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Point de côté du sportif : causes et solutions

point de coté chez le sportif

En bref : le point de côté est cette douleur abdominale soudaine et lancinante qui interrompt tant de séances de course ou de natation. Son nom scientifique est l’ETAP (Exercise-Related Transient Abdominal Pain, ou douleur abdominale transitoire liée à l’exercice). Extrêmement fréquent — il toucherait jusqu’à 70 % des coureurs sur une année — il reste pourtant mal compris, entouré d’idées reçues (« c’est le foie », « c’est un manque d’oxygène »). Cet article fait le point complet sur ce que dit réellement la science : mécanismes, sports concernés, facteurs de risque, techniques pour le faire passer en pleine course, stratégies de prévention, exercices ciblés et signaux d’alerte à connaître.

Qu’est-ce qu’un point de côté ?

Le point de côté désigne une douleur abdominale passagère qui survient pendant l’effort physique. En médecine du sport, on l’appelle ETAP, pour Exercise-Related Transient Abdominal Pain — littéralement « douleur abdominale transitoire liée à l’exercice ». En anglais courant, on parle de side stitch.

La douleur se localise le plus souvent sur le côté de l’abdomen, à droite ou à gauche, entre les côtes et la hanche. Dans les cas typiques, elle siège dans les régions latérales du tronc, mais elle peut aussi être ressentie plus haut, sous les côtes (région sous-costale), voire irradier vers l’épaule (on parle alors de shoulder tip pain, une douleur à la pointe de l’épaule).

Les différents types de douleur décrits

Les sportifs décrivent des sensations variées, ce qui reflète la complexité du phénomène :

  • Douleur aiguë ou en coup de poignard (sharp, stabbing) : la plus typique, souvent bien localisée.
  • Crampe (cramping) : sensation de serrement ou de nœud.
  • Douleur sourde ou tiraillement (aching, pulling) : plus diffuse, moins vive.

L’intensité va de la simple gêne à une douleur suffisamment forte pour contraindre à ralentir ou à s’arrêter. Sa durée est variable mais, par définition, elle est transitoire : elle disparaît généralement à l’arrêt ou au ralentissement de l’effort, sans laisser de séquelle.

Le saviez-vous ?Les médecins ont défini l’abdomen en 9 régions pour cartographier le point de côté. Chez les personnes qui en souffrent régulièrement, les localisations les plus fréquentes sont les régions latérales (« lombaires ») du tronc — une position cohérente avec une douleur transmise par les nerfs intercostaux, qui innervent aussi le péritoine pariétal.

Un phénomène très fréquent chez les sportifs

Le point de côté est l’un des troubles les plus répandus à l’effort. Les données de la médecine du sport donnent des chiffres éloquents :

  • Jusqu’à 70 % des coureurs déclarent avoir eu au moins un point de côté au cours de l’année écoulée.
  • 40 à 60 % de la population physiquement active serait concernée, tous sports confondus.
  • Il est plus fréquent chez les jeunes et chez les sportifs moins expérimentés, et sa fréquence diminue avec l’âge et l’entraînement.

Toutes les disciplines ne sont pas égales : les sports qui associent des mouvements répétés du tronc et des secousses verticales (course, équitation) provoquent beaucoup plus de points de côté que les activités sans impact comme le cyclisme. La natation figure aussi parmi les disciplines à risque élevé.

Objectifs de cet articleComprendre ce qui se passe réellement dans votre corps, distinguer les faits établis des hypothèses encore débattues, savoir quoi faire pour faire passer un point de côté en pleine séance, et surtout comment le prévenir durablement grâce à des mesures concrètes et des exercices ciblés.

Les causes : ce que dit réellement la science

Malgré sa fréquence, l’origine exacte du point de côté reste débattue. Plusieurs hypothèses ont été proposées au fil des décennies ; certaines ont été largement abandonnées, une autre s’impose aujourd’hui comme la plus probable. Passons-les en revue avec leur niveau de preuve.

1. Irritation du péritoine pariétal (hypothèse dominante)

Le péritoine est une double membrane : un feuillet viscéral qui enveloppe les organes, et un feuillet pariétal qui tapisse la paroi abdominale et la face inférieure du diaphragme. Entre les deux, un fin espace lubrifié permet le glissement. L’hypothèse, développée par Morton et Callister, est qu’une friction ou une irritation du péritoine pariétal déclenche la douleur.

