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svend press, exercice pectoraux

Deux disques serrés entre les paumes, poussés devant soi : on vous a sûrement dit que le Svend press sculpte « l'intérieur des pectoraux ». Cette partie-là du muscle n'existe pas. Ce qui existe, en revanche, est plus intéressant — et explique à la fois pourquoi cet exercice brûle autant et pourquoi il ne fera jamais grossir vos pectoraux à lui seul.

Qu'est-ce que le Svend press ?

Le Svend press consiste à presser deux disques l'un contre l'autre devant la poitrine, puis à les pousser vers l'avant sans jamais relâcher la pression. On l'appelle aussi plate squeeze press, plate pinch press ou, dans sa version aux poulies, prayer press.

Son nom vient du strongman norvégien Svend Karlsen, vainqueur du World's Strongest Man en 2001, qui l'utilisait pour travailler ses pectoraux avec très peu de charge. Le principe est resté : c'est l'un des rares exercices de poitrine où l'effort ne vient pas du poids soulevé, mais de la force de serrage que vous produisez vous-même.

Le principe en une phraseDans un développé, vous poussez une charge ; dans un Svend press, vous écrasez quelque chose. La résistance n'est pas verticale, elle est horizontale : ce sont vos deux mains qui se combattent l'une l'autre, et ce sont vos pectoraux qui produisent cette pression.
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Les muscles sollicités

Pour comprendre l'exercice, il faut connaître la fonction principale du grand pectoral : l'adduction horizontale, c'est-à-dire ramener le bras vers l'axe du corps. C'est exactement ce que vous faites en serrant les disques.

RôleMuscles
Moteur principalLe grand pectoral, sollicité en continu par la pression des mains l'une contre l'autre. Voir les pectoraux.
AssistantsLe deltoïde antérieur, qui participe à la poussée vers l'avant, et le triceps, dans une moindre mesure qu'aux développés. Voir les triceps.
PriseLes avant-bras et les fléchisseurs des doigts, très sollicités : ce sont eux qui maintiennent la compression. Voir les avant-bras.
StabilisateursLe dentelé antérieur et les fixateurs de l'omoplate, qui contrôlent la position scapulaire pendant la poussée.
GainageLa sangle abdominale, qui empêche de cambrer quand les bras s'éloignent du corps. Voir les abdominaux.
Une précision utileVous trouverez sur beaucoup de sites des tableaux de pourcentages d'activation pour cet exercice : « grand pectoral 60-80 %, deltoïde antérieur 15-30 % », etc. Ces chiffres n'existent nulle part dans la littérature scientifique : aucune étude électromyographique publiée n'a mesuré le Svend press. Ces pourcentages sont des estimations recopiées d'un site à l'autre. Nous ne les reprendrons pas.
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Le mythe des « pectoraux internes »

Ce qu'il faut corriger

L'argument de vente habituel du Svend press : il développerait « la partie interne des pectoraux », cette ligne au centre de la poitrine. Cette partie du muscle n'existe pas.

Le grand pectoral possède des régions : un faisceau claviculaire (haut) et des faisceaux sterno-costaux (milieu et bas). Ces faisceaux vont tous des attaches centrales (clavicule, sternum, côtes) jusqu'à un tendon unique sur l'humérus. Il n'y a pas de portion « interne » séparée qu'un exercice pourrait isoler : la zone près du sternum, ce sont les mêmes fibres, vues à leur point d'attache.

Et la ligne centrale, alors ? Elle apparaît quand le muscle est développé et que le taux de masse grasse est bas. C'est une affaire de volume global et de définition, pas de ciblage.

Cela dit, l'idée n'est pas complètement fausse — elle est mal formulée. Une activation régionale du grand pectoral existe bel et bien, et elle est mesurée. Des travaux en électromyographie haute densité montrent que les tâches d'adduction recrutent préférentiellement la région sterno-costale moyenne, avec des amplitudes nettement supérieures à celles du faisceau claviculaire[1].

