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Vous posez un doigt sur l’intérieur du genou et vous retrouvez le point exact. Cette précision est une chance : selon que ce point se situe sur l’interligne ou nettement en dessous, la cause n’est pas la même, et la conduite à tenir change du tout au tout. Un détail décide pourtant plus que tous les autotests trouvés en ligne — et ce n’est pas celui que vous attendez.
Douleur interne du genou : ce que la localisation exacte vous dit
La face interne du genou concentre plusieurs structures qui se superposent sur quelques centimètres. Les distinguer commence par un repère osseux simple : l’interligne articulaire, cette fente horizontale que l’on sent entre le fémur et le tibia quand le genou est fléchi à 90°.
Au-dessus et sur cet interligne se trouvent le ménisque médial, le cartilage fémoro-tibial interne et la partie profonde du ligament collatéral médial. En dessous, sur la face antéro-interne du tibia, s’insère la patte d’oie — un groupe de trois tendons dont la zone d’insertion et la bourse séreuse associée se situent à environ deux centimètres en dedans et un centimètre au-dessus du bord inféro-interne de la tubérosité tibiale.9
Cette séparation anatomique explique une grande partie du raisonnement clinique. Une douleur qui se reproduit exactement sur l’interligne oriente vers l’articulation. Une douleur reproduite sous l’interligne, sur le tibia, oriente vers l’insertion tendineuse. Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est le premier tri que fait tout examinateur.
Ce qui suit sert à comprendre et à préparer une consultation, pas à poser un diagnostic. Aucun tableau et aucune manœuvre faite seul chez soi ne permettent de conclure : l’examen du genou se fait à deux mains, en comparant les deux côtés, et il s’interprète avec l’histoire complète. Si votre douleur vous inquiète, consultez plutôt que de trancher vous-même.
Deuxième repère, aussi utile que le premier : comment la douleur a commencé. Un mouvement identifiable, une date, un craquement orientent vers une lésion aiguë. Une installation progressive sur plusieurs semaines, souvent après une augmentation d’entraînement, oriente vers une surcharge ou une usure. Pour une vue d’ensemble des douleurs de genou, le dossier genou douloureux couvre aussi les localisations antérieure et externe.
↑ SommaireLe tableau différentiel : patte d’oie, ménisque, ligament ou arthrose
Quatre causes dominent les douleurs internes du genou. Elles se différencient sur quatre critères, et c’est le faisceau qui compte, jamais un critère isolé.
| Cause | Point douloureux | Début | Gonflement | Blocage / instabilité |
|---|---|---|---|---|
| Syndrome de la patte d’oie | Sous l’interligne, sur le tibia antéro-interne | Progressif, après hausse de charge | Absent ou très localisé | Non |
| Ménisque médial, lésion traumatique | Sur l’interligne, souvent en arrière | Brutal : torsion, genou fléchi en charge | Dans les heures qui suivent, puis récidivant | Blocage possible, sensation d’accrochage |
| Ménisque médial, lésion dégénérative | Sur l’interligne, diffus | Progressif, après 35-40 ans, sans traumatisme net | Intermittent, modéré | Gêne plus que vrai blocage |
| Entorse du ligament collatéral médial | Trajet vertical, du fémur vers le tibia | Brutal : choc en valgus, pied bloqué | Variable, souvent modéré | Impression de « genou qui part » en dedans |
| Arthrose fémoro-tibiale interne | Sur l’interligne, parfois tout le compartiment | Très progressif, par poussées | Par épisodes, avec raideur | Dérobements possibles, blocage rare |
Un cinquième critère ne figure pas dans ce tableau parce qu’il tranche moins qu’on ne le croit : l’âge. Il modifie les probabilités sans rien exclure. Une lésion méniscale dégénérative est définie par un consensus européen comme une lésion survenant sans antécédent traumatique significatif chez une personne de plus de 35 ans.5 Un coureur de 25 ans peut avoir une patte d’oie, un homme de 60 ans peut se faire une entorse en ski.
↑ SommaireLe syndrome de la patte d’oie : la cause la plus souvent oubliée
La patte d’oie n’est pas un muscle mais une zone d’insertion. Trois tendons convergent sur la face interne du tibia : le couturier (sartorius), le droit interne (gracile) et le demi-tendineux (semi-tendineux).8
Une étude anatomique sur 86 jambes a précisé leur disposition : le couturier s’insère dans le plan superficiel, le gracile et le demi-tendineux dans le plan profond. Entre ces tendons et l’os se trouve une bourse séreuse, de forme irrégulièrement circulaire, située en arrière et au-dessus de la ligne médiane de la face interne du tibia.9
Tendinopathie ou bursite ? La question est moins utile qu’il n’y paraît
On lit souvent « tendinite de la patte d’oie » ou « bursite de la patte d’oie » comme s’il s’agissait de deux maladies distinctes. En pratique, l’examen clinique ne permet pas de les séparer : le point douloureux est le même, les deux structures sont accolées, et l’imagerie n’est pas demandée pour trancher. La littérature radiologique regroupe d’ailleurs ces atteintes sous le terme de pathologie de la patte d’oie, en soulignant que cette région est fréquemment négligée lors de l’interprétation des examens.8
La conséquence pratique est rassurante : la prise en charge initiale est la même. Ajustement de la charge, puis renforcement progressif. Les principes généraux des bursites s’appliquent ici comme ailleurs.