Arguments en faveur : cette théorie explique le mieux les caractéristiques connues du point de côté — la douleur vive et bien localisée, l’aggravation après un repas copieux (distension de l’estomac augmentant la friction), l’effet des boissons hypertoniques (gradient osmotique), et la possible irradiation vers l’épaule (le péritoine sous-diaphragmatique est innervé par le nerf phrénique). Ce qui reste débattu : le mécanisme précis de l’irritation et les facteurs qui la déclenchent ne sont pas entièrement élucidés. C’est aujourd’hui l’explication la plus solide, sans être définitivement prouvée.

2. Traction des ligaments viscéraux

Cette hypothèse ancienne suppose que les ligaments reliant les organes abdominaux au diaphragme subiraient une traction lors des secousses de la course, notamment à cause du poids des organes remplis (estomac, foie). Arguments : elle expliquerait pourquoi la course « secouée » provoque plus de points de côté et pourquoi un repas récent aggrave la douleur. Contre : elle explique mal les points de côté survenant en natation, où le corps est horizontal et où les secousses verticales sont absentes. Considérée aujourd’hui comme insuffisante à elle seule.

3. Le rôle du diaphragme (hypothèse affaiblie)

On a longtemps cru que le point de côté résultait d’une ischémie du diaphragme (manque d’oxygène du muscle respiratoire) ou d’une crampe de ce muscle. Contre : les études de Morton et Callister ont montré qu’un épisode de point de côté ne s’accompagne d’aucune modification de la spirométrie (fonction respiratoire) ni d’une élévation de l’activité électromyographique (EMG) qui signerait une crampe. Ces données affaiblissent nettement l’hypothèse diaphragmatique, longtemps dominante.

4. Diminution transitoire de la vascularisation

L’idée d’une ischémie (baisse d’apport sanguin) du diaphragme ou des viscères, liée à la redistribution du sang vers les muscles à l’effort, a été proposée. Contre : les preuves manquent, et cette théorie n’explique pas la localisation précise ni le déclenchement du point de côté. Largement abandonnée comme cause principale.

5. Contraintes mécaniques et mouvements répétés

Le volume de mouvement du tronc est un bon prédicteur du point de côté : plus le tronc est mobilisé et secoué (course avec tronc étendu, changements de direction), plus le risque est élevé. C’est pourquoi la course génère bien plus de points de côté que le cyclisme. Bien établi comme facteur contributif, s’intégrant à la théorie du péritoine (la friction augmente avec le mouvement).

6. Posture, stabilité du tronc et rachis thoracique

Une mauvaise posture (dos rond, tronc affaissé) et un gainage insuffisant sont associés à une plus grande fréquence de points de côté. Des travaux ont observé que les personnes sujettes au point de côté avaient un muscle transverse de l’abdomen plus fin, suggérant qu’une meilleure stabilité du tronc pourrait protéger. Le rachis thoracique (mobilité, posture) participe aussi à la mécanique respiratoire et à la stabilité. Piste prometteuse, cohérente avec la théorie du péritoine (meilleur maintien = moins de friction).

7. Repas, boissons et respiration

Manger juste avant l’effort et boire des boissons hypertoniques (sucrées, concentrées) augmentent nettement le risque. La respiration joue aussi : une respiration superficielle et saccadée est associée à plus de points de côté, mais l’idée simpliste d’un lien direct avec le rythme des foulées reste discutée. Établi pour l’alimentation et les boissons hypertoniques ; nuancé pour la respiration.

8. Facteurs individuels

L’âge (le point de côté diminue en vieillissant), le niveau d’entraînement (les moins entraînés sont plus touchés) et une possible susceptibilité individuelle modulent le risque. En revanche, les données ne montrent pas de différence nette entre hommes et femmes.

Ce que dit la science

Le consensus actuel penche pour l’irritation du péritoine pariétal. La revue de référence de Morton et Callister (Sports Medicine, 2015) conclut que, parmi toutes les hypothèses, l’irritation du péritoine pariétal explique le mieux les caractéristiques du point de côté, tout en soulignant que l’étiologie n’est pas entièrement élucidée.