La formulation justeNe dites pas « le Svend press cible les pectoraux internes ». Dites : « le Svend press est un mouvement d'adduction, et l'adduction sollicite préférentiellement la région sterno-costale moyenne du grand pectoral ». C'est exact, c'est mesuré, et cela reste un vrai argument en faveur de l'exercice.
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Ce que dit la science, et ce qu'elle ne dit pas

Ce que l'on sait

  • L'adduction est bien le geste du pectoral. Les mesures d'activation régionale confirment que les tâches d'adduction et de rotation interne recrutent fortement le grand pectoral, la région sterno-costale moyenne s'activant de 12 à 108 % de plus que les autres régions selon la tâche[1].
  • Le curseur adduction / abduction est réel. Une étude de rééducation a montré qu'ajouter une abduction isométrique (tirer vers l'extérieur) pendant des poussées réduit significativement l'activité du grand pectoral et augmente celle du dentelé antérieur[2]. Le Svend press fait l'inverse : en poussant vers l'intérieur, il déplace le curseur vers le pectoral.
  • Le pectoral recrute par unités motrices. Pour augmenter sa force, ce muscle repose principalement sur le recrutement de nouvelles unités motrices plutôt que sur l'augmentation de leur fréquence de décharge[3]. Traduction pratique : c'est le niveau de tension produite qui compte — et sur cet exercice, cette tension dépend entièrement de votre volonté de serrer.

Ce que l'on ne sait pas

L'honnêteté sur cet exercice

Aucune étude n'a testé le Svend press en tant que tel. Il n'existe, à ce jour, ni mesure électromyographique publiée sur ce mouvement précis, ni essai d'entraînement comparant sa contribution à l'hypertrophie face à un développé ou à des écartés.

Tout ce qui est affirmé à son sujet repose donc sur des déductions : la fonction connue du grand pectoral, les données sur l'adduction, et l'expérience de terrain. Ce sont des bases raisonnables — mais ce ne sont pas des preuves directes, et les sites qui avancent des pourcentages précis inventent.

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La technique, pas à pas

La version classique, avec deux disques

  1. La position. Debout, pieds à la largeur des épaules, appuis stables, tronc gainé, bassin neutre.
  2. La prise. Deux disques plats posés l'un contre l'autre, tenus entre les paumes, doigts à plat — pas de doigts dans les trous, sinon le pectoral se repose sur la prise.
  3. Le départ. Disques contre le sternum, coudes vers l'extérieur et légèrement sous l'horizontale. Serrez fort avant de bouger, pendant deux à trois secondes.
  4. La poussée. Poussez lentement vers l'avant, en gardant la trajectoire à hauteur du sternum et la pression constante. Coudes légèrement fléchis, jamais verrouillés.
  5. La contraction. Bras presque tendus, marquez une seconde en serrant au maximum.
  6. Le retour. Ramenez les disques vers la poitrine en deux secondes, toujours sous pression. Le relâchement, s'il arrive, met fin à la série.
  7. La respiration. Expirez en poussant, inspirez au retour. Pas d'apnée.

La version avec un haltère

Si vous n'avez pas de disques plats, tenez un haltère par la barre, à deux mains, paumes face à face, et serrez comme si vous vouliez l'écraser. La logique est identique : la charge de l'haltère compte peu, c'est la pression des paumes qui fait le travail. Cette version est souvent plus confortable pour les poignets.

Svend press debout avec haltère : un haltère tenu à deux mains devant la poitrine, paumes face à face, pressé puis poussé vers l'avant
La variante avec haltère : tenu à deux mains par la barre, paumes face à face. Plus confortable pour les poignets que les disques, et la prise plus ferme permet un serrage plus fort sur toute la série.

Le tempo

PhaseDuréeCe que vous devez sentir
Pré-serrage2 à 3 sLa poitrine se durcit avant le premier mouvement
Poussée vers l'avant2 sContraction croissante au centre de la poitrine
Pause bras tendus1 sCompression maximale, brûlure
Retour2 sTension maintenue, jamais de relâchement
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Le geste-clé : tout est dans le serrage

Ce qui sépare l'exercice utile du geste vide

Le Svend press est le seul exercice de pectoraux où vous fabriquez vous-même la résistance. Si vous poussez simplement les disques vers l'avant sans les écraser, vous faites une poussée à vide avec deux kilos dans les mains : l'exercice ne sert alors strictement à rien.

La consigne : essayez d'écraser les disques l'un contre l'autre comme si vous vouliez les casser, du premier au dernier centimètre du mouvement. La poussée vers l'avant n'est qu'un support ; la vraie charge, c'est la pression.

Le repère : la brûlure doit apparaître au centre de la poitrine, pas dans les épaules ni les triceps. Si vous ne sentez rien, ce n'est pas que la charge est trop légère — c'est que vous ne serrez pas assez.