Ce que l’on sait — et ce que l’on ne sait pas — des facteurs favorisants
Les listes de facteurs de risque circulent abondamment : diabète, surpoids, arthrose, pieds plats. Les données disponibles sont plus minces que ces listes ne le suggèrent.
Une étude cas-témoins a comparé 22 patients présentant un syndrome de la patte d’oie à 38 témoins appariés sur l’âge et le sexe. Elle n’a retrouvé aucune différence de prévalence du diabète, de l’arthrose du genou, de l’obésité ou d’un trouble d’axe de l’arrière-pied entre les deux groupes.10
Un seul facteur s’est dégagé : la déformation en valgus du genou, seule (odds ratio 5,2 ; IC 95 % 1,1-25,5) ou associée à une laxité des ligaments collatéraux (OR 6,0 ; IC 95 % 1,4-26,0).
Les limites comptent autant que le résultat. L’effectif est très faible, tous les cas étaient des femmes de plus de 45 ans, et les intervalles de confiance sont extrêmement larges. Ce travail ne suffit pas à affirmer que le valgus cause le syndrome, ni à écarter définitivement les autres facteurs. Il invite surtout à ne pas les présenter comme établis.
En pratique sportive, le déclencheur le plus constamment rapporté reste beaucoup plus prosaïque : une augmentation récente de la charge. Volume de course en hausse, reprise après une coupure, ajout de dénivelé, nouvelle discipline sollicitant les ischio-jambiers internes. Ce point est développé plus bas dans la gestion de charge.
↑ SommaireLe ménisque médial : deux scénarios très différents
Le ménisque médial est un croissant de fibrocartilage interposé entre le fémur et le tibia. Il répartit les contraintes et participe à la stabilité. On peut l’abîmer de deux façons dont les implications n’ont presque rien en commun.
La lésion traumatique
Elle survient typiquement sur un mouvement de torsion, genou fléchi et en charge : un pivot au football, une réception mal contrôlée, un relevé brutal depuis la position accroupie. La douleur est immédiate, sur l’interligne, souvent en arrière. Un épanchement apparaît dans les heures qui suivent. Une sensation d’accrochage, voire un véritable blocage en flexion, peut s’installer.
Chez un sujet jeune et sportif, ce type de lésion justifie un avis spécialisé, car certaines formes relèvent d’une réparation méniscale plutôt que d’une ablation — la préservation du ménisque étant aujourd’hui l’objectif prioritaire.11
La lésion dégénérative
Elle n’a pas de date de naissance. Elle correspond à une usure lente du tissu méniscal, le plus souvent sous forme d’une fissure horizontale, chez une personne de plus de 35 ans sans traumatisme marquant.5 Et c’est là que se joue le malentendu le plus coûteux de tout le sujet.
Dans la cohorte de Framingham, 991 personnes de 50 à 90 ans ont eu une IRM du genou droit, sans avoir été sélectionnées sur l’existence d’un problème de genou. La prévalence d’une fissure ou d’une destruction méniscale allait de 19 % chez les femmes de 50 à 59 ans à 56 % chez les hommes de 70 à 90 ans.4
Le chiffre décisif est ailleurs : parmi les personnes porteuses d’une lésion méniscale, 61 % n’avaient eu aucune douleur, gêne ni raideur du genou au cours du mois précédent.
Chez les personnes présentant des signes radiographiques d’arthrose, la prévalence d’une lésion méniscale était de 63 % en cas de douleur et de 60 % en l’absence de douleur — autrement dit, pratiquement la même.
La lecture est sans ambiguïté : trouver une lésion méniscale à l’IRM après 50 ans ne prouve pas qu’elle explique la douleur. C’est une anomalie si banale qu’elle est, dans la majorité des cas, un simple témoin de l’âge de l’articulation.
Conséquence sur le traitement
Cette donnée épidémiologique a changé la pratique chirurgicale.
Un essai randomisé publié dans le BMJ a comparé, chez 140 adultes d’âge moyen 49,5 ans porteurs d’une lésion méniscale médiale dégénérative confirmée à l’IRM (96 % sans arthrose radiographique nette), 12 semaines d’exercice supervisé contre une méniscectomie partielle sous arthroscopie.6
À deux ans, aucune différence cliniquement pertinente sur le score fonctionnel KOOS4 : 0,9 point d’écart (IC 95 % −4,3 à 6,1 ; p = 0,72). À trois mois, la force de la cuisse s’était améliorée dans le groupe exercice.
19 % des participants du groupe exercice sont finalement passés à la chirurgie, sans bénéfice supplémentaire.