Le diaphragme n’est probablement pas le coupable. Les mesures de spirométrie et d’EMG réalisées pendant des épisodes de point de côté n’ont montré ni altération respiratoire ni signe de crampe, ce qui contredit les vieilles théories diaphragmatiques.

La stabilité du tronc semble protectrice. Mole et coll. (2013) ont observé que les personnes sujettes au point de côté présentaient un transverse de l’abdomen plus fin, et que l’activation de ce muscle pourrait réduire l’incidence — un argument en faveur du travail de gainage en prévention.

HypothèseNiveau de preuve
Irritation péritoine pariétalHypothèse dominante — explique le mieux les faits, sans preuve définitive.
Contraintes mécaniques du troncBien établie comme facteur contributif.
Repas / boissons hypertoniquesÉtablie comme facteur déclenchant.
Faible gainage / posturePiste prometteuse, cohérente et exploitable en prévention.
Traction des ligaments viscérauxInsuffisante seule (n’explique pas la natation).
Ischémie / crampe du diaphragmeAffaiblie voire abandonnée (spirométrie et EMG normales).

Quels sportifs sont les plus concernés ?

Le point de touche presque tous les sports, mais avec une fréquence très variable. Le dénominateur commun des disciplines à risque : des mouvements répétés du tronc, des secousses et une position du tronc étendue.

DisciplineRisquePourquoi
Course à piedÉlevéSecousses verticales répétées, tronc étendu, impacts.
TrailÉlevéTerrain irrégulier, variations de rythme, longue durée.
MarathonÉlevéDurée, ravitaillements (boire/manger en courant).
ÉquitationÉlevéSecousses verticales transmises par le cheval.
NatationÉlevéRespiration contrainte, rotation du tronc, position horizontale.
Football / RugbyModéré à élevéCourses, accélérations, changements de direction, contacts.
Tennis / sports de raquetteModéréRotations et extensions répétées du tronc.
Sports de combatModéréEfforts intenses, torsions, respiration heurtée.
CrossFit / HIITModéréIntensité élevée, enchaînements, souvent peu de digestion.
CyclismeFaiblePeu de secousses, tronc soutenu — mais posture penchée possible.

La natation mérite une mention : bien que sans impact, elle figure parmi les sports les plus pourvoyeurs de points de côté, probablement à cause de la respiration contrainte et rythmée, de la rotation du tronc et de la position horizontale. Cela rappelle que les secousses verticales ne sont pas la seule cause en jeu, et renforce l’hypothèse péritonéale.

Les facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent la probabilité de déclencher un point de côté. La bonne nouvelle : la plupart sont modifiables.

FacteurEffet
Repas copieux avant l’effortDistension de l’estomac, digestion en cours : risque majeur.
Boissons hypertoniquesJus, sodas, boissons très sucrées : augmentent nettement le risque.
Délai repas-effort trop courtMoins de 2-3 h après un vrai repas : risque accru.
Manque d’échauffementTransition brutale vers l’intensité : favorise le point de côté.
Respiration inefficaceSuperficielle, saccadée : associée à plus d’épisodes.
Faible gainage / transverse finMoins de stabilité du tronc : susceptibilité accrue.
Mauvaise postureTronc affaissé, dos rond : mécanique défavorable.
FatigueDégrade la posture et le contrôle respiratoire.
Jeune âgePlus fréquent chez les jeunes, diminue avec l’âge.
Faible niveau d’entraînementLes débutants sont davantage touchés.
Intensité élevéePlus l’effort est intense, plus le risque monte.

Les symptômes

  • Douleur aiguë en coup de poignard, souvent bien localisée sur un côté du ventre.
  • Douleur lancinante ou en crampe : sensation de serrement qui monte progressivement.
  • Douleur diffuse ou tiraillement plus sourd, moins précis.
  • Irradiation possible vers l’épaule (pointe de l’épaule), du côté atteint, via le nerf phrénique.
  • Localisation droite ou gauche : le côté droit est souvent rapporté, mais les deux côtés sont possibles ; le siège le plus fréquent est latéral, entre côtes et hanche.
  • Signes associés bénins : gêne à la respiration ample, besoin de se pencher ou de ralentir.
Pourquoi souvent à droite ?Le côté droit est fréquemment évoqué, ce qu’on a parfois attribué au foie, plus volumineux de ce côté. Mais la science ne confirme pas que le foie soit en cause. Le point de côté survient des deux côtés, et sa localisation latérale correspond au territoire des nerfs intercostaux qui innervent aussi le péritoine pariétal.

