. D’où une gêne qui augmente à chaque mouvement de l’articulation.

Une distinction qui commande la suiteOn oppose les bourses superficielles — juste sous la peau, donc exposées aux chocs, aux frottements et aux infections — et les bourses profondes, situées entre des structures internes, sollicitées plutôt par le surmenage mécanique. Au genou, les deux types coexistent, et ils ne se traitent pas de la même façon.
Cet article et le guide généralNous traitons ici spécifiquement le genou. Pour une vue d’ensemble des bursites chez le sportif, toutes localisations confondues, voir notre guide bursite chez les sportifs.
↑ Retour au sommaire

Les bourses du genou : qui est où

Le genou en compte de nombreuses, mais quatre principales sont associées à l’articulation[3]. Les connaître permet de comprendre pourquoi la douleur se situe précisément là où elle se situe.

BourseLocalisationCommunique avec l’articulation ?
SuprapatellaireAu-dessus de la rotule, entre le tendon du quadriceps et la face antérieure du fémur.Oui, chez environ 85 % des adultes[1]. C’est ce qui la rend particulière.
PrépatellaireDevant la rotule, entre la peau et l’os. Superficielle.Non. L’articulation reste normale en cas de bursite isolée.
Infrapatellaire superficielleSous la rotule, entre la tubérosité tibiale et le fascia sous-cutané.Non.
Infrapatellaire profondeEntre la face postérieure du tendon rotulien et l’avant du tibia.Non.
Patte d’oie (pes anserinus)Face interne du tibia, sous les tendons du couturier, du droit interne et du demi-tendineux.Non. Cause fréquente de douleur interne du genou.
↑ Retour au sommaire

La bourse suprapatellaire : le cas à part

Ce n’est pas vraiment une bourse indépendante

Située entre le tendon du quadriceps et la face antérieure du fémur, elle communique avec la cavité articulaire du genou chez environ 85 % des adultes — au point qu’on la désigne souvent comme le récessus ou le cul-de-sac suprapatellaire plutôt que comme une bourse[1].

Cette communication se met en place au cours du développement, généralement vers 2 à 3 ans. Chez les 15 % restants, un septum embryonnaire persiste et sépare la bourse de l’articulation ; une fusion incomplète peut laisser un plica suprapatellaire, qui donne parfois des symptômes trompeurs[1].

La conséquence clinique est majeure : parce qu’elle communique avec l’articulation chez la grande majorité des adultes, la distension de cette poche traduit habituellement un épanchement intra-articulaire. Synovite, hémarthrose ou arthropathie inflammatoire la remplissent facilement, ce qui se traduit par un comblement visible au-dessus de la rotule[1].

Ce qu’il faut en retenir Un gonflement au-dessus de la rotule n’est presque jamais « une bursite suprapatellaire » à traiter pour elle-même. C’est le réservoir du genou qui se remplit — et la vraie question devient : pourquoi l’articulation produit-elle du liquide ?

Les causes à chercher sont celles d’un épanchement : lésion méniscale, atteinte cartilagineuse, entorse ligamentaire, arthrose, arthrite inflammatoire, saignement après traumatisme, ou infection articulaire. Traiter « la bursite » sans chercher la cause revient à éponger sans fermer le robinet.
Un point pratiqueCette communication explique aussi que la distension suprapatellaire serve d’indicateur d’épanchement sur une radiographie de profil, et que le récessus soit une voie d’abord privilégiée pour les ponctions et infiltrations articulaires. Elle implique enfin qu’une infection de cette zone peut gagner l’articulation, ce qui n’est pas le cas des bourses superficielles.
↑ Retour au sommaire

Les bourses infrapatellaires : deux structures, deux histoires

Sous la rotule, il en existe deux, souvent confondues alors qu’elles n’ont ni la même cause, ni le même profil de patient.

