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Tendinite : symptômes, causes, traitements et prévention

Tendinites chez les sportifs

Chez les coureurs, volleyeurs, nageurs ou adeptes de la salle, la tendinite chez les sportifs fait plus que gâcher une saison : elle freine les progrès, s’invite au quotidien et peut s’éterniser si on la traite mal. Bonne nouvelle : la science a beaucoup affiné sa compréhension des tendinites et propose des solutions efficaces, du réglage des charges d’entraînement aux exercices spécifiques, en passant par quelques adjuvants parfois utiles. Dans ce dossier, on explique ce qu’est une tendinite chez les sportifs, ce qui la déclenche, les traitements qui marchent.

Tu as une douleur tendineuse et tu veux favoriser la guérison sans arrêter ta vie ? On va droit au but : un programme de rééducation simple, validé par un masseur kinésithérapeute (ou autre professionnel de santé), pour retrouver une activité indolore puis la reprise du sport. Que ce soit tendinopathie achilléenne, tendon rotulien (patellar tendinopathy) ou supra-épineux, la règle est la même : protéger la structure du tendon (le corps du tendon, ses fibres de collagène), doser le temps de repos, et avancer avec du travail excentrique progressif et un entraînement en force bien cadré. On corrige les facteurs de risque fréquents (mauvaise hydratation, alimentation déséquilibrée, manque de souplesse, mouvements répétitifs en course à pied), on améliore la circulation sanguine, et on ajuste au besoin le traitement médical — version médecine et du sport/sport santé. Dès la première séance, on fixe des étapes claires : tolérance à la charge, exercices simples, puis retour graduel aux gestes clés. Objectif : soigner proprement aujourd’hui, réduire le risque de récidive demain.

La tendinite est une pathologie douloureuse du tendon, souvent inflammatoire, qui touche les articulations les plus sollicitées (épaule/coiffe des rotateurs, coude avec épicondylite “tennis elbow”, poignet, genou – tendon rotulien –, cheville et tendon d’Achille/talon) et se manifeste par douleur douloureuse à l’effort, raideur matinale, gonflement, gêne en flexion/extension et parfois enflure; elle est généralement causée par des mouvements répétitifs, une sollicitation excessive en pratique sportive (course à pied, musculation), des postures prolongées ou un surmenage musculaire, avec possible association à une bursite ou une ténosynovite. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, complété si besoin par échographie, IRM ou radiographie (calcifications). Pour soulager la douleur et favoriser la guérison, on combine mise au repos relatif, antalgiques, gels/crèmes anti inflammatoires (AINS topiques), kinésithérapie/physiothérapie (exercices excentriques, renforcement musculaire, étirements dosés), et, en seconde intention, ondes de choc, infiltrations de corticoïdes ou PRP (injection de plasma riche en plaquettes); les orthèses/attelles, semelles orthopédiques ou conseils d’un podologue peuvent aider, tandis que la chirurgie n’est envisagée qu’en cas de rupture du tendon ou d’échec prolongé. Prévenir, c’est s’échauffer, corriger la technique, progresser graduellement, varier les charges, soigner les postures au travail, hydrater, dormir suffisamment et éviter les pics de répétition; bref, tout ce qu’il faut pour soigner une tendinite, soulager durablement et limiter la récidive.

Comprendre la différence tendinite et la tendinopathie

Chez les sportifs, la « tendinite » désigne une douleur du tendon liée à la charge. En réalité, on parle plus justement de tendinopathie : une souffrance du tendon où l’inflammation n’est pas toujours dominante, surtout lorsque les symptômes durent.

Les localisations fréquentes concernent le tendon d’Achille, le tendon rotulien, la coiffe des rotateurs, les tendons épicondyliens ou les moyens fessiers. Le modèle du continuum de Cook & Purdam décrit une évolution progressive du tendon, utile pour guider l’adaptation de la charge et des exercices.

La douleur et l’imagerie ne coïncident pas toujours. L’échographie et l’IRM aident surtout à éliminer un diagnostic différentiel ou à analyser une évolution atypique. Le diagnostic reste avant tout clinique.

Tendinite ou tendinopathie : quelle différence ?

  • Tendinite : terme courant, suggérant une inflammation aiguë récente liée à une surcharge inhabituelle.
  • Tendinopathie : terme global désignant toute atteinte du tendon, aiguë ou chronique, avec ou sans inflammation.

Tableau1:DIFFERENCE ENTRE TENDINITE ET TENDINOPATHIE

AspectTendiniteTendinopathie
Sens du termeInflammation du tendonAffection du tendon (terme générique)
Temporalité typiqueAiguë / récenteAiguë ou chronique
Mécanisme dominantRéaction inflammatoire après surchargeMismatch charge/capacité, possibles remaniements du collagène
Signes fréquentsDouleur locale, chaleur/sensibilité, début brutalDouleur à l’effort/au lendemain, raideur matinale, épaississement possible
ImageriePeut être normaleÉpaississement, zones hypoéchogènes, néovascularisation (selon cas)
  

Que se passe t-il lorsqu’un tendon s’enflamme ?