Comment faire disparaître un point de côté pendant l’effort ?

Quand le point de côté survient, quelques gestes simples permettent le plus souvent de le faire céder sans abandonner complètement la séance.

  1. Ralentir : réduire l’intensité est la mesure la plus efficace. Souvent, passer en petites foulées ou en marche suffit à faire refluer la douleur.
  2. Modifier la respiration : ralentir et approfondir le souffle, en cherchant une respiration ample et régulière plutôt que courte et haletante.
  3. Expiration profonde forcée : souffler longuement et complètement, parfois lèvres pincées, aide à relâcher la tension et à « détendre » la zone.
  4. Comprimer la zone douloureuse : appuyer avec la main sur l’endroit du point de côté, ou se pencher légèrement en avant, peut soulager.
  5. Incliner ou étirer le tronc : lever le bras du côté douloureux et s’incliner doucement du côté opposé étire la paroi abdominale et peut apaiser la douleur.
  6. Marcher : quelques dizaines de mètres de marche active, en respirant profondément, permettent souvent de repartir sans douleur.
  7. Adapter l’intensité au redémarrage : reprendre progressivement plutôt que relancer d’emblée à pleine vitesse.
Conseil du coachUne technique efficace en course : synchronisez une expiration forcée avec la foulée du pied opposé au côté douloureux, tout en ralentissant un peu. Combinez avec une légère flexion du tronc vers l’avant et une pression de la main. En 30 à 60 secondes, le point de côté cède généralement.

Comment prévenir les points de côté ?

Mieux vaut prévenir que subir. Les mesures ci-dessous, combinées, réduisent nettement la fréquence des points de côté.

Alimentation et hydratation

  • Laisser un délai suffisant entre le dernier vrai repas et l’effort : idéalement 2 à 3 heures.
  • Éviter les repas copieux et les aliments riches en graisses et en fibres juste avant de courir.
  • Se méfier des boissons hypertoniques (jus, sodas, boissons très sucrées) avant et pendant l’effort ; privilégier l’eau ou une boisson isotonique bien dosée.
  • Boire par petites gorgées plutôt qu’en grande quantité d’un coup.

Échauffement et respiration

  • S’échauffer progressivement pour éviter la transition brutale vers l’intensité.
  • Travailler la respiration diaphragmatique (respirer « par le ventre ») pour un souffle ample et régulier.
  • Adopter un rythme respiratoire posé à l’effort, sans respiration haletante et superficielle.

Gainage, posture et mobilité

  • Renforcer le gainage (transverse, obliques, muscles profonds du tronc) pour stabiliser l’abdomen.
  • Améliorer sa posture de course : tronc droit, gainé, sans s’affaisser, surtout quand la fatigue arrive.
  • Entretenir la mobilité thoracique pour une respiration ample et une bonne mécanique du tronc.
  • Progresser graduellement en volume et en intensité (règle des +10 % par semaine) : le corps s’adapte et le point de côté se raréfie avec l’entraînement.
Conseil du coach — selon le sportCoureurs et traileurs : soignez le délai digestif et le gainage. Nageurs : travaillez le contrôle respiratoire et l’expiration dans l’eau. Marathoniens : entraînez-vous à boire et manger en courant à l’entraînement, jamais le jour J pour la première fois. CrossFit/HIIT : évitez de manger trop près de la séance et échauffez le tronc.

Exercices utiles pour prévenir les points de côté

Deux axes ressortent de la science : renforcer la stabilité du tronc (gainage, transverse) et améliorer le contrôle respiratoire. Voici des exercices concrets à intégrer 2 à 3 fois par semaine.

Respiration diaphragmatique

Objectif : apprendre à respirer par le ventre pour un souffle ample. Consignes : allongé, une main sur le ventre, inspirez par le nez en gonflant le ventre (la main se soulève), expirez lentement par la bouche. Répétitions : 8-10 respirations lentes, 2-3 séries. Fréquence : quotidien, même hors entraînement.