Infrapatellaire superficielleInfrapatellaire profonde
SituationEntre la tubérosité tibiale et le fascia sous-cutané, juste sous la peau.Entre la face postérieure du tendon rotulien et l’avant du tibia, au-dessus de la tubérosité.
Cause dominanteMicrotraumatismes répétés par agenouillement, comme pour la prépatellaire.Surmenage et irritation chronique du tendon rotulien.
Profil typiqueMétiers à genoux, jardinage, positions de prière prolongées — d’où les anciens noms de « genou du prêtre » ou « genou du bedeau ».Sportifs des disciplines de saut et de course, souvent en même temps qu’une tendinopathie rotulienne.
AspectGonflement visible et palpable sous la peau, mou, bien délimité.Gonflement peu ou pas visible : la bourse est profonde. La douleur domine le tableau.
Risque infectieuxRéel, comme pour toute bourse superficielle, surtout après plaie ou éraflure.Très faible, sauf plaie pénétrante.
La bursite infrapatellaire profonde : le diagnostic oublié du sauteur Elle est nettement moins fréquente que les bursites superficielles, et surtout rarement évoquée. Or elle accompagne souvent une tendinopathie rotulienne, et peut expliquer qu’une douleur du tendon ne cède pas malgré une prise en charge correcte.

La douleur siège juste sous la rotule, en profondeur, et se réveille aux extrêmes de flexion et d’extension. Sa prise en charge repose sur l’adaptation de la charge d’entraînement et le travail excentrique[2], comme pour la tendinopathie qu’elle accompagne. Voir tendinites et sport.
↑ Retour au sommaire

La bourse prépatellaire : la plus souvent touchée

Même si elle n’est pas le sujet principal de cet article, elle mérite une place : c’est la bursite du genou la plus fréquente, et celle avec laquelle les autres sont le plus souvent confondues.

  • Elle est superficielle, entre la peau et la rotule, et ne communique pas avec l’articulation — qui reste normale en cas de bursite isolée.
  • Elle est comptée parmi les bourses superficielles les plus fréquemment atteintes, avec celle du coude[2].
  • Ses causes : chute directe sur la rotule, coups répétés, et surtout agenouillement prolongé — d’où ses anciens surnoms de « genou de la femme de ménage », « genou du carreleur » ou « genou du mineur ».
  • Une part notable des cas est infectieuse : la littérature rapporte de l’ordre de 30 % de formes septiques contre 70 % non infectieuses[3], le germe habituel étant le staphylocoque doré.
  • Chez l’enfant, une forme infectieuse peut être confondue avec une arthrite septique du genou[3] : la distinction est du ressort du médecin.
↑ Retour au sommaire

Causes et facteurs de risque

  • Les microtraumatismes chroniques : c’est la cause la plus fréquente des bursites superficielles, l’agenouillement répété en tête[2]. Carreleurs, couvreurs, plombiers, jardiniers, poseurs de sol.
  • Le traumatisme aigu : chute directe sur le genou, avec parfois un saignement dans la bourse.
  • Le surmenage sportif : augmentation brutale du volume de sauts ou de course pour la bourse infrapatellaire profonde ; sports où l’on tombe à genoux — volley, handball, lutte, gardiens de but.
  • Les maladies inflammatoires et microcristallines : goutte, polyarthrite rhumatoïde, chondrocalcinose peuvent se manifester par une bursite[2].
  • L’infection : par inoculation directe, à la faveur d’une plaie, d’une éraflure ou d’une piqûre — d’où la vigilance sur toute effraction cutanée en regard d’une bourse superficielle.
  • Les facteurs favorisants : diabète, immunodépression, alcoolisme chronique, corticothérapie au long cours, qui augmentent le risque de forme septique et compliquent la guérison.
↑ Retour au sommaire