Quand un tendon s’enflamme, il réagit à une sollicitation excessive par une cascade locale : micro- lésions des fibres de collagène, libération de médiateurs inflammatoires, œdème de la gaine synoviale, augmentation transitoire de la vascularisation et de l’innervation douloureuse. Le tissu devient épaissi, moins « lisse » mécaniquement : le glissement tendon-gaine frotte davantage, la traction sur l’insertion osseuse irrite, la contraction du muscle déclenche une douleur vive et une raideur surtout au démarrage (après repos ou le matin). Cette phase inflammatoire, utile pour réparer, doit être contenue : si la charge reste trop élevée ou mal dosée, l’inflammation s’auto-entretient, la matrice se désorganise (tendinose), l’élasticité baisse et le tendon perd en capacité de charge.

Conséquences d’une tendinite non soignée:

Non soignée, une tendinite peut évoluer vers une douleur chronique avec gêne fonctionnelle (limitation des gestes, baisse de force), un épaississement tendineux persistant, des calcifications ou une bursite associée (épaule, hanche), et une augmentation du risque de déchirure voire de rupture du tendon (notamment tendon d’Achille ou coiffe des rotateurs), surtout en cas de reprises sportives brutales, d’infiltrations cortisonées répétées ou de facteurs aggravants (tabac, diabète). La persistance de la douleur favorise aussi l’évitement, le déconditionnement musculaire et des compensations posturales qui entretiennent le problème. À l’inverse, une prise en charge précoce, repos relatif, modulation des charges, kinésithérapie active (excentrique/renforcement), correction technique et reprise progressive interrompt ce cercle vicieux et améliore nettement la guérison.

 

Reconnaître les symptômes d’une tendinite

Les signes typiques : douleur, raideur, perte de mobilité

Une tendinite (tendinopathie) se manifeste par une douleur localisée sur le trajet du tendon, une raideur au démarrage (le matin ou après immobilisation), une sensibilité à la palpation, parfois un gonflement ou un épaississement tendineux, et une perte de mobilité ou de force lors de certains mouvements (flexion, extension, rotation). La douleur augmente souvent à la contraction du muscle associé, aux mouvements répétitifs ou lors d’un étirement trop brusque. Des crépitements ou une sensation de frottement peuvent être perçus si la gaine synoviale est enflammée (ténosynovite).

Est-ce qu’une tendinite fait mal au repos ?

Oui, surtout la nuit ou après des positions prolongées. Cette douleur au repos traduit une irritation inflammatoire. Pour la limiter, réduire la charge, fractionner l’activité, éviter les pics de sollicitation, et privilégier un échauffement progressif. Un gel anti inflammatoire topique peut aider à soulager la douleur sans remplacer la rééducation.

Épaule (coiffe des rotateurs)

Douleur latérale du bras, gêne à l’élévation (soulever le bras) et aux gestes au-dessus de l’épaule, douleur nocturne en décubitus sur le côté douloureux, faiblesse en rotation. Possibles calcifications, bursite sous-acromiale, atteinte du long biceps. L’examen clinique oriente, l’échographie ou l’IRM sont utiles si suspicion de déchirure.

Tendinites du Coude 

Douleur sur la face externe (épicondylite/tennis elbow) ou interne (épitrochléite/golf elbow) du coude, sensible à la palpation et aux prises serrées, à l’extension/flexion du poignet et aux mouvements répétitifs de l’avant-bras. Poignée de main ou ouverture d’un bocal souvent douloureuses.

Poignet

Douleur au niveau des fléchisseurs ou extenseurs, parfois vers la base du pouce (De Quervain), gonflement de la gaine synoviale, crépitements, gêne aux gestes fins (clavier, souris, bricolage). Une attelle courte durée peut calmer en phase aiguë.

Genou

Douleur antérieure sous la rotule (tendon rotulien) majorée par les sauts, escaliers, squats, stations prolongées genou fléchi. Raideur post-effort et sensibilité de l’insertion tendineuse. Les étirements doivent être doux et la charge sportive reprogrammée.

Hanche

Douleur latérale (moyens fessiers) irradiante vers la cuisse, gêne en décubitus latéral, douleur à la marche rapide, en côte ou en montée d’escaliers. Sensibilité à la palpation du grand trochanter, possible bursite associée. Renforcement abduction/rotation externe souvent indiqué.

Tendon d’Achille / pied

Douleur au talon d’Achille (calcanéenne ou au corps du tendon), raideur au « premier pas » le matin, douleur à la montée sur orteils, épaississement tendineux, sensibilité à l’insertion sur le calcanéum. Gêne lors de la course à pied, sauts ou chaussures rigides au talon. Les semelles, l’échauffement progressif et les exercices excentriques du mollet sont souvent nécessaires.

Diagnostic : comment savoir si c’est une tendinite ?

