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Douleurs cervicales : causes, symptômes et solutions pour soulager le cou

Personne portant la main à la nuque, zone douloureuse caractéristique d'une cervicalgie ou douleur au cou
La douleur au cou touche la majorité des adultes au moins une fois dans leur vie et guérit le plus souvent spontanément. — (Crédit photo © Adobe Stock)

Une raideur qui s'installe au réveil, une douleur dans le cou côté droit ou gauche qui gêne les rotations, une tension qui descend vers l'épaule : la cervicalgie est l'un des motifs de consultation les plus fréquents. Rassurant d'emblée : dans la très grande majorité des cas, il s'agit d'une cervicalgie commune, sans lésion grave, qui évolue favorablement. Une donnée aide à relativiser : chez 1 211 personnes sans aucune douleur, l'IRM retrouve un bombement discal cervical dans 87,6 % des cas[1] — une image anormale n'explique donc pas forcément une douleur. Voici les causes réelles, les symptômes à reconnaître, les signes qui imposent de consulter, et ce qui fonctionne vraiment pour soulager.

2 sur 3adultes concernés au moins une fois dans leur vie
87,6 %de bombements discaux chez des sujets sans douleur[1]
< 6 sem.durée d'une cervicalgie aiguë typique
1re lignel'exercice, devant le repos et l'immobilisation

Qu'est-ce qu'une douleur cervicale ?

La cervicalgie désigne toute douleur située dans la région du cou, entre la base du crâne et le haut des épaules. Le rachis cervical compte sept vertèbres (C1 à C7), une trentaine de muscles et de nombreuses structures nerveuses : c'est le segment le plus mobile de la colonne, et aussi le moins protégé.

Dans l'immense majorité des situations, il s'agit d'une cervicalgie commune, également dite non spécifique : aucune lésion grave n'est en cause, et l'évolution est favorable. Les causes sérieuses existent mais restent rares — c'est précisément l'objet des signes d'alerte détaillés plus bas.

Cervicalgie aiguë, subaiguë ou chronique

FormeDuréeCe que cela implique
AiguëMoins de 6 semainesLa plus fréquente. Évolution favorable dans la majorité des cas, avec ou sans traitement.
Subaiguë6 semaines à 3 moisUn accompagnement devient utile : kinésithérapie, réévaluation des facteurs déclenchants.
ChroniquePlus de 3 moisPrise en charge globale nécessaire. Les facteurs psychosociaux et le déconditionnement pèsent autant que la mécanique.
RécidivanteÉpisodes répétésFréquente. Rechercher les facteurs entretenants plutôt que traiter chaque épisode isolément.

Douleur dans le cou côté droit ou côté gauche : qu'est-ce que ça indique ?

C'est l'une des questions les plus posées, et la réponse est plus simple qu'on ne l'imagine : le côté de la douleur n'oriente pas, à lui seul, vers un diagnostic précis. Une douleur latéralisée à droite ou à gauche relève dans les deux cas, le plus souvent, d'une cervicalgie commune.

Ce qui explique une douleur d'un seul côtéFréquence
Contracture musculaire unilatéraleLa cause la plus fréquente : trapèze supérieur, angulaire de l'omoplate, sterno-cléido-mastoïdien
Position de sommeilOreiller inadapté ou nuit passée dans une position maintenue
Asymétrie d'usageÉcran décalé, téléphone coincé à l'épaule, sac porté toujours du même côté
Irritation d'une racine nerveuseMoins fréquent : la douleur descend alors dans le bras du même côté
Arthrose latéraliséePossible, mais rarement l'explication unique
Ce qui compte davantage que le côtéTrois éléments orientent bien mieux qu'une latéralité : la douleur descend-elle dans le bras ? Est-elle apparue brutalement après un traumatisme ? S'accompagne-t-elle de fourmillements ou d'une perte de force ? Ce sont ces réponses qui guident la conduite à tenir, pas le côté atteint.

Les causes des douleurs cervicales

La cervicalgie commune, de loin la plus fréquente

Elle regroupe les douleurs sans lésion identifiable à l'imagerie, liées à un ensemble de facteurs qui s'additionnent :

  • Positions maintenues longtemps : écran, lecture, conduite. Ce n'est pas tant la position que sa durée sans changement qui pose problème.
  • Manque d'activité physique : le déconditionnement des muscles cervicaux et scapulaires réduit leur tolérance à l'effort.
  • Stress et tension psychique : facteur documenté et souvent sous-estimé. Le trapèze supérieur est un muscle particulièrement sensible à la charge mentale.
  • Sommeil de mauvaise qualité : il abaisse le seuil de perception douloureuse et ralentit la récupération.
  • Antécédent de cervicalgie : le meilleur prédicteur d'un épisode futur reste un épisode passé.