Les symptômes selon la localisation

  • Un gonflement localisé, souple et bien délimité, « en poche » — très caractéristique pour les bourses superficielles, prépatellaire et infrapatellaire superficielle.
  • Une douleur majorée par l’appui direct, l’agenouillement et la flexion, et souvent absente au repos dans les formes non infectieuses.
  • Une limitation de la flexion, la poche étant comprimée quand le genou se plie.
  • Une gêne à la marche et dans les escaliers.
  • Pour la bourse infrapatellaire profonde : peu ou pas de gonflement visible, une douleur en profondeur sous la rotule, réveillée aux extrêmes d’amplitude.
  • Pour la région suprapatellaire : un comblement au-dessus de la rotule qui, rappelons-le, traduit le plus souvent un épanchement articulaire et non une bursite isolée[1].
Un repère simpleUne poche mobile, bien limitée, juste sous la peau, avec un genou qui fonctionne à peu près normalement, oriente vers une bursite superficielle. Un genou globalement gonflé, difficile à tendre, avec une sensation de tension diffuse, oriente vers un épanchement articulaire — situation tout à fait différente. Voir l’entorse du genou.
↑ Retour au sommaire

Urgence : reconnaître une bursite septique

C’est le point le plus important de cet article

Distinguer une bursite non infectieuse d’une bursite septique est cliniquement déterminant[3] : la seconde nécessite une prise en charge médicale rapide, et le pronostic se dégrade quand elle n’est pas reconnue à temps.

Consultez sans attendre devant :

  • Une rougeur de la peau en regard de la bourse.
  • Une chaleur locale marquée.
  • De la fièvre ou des frissons.
  • Une douleur intense, y compris au repos et la nuit.
  • Une plaie, éraflure, piqûre ou coupure récente sur le genou, même minime et déjà cicatrisée : elle peut être la porte d’entrée.
  • Une aggravation rapide sur quelques heures ou quelques jours.
  • Une traînée rouge remontant vers la cuisse, ou des ganglions douloureux à l’aine.
  • Un terrain fragile : diabète, immunodépression, corticothérapie — le seuil d’alerte doit être plus bas.

La confirmation repose sur la ponction de la bourse en conditions aseptiques par un médecin expérimenté, avec analyse du liquide : examen direct, culture, recherche de cristaux, dosage du glucose[2]. Un taux de globules blancs élevé dans le liquide oriente vers une infection[3]. N’essayez jamais de percer une bourse vous-même : c’est le meilleur moyen d’introduire l’infection que vous redoutez.

↑ Retour au sommaire

Comment le diagnostic se pose

  • L’examen clinique d’abord : le diagnostic repose principalement sur la présentation, avec une attention particulière portée aux signes d’infection[2]. Localisation exacte du gonflement, mobilité de la poche, état de la peau, amplitude articulaire.
  • L’échographie visualise très bien les bourses superficielles, mesure l’épanchement, et aide notamment à distinguer une bursite d’une cellulite[2]. Elle peut aussi guider une ponction ou une infiltration.
  • Le bilan sanguin — numération, marqueurs de l’inflammation — contribue à séparer les formes infectieuses des autres[2].
  • La ponction tranche en cas de doute infectieux, et permet aussi de rechercher des cristaux si l’on suspecte une goutte.
  • La radiographie ne montre pas la bourse, mais écarte une fracture, un arrachement, ou une anomalie de la tubérosité tibiale chez l’adolescent.
  • L’IRM est utile dans les formes profondes, atypiques ou traînantes, et pour distinguer une atteinte infectieuse d’une atteinte non infectieuse[2].
↑ Retour au sommaire