Respiration costo-abdominale et contrôle respiratoire

Objectif : coordonner ventre et cage thoracique. Consignes : inspirez en gonflant d’abord le ventre puis les côtes, expirez longuement en vidant les côtes puis le ventre. Ajoutez des expirations forcées lèvres pincées. Répétitions : 10 cycles, 2 séries. Fréquence : 3-4 fois/semaine, et à l’échauffement.

Gainage ventral (planche)

Objectif : renforcer le transverse et les muscles profonds. Consignes : appui sur les avant-bras et la pointe des pieds, corps aligné, ventre rentré, sans creuser le dos. Répétitions : 3 × 20-45 s. Fréquence : 3 fois/semaine.

Gainage latéral (planche latérale)

Objectif : renforcer les obliques et la paroi latérale, là où siège souvent le point de côté. Consignes : en appui sur un avant-bras, corps aligné sur le côté, hanches hautes. Répétitions : 3 × 20-40 s par côté. Fréquence : 3 fois/semaine.

Pallof Press

Objectif : gainage anti-rotation, très fonctionnel pour la course. Consignes : debout de profil à une poulie ou un élastique, tendez les bras devant vous en résistant à la rotation, revenez lentement. Répétitions : 3 × 10-12 par côté. Fréquence : 2-3 fois/semaine.

Bird Dog

Objectif : coordination et stabilité lombo-abdominale. Consignes : à quatre pattes, tendez bras et jambe opposés en gardant le tronc gainé et immobile, revenez lentement. Répétitions : 3 × 8-10 par côté. Fréquence : 2-3 fois/semaine.

Dead Bug

Objectif : contrôle du tronc en coordination avec la respiration. Consignes : allongé sur le dos, bras et jambes fléchies en l’air, abaissez bras et jambe opposés en expirant, sans creuser le dos. Répétitions : 3 × 8-10 par côté. Fréquence : 2-3 fois/semaine.

Mobilité thoracique et ouverture de la cage

Objectif : libérer la respiration et la mécanique du tronc. Consignes : assis ou à genoux, effectuez des rotations thoraciques contrôlées et des ouvertures de cage (bras qui s’ouvrent en inspirant). Répétitions : 8-10 par côté. Fréquence : quotidien ou à l’échauffement.

À retenirCes exercices ne font pas « disparaître » un point de côté en cours de route — ils réduisent votre susceptibilité sur le long terme. Un tronc solide et une respiration maîtrisée sont vos deux meilleurs alliés préventifs, en cohérence avec les données scientifiques actuelles.

Que disent les études scientifiques ?

La recherche sur le point de côté, longtemps anecdotique, s’est structurée grâce aux travaux de Morton et Callister, qui ont posé les bases modernes de sa compréhension.

  • Hypothèses validées ou renforcées : l’irritation du péritoine pariétal comme mécanisme le plus probable ; le rôle du mouvement du tronc, des repas et des boissons hypertoniques ; l’effet protecteur potentiel d’un bon gainage (transverse).
  • Hypothèses affaiblies ou abandonnées : l’ischémie et la crampe du diaphragme (spirométrie et EMG normales pendant les épisodes) ; l’idée que le foie serait en cause ; l’ischémie viscérale comme cause principale.
  • Consensus actuel : une origine multifactorielle, dominée par l’irritation du péritoine pariétal, modulée par la mécanique du tronc, l’alimentation et la stabilité abdominale.
  • Limites des recherches : peu d’essais contrôlés de grande ampleur, mécanisme précis non totalement élucidé, stratégies de prise en charge encore largement empiriques.

Idées reçues sur le point de côté

« C’est le foie qui fait mal »

Faux. Le foie n’est pas la cause du point de côté. Cette croyance vient de la fréquence des douleurs à droite, mais la science n’incrimine pas le foie. La douleur relève du péritoine et des structures innervées par les nerfs intercostaux.

« C’est un manque d’oxygène »

Faux (ou très discutable). Les théories d’ischémie du diaphragme ne sont pas soutenues par les données : la fonction respiratoire n’est pas altérée pendant un point de côté. Ce n’est pas un « manque d’oxygène » du muscle respiratoire.