Contracture musculaire du cou et torticolis

La contracture musculaire du cou est une contraction involontaire et durable d'un ou plusieurs muscles. Elle se manifeste par une zone dure et douloureuse à la palpation, avec une limitation nette des mouvements.

Le torticolis commun en est la forme aiguë : réveil avec le cou bloqué en position antalgique, souvent penché d'un côté, avec impossibilité de tourner la tête. C'est impressionnant et douloureux, mais généralement bénin et résolutif en quelques jours.

Que faire devant un torticolisChaleur locale (bouillotte, douche chaude) pendant 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour. Mouvements doux dans l'amplitude non douloureuse, sans forcer — le mouvement aide, l'immobilité aggrave. Un antalgique simple si nécessaire. Évitez le collier cervical sauf prescription : l'immobilisation prolongée retarde la récupération.

L'arthrose cervicale (cervicarthrose)

L'arthrose cervicale désigne l'usure des disques et des articulations vertébrales. C'est un phénomène lié à l'âge, quasi universel après 50 ans — et c'est précisément ce qui rend son interprétation délicate.

Ce que dit la science

Une image anormale ne signifie pas une douleur. Une étude a réalisé une IRM cervicale chez 1 211 volontaires sains, totalement asymptomatiques, âgés de 20 à 70 ans. Résultat : 87,6 % présentaient un bombement discal, 5,3 % une compression médullaire et 2,3 % une modification de signal[1].

Et cela commence tôt. Même chez les sujets dans la vingtaine, 73,3 % des hommes et 78,0 % des femmes avaient déjà un bombement discal — sans aucune douleur[1].

Ce que cela change pour vous. Si un compte rendu mentionne « arthrose cervicale », « discopathie » ou « pincement discal », cela ne signifie pas que votre cou est abîmé ni que votre douleur est irréversible. Ces images sont banales à partir d'un certain âge. C'est la corrélation entre l'image et l'examen clinique qui compte, pas l'image seule.

Traumatisme cervical : le coup du lapin

Le coup du lapin (whiplash) résulte d'un mouvement brutal de la tête d'avant en arrière, typiquement lors d'un accident de la route ou d'un choc sportif. La douleur apparaît souvent avec un décalage de 24 à 48 heures.

  • Consultez systématiquement après un traumatisme cervical, même si la douleur semble modérée : une imagerie peut être nécessaire pour éliminer une lésion osseuse.
  • L'évolution est le plus souvent favorable en quelques semaines.
  • Reprenez le mouvement rapidement : l'immobilisation prolongée par collier est associée à une récupération plus lente[2].

Causes spécifiques chez les sportifs

La pratique sportive expose à des contraintes particulières — et c'est ici que le regard d'un site consacré au sport apporte quelque chose de plus.

DisciplineMécanisme en cause
NatationRotation cervicale répétée pour la respiration en crawl : souvent unilatérale, d'où une douleur d'un seul côté
CyclismeExtension cervicale maintenue en position aérodynamique, parfois plusieurs heures
MusculationDéveloppés lourds avec tête poussée contre le banc, tractions en tirant la nuque, crunchs mains derrière la tête
Sports de combatImpacts directs, clés et projections : consultation impérative après un choc
Course à piedÉpaules crispées et poings serrés sur les fins de séance : tension du trapèze supérieur
Sports de raquetteRegard vers le haut au service, gestes répétés en rotation
L'erreur la plus fréquente en salleTirer sur sa nuque avec les mains pendant les crunchs, et pousser la tête contre le banc pendant les développés. Ces deux gestes sont responsables d'une bonne part des cervicalgies de salle de sport. Aux abdominaux, posez les doigts derrière les oreilles sans tirer ; au développé, la tête repose simplement sur le banc.

Symptômes : comment reconnaître une douleur cervicale ?