Ne pas confondre avec

DiagnosticCe qui le distingue
Arthrite septique du genouInfection de l’articulation elle-même, bien plus grave. Genou globalement gonflé, très douloureux, mobilisation quasi impossible, fièvre. Urgence.
Épanchement articulaireGonflement diffus de toute l’articulation, avec la poche suprapatellaire remplie. Cherche une cause intra-articulaire.
Cellulite (infection cutanée)Rougeur étendue et mal limitée, sans poche liquidienne franche. L’échographie aide à trancher[2].
Tendinopathie rotulienneDouleur sur le tendon lui-même, déclenchée par le saut et la descente d’escalier, sans poche liquidienne. Peut coexister avec une bursite profonde.
Maladie d’Osgood-SchlatterAdolescent en croissance, douleur et saillie de la tubérosité tibiale.
Syndrome du paquet graisseux de HoffaDouleur antérieure sous la rotule, majorée en extension complète.
Goutte ou chondrocalcinoseDébut très brutal, douleur intense, parfois fièvre. La ponction montre des cristaux.
Kyste ou tumeur bénigneRare, à évoquer devant une masse qui persiste malgré un traitement bien conduit.
↑ Retour au sommaire

Le traitement de base

Dans les formes non infectieuses et peu sévères, la prise en charge repose sur des mesures simples : repos relatif, glace et limitation des activités qui sollicitent la bourse, notamment la flexion et l’agenouillement[4].

  1. Supprimer la contrainte causale. C’est la mesure la plus efficace, et la plus souvent négligée : tant que l’on continue à s’agenouiller ou à sauter, la bourse ne se calme pas.
  2. Protéger : genouillère rembourrée pour les métiers à genoux, adaptation du poste de travail, tapis de sol.
  3. Glacer la zone plusieurs fois par jour dans la phase douloureuse.
  4. Surélever et éviter les positions qui compriment la bourse.
  5. Entretenir la mobilité et la force du quadriceps, sans reproduire la contrainte douloureuse.
  6. Maintenir une activité adaptée : natation et vélo sont généralement bien tolérés, contrairement aux sports de saut.
  7. Réévaluer si rien ne s’améliore après quelques semaines de traitement bien conduit.
Sur les anti-inflammatoiresIls font partie des options couramment utilisées et soulagent réellement, mais leurs effets sur la réparation des tissus sont discutés dans la littérature récente en médecine du sport, et ils ne conviennent pas à tout le monde. Ils ne devraient pas être pris systématiquement pendant des jours sans avis. Parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien.
↑ Retour au sommaire

Ponction et infiltration : ce qu’il faut savoir

  • La ponction évacuatrice est envisagée dans les formes plus sévères ou prolongées, quand la poche reste tendue et gênante[4]. Elle soulage rapidement, mais la récidive est possible si la cause n’est pas supprimée.
  • Elle a aussi une valeur diagnostique : c’est l’analyse du liquide qui affirme ou écarte l’infection et met en évidence d’éventuels cristaux[2].
  • L’infiltration de corticoïdes peut être proposée dans certaines bursites non infectieuses résistantes, parfois sous guidage échographique[2]. Elle est formellement contre-indiquée tant qu’une infection n’est pas écartée.
  • Ce sont des gestes médicaux, réalisés en conditions stériles. La tentation de percer soi-même une poche tendue est compréhensible ; elle est aussi le moyen le plus efficace de transformer une bursite banale en bursite septique.
↑ Retour au sommaire

Quand la chirurgie se pose

Elle reste l’exception, et concerne des situations bien identifiées[3] :

  • Une bursite septique récidivante ou résistante au traitement.
  • Un drainage inefficace malgré une prise en charge correcte.
  • Un terrain fragilisé — immunodépression — ou un état général préoccupant.
  • Une forme chronique ou post-traumatique ayant résisté aux traitements conservateurs : l’ablation de la bourse sous arthroscopie, en ambulatoire, est alors une option efficace[3].
Le pronosticIl est globalement très bon avec un traitement adapté. Le principal facteur d’aggravation reste une bursite septique non reconnue à temps[3] — ce qui justifie la place donnée à cette question dans cet article.
↑ Retour au sommaire