Le test : faites une série sans avancer les bras du tout, disques collés au sternum, en serrant au maximum pendant 20 secondes. Si votre poitrine brûle, vous avez compris le mouvement. Sinon, le problème est là.

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Les erreurs à éviter

ErreurConséquenceCorrection
Relâcher la pression pendant le mouvementL'exercice perd toute sa raison d'êtreSerrer en continu, du pré-serrage au retour
Passer les doigts dans les trous du disqueLe disque tient tout seul, le pectoral se reposeDoigts à plat, contact paume contre disque
Charge trop lourdeImpossible de maintenir la compression, les épaules prennent le relaisRester léger : 2 × 2,5 kg à 2 × 5 kg suffisent souvent
Coudes trop hautsSollicitation excessive de l'avant de l'épauleCoudes légèrement sous l'horizontale
Verrouiller les coudes en fin de pousséeLa tension quitte le pectoralCoudes toujours légèrement fléchis
Hausser les épaulesLe trapèze supérieur compenseÉpaules basses, loin des oreilles, poitrine ouverte
Cambrer le bas du dosCompensation lombaire quand les bras s'éloignentCôtes rentrées, abdominaux et fessiers actifs
Aller trop viteTension et ressenti s'effondrentTempo lent, pause d'une seconde bras tendus
En faire son exercice principal de pectorauxProgression en charge quasi impossibleLe placer en activation, en finisher ou en superset
Bloquer sa respirationCrispation, perte de contrôleExpirer en poussant, inspirer au retour
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Charge, séries et répétitions

UsageFormatRepos
Activation, avant les développés2 séries de 15 à 25 répétitions, charge très légère30 à 45 s
Finisher de séance pectoraux3 à 4 séries de 12 à 20 répétitions, tempo lent45 à 60 s
Travail sous tension3 à 4 blocs de 30 à 45 secondes de compression continueÉgal au temps de travail
En superset après un développé6 à 10 répétitions lourdes, puis 12 à 20 au Svend press90 à 120 s après le couple
Fréquence1 à 3 fois par semaine, en accessoire

Quelle charge choisir

  • Commencez à 2 × 2,5 kg, ou un haltère de 5 à 10 kg tenu à deux mains. C'est volontairement léger.
  • Le bon critère n'est pas le poids mais la pression : si vous ne pouvez pas maintenir un serrage maximal sur toute la série, allégez.
  • Si vous dépassez 25 répétitions en gardant une compression franche, montez d'un cran — ou allongez le temps sous tension plutôt que d'ajouter du poids.
  • Acceptez le plafond : contrairement au développé, cet exercice ne se prête pas à la surcharge progressive classique. La prise devient limitante bien avant les pectoraux.
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Où le placer dans la séance

C'est probablement la question la plus utile sur cet exercice, car sa valeur dépend presque entièrement de son emplacement.

PlacementQuand l'utiliserFormat
Activation, en début de séancePour « réveiller » les pectoraux avant un développé lourd, surtout si vous avez du mal à les sentir2 × 15-25 très léger
Finisher, en fin de séancePour ajouter du volume et de la congestion sans charger les articulations3-4 × 12-20, tempo lent
En supersetJuste après un développé, pour prolonger la tension sur le pectoralDéveloppé 6-10 puis Svend 12-20
Séance à domicileQuand le matériel est limité, en complément des pompes3 × 15-20 entre deux séries de pompes
Jour de repos actifTravail léger de sensation, sans fatigue articulaire2 × 20, charge minimale
Le placement à éviterNe le mettez jamais en premier exercice lourd d'une séance pectoraux. Il ne construira pas la masse que construit un développé couché, et il fatiguera votre prise avant les mouvements qui en ont besoin.
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Les variantes