  • Douleur du cou : localisée à la nuque ou latéralisée, majorée par les mouvements et par les positions maintenues.
  • Raideur : limitation des rotations et de l'inclinaison, souvent maximale au réveil.
  • Contracture palpable : zone dure et sensible, typiquement sur le trapèze supérieur.
  • Céphalées d'origine cervicale : douleur partant de la nuque et remontant vers l'arrière du crâne.
  • Sensation de craquements : fréquente et le plus souvent sans gravité.
  • Fatigue de la région : impression de tête lourde en fin de journée.

Douleur cou et épaule : pourquoi elles vont souvent ensemble

Une douleur dans les épaules et le cou simultanée est extrêmement fréquente, et l'explication est anatomique : le trapèze supérieur et l'angulaire de l'omoplate relient directement le rachis cervical à la ceinture scapulaire. Une tension de l'un se transmet mécaniquement à l'autre.

Il faut toutefois distinguer deux situations : une douleur qui part du cou et s'étend vers l'épaule oriente vers une origine cervicale ; une douleur qui apparaît lors de mouvements du bras, notamment en élévation, oriente plutôt vers l'épaule elle-même — tendinopathie de la coiffe, conflit sous-acromial. Voyez notre guide épaules et notre dossier tendinites.

Douleur cou et bras : la névralgie cervico-brachiale

Lorsque la douleur descend dans le bras selon un trajet précis, il peut s'agir d'une névralgie cervico-brachiale (NCB) : l'irritation d'une racine nerveuse à sa sortie du rachis cervical. C'est l'équivalent, pour le bras, de ce que la sciatique est pour la jambe.

Racine concernéeTrajet habituel de la douleurSigne associé
C5Épaule et face externe du brasAbduction faible
C6Face externe du bras et de l'avant-bras jusqu'au pouceFourmillements pouce et index
C7Face postérieure du bras jusqu'au majeurExtension du coude faible
C8Face interne de l'avant-bras jusqu'à l'auriculaireFourmillements 4e et 5e doigts

L'évolution d'une NCB est favorable dans la majorité des cas, en quelques semaines à quelques mois, sans chirurgie. Elle justifie néanmoins une consultation médicale pour confirmer le diagnostic et suivre l'évolution neurologique.

Signes d'alerte : quand consulter en urgence

Consultez sans délai si
  • Traumatisme récent — accident, chute, choc sportif — même si la douleur paraît modérée.
  • Perte de force dans un bras ou une main, maladresse pour saisir des objets.
  • Troubles de la marche, de l'équilibre, ou sensation de décharges électriques en penchant la tête.
  • Troubles urinaires ou sphinctériens associés.
  • Fièvre, raideur de nuque marquée, altération de l'état général.
  • Douleur nocturne intense, non calmée par le repos ou les antalgiques.
  • Amaigrissement inexpliqué ou antécédent de cancer.
  • Céphalée brutale et inhabituelle, en coup de tonnerre.
  • Après 50 ans, une douleur cervicale d'apparition récente sans cause évidente mérite un avis.

Ces situations restent rares — mais elles justifient de savoir les reconnaître. En dehors d'elles, une cervicalgie qui persiste au-delà de 2 à 4 semaines malgré des mesures simples mérite également une consultation, sans caractère d'urgence.

Imagerie et posture : ce que dit la science

Ce que dit la science

L'imagerie n'est pas indiquée en première intention. Devant une cervicalgie commune sans signe d'alerte, radiographie, scanner et IRM n'apportent généralement rien à la prise en charge. Pire : ils révèlent des anomalies banales — présentes chez 87,6 % des personnes sans douleur[1] — qui peuvent inquiéter inutilement et entretenir la douleur.

Le lien entre « mauvaise posture » et douleur est plus faible qu'on ne le dit. Le récit du text neck — la tête penchée sur le téléphone qui provoquerait des cervicalgies — n'est pas solidement établi. Des travaux menés chez de jeunes adultes n'ont pas retrouvé d'association significative entre l'usage du smartphone, la posture cervicale et la douleur[3].

Ce qui compte davantage que la posture : la durée sans changement. Rester deux heures parfaitement droit est plus contraignant que d'alterner des positions imparfaites. Le principe utile n'est pas « tenez-vous droit » mais « changez de position régulièrement ».

L'exercice est le traitement le mieux soutenu. Les recommandations de pratique clinique placent l'exercice — renforcement et endurance des muscles cervicaux et scapulaires — parmi les interventions les plus efficaces dans la cervicalgie commune, souvent associé à la thérapie manuelle[2].