Rééducation et reprise du sport

PhaseObjectifsContenu
1 — ApaiserFaire disparaître douleur et gonflement.Suppression de la contrainte, protection, glace. Maintien de la mobilité et contractions du quadriceps sans douleur.
2 — EntretenirNe pas perdre la condition physique.Vélo, natation, travail du haut du corps et de la hanche. Renforcement en évitant les angles douloureux.
3 — RenforcerRestaurer force et tolérance à la charge.Quadriceps, fessiers, chaîne postérieure. Pour la bourse profonde, introduction du travail excentrique[2].
4 — RéathlétiserRetrouver les gestes du sport.Course progressive, puis réintroduction des sauts et réceptions par petites doses.
5 — ReprendreRetour complet.Volume normal, avec maintien des mesures de protection si le geste causal persiste.
Le critère de progressionOn avance quand la poche ne se remplit plus après l’effort et que la douleur ne réapparaît pas le lendemain. Un gonflement qui revient systématiquement après chaque séance signifie que la charge est encore trop élevée — on redescend d’un cran plutôt que de persévérer.
↑ Retour au sommaire

Prévenir la récidive

  • La genouillère rembourrée pour tous les métiers et loisirs à genoux : c’est la mesure la plus directement efficace pour les bourses superficielles.
  • Alterner les positions plutôt que rester agenouillé longtemps, et faire des pauses régulières.
  • Progresser lentement dans les volumes de saut et de course, pour la bourse infrapatellaire profonde. Les augmentations brutales sont le facteur déclenchant classique.
  • Renforcer le quadriceps et travailler la qualité des réceptions, pour répartir les contraintes sur le tendon rotulien.
  • Soigner immédiatement toute plaie du genou, même minime : désinfection et surveillance, puisque c’est la porte d’entrée des formes septiques.
  • Ne pas ignorer une première bursite : reprendre le geste causal dès la disparition du gonflement expose directement à la chronicité. Voir prévention des blessures.
↑ Retour au sommaire

Les erreurs à éviter

  • Percer soi-même la poche. L’erreur la plus dangereuse : elle transforme une affection bénigne en infection.
  • Négliger rougeur, chaleur ou fièvre. Ce sont les signes d’une forme septique, dont le pronostic dépend de la précocité du traitement.
  • Traiter un gonflement suprapatellaire comme une bursite isolée, alors qu’il traduit presque toujours un épanchement articulaire dont il faut chercher la cause.
  • Continuer à s’agenouiller en comptant sur le repos du reste de la journée.
  • Reprendre dès que le gonflement disparaît, sans avoir rien changé au geste causal.
  • Confondre bursite profonde et tendinopathie rotulienne, ou ignorer qu’elles coexistent souvent.
  • Enchaîner les infiltrations sans avoir traité la cause mécanique.
  • Immobiliser complètement et perdre du muscle, alors qu’il s’agit de supprimer une contrainte précise, pas tout mouvement.
  • Laisser traîner une masse qui persiste malgré un traitement correct, sans réévaluation.
↑ Retour au sommaire

En résumé. Trois idées suffisent à s’orienter. D’abord, la bourse suprapatellaire communique avec l’articulation chez environ 85 % des adultes : un comblement au-dessus de la rotule traduit donc presque toujours un épanchement du genou, et la bonne question n’est pas « comment traiter cette bursite » mais « pourquoi ce genou produit-il du liquide ».

Ensuite, les deux bourses infrapatellaires n’ont rien à voir entre elles : la superficielle est la bourse de l’agenouillement, visible et exposée à l’infection ; la profonde est celle du sauteur, discrète, et souvent associée à une tendinopathie rotulienne — elle se traite par l’adaptation de la charge et le travail excentrique.

Enfin, le point qui prime sur tous les autres : rougeur, chaleur, fièvre ou plaie récente imposent un avis médical rapide. Une bursite septique reconnue tôt guérit bien ; méconnue, elle se complique. Et quel que soit le cas de figure, ne percez jamais la poche vous-même.

Aller plus loin

FAQ — La bursite du genou

Qu’est-ce qu’une bursite suprapatellaire ?