Le consensus méniscal européen, élaboré par 84 chirurgiens et scientifiques de 22 pays, en tire une recommandation explicite : la méniscectomie partielle arthroscopique ne doit pas être proposée en première intention pour une lésion méniscale dégénérative. Elle ne se discute qu’après une évaluation clinique et radiologique standardisée, et lorsque le traitement non chirurgical n’a pas donné satisfaction.5 Un délai de trois mois de traitement conservateur est le seuil retenu, avec des indications plus précoces en cas de symptômes mécaniques francs.11
↑ SommaireL’entorse du ligament collatéral médial : un mécanisme en valgus
Le ligament collatéral médial relie la face interne du fémur à la face interne du tibia. Il comporte un plan superficiel et un plan profond, ce dernier étant intimement lié au ménisque médial — ce qui explique qu’un même traumatisme puisse léser les deux.
Le mécanisme est caractéristique : un mouvement forcé en valgus, c’est-à-dire un genou poussé vers l’intérieur alors que le pied reste fixé. Choc latéral au football, chute à ski avec le ski qui part en dehors, tacle. La douleur suit un trajet vertical plutôt qu’un point unique, et elle est réveillée par la mise en tension du ligament.
La gravité se décrit classiquement en trois grades, du simple étirement à la rupture complète. L’évaluation de ce grade — et la recherche d’une lésion associée du ligament croisé antérieur, qui change tout — relève de l’examen médical. Le détail des stades et de la reprise est traité dans l’article dédié à l’entorse du genou.
Une revue systématique des essais randomisés portant sur les lésions des ligaments internes du genou a comparé traitement non chirurgical et chirurgie. Pour les lésions de grade I à III, les résultats fonctionnels étaient comparables (scores Lysholm et IKDC).7
La chirurgie était en revanche associée à un déficit de force du quadriceps à huit semaines et à davantage de complications mineures. Entre 16 et 52 semaines, la force redevenait comparable.
Autre résultat utile : une rééducation fonctionnelle s’accompagnait d’une laxité en valgus plus faible à six semaines qu’une immobilisation par attelle.
Ces données ne signifient pas que toutes les entorses internes se traitent sans chirurgie — les lésions complexes, en particulier associées à une atteinte du ligament croisé antérieur, sortent de ce cadre. Elles indiquent en revanche que, pour une entorse isolée du ligament collatéral médial, la mobilisation encadrée est la règle et l’immobilisation prolongée l’exception.
↑ SommaireL’arthrose fémoro-tibiale interne : quand la douleur devient mécanique
Le compartiment interne du genou est le plus sollicité en appui. C’est aussi le siège le plus fréquent de l’arthrose du genou, et une cause très ordinaire de douleur interne après 50 ans.
Le profil est reconnaissable : douleur mécanique, déclenchée par l’activité et soulagée par le repos, souvent accompagnée d’une raideur matinale brève, évoluant par poussées entrecoupées de périodes calmes. La descente d’escalier et la station debout prolongée sont des situations typiques.
Deux idées fausses méritent d’être dissipées. Première idée : l’arthrose interdirait le sport. Deuxième : le cartilage s’userait comme un pneu, proportionnellement à l’usage.
La Haute Autorité de santé considère l’activité physique adaptée comme le traitement de première intention de l’arthrose périphérique, avant les traitements médicamenteux, avec un haut niveau de preuve et un consensus d’experts.
Les programmes recommandés associent renforcement musculaire ciblé, travail de mobilité articulaire, proprioception et endurance aérobie. La marche, le vélo et la natation sont explicitement citées, à sec comme en milieu aquatique, avec une intensité initialement modérée et une progression graduelle.3
Autrement dit, le mouvement fait partie du traitement. Des exercices adaptés à l’arthrose du genou font l’objet d’un article à part entière, avec les adaptations utiles en période de poussée.
↑ SommaireLes autres causes à ne pas écarter trop vite
Quatre causes couvrent la majorité des situations, pas la totalité. Plusieurs autres diagnostics se présentent par une douleur interne et méritent d’être connus, non pour que vous les cherchiez vous-même, mais pour que vous sachiez qu’une douleur atypique ou résistante doit être réévaluée.
- Le syndrome du plica médial. Un repli synovial, vestige du développement, peut devenir sensible et accrocher sur le condyle interne, avec des claquements à la flexion.
- Une fracture de fatigue du plateau tibial interne ou de l’extrémité supérieure du tibia. À évoquer devant une douleur osseuse exquise, nocturne, apparue après une forte hausse d’impacts, qui ne cède pas au repos relatif.
- Une ostéonécrose ou une fracture de contrainte sous-chondrale. Rare, mais à l’origine de douleurs internes intenses chez des sujets plus âgés.
- Une douleur projetée. Une pathologie de hanche ou une atteinte radiculaire lombaire haute peuvent se manifester à la face interne du genou, sans aucune anomalie locale.
- Chez l’adolescent en croissance, une douleur de genou impose une démarche spécifique ; voir la maladie d’Osgood-Schlatter et, en cas de douleur antérieure, le syndrome fémoro-patellaire.
- Une arthrite. Un genou chaud, gonflé, douloureux au repos, avec ou sans fièvre, ne relève pas de cet article : il relève d’un avis médical rapide.