Soulager les douleurs cervicales

Le principe : bouger plutôt qu'immobiliser

C'est le message central, et il va à l'encontre du réflexe naturel. Face à une douleur, on veut protéger : on limite les mouvements, on porte un collier, on attend. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire dans une cervicalgie commune.

  1. Maintenez vos activitésPoursuivez vos activités quotidiennes en adaptant ce qui fait mal, plutôt que de tout arrêter. Le repos strict prolonge la douleur.
  2. Bougez dans l'amplitude non douloureuseRotations lentes, inclinaisons, mouvements de « oui » et de « non » : plusieurs fois par jour, sans forcer, sans chercher le maximum.
  3. Appliquez de la chaleur15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour. La chaleur est généralement mieux tolérée que le froid sur une contracture musculaire.
  4. Évitez le collier cervicalSauf prescription médicale après traumatisme. L'immobilisation prolongée affaiblit les muscles et retarde la récupération[2].
  5. Soignez votre sommeilUn oreiller qui maintient l'alignement tête-cou-tronc, ni trop épais ni trop plat. Évitez de dormir sur le ventre, position qui impose une rotation cervicale maintenue toute la nuit.

Exercices et étirements pour le cou

À pratiquer en dehors des phases très douloureuses, lentement, sans jamais forcer. L'objectif est le mouvement et le renforcement, pas l'amplitude maximale.

  1. Rentré de menton (chin tuck)Reculez le menton comme pour faire un double menton, sans baisser la tête. Tenez 5 secondes, relâchez. 10 répétitions, plusieurs fois par jour. C'est l'exercice le plus utile de tous : il renforce les fléchisseurs profonds du cou.
  2. Rotations lentesTournez lentement la tête d'un côté puis de l'autre, dans l'amplitude confortable. 10 allers-retours, deux à trois fois par jour.
  3. Inclinaisons latéralesApprochez l'oreille de l'épaule sans lever l'épaule. Tenez 15 à 20 secondes de chaque côté. Voyez notre guide des étirements des trapèzes.
  4. Rétraction scapulaireRapprochez les omoplates l'une de l'autre, épaules basses. Tenez 5 secondes. 3 × 10. Renforce les fixateurs de l'omoplate, souvent déficitaires.
  5. Isométrie cervicaleMain sur le front, poussez la tête contre la main sans qu'elle bouge. 5 secondes, puis idem sur les côtés et à l'arrière. 3 séries. Renforce sans mobiliser : utile en phase douloureuse.
  6. Renforcement du haut du dosDeux séances par semaine de rowing et de face pull. C'est le levier de fond, celui qui réduit les récidives.
À ne pas faireÉvitez les rotations rapides ou les « craquements » forcés de la nuque, et n'utilisez jamais votre main pour tirer la tête au-delà de l'amplitude naturelle. Arrêtez immédiatement tout exercice qui déclenche une douleur dans le bras, des fourmillements ou un vertige.

Approches complémentaires

ApprocheCe qu'on peut en attendreNiveau de preuve
Exercice thérapeutiqueRéduction de la douleur et prévention des récidivesÉlevé
Thérapie manuelleSoulagement à court terme, surtout associée à l'exerciceModéré
Chaleur localeConfort et détente musculaireFaible mais sans risque
MassageSoulagement transitoire agréableFaible
Gestion du stressUtile quand la composante tensionnelle est netteModéré
Huiles essentielles, aromathérapieEffet essentiellement subjectifTrès faible
Repos strict, collierDéconseillé hors prescription : retarde la récupérationDéfavorable

Traitements médicaux

  • Antalgiques simples : paracétamol en première intention, sur une durée courte, en respectant les posologies.
  • Anti-inflammatoires : sur avis médical ou pharmaceutique, pour une durée limitée. Contre-indications nombreuses.
  • Myorelaxants : parfois prescrits sur les contractures marquées, sur des durées brèves.
  • Kinésithérapie : l'orientation la plus utile en cas de persistance au-delà de quelques semaines, ou de récidives fréquentes.
  • Ostéopathie : peut apporter un soulagement, en complément d'un programme d'exercices — pas à sa place.
  • Infiltrations et chirurgie : réservées aux situations spécifiques — névralgie rebelle, compression documentée. Très rares dans la cervicalgie commune.