« Il faut toujours respirer par le ventre »

Nuancé. Une respiration ample et diaphragmatique aide beaucoup, mais il n’existe pas de « recette » respiratoire unique qui marche pour tous. L’important est un souffle régulier et profond, pas une règle rigide.

« Les sportifs entraînés n’en ont jamais »

Faux, mais avec une part de vrai. Le point de côté est plus rare chez les sportifs entraînés, mais aucun n’en est totalement à l’abri. L’entraînement réduit la susceptibilité sans l’annuler.

« Boire provoque forcément un point de côté »

Nuancé. Ce sont surtout les grandes quantités d’un coup et les boissons hypertoniques (très sucrées) qui augmentent le risque. Boire de l’eau par petites gorgées est au contraire recommandé et ne provoque pas de point de côté chez la plupart des sportifs.

Quand faut-il consulter ?

Le point de côté est bénin et transitoire par définition. Mais une douleur abdominale à l’effort peut, plus rarement, cacher autre chose. Consultez si vous observez :

  • Une douleur qui persiste après l’arrêt de l’effort ou qui revient au repos.
  • De la fièvre, des vomissements ou une altération de l’état général.
  • Des difficultés respiratoires ou une véritable douleur thoracique (oppression, irradiation au bras/mâchoire).
  • Une douleur abdominale inhabituelle, très intense, localisée différemment de vos points de côté habituels.
  • Une douleur qui s’aggrave séance après séance.
Diagnostics différentiels à écarterUne douleur abdominale ou thoracique à l’effort peut relever, selon le contexte, d’une appendicite, d’une colique néphrétique, d’une pathologie biliaire, d’une atteinte musculaire (élongation de la paroi abdominale), de troubles digestifs, ou — plus rarement mais à ne jamais négliger — d’une cause cardiaque. En cas de doute, surtout si la douleur est atypique ou persistante, consultez un médecin.

Conseils pratiques selon votre profil

  • Débutants : progressez lentement, échauffez-vous, ne mangez pas juste avant. Le point de côté se raréfiera avec l’entraînement.
  • Coureurs : soignez le délai digestif, travaillez le gainage et l’expiration profonde, gardez un tronc droit.
  • Traileurs : attention aux variations de rythme et aux ravitaillements ; entraînez-vous à manger/boire en mouvement.
  • Cyclistes : risque faible, mais surveillez la posture penchée prolongée et l’alimentation en selle.
  • Nageurs : travaillez le contrôle respiratoire et l’expiration dans l’eau ; ne nagez pas juste après un repas.
  • Sportifs d’endurance : planifiez la stratégie nutritionnelle et hydrique, testée à l’entraînement.
  • CrossFit / HIIT : laissez un délai après les repas et échauffez le tronc avant les enchaînements intenses.
  • Enfants et adolescents : plus sujets au point de côté ; rassurez-les, apprenez-leur à ralentir et respirer, évitez le repas juste avant le sport.
  • Seniors : le point de côté est plus rare, mais une douleur abdominale ou thoracique inhabituelle à l’effort doit être prise au sérieux et évaluée médicalement.

FAQ — Point de côté

La course cumule secousses verticales, mouvement du tronc et parfois repas récent — un cocktail idéal pour le point de côté. Si c’est systématique, vérifiez votre délai digestif (2-3 h après un repas), renforcez votre gainage, travaillez une respiration ample et progressez plus graduellement. La susceptibilité diminue nettement avec l’entraînement régulier.
Le côté droit est fréquemment rapporté, ce qu’on a attribué au foie — mais la science n’incrimine pas le foie. Le point de côté survient des deux côtés ; sa localisation latérale correspond au territoire des nerfs intercostaux qui innervent aussi le péritoine pariétal, la structure aujourd’hui considérée comme la plus impliquée.
Oui, le plus souvent, en ralentissant. Réduisez l’intensité, respirez profondément avec des expirations forcées, appuyez sur la zone et penchez-vous légèrement. Le point de côté est bénin et cède généralement en 30 à 60 secondes. Inutile d’abandonner : ralentissez jusqu’à ce qu’il passe, puis reprenez progressivement.
Un bon gainage semble protecteur : les personnes sujettes au point de côté ont souvent un transverse de l’abdomen plus fin, et renforcer ce muscle pourrait réduire l’incidence. Le gainage (planche, planche latérale, Pallof press) est donc une stratégie préventive cohérente avec la science, même s’il ne garantit pas une immunité totale.
Oui, surtout si elles sont hypertoniques (très sucrées, concentrées). Les boissons sucrées avant ou pendant l’effort augmentent le risque de point de côté. Privilégiez l’eau ou une boisson isotonique bien dosée, bue par petites gorgées plutôt qu’en grande quantité d’un coup.
Non, le point de côté est bénin et transitoire : il disparaît à l’arrêt ou au ralentissement, sans séquelle. En revanche, une douleur abdominale ou thoracique inhabituelle, persistante après l’effort, ou accompagnée de fièvre, vomissements, difficultés respiratoires, doit faire consulter pour écarter une autre cause.
Oui. Le point de côté est plus fréquent chez les personnes moins entraînées et chez les jeunes. La bonne nouvelle : avec un entraînement régulier et progressif, un meilleur gainage et une respiration maîtrisée, sa fréquence diminue nettement au fil des semaines.
C’est possible mais nettement plus rare, car la marche génère peu de secousses et de mouvement du tronc. Un point de côté à la marche survient surtout après un repas copieux ou en marche rapide. S’il est fréquent au repos ou à faible intensité, ou inhabituel, mieux vaut en parler à un médecin.
Il est transitoire : de quelques secondes à quelques minutes en général, et il cède rapidement dès qu’on ralentit et qu’on adapte sa respiration. Une douleur qui persiste longtemps après l’arrêt de l’effort n’est pas un simple point de côté et mérite une évaluation.
Pas d’arrêter, mais de bien gérer le timing. Laissez idéalement 2 à 3 heures après un vrai repas, et évitez les aliments lourds, gras ou très fibreux juste avant. Une petite collation légère et facile à digérer peut convenir plus près de l’effort selon votre tolérance, à tester à l’entraînement.

Le point de côté est un compagnon de route familier de presque tous les sportifs, surtout des coureurs et des nageurs. Derrière ce phénomène banal se cache une physiologie encore partiellement mystérieuse, mais la science a tranché sur l’essentiel : ce n’est ni le foie, ni un manque d’oxygène. L’explication la plus probable est l’irritation du péritoine pariétal, modulée par la mécanique du tronc, l’alimentation et la stabilité abdominale.

Les mesures de prévention les plus efficaces sont concrètes et accessibles : respecter un délai digestif, éviter les boissons trop sucrées, renforcer son gainage, maîtriser sa respiration et progresser graduellement. Adoptez ces habitudes, et le point de côté deviendra un souvenir de vos débuts plutôt qu’un frein à vos performances.

Aller plus loin

  • Morton DP, Callister R. Exercise-related transient abdominal pain (ETAP). Sports Medicine, 2015;45(1):23-35.
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  • Morton DP, Callister R. Factors influencing exercise-related transient abdominal pain. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2002;34(5):745-749.
  • Morton DP, Callister R. EMG activity is not elevated during exercise-related transient abdominal pain. Journal of Science and Medicine in Sport, 2008;11(6):569-574.
  • Morton DP, Callister R. Influence of posture and body type on the experience of exercise-related transient abdominal pain. Journal of Science and Medicine in Sport, 2010;13(5):485-488.
  • Mole JL, Bird ML, Fell JW. The effect of transversus abdominis activation on exercise-related transient abdominal pain. Journal of Science and Medicine in Sport, 2014;17(3):261-265.
  • Plunkett BT, Hopkins WG. Investigation of the side pain « stitch » induced by running after fluid ingestion. Medicine & Science in Sports & Exercise, 1999;31(8):1169-1175.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Le point de côté (ETAP) est un phénomène bénin et transitoire. Toutefois, une douleur abdominale ou thoracique inhabituelle, intense, persistante après l’effort, survenant au repos, ou accompagnée de fièvre, vomissements, difficultés respiratoires ou malaise, doit conduire à consulter un médecin sans délai, afin d’écarter d’autres causes (appendicite, colique néphrétique, pathologie biliaire, atteinte musculaire, cause cardiaque, entre autres). En cas de doute, demandez toujours l’avis d’un médecin.

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