Le diagnostic d’une tendinite est avant tout clinique. Il repose sur l’histoire de la douleur, les gestes déclencheurs, les activités sportives ou professionnelles, la palpation ciblée, les tests fonctionnels et l’évaluation de la force et de la mobilité.

L’imagerie n’est pas systématique. Elle se discute en cas de traumatisme récent, de doute diagnostique ou d’échec du traitement. L’échographie est l’examen de première intention ; l’IRM est réservée aux suspicions de déchirure, de rupture ou de lésions associées. La radiographie recherche surtout des calcifications ou anomalies osseuses.

Le diagnostic est posé en première ligne par le médecin généraliste ou du sport, avec relais vers le kinésithérapeute pour la rééducation active. Un avis spécialisé est indiqué en cas de doute ou d’évolution défavorable.

Le diagnostic différentiel comprend notamment bursite, ténosynovite, déchirure ou rupture tendineuse, conflit articulaire, lésions musculaires, arthrose, maladies inflammatoires ou atteintes nerveuses.

Les causes et facteurs de risque de la tendinite

La tendinite apparaît lorsque la charge mécanique dépasse la capacité d’adaptation du tendon. Surmenage, répétition, technique imparfaite ou postures contraintes provoquent des microtraumatismes, une altération progressive du tissu et une douleur persistante.

Gestes répétitifs, sport, âge, posture : les causes fréquentes

  • Gestes répétitifs au travail : clavier/souris, bricolage, manutention, postures statiques prolongées.
  • Pratique sportive mal dosée : course à pied, musculation, sports de raquette, reprise trop rapide après repos, échauffement insuffisant.
  • Contraintes mécaniques : surfaces dures, chaussures usées, pronation marquée, matériel mal réglé.
  • Âge et antécédents : diminution de l’élasticité et de la vascularisation du tendon, risque accru d’épicondylite, de coiffe des rotateurs, de tendinopathie d’Achille ou rotulienne.
  • Facteurs individuels : déséquilibres musculaires (mollet, quadriceps, coiffe, moyen fessier), raideurs, déficit de mobilité, déshydratation, manque de sommeil, tabac, diabète.

Le principe clé : adaptation à la charge

Les tendons s’adaptent aux contraintes mécaniques. Une progression raisonnée augmente leur tolérance, alors que les pics de charge ou la décharge prolongée favorisent la désorganisation du collagène.

Facteurs de risque majeurs

  1. Surcharge et progression trop rapide
    La cause centrale : charge > capacité du tendon sur une période donnée.
    Pics soudains (passer de 2 à 5 séances/semaine), accumulation de compétitions ou de stages, absence de semaines de délestage, monotonie des séances et récupération insuffisante.
  2. Geste technique et angles défavorables
    Mouvements répétitifs avec trajectoires instables, angles à risque (épaule au-dessus de la tête mal contrôlée, coude en extension avec prise serrée), technique qui se dégrade en fin de séance, manque de force excentrique et isométrique.
  3. Défauts de préparation physique
    Manque de force des chaînes musculaires protectrices, échauffement insuffisant, exposition trop rapide à la vitesse ou à la pliométrie.
  4. Récupération insuffisante
    Sommeil court ou irrégulier, repos mal dosé (trop peu ou trop), douleur persistante ignorée au-delà de 24–36 heures.
  5. Matériel, surfaces et environnement
    Chaussures usées ou inadaptées, réglages incorrects (vélo, poste de travail), changement brutal de raquette ou de grip, surfaces dures, dénivelé excessif, froid marqué.
  6. Facteurs individuels et médicaux
    Âge, antécédents de tendinite, raideurs articulaires, stress chronique, alimentation pauvre en protéines ou en énergie, carences (vitamine D, fer), mauvaise hydratation.
    Les fluoroquinolones augmentent le risque d’atteinte tendineuse, surtout associées aux corticoïdes. Le lien avec les statines reste débattu. Les pathologies métaboliques, l’alcool et le tabac nuisent à la qualité tissulaire.
  7. Exemples par sport
    Course à pied : tendon d’Achille, tendon rotulien.
    Sports de saut : tendon rotulien (« genou du sauteur »).
    Raquettes, escalade, aviron : épicondyliens, biceps, coiffe.
    Musculation : coiffe des rotateurs, rotulien, extenseurs du poignet.

Pourquoi la tendinite devient chronique ?

La chronicité survient lorsque la charge n’est pas reprogrammée, que la rééducation active est absente ou que les facteurs de risque persistent. La gestion de la charge reste le cœur du traitement.

 
 

Tableau 2: Tendons à risque selon le sport et prévention 

Sport / ContexteTendons à risqueFacteurs de risque Échauffement ciblé (≈2 min)Exercices piliers (technique)Volume hebdo recommandéSignaux d’alerte & ajustements
Course à piedAchille, rotulien, fascia plantaireHausse brutale du km, dénivelé, chaussures usées/duresMontées de mollets légères + foulées sur