Prévention : éviter les récidives

Poste de travail et écrans

  1. Changez de position toutes les 30 à 45 minutesC'est la mesure la plus efficace, et la seule qui ne coûte rien. Levez-vous deux minutes, bougez la nuque, regardez au loin.
  2. Écran à hauteur des yeuxLe haut de l'écran au niveau du regard, à environ un bras de distance. Un rehausseur ou une pile de livres suffit.
  3. Téléphone : montez l'appareil vers le regard plutôt que de baisser la tête. Et n'utilisez jamais l'épaule pour le coincer — utilisez un kit mains libres.
  4. Avant-bras soutenusAccoudoirs ou plan de travail : des bras qui pendent tirent en permanence sur les trapèzes.
  5. Double écran : placez l'écran principal face à vous, pas de côté. Une rotation cervicale maintenue toute la journée est un facteur classique de douleur unilatérale.

Conseils spécifiques pour les sportifs

  • Équilibrez poussée et tirage : au moins autant de volume de tirage que de développés. Le déséquilibre enroule les épaules et charge la nuque.
  • Aux abdominaux : ne tirez jamais sur votre nuque. Doigts posés derrière les oreilles, regard vers le plafond. Voyez le crunch inversé, qui supprime le problème.
  • En natation : alternez le côté de respiration en crawl. Respirer toujours du même côté est un mécanisme classique de cervicalgie unilatérale.
  • À vélo : vérifiez la hauteur du cintre. Une position trop basse impose une extension cervicale prolongée.
  • Renforcez le haut du dos : deux séances par semaine suffisent — c'est la mesure préventive la plus rentable. Voyez notre article sur l'hypercyphose dorsale.
  • Échauffez la nuque : quelques rotations et inclinaisons lentes avant toute séance sollicitant le haut du corps.

FAQ — Douleurs cervicales

Une cervicalgie aiguë dure généralement moins de six semaines et évolue favorablement dans la majorité des cas. Un torticolis commun se résout souvent en quelques jours. Au-delà de trois mois, on parle de forme chronique, qui demande une prise en charge globale. Si la douleur persiste au-delà de deux à quatre semaines malgré des mesures simples, consultez — sans caractère d'urgence.
Le côté de la douleur n'oriente pas, à lui seul, vers un diagnostic précis : une douleur latéralisée relève le plus souvent d'une cervicalgie commune, quel que soit le côté. Les causes fréquentes sont une contracture musculaire unilatérale, une position de sommeil ou une asymétrie d'usage — écran décalé, téléphone à l'épaule. Ce qui compte davantage : la douleur descend-elle dans le bras, y a-t-il eu un traumatisme, existe-t-il des fourmillements ou une perte de force ?
Pas en première intention, en l'absence de signe d'alerte. L'imagerie révèle des anomalies banales : chez 1 211 personnes sans aucune douleur, 87,6 % présentaient un bombement discal cervical, et déjà 73 à 78 % des sujets dans la vingtaine. Un compte rendu mentionnant « arthrose » ou « discopathie » ne signifie donc pas que votre douleur vient de là. L'imagerie devient utile en cas de traumatisme, de signe neurologique, ou de résistance au traitement.
Non, sauf prescription médicale après un traumatisme. L'immobilisation prolongée affaiblit les muscles cervicaux et retarde la récupération. Le principe de la prise en charge moderne est inverse : maintenir le mouvement dans l'amplitude non douloureuse et poursuivre ses activités en les adaptant. Le repos strict prolonge la douleur au lieu de la soulager.
Moins qu'on ne le dit. Le récit du « text neck » n'est pas solidement établi : des travaux menés chez de jeunes adultes n'ont pas retrouvé d'association significative entre usage du smartphone, posture cervicale et douleur. Ce qui compte davantage, c'est la durée passée sans changer de position. Le conseil utile n'est pas « tenez-vous droit » mais « changez de position toutes les 30 à 45 minutes ».
Les deux vont souvent ensemble, car le trapèze supérieur et l'angulaire de l'omoplate relient directement le cou à la ceinture scapulaire. Pour distinguer : une douleur qui part du cou et s'étend vers l'épaule oriente vers une origine cervicale ; une douleur déclenchée par les mouvements du bras, notamment en élévation, oriente plutôt vers l'épaule elle-même — tendinopathie de la coiffe, conflit sous-acromial.
C'est l'irritation d'une racine nerveuse à sa sortie du rachis cervical, provoquant une douleur qui descend dans le bras selon un trajet précis, souvent avec des fourmillements. C'est l'équivalent de la sciatique pour le membre supérieur. L'évolution est favorable dans la majorité des cas, en quelques semaines à quelques mois, sans chirurgie. Elle justifie néanmoins une consultation pour confirmer le diagnostic et suivre l'évolution neurologique.
Oui dans la plupart des cas, en adaptant. Maintenez les activités qui ne déclenchent pas de douleur — marche, vélo droit, renforcement du bas du corps — et suspendez temporairement les mouvements aggravants : développés lourds, tractions en tirant la nuque, crunchs mains derrière la tête. Arrêtez en revanche toute activité en cas de douleur descendant dans le bras, de fourmillements ou de perte de force.
Un oreiller qui maintient l'alignement entre la tête, le cou et le tronc : ni trop épais, ni trop plat. Sur le dos, il doit combler l'espace sous la nuque sans pousser la tête vers l'avant ; sur le côté, il doit combler l'espace entre l'épaule et l'oreille. Aucun modèle n'est supérieur en soi — le confort ressenti reste le meilleur critère. Évitez surtout de dormir sur le ventre : cette position impose une rotation cervicale maintenue toute la nuit.
Le rentré de menton, ou chin tuck : reculez le menton comme pour faire un double menton, sans baisser la tête, tenez 5 secondes, relâchez. Dix répétitions plusieurs fois par jour. Il renforce les fléchisseurs profonds du cou, souvent déficitaires. Sur le fond, c'est le renforcement du haut du dos — rowing, face pull, deux séances par semaine — qui réduit le plus les récidives.