Pour mémoire, une douleur située sur la face externe du genou chez un coureur oriente vers un tout autre diagnostic : le syndrome de l’essuie-glace.
↑ SommairePourquoi les autotests trouvés en ligne ne tranchent pas
Les manœuvres destinées à dépister une lésion méniscale ont des noms qui circulent largement : McMurray, Apley, Thessaly. On les trouve expliquées en vidéo, avec l’idée implicite qu’un test positif signerait le diagnostic. Les chiffres disent autre chose.
Une revue systématique avec méta-analyse a réuni 9 études et 1 234 patients pour évaluer la performance de ces manœuvres, réalisées par des examinateurs entraînés.12
- McMurray : sensibilité 61 % (IC 95 % 45-74), spécificité 84 % (69-92).
- Douleur à la palpation de l’interligne : sensibilité 83 % (73-90), spécificité 83 % (61-94).
- Thessaly à 20° : sensibilité 75 % (53-89), spécificité 87 % (65-96).
Conclusion des auteurs : « la précision des tests spéciaux pour diagnostiquer les lésions méniscales reste médiocre ». Ils soulignent en outre que la qualité méthodologique des études incluses était globalement faible et l’hétérogénéité élevée.
Traduisons. Avec une sensibilité de 61 %, le test de McMurray manque environ quatre lésions sur dix. Un test négatif ne rassure donc pas. Et ces chiffres ont été obtenus par des cliniciens formés, sur un genou comparé à l’autre, dans un contexte d’examen complet — pas par une personne appliquant seule une consigne vue en ligne.
L’intérêt réel de ces manœuvres est de s’ajouter à l’histoire, à l’inspection, à la mesure des amplitudes et à la recherche d’un épanchement. Prises isolément, elles ne font pas un diagnostic. C’est précisément ce qu’un article ne peut pas remplacer.
↑ SommaireIRM d’emblée : ce que recommande la HAS, et pourquoi c’est important
La demande la plus fréquente en consultation pour une douleur interne du genou est une IRM. L’intuition se comprend : voir, c’est savoir. Les recommandations françaises disent l’inverse, et pour des raisons solides.
Sans traumatisme
La HAS recommande de réaliser une radiographie en première intention en cas de premier épisode de gonalgie ou d’épisode inhabituel. Les clichés sont bilatéraux et comportent des incidences de face, de profil, fémoro-patellaire axiale et en schuss, cette dernière permettant de dépister un pincement cartilagineux débutant du compartiment fémoro-tibial.1
L’IRM n’est indiquée qu’en cas de présentation clinique atypique, de symptômes progressant très rapidement, de modification de la symptomatologie, ou lorsque des radiographies normales n’expliquent pas la douleur. À l’inverse, lorsque les radiographies montrent des signes typiques d’arthrose cohérents avec la clinique, l’IRM n’est généralement pas indiquée : elle ne modifiera pas la prise en charge.1
La HAS attire aussi l’attention sur la discordance possible entre les symptômes ressentis et les observations en imagerie, en citant nommément la découverte de lésions méniscales dégénératives, fréquentes chez la personne âgée et sans lien avec les symptômes.1 C’est exactement ce que montraient les données de Framingham.
L’échographie, enfin, a un intérêt limité au genou : elle ne visualise que les structures superficielles. Elle peut repérer une atteinte tendineuse ou un kyste poplité, mais ne remplace pas une évaluation d’ensemble.1
Après un traumatisme
La fiche HAS consacrée au genou traumatique est tout aussi explicite : « Ne pas réaliser d’IRM en 1re intention. » Les radiographies sont indiquées si la règle d’Ottawa est positive, ou en cas de point douloureux osseux ou de plaie profonde.2
Les critères de la règle d’Ottawa sont au nombre de quatre :2
- âge supérieur ou égal à 55 ans ;
- douleur de la rotule ou de la tête du péroné ;
- impossibilité de fléchir le genou à 90° ;
- impossibilité de prendre appui sur quatre pas.
L’IRM ne vient ensuite que dans deux situations : une fracture confirmée avec suspicion de lésion tendino-musculaire, méniscale ou ligamentaire nécessitant une prise en charge urgente ; ou une lésion méniscale ou ligamentaire suspectée après des radiographies normales — et dans ce cas, à discuter après réévaluation clinique, si elle conditionne la prise en charge thérapeutique.2
Le consensus méniscal européen rejoint ce cadre : l’IRM n’est typiquement pas indiquée dans le bilan de première intention d’une lésion dégénérative, la radiographie servant à étayer un diagnostic d’arthrose ou à détecter des pathologies rares comme une tumeur ou une fracture.5
Le vrai risque d’une IRM trop précoce
Il ne s’agit pas d’économiser un examen. Il s’agit d’éviter une cascade décisionnelle : une IRM précoce trouve, avec une probabilité élevée après 50 ans, une anomalie méniscale. Cette anomalie devient alors l’explication de la douleur, alors qu’elle est présente chez 60 % des genoux arthrosiques indolores.4 De là peuvent découler un traitement inadapté, un geste chirurgical sans bénéfice démontré, et l’abandon du traitement qui fonctionne : l’exercice.
↑ SommaireGonflement, blocage, instabilité : les trois signes qui changent la conduite
Trois symptômes modifient la démarche plus que la localisation elle-même. Ils ne font pas un diagnostic, mais ils déterminent l’urgence.
Le gonflement
Ce qui compte, c’est le délai d’apparition. Un genou qui gonfle dans les minutes à deux heures suivant un traumatisme évoque un saignement intra-articulaire, donc une lésion d’une structure vascularisée — ligament croisé, fracture, luxation de rotule. C’est un motif de consultation rapide.
Un gonflement apparaissant sur 12 à 24 heures, ou revenant par épisodes après les efforts, est plus banal et évoque une réaction articulaire. Il reste un signal utile : une articulation qui gonfle est une articulation qui a été dépassée.
Le blocage
Le mot est employé pour deux choses très différentes. Le blocage vrai est une impossibilité mécanique d’étendre complètement le genou, qui persiste et qui ne se lève pas volontairement. Il peut traduire un fragment méniscal interposé et justifie un avis sans attendre.
La gêne douloureuse — « ça coince », « ça accroche », « je n’ose pas tendre » — est beaucoup plus fréquente et n’a pas la même valeur. La distinction est détaillée dans l’article sur le mal de genou en flexion et en extension.
L’instabilité
Un genou qui se dérobe franchement, en particulier lors d’un changement de direction, oriente vers une atteinte ligamentaire ou une faiblesse musculaire marquée. À distinguer de l’appréhension, qui est fréquente et qui régresse avec le renforcement.
↑ SommaireQuand consulter, et quand consulter vite
- Genou gonflé dans les deux heures suivant un traumatisme.
- Impossibilité de prendre appui, ou de fléchir le genou à 90°.
- Blocage persistant en extension incomplète.
- Déformation visible, ou sensation de déboîtement au moment du traumatisme.
- Genou chaud et rouge, douleur au repos, fièvre ou frissons.
- Douleur osseuse exquise et localisée, nocturne, qui ne cède pas au repos.
- Fourmillements, perte de sensibilité ou de force dans la jambe ou le pied.
En dehors de ces situations, une consultation est justifiée dans les cas suivants :
- une douleur interne qui ne s’améliore pas après deux à trois semaines d’ajustement de la charge ;
- une douleur qui s’aggrave d’une semaine sur l’autre malgré l’adaptation ;
- un gonflement qui revient systématiquement après l’effort ;
- une douleur qui vous réveille la nuit ;
- une récidive après une période indolore, ou un épisode qui ne ressemble pas aux précédents.
Ce dernier point est important et souvent négligé : un épisode inhabituel chez une personne dont le diagnostic est déjà connu est précisément l’une des situations où la HAS recommande de réévaluer, y compris par imagerie.1
↑ SommaireGérer la charge sans tout arrêter
Le réflexe du repos complet est compréhensible et, dans la plupart des douleurs internes non traumatiques, contre-productif. L’arrêt total soulage pendant quelques jours, puis désadapte les tissus ; la reprise se fait alors sur un genou moins capable qu’avant, et la douleur revient.
La démarche utile est l’ajustement, pas l’arrêt : réduire ce qui provoque, maintenir le reste, et remonter progressivement.
Un cadre de surveillance de la douleur
Il existe un modèle décrit et testé pour décider si l’on peut continuer à s’entraîner malgré une douleur tendineuse.
Un essai randomisé chez 38 patients atteints de tendinopathie d’Achille a comparé deux stratégies pendant la rééducation : poursuivre la course et les sauts en appliquant un modèle de surveillance de la douleur, ou interrompre ces activités pendant six semaines.13
Les trois règles du modèle étaient précises : la douleur pouvait atteindre 5 sur 10 pendant l’exercice ; elle devait avoir disparu le lendemain matin ; la douleur et la raideur ne devaient pas augmenter d’une semaine sur l’autre.
Aucune différence significative de vitesse d’amélioration n’a été retrouvée entre les deux groupes, et les deux se sont significativement améliorés. Aucun effet négatif de la poursuite de l’activité n’a pu être mis en évidence.
Limite à garder en tête : cet essai portait sur le tendon d’Achille, pas sur le genou, et sur un effectif réduit. Le modèle est aujourd’hui largement transposé en pratique aux autres tendinopathies, mais par extension raisonnée, non par démonstration directe.
Appliqué à une douleur interne du genou d’installation progressive, cela donne trois questions à se poser après chaque séance :
- La douleur est-elle restée tolérable pendant l’effort, sans augmenter séance après séance ?
- A-t-elle disparu le lendemain matin ?
- Le genou est-il identique ou meilleur qu’à la même période la semaine précédente ?
Trois « oui » : la charge est adaptée, vous pouvez progresser prudemment. Un « non » : réduisez d’un cran, sans arrêter pour autant. Ce cadre ne s’applique pas à un genou gonflé, bloqué ou traumatisé récemment.
Ce qu’on réduit, ce qu’on garde
- On réduit le volume avant l’intensité, les descentes et le dénivelé négatif, les pivots et changements de direction, les accroupissements profonds répétés.
- On garde la marche, le vélo sur terrain plat avec une selle correctement réglée, la natation en évitant la brasse, le travail du haut du corps.
- On ne reprend pas le volume antérieur d’un seul coup après une période calme. Les principes de la surcharge progressive s’appliquent à la reprise autant qu’à la performance.
Le renforcement progressif, étape par étape
Quelle que soit la cause parmi les quatre principales, le renforcement est le socle commun du traitement. Il n’est pas accessoire : c’est l’intervention qui a démontré une équivalence avec la chirurgie dans la lésion méniscale dégénérative,6 et que la HAS place en première intention dans l’arthrose.3
La progression suit une logique constante : d’abord des contractions qui ne font pas bouger l’articulation, puis du mouvement contrôlé, puis de la charge, puis de la vitesse et de l’impact.
Phase 1 — Isométrique, quand ça fait mal au moindre mouvement
- Contraction du quadriceps genou tendu, assis ou allongé, 10 à 15 secondes, plusieurs séries courtes dans la journée.
- Appui contre un mur en position assise (chaise au mur), genoux légèrement fléchis, maintien court et sans douleur croissante. La chaise au mur se dose finement en jouant sur l’angle et la durée.
- Contraction des adducteurs en serrant un coussin entre les genoux. Le gracile, l’un des trois tendons de la patte d’oie, est aussi un adducteur : ce travail le concerne directement.
Phase 2 — Mouvement contrôlé
- Extensions de genou sur amplitude réduite, au poids du corps puis contre résistance légère ; voir la leg extension pour les réglages et les précautions.
- Flexions de genou pour les ischio-jambiers, dont deux des trois tendons de la patte d’oie font partie. Le leg curl allongé permet un dosage précis.
- Pont fessier, puis pont fessier unilatéral, pour la chaîne postérieure et le contrôle du bassin.
- Renforcement des abducteurs et rotateurs externes de hanche. Un bassin qui s’affaisse laisse le genou partir en dedans, ce qui augmente la contrainte sur le compartiment interne. Cette logique est bien établie pour les douleurs antérieures du genou ; son transfert aux douleurs internes est cohérent sur le plan mécanique mais moins directement documenté.
Phase 3 — Charge, puis vitesse
- Squats et fentes sur amplitude progressive, en contrôlant que le genou ne plonge pas vers l’intérieur.
- Travail unilatéral : montées de marche, fentes marchées, appuis sur une jambe. C’est sur un appui unipodal que la contrainte réelle apparaît.
- Adducteurs en excentrique — le Copenhagen adduction est exigeant et se réserve aux phases avancées.
- Réintroduction des impacts en dernier : sauts bipodaux contrôlés, puis unipodaux, puis course.
La durée est la variable la plus sous-estimée. Un programme de renforcement produit ses effets sur plusieurs semaines, pas sur quelques séances : l’essai méniscal de référence comportait 12 semaines d’exercice supervisé.6 Arrêter au bout de dix jours parce que « ça ne marche pas » est l’erreur la plus courante.
Course à pied : ce qu’on peut raisonnablement ajuster
Chez le coureur, une douleur interne du genou amène souvent à vouloir modifier sa technique. Deux ajustements reviennent systématiquement : augmenter la cadence et changer de terrain. Il faut savoir ce que chacun vaut.
La cadence
Une étude biomécanique a analysé 45 coureurs récréatifs sains sur tapis, à vitesse constante, en faisant varier leur cadence préférentielle de ±5 % et ±10 %.14
Résultats : l’énergie mécanique absorbée au genou diminuait aux cadences +5 % et +10 %. À la hanche, la diminution n’apparaissait qu’à +10 %, avec une réduction de l’angle et des moments d’adduction de hanche. À l’inverse, réduire la cadence de 10 % augmentait l’absorption d’énergie à toutes les articulations.
Ce que l’étude ne dit pas : il s’agit de coureurs sains, mesurés en laboratoire, sans suivi de blessure. Aucune réduction du risque de blessure ni aucun bénéfice thérapeutique n’a été démontré ici. La cadence est un levier mécanique plausible, pas un traitement validé.
En pratique, une augmentation modeste de la cadence — de l’ordre de 5 % — est un ajustement peu coûteux et facile à tester. Elle raccourcit la foulée et réduit l’oscillation verticale. Elle ne remplace ni la gestion du volume ni le renforcement.
Le terrain et le volume
- Les descentes majorent les contraintes à l’atterrissage. Les limiter temporairement est souvent plus efficace que n’importe quelle correction technique.
- Les dévers prolongés — bord de route incliné, piste toujours dans le même sens — créent une asymétrie de charge. Alterner le sens suffit parfois.
- Le volume reste le premier facteur modifiable. Une hausse brutale du kilométrage est le déclencheur le plus fréquemment retrouvé dans les douleurs de surcharge ; la prévention des blessures repose d’abord sur la progressivité.
Quant aux chaussures et aux semelles, la prudence est de mise : les données ne permettent pas de recommander un modèle particulier pour une douleur interne du genou. Changer de chaussures au moment précis où le genou est irrité ajoute une variable au lieu d’en retirer une.
↑ SommaireLes erreurs qui prolongent les choses
- Attribuer la douleur à la première anomalie vue à l’IRM. Après 50 ans, une lésion méniscale est présente chez une majorité de genoux arthrosiques indolores.4
- Demander une IRM avant toute autre évaluation. Les recommandations françaises placent la radiographie en première intention et écartent explicitement l’IRM d’emblée.12
- S’arrêter complètement. Le repos strict soulage puis désadapte ; la reprise se fait sur un genou plus fragile.
- Continuer sans rien changer. L’inverse est tout aussi coûteux : une douleur qui augmente semaine après semaine n’est pas un signe de progression.
- Conclure d’un autotest négatif. Le test de McMurray manque près de quatre lésions méniscales sur dix, même réalisé par un clinicien entraîné.12
- Abandonner le renforcement au bout de deux semaines. Les protocoles de référence durent trois mois.6
- Changer plusieurs paramètres à la fois — chaussures, cadence, terrain, volume. Plus rien n’est interprétable.
- Négliger la hanche et la cheville. Le genou subit souvent ce qui se décide au-dessus et en dessous.
- Ignorer un gonflement récidivant. Un genou qui se remplit après chaque sortie demande une évaluation, pas une attelle.
Combien de temps, et que faire si ça ne passe pas
Les délais varient considérablement selon la cause, et toute estimation reste indicative. Quelques repères utiles, issus des cadres de prise en charge cités plus haut.
| Situation | Amélioration généralement attendue | Jalon de réévaluation |
|---|---|---|
| Syndrome de la patte d’oie | Quelques semaines avec ajustement de charge et renforcement | À 4-6 semaines si aucun progrès |
| Lésion méniscale dégénérative | Progressive sur un programme structuré | 3 mois de traitement conservateur avant d’envisager un geste |
| Entorse du ligament collatéral médial | Selon le grade ; mobilisation encadrée d’emblée | Évaluation médicale initiale, puis suivi rééducatif |
| Arthrose fémoro-tibiale interne | Gains sur plusieurs semaines d’activité adaptée | Réévaluer si épisode inhabituel ou aggravation rapide |
Si la douleur persiste au-delà de ces repères malgré une prise en charge correctement menée, trois questions méritent d’être posées, dans cet ordre.
- Le diagnostic est-il le bon ? Une douleur interne résistante doit faire reconsidérer les causes moins fréquentes évoquées plus haut, y compris une douleur projetée depuis la hanche ou le rachis.
- Le traitement a-t-il réellement été appliqué ? Un programme suivi trois fois en six semaines n’est pas un échec du renforcement, c’est l’absence de renforcement.
- La charge globale a-t-elle vraiment été ajustée ? Y compris le travail, les escaliers, la marche quotidienne — et pas seulement les séances de sport.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma douleur interne du genou vient de la patte d’oie ou du ménisque ?
Le repère principal est la hauteur du point douloureux par rapport à l’interligne articulaire : la patte d’oie s’insère nettement en dessous, sur le tibia, alors qu’une douleur méniscale se situe sur l’interligne lui-même. Le mode de début aide aussi : progressif après une hausse d’entraînement pour la patte d’oie, brutal sur une torsion pour une lésion méniscale traumatique.
Cela reste une orientation, pas une conclusion. Les manœuvres cliniques utilisées pour le ménisque ont une précision médiocre, même réalisées par des examinateurs entraînés, et un gonflement ou un blocage change entièrement la démarche.
Faut-il faire une IRM pour une douleur interne du genou ?
Pas en première intention. La HAS recommande une radiographie en premier lieu devant un premier épisode ou un épisode inhabituel, et réserve l’IRM aux présentations atypiques, aux symptômes évoluant très rapidement, à une modification du tableau, ou à des radiographies normales n’expliquant pas la douleur. Après un traumatisme, la consigne est explicite : pas d’IRM en première intention.
L’enjeu n’est pas financier. Une IRM précoce trouve très souvent une lésion méniscale qui n’est pas la cause de la douleur, ce qui peut orienter vers un traitement inutile.
Une lésion du ménisque trouvée à l’IRM doit-elle être opérée ?
Pas automatiquement, et surtout pas s’il s’agit d’une lésion dégénérative. Le consensus méniscal européen indique que la méniscectomie partielle arthroscopique ne doit pas être proposée en première intention dans ce cas, le seuil retenu étant de trois mois de traitement non chirurgical avant d’envisager un geste.
Un essai randomisé de 140 patients d’âge moyen 49 ans n’a retrouvé aucune différence cliniquement pertinente à deux ans entre 12 semaines d’exercice supervisé et la chirurgie. Les lésions traumatiques du sujet jeune relèvent d’une discussion différente, souvent orientée vers la réparation plutôt que l’ablation.
Peut-on continuer à courir avec une douleur interne du genou ?
Souvent oui, à condition d’ajuster et de surveiller. Trois critères permettent de décider : la douleur reste tolérable sans augmenter séance après séance, elle a disparu le lendemain matin, et le genou n’est pas plus douloureux que la semaine précédente. Si l’une des trois conditions n’est pas remplie, on réduit d’un cran plutôt que d’arrêter tout.
Ce cadre ne s’applique pas à un genou gonflé, bloqué, instable ou traumatisé récemment : ces situations relèvent d’un avis médical avant toute reprise.
Pourquoi mon genou interne fait-il mal sans aucun traumatisme ?
Les deux explications les plus fréquentes sont une surcharge de l’insertion de la patte d’oie et, après 35-40 ans, une lésion méniscale dégénérative ou une arthrose du compartiment interne. Dans tous ces cas, le déclencheur le plus souvent retrouvé est une modification récente de la charge : volume en hausse, reprise après une coupure, ajout de dénivelé ou nouvelle activité.
Une douleur sans traumatisme qui ne cède pas au repos relatif, qui réveille la nuit ou qui s’accompagne d’un genou chaud et gonflé n’entre pas dans ce cadre et doit être évaluée.
Le gonflement du genou est-il toujours un signe de gravité ?
Non, mais le délai d’apparition compte beaucoup. Un gonflement installé en moins de deux heures après un traumatisme évoque un saignement intra-articulaire et justifie une consultation rapide. Un gonflement progressif sur 12 à 24 heures, ou qui revient après les efforts, est plus banal.
Il reste un signal à ne pas ignorer : une articulation qui se remplit régulièrement après chaque séance indique que la charge dépasse ce qu’elle tolère actuellement.
Dois-je porter une genouillère ?
Pour une douleur interne non traumatique, une genouillère souple peut apporter un confort subjectif mais ne traite rien et ne remplace pas le renforcement. Elle ne doit pas servir à maintenir une charge que le genou ne supporte pas.
Après une entorse du ligament collatéral médial, la question relève du médecin : une revue des essais randomisés a retrouvé une laxité en valgus plus faible à six semaines avec une rééducation fonctionnelle qu’avec une immobilisation par attelle.
Augmenter ma cadence de course va-t-il soulager mon genou ?
C’est plausible mécaniquement mais non démontré cliniquement. Une étude sur 45 coureurs sains a montré qu’augmenter la cadence de 5 à 10 % réduisait l’énergie absorbée au genou, et qu’à +10 % les moments d’adduction de hanche diminuaient également. Aucun bénéfice sur la douleur ou sur le risque de blessure n’a toutefois été mesuré dans ce travail.
Une hausse modeste de cadence est un essai peu coûteux. Elle ne dispense ni de gérer le volume, ni de renforcer.
L’arthrose du genou interdit-elle le sport ?
Au contraire. La HAS considère l’activité physique adaptée comme le traitement de première intention de l’arthrose périphérique, avant les médicaments, avec un haut niveau de preuve. Les programmes recommandés associent renforcement musculaire, mobilité, proprioception et endurance aérobie, en commençant à intensité modérée.
La marche, le vélo et la natation sont explicitement citées. Ce qui se discute, c’est le dosage et l’adaptation en période de poussée, pas le principe de bouger.
Combien de temps faut-il pour qu’une douleur interne du genou disparaisse ?
Cela dépend entièrement de la cause. Un syndrome de la patte d’oie s’améliore souvent en quelques semaines avec un ajustement de charge et un renforcement. Une lésion méniscale dégénérative s’évalue sur un programme de trois mois. Une arthrose se gère au long cours, avec des gains réels mais progressifs.
Le repère le plus utile n’est pas une durée mais une tendance : si le genou ne va pas mieux d’une semaine sur l’autre après deux à trois semaines d’adaptation, c’est le moment de consulter plutôt que d’attendre.
Face à une douleur interne du genou, deux informations valent plus que tous les autotests : la hauteur exacte du point douloureux par rapport à l’interligne, et la façon dont tout a commencé. Ajoutez-y la présence ou l’absence de gonflement, de blocage vrai et d’instabilité, et vous apportez à votre médecin l’essentiel de ce qui orientera son examen.
Ce qui ne devrait pas être la première étape, c’est l’IRM. Les recommandations françaises placent la radiographie en premier et réservent l’IRM à des situations précises — parce qu’après 50 ans, une lésion méniscale est si fréquente qu’elle n’est pas, le plus souvent, la cause de la douleur.
Et pendant ce temps, le traitement qui a le plus de preuves derrière lui ne demande aucun examen : ajuster la charge sans tout arrêter, et renforcer pendant plusieurs semaines. Commencez par noter, pendant sept jours, où vous avez mal, après quelle activité, et si la douleur a disparu le lendemain matin. Vous entrerez en consultation avec les trois réponses qui comptent.
Sources et références
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- Haute Autorité de santé. Pertinence de l’imagerie dans l’exploration d’une gonalgie après un traumatisme du genou chez l’adulte. Fiche pertinence des soins. Saint-Denis : HAS ; juin 2022. Fiche HAS (PDF)
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