  • Svend press couché (au sol ou sur banc) : le dos est soutenu, la cambrure impossible, la concentration entière sur la compression. Souvent la version la plus confortable.
  • Svend press incliné (banc à 30-45°) : la trajectoire montante accentue le faisceau claviculaire, en haut de la poitrine. Voir le développé incliné pour le même principe d'angle.
  • Svend press à genoux : supprime toute triche par les jambes et augmente la demande de gainage.
  • Avec un haltère pressé à deux mains : plus confortable pour les poignets, permet une prise plus ferme.
  • Avec une bande élastique : la résistance augmente à mesure que les bras s'éloignent ; excellente option à domicile.
  • Aux poulies vis-à-vis, mains jointes (prayer press) : combine la compression et une tension externe régulière. Voir les écartés à la poulie vis-à-vis.
  • Version unilatérale : une main pousse contre l'autre, sans matériel, n'importe où.
Sans aucun matérielLe Svend press a une version totalement libre : paumes jointes devant la poitrine, comme en prière, on presse une main contre l'autre au maximum et on pousse doucement vers l'avant. Aucune charge, aucun équipement — et pourtant la poitrine brûle. C'est la démonstration la plus claire que, sur cet exercice, la résistance vient de vous.
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Svend press, hex press ou écartés : lequel choisir ?

CritèreSvend pressHex pressÉcartés
Type de résistanceCompression que vous produisezCharge + compressionCharge externe
Progression en chargeTrès limitéeBonneBonne
Potentiel de masseFaible en isoléCorrectCorrect
Étirement du pectoralNulFaibleMarqué
Contrainte articulaireTrès faibleFaibleModérée (épaule)
MatérielDeux disques, ou rienDeux haltères et un bancHaltères ou poulies
Meilleur usageActivation, finisherTension continue, séance principaleÉtirement et congestion

Le hex press est le cousin direct du Svend press : même principe de serrage, mais avec une vraie charge à pousser, donc un bien meilleur potentiel de construction musculaire. Les écartés, eux, apportent ce que le Svend press ne donne jamais : l'étirement sous charge du pectoral, un stimulus important pour l'hypertrophie. Les trois ne se remplacent pas.

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Alors, exercice utile ou gadget ?

La réponse honnête tient en deux parties, et les deux comptent.

  • Ce qu'il fait bien. Il produit une tension forte sur le pectoral avec une contrainte articulaire quasi nulle, ce qui en fait un outil précieux quand les épaules, les coudes ou les poignets fatiguent. Il aide réellement les pratiquants qui « ne sentent pas » leurs pectoraux aux développés. Il ne demande presque aucun matériel. Et il permet d'ajouter du volume de travail en fin de séance sans ajouter de fatigue nerveuse.
  • Ce qu'il ne fera pas. Il ne construira pas des pectoraux volumineux à lui seul : la charge plafonne très vite, la prise lâche avant le muscle, et il n'y a aucun étirement sous charge, un des principaux moteurs de l'hypertrophie. Il ne cible pas non plus une « partie interne » qui n'existe pas.
Le verdictLe Svend press est un bon accessoire, pas un exercice de base. Jugé comme constructeur de masse, il déçoit ; jugé comme outil d'activation, de congestion et de travail articulaire doux, il rend de vrais services. C'est un complément intelligent des développés — jamais leur remplaçant.
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Précautions

  • Poignets sensibles : la compression paume contre paume peut gêner. Préférez la version avec haltère tenu à deux mains, ou la version paumes jointes sans matériel.
  • Avant de l'épaule qui pince quand les bras s'éloignent : réduisez l'amplitude, baissez les coudes sous l'horizontale, ou passez à la version couchée. Voir les épaules.
  • Chute de disque : le risque est réel si la prise se relâche. Travaillez sur un sol dégagé, pieds hors de la zone de chute, et arrêtez la série dès que la prise faiblit.
  • Échauffement : même léger, cet exercice sollicite fortement l'épaule en fin d'amplitude. Voir l'échauffement musculaire.
  • Crampes du pectoral : elles arrivent chez les débutants sur ce type de contraction prolongée. Arrêtez la série, étirez doucement, réduisez la durée de compression la fois suivante.
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En résumé. Le Svend press est un mouvement d'adduction où la résistance ne vient pas de la charge mais de la pression que vous produisez en écrasant deux disques l'un contre l'autre. Sa force : une tension élevée sur le grand pectoral pour une contrainte articulaire quasi nulle, avec presque aucun matériel.

Corrigeons au passage l'argument qu'on lit partout : il ne cible pas « les pectoraux internes », qui n'existent pas. En revanche, une activation régionale existe réellement, et les tâches d'adduction recrutent préférentiellement la région sterno-costale moyenne du muscle. La bonne nouvelle : c'est justement ce que fait cet exercice.

Pour le reste, gardez la mesure : aucune étude n'a testé ce mouvement précis, sa charge plafonne vite et il n'offre aucun étirement sous charge. Placez-le en activation avant vos développés ou en finisher, serrez comme si vous vouliez casser les disques, et laissez les développés faire le travail de fond.