Les douleurs cervicales sont fréquentes, souvent impressionnantes, et rassurantes dans la très grande majorité des cas : il s'agit d'une cervicalgie commune, sans lésion grave, qui évolue favorablement. Le message qui change le plus la prise en charge est contre-intuitif : bouger vaut mieux qu'immobiliser, et le collier cervical retarde la récupération au lieu de l'accélérer[2].

Retenez aussi qu'une image anormale n'explique pas forcément une douleur : 87,6 % des personnes sans aucun symptôme présentent un bombement discal cervical[1]. Si l'on vous parle d'arthrose cervicale, cela ne signifie pas que votre cou est abîmé. Commencez dès aujourd'hui par deux gestes : dix rentrés de menton, et un rappel toutes les 45 minutes pour changer de position. Et consultez sans attendre en cas de traumatisme, de perte de force, de fourmillements persistants ou de douleur nocturne intense : ces situations sont rares, mais elles se reconnaissent.

Aller plus loin

  1. Nakashima H, Yukawa Y, Suda K, Yamagata M, Ueta T, Kato F. Abnormal findings on magnetic resonance images of the cervical spines in 1211 asymptomatic subjects. Spine. 2015;40(6):392-398. DOI : 10.1097/BRS.0000000000000775. Bombement discal chez 87,6 % des sujets asymptomatiques ; 73,3 % des hommes et 78,0 % des femmes dès la vingtaine.
  2. Blanpied PR, Gross AR, Elliott JM, et al. Neck Pain : Revision 2017. Clinical Practice Guidelines linked to the International Classification of Functioning, Disability and Health. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy. 2017;47(7):A1-A83.
  3. Damasceno GM, Ferreira AS, Nogueira LAC, Reis FJJ, Andrade ICS, Meziat-Filho N. Text neck and neck pain in 18-21-year-old young adults. European Spine Journal. 2018;27(6):1249-1254.
  4. Gross A, Kay TM, Paquin JP, et al. Exercises for mechanical neck disorders. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2015;(1):CD004250.
  5. Assurance Maladie. Douleur cervicale (cervicalgie) : symptômes, causes et traitement. ameli.fr
  6. Organisation mondiale de la santé. Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité. 2020. who.int
Avertissement Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Seul un professionnel de santé peut établir le diagnostic d'une douleur cervicale, éliminer les causes sérieuses et adapter la prise en charge à votre situation. Consultez sans délai en cas de traumatisme récent, de perte de force dans un bras, de troubles de la marche ou de l'équilibre, de fièvre avec raideur de nuque, de douleur nocturne intense, d'amaigrissement inexpliqué ou de céphalée brutale et inhabituelle. Les exercices proposés doivent être réalisés sans douleur et interrompus en cas d'irradiation dans le bras, de fourmillements ou de vertige.
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