Le terme est trompeur. La bourse suprapatellaire communique avec la cavité articulaire du genou chez environ 85 % des adultes, au point qu’on la désigne souvent comme le récessus ou cul-de-sac suprapatellaire. Sa distension traduit donc habituellement un épanchement intra-articulaire — synovite, hémarthrose, arthropathie inflammatoire — et non une bursite isolée. La démarche consiste à chercher la cause de l’épanchement : ménisque, cartilage, ligament, arthrose, arthrite ou infection.

Quelle différence entre bursite infrapatellaire superficielle et profonde ?

La superficielle se situe entre la tubérosité tibiale et le fascia sous-cutané, juste sous la peau : elle résulte surtout de l’agenouillement répété, donne un gonflement visible et palpable, et peut s’infecter. La profonde se situe entre la face postérieure du tendon rotulien et l’avant du tibia : elle résulte du surmenage et de l’irritation chronique du tendon, donne peu ou pas de gonflement visible, et concerne surtout les sportifs des disciplines de saut et de course.

Comment savoir si ma bursite est infectée ?

Les signes d’alerte sont une rougeur de la peau en regard de la bourse, une chaleur locale marquée, de la fièvre ou des frissons, une douleur intense y compris au repos, une aggravation rapide, une traînée rouge remontant vers la cuisse, et surtout une plaie ou une éraflure récente sur le genou, même minime. Le seuil doit être plus bas en cas de diabète, d’immunodépression ou de corticothérapie. La confirmation passe par une ponction en conditions aseptiques réalisée par un médecin.

Peut-on percer soi-même la poche ?

Non, jamais. C’est le moyen le plus efficace de transformer une bursite bénigne en bursite septique, en introduisant des germes dans une cavité fermée. La ponction est un geste médical, réalisé en conditions stériles, qui a aussi une valeur diagnostique puisque l’analyse du liquide affirme ou écarte l’infection et recherche d’éventuels cristaux. Une infiltration de corticoïdes, elle, est formellement contre-indiquée tant qu’une infection n’est pas écartée.

Comment traiter une bursite du genou non infectée ?

La mesure la plus efficace est de supprimer la contrainte causale : cesser l’agenouillement, réduire les sauts. On y associe protection par genouillère rembourrée, glace en phase douloureuse, entretien de la mobilité et de la force du quadriceps, et maintien d’une activité adaptée comme le vélo ou la natation. Une ponction évacuatrice peut être envisagée si la poche reste tendue et gênante. Réévaluez si rien ne s’améliore après quelques semaines.

Quand peut-on reprendre le sport ?

Le critère de progression est simple : on avance quand la poche ne se remplit plus après l’effort et que la douleur ne réapparaît pas le lendemain. Un gonflement qui revient systématiquement après chaque séance signifie que la charge est encore trop élevée, et il faut redescendre d’un cran. La reprise passe par le vélo et la natation, puis le renforcement, puis la course, et enfin la réintroduction progressive des sauts et réceptions.

Faut-il opérer une bursite du genou ?

C’est l’exception. La chirurgie concerne les bursites septiques récidivantes ou résistantes, les drainages inefficaces, les terrains fragilisés comme l’immunodépression, et les formes chroniques ou post-traumatiques ayant résisté aux traitements conservateurs. Dans ce dernier cas, l’ablation de la bourse sous arthroscopie en ambulatoire est une option efficace. Le pronostic global est très bon avec un traitement adapté, le principal facteur d’aggravation étant une forme septique non reconnue à temps.