Aller plus loin

FAQ — Le Svend press

Qu'est-ce que le Svend press exactement ?

C'est un exercice de pectoraux où l'on presse deux disques l'un contre l'autre devant la poitrine, puis où on les pousse vers l'avant sans jamais relâcher la pression. On l'appelle aussi plate squeeze press ou plate pinch press. Il tient son nom du strongman norvégien Svend Karlsen. Sa particularité : la résistance ne vient pas du poids soulevé mais de la force de serrage que vous produisez vous-même, ce qui en fait un mouvement d'adduction pure du bras vers l'axe du corps.

Quels muscles travaille le Svend press ?

Principalement le grand pectoral, sollicité en continu par la pression des mains l'une contre l'autre, puisque l'adduction horizontale est sa fonction première. Le deltoïde antérieur participe à la poussée vers l'avant et le triceps intervient un peu en fin d'amplitude, nettement moins qu'aux développés. Les avant-bras et les fléchisseurs des doigts travaillent fort pour maintenir la compression, tandis que le dentelé antérieur et la sangle abdominale stabilisent l'épaule et le tronc.

Le Svend press cible-t-il vraiment les pectoraux internes ?

Non, car la partie « interne » des pectoraux n'existe pas. Le grand pectoral comporte un faisceau claviculaire et des faisceaux sterno-costaux, tous convergeant vers un tendon unique sur l'humérus : il n'y a pas de portion interne séparée qu'un exercice pourrait isoler. La ligne au centre de la poitrine apparaît avec le volume musculaire et un taux de masse grasse bas. En revanche, une activation régionale existe bien : les tâches d'adduction recrutent préférentiellement la région sterno-costale moyenne du muscle.

Le Svend press est-il efficace pour prendre du muscle ?

Seul, non. Il produit une tension élevée sur le pectoral mais sa charge plafonne très vite, la prise lâche avant le muscle, et il n'offre aucun étirement sous charge, qui est l'un des moteurs de l'hypertrophie. Aucune étude n'a d'ailleurs testé ce mouvement en particulier. En revanche, comme complément d'activation ou comme finisher après des développés lourds, il ajoute du volume de travail utile sans fatigue articulaire. C'est un bon accessoire, pas un exercice de base.

Quelle charge utiliser au Svend press ?

Beaucoup moins que vous ne l'imaginez. Deux disques de 2,5 kg, ou un haltère de 5 à 10 kg tenu à deux mains, suffisent dans la plupart des cas. Le bon critère n'est pas le poids mais la pression : si vous ne pouvez pas maintenir un serrage maximal sur toute la série, allégez. Si vous dépassez 25 répétitions avec une compression franche, montez d'un cran ou allongez le temps sous tension plutôt que d'ajouter du poids.

Où placer le Svend press dans une séance pectoraux ?

Trois placements fonctionnent bien. En activation, avant les développés, avec 2 séries de 15 à 25 répétitions très légères pour réveiller les pectoraux. En finisher, en fin de séance, avec 3 à 4 séries de 12 à 20 répétitions au tempo lent. Ou en superset, juste après un développé, pour prolonger la tension. À éviter absolument : le placer en premier exercice lourd, car il ne construit pas la masse et fatigue la prise avant les mouvements qui en ont besoin.

Peut-on faire le Svend press avec un haltère ?

Oui, et c'est souvent plus confortable. Tenez un haltère par la barre, à deux mains, paumes face à face, et serrez comme si vous vouliez l'écraser avant de pousser vers l'avant. Le poids de l'haltère importe peu : c'est la pression des paumes qui produit le travail. Cette version soulage les poignets par rapport aux disques et permet une prise plus ferme, donc un serrage plus fort et plus durable sur la série.

Peut-on le faire sans matériel du tout ?

Oui, c'est même la meilleure démonstration du principe. Joignez les paumes devant la poitrine, comme en prière, pressez une main contre l'autre au maximum et poussez doucement vers l'avant, puis revenez sans relâcher. Sans aucune charge, la poitrine brûle : cela prouve que sur cet exercice, la résistance vient entièrement de vous. C'est une option pratique en voyage, au bureau, ou pour comprendre le geste avant de prendre des disques.

Pourquoi je ne sens rien au Svend press ?

Presque toujours parce que vous ne serrez pas assez. Si vous poussez simplement les disques vers l'avant sans les écraser, vous faites une poussée à vide avec deux kilos dans les mains. Vérifiez aussi que vos doigts ne sont pas passés dans les trous du disque, ce qui permet au matériel de tenir seul. Le test : faites 20 secondes de compression maximale sans bouger les bras. Si la poitrine ne brûle pas, le problème est bien le serrage, pas la charge.

Le Svend press est-il dangereux pour les épaules ?

C'est au contraire l'un des exercices de pectoraux les plus doux pour les articulations, puisqu'il se pratique avec des charges très faibles et une trajectoire frontale contrôlée. Le seul point de vigilance concerne la fin d'amplitude, bras tendus devant : si l'avant de l'épaule pince, réduisez l'amplitude, gardez les coudes légèrement sous l'horizontale ou passez à la version couchée. Les poignets peuvent aussi être gênés par la compression : la version avec haltère les soulage.

Quelle différence entre Svend press et hex press ?

Les deux reposent sur le même principe de serrage, mais le hex press ajoute une vraie charge à pousser : allongé sur un banc, vous pressez deux haltères l'un contre l'autre tout en effectuant un développé. Résultat, le hex press permet une progression en charge et un potentiel de construction musculaire nettement supérieurs, tandis que le Svend press reste un exercice de tension et de sensation à charge minimale. Le hex press peut être un mouvement de séance, le Svend press un accessoire.

Combien de fois par semaine faire du Svend press ?

Une à trois fois par semaine en accessoire, ce qui reste raisonnable puisque la fatigue nerveuse et articulaire est minime. Comptez 6 à 12 séries hebdomadaires au total, dans des plages de 12 à 25 répétitions. Vous pouvez même l'utiliser très légèrement les jours sans séance pectoraux, en activation, sans compromettre la récupération. En revanche, laissez environ 48 heures entre deux vraies séances de pectoraux, comme pour n'importe quel groupe musculaire.

Sources et références

  1. Sur l'activation régionale du grand pectoral : Differential regional pectoralis major activation indicates functional diversity, Journal of Biomechanics, 2022. Étude en électromyographie de surface haute densité menée chez 29 participantes, quantifiant l'activation des régions claviculaire, sterno-costale supérieure et sterno-costale moyenne lors de contractions isométriques dans plusieurs directions. La région sterno-costale moyenne s'activait de 12 à 108 % de plus que les autres régions lors de l'extension, de l'adduction avec rotation externe et de la rotation interne en élévation haute : les différentes tâches recrutent donc des régions différentes du muscle, ce qui documente une spécificité régionale sans pour autant démontrer l'existence d'une « portion interne ». PubMed 35093733
  2. Sur le curseur adduction / abduction : Effect of isometric horizontal abduction on pectoralis major and serratus anterior EMG activity during three exercises in subjects with scapular winging. Journal of Electromyography and Kinesiology, 2013 ;23(2) :462-468. L'ajout d'une abduction horizontale isométrique pendant des exercices de poussée réduit significativement l'activité du grand pectoral et augmente celle du dentelé antérieur — principe utilisé en rééducation pour rééquilibrer la commande scapulaire. Le Svend press exploite le mécanisme inverse, en adduction. PubMed 23332682
  3. Sur le contrôle neuromusculaire du grand pectoral : Neural control of the healthy pectoralis major from low-to-moderate isometric contractions. Journal of Neurophysiology, 2021. Le grand pectoral augmente sa force principalement par le recrutement de nouvelles unités motrices plutôt que par une augmentation de leur fréquence de décharge, ce qui souligne l'importance du niveau de tension produite pendant l'exercice.
  4. Sur l'anatomie fonctionnelle du grand pectoral : le muscle comprend un chef claviculaire et un chef sterno-costal, dont les fibres convergent vers un tendon unique s'insérant sur la lèvre latérale du sillon intertuberculaire de l'humérus. Ses actions principales sont l'adduction, la rotation interne et la flexion du bras. Il n'existe pas de portion anatomique « interne » distincte. Données de référence en anatomie fonctionnelle du membre supérieur.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel qualifié. Des poignets sensibles, une douleur à l'avant de l'épaule ou un antécédent articulaire justifient une adaptation ou un avis avant de pratiquer cet exercice. Travaillez sur un sol dégagé et interrompez la série dès que la prise faiblit, pour éviter toute chute de disque.