Sources et références

  1. Hasan M, Berkovich Y, Khatib M, Steinfeld Y, Sleiman A, Ben Zvi L, Abu Alhija A, Ginesin E, Yonai Y. Knee bursae : a comprehensive review of clinical evaluation, imaging differentiation, and the expanding role of biologic therapies. Cartilage, 2025. La bourse suprapatellaire, structure tapissée de synoviale située entre le tendon quadricipital et la face antérieure du fémur distal, communique chez la plupart des adultes avec la cavité articulaire du genou, ce qui en fait un site fréquent d’épanchement en cas de pathologie articulaire ; cette communication se constitue habituellement vers l’âge de 2 à 3 ans, un défaut de fusion pouvant laisser un plica suprapatellaire susceptible de simuler une pathologie. Données concordantes : communication rapportée chez environ 85 % des sujets, un septum embryonnaire séparant la bourse de l’articulation dans les cas restants ; la distension de cette poche traduit typiquement un épanchement intra-articulaire (synovite, hémarthrose, arthropathie inflammatoire), visible cliniquement sous forme d’un comblement suprapatellaire. doi:10.1177/19476035251362434
  2. Common superficial bursitis. American Family Physician, 2017 ;95(4) :224-231. Les bursites superficielles siègent le plus souvent aux bourses olécrânienne et prépatellaire, plus rarement à la bourse infrapatellaire superficielle ; le microtraumatisme chronique, notamment l’agenouillement, en est la cause la plus fréquente, devant le traumatisme aigu avec hémorragie, les affections inflammatoires comme la goutte ou la polyarthrite rhumatoïde, et l’infection ; le diagnostic repose habituellement sur la présentation clinique, avec une attention particulière aux signes de bursite septique ; l’échographie aide à distinguer une bursite d’une cellulite ; la biologie (numération leucocytaire, marqueurs inflammatoires) et l’IRM aident à séparer les causes infectieuses des causes non infectieuses ; en cas de suspicion d’infection, une ponction de la bourse doit être réalisée avec examen direct, recherche de cristaux et dosage du glucose.
  3. Prepatellar bursitis. StatPearls, National Center for Biotechnology Information. Quatre bourses principales sont associées à l’articulation du genou : suprapatellaire, infrapatellaire, de la patte d’oie et prépatellaire ; l’exérèse chirurgicale de la bourse est indiquée en cas de bursite septique réfractaire ou récidivante, de drainage inefficace, chez les patients immunodéprimés ou en état critique. Données complémentaires : la bourse prépatellaire, superficielle, ne communique pas avec l’articulation, qui reste normale en cas de bursite isolée ; environ 30 % des cas sont d’origine infectieuse contre 70 % non infectieuse, le staphylocoque doré étant le germe habituel ; la forme purulente est fréquente chez l’enfant et peut être confondue avec une arthrite septique du genou ; il est cliniquement déterminant de distinguer bursite non septique et bursite septique, le pronostic se dégradant si l’infection n’est pas reconnue rapidement ; en cas d’échec du traitement conservateur d’une forme chronique ou post-traumatique, la bursectomie arthroscopique ambulatoire sous anesthésie locale est une intervention efficace.
  4. Deep and superficial infrapatellar bursitis : symptoms and treatment. Les formes non infectieuses peu sévères répondent généralement au repos, à la glace et à la limitation des activités impliquant flexion et agenouillement ; dans les formes plus sévères ou prolongées, une ponction évacuatrice de la bourse peut être nécessaire ; la rougeur cutanée en regard de la bourse oriente vers une forme septique, souvent précédée d’une plaie ou d’une abrasion cutanée. Sur la bursite infrapatellaire profonde et son association à la tendinopathie rotulienne : A case of chronic deep infrapatellar bursitis complicated by patellar tendinopathy and its evaluation with musculoskeletal ultrasound — l’adaptation des activités et les exercices excentriques jouent un rôle important dans le programme de rééducation, l’échographie pouvant en outre guider une infiltration de corticoïdes.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Une rougeur, une chaleur locale, de la fièvre, une douleur intense ou une plaie récente en regard du genou imposent une consultation rapide : une bursite septique non reconnue à temps se complique. Ne ponctionnez jamais une bourse vous-même. Un gonflement diffus de tout le genou relève d’un bilan à la recherche d’une cause intra-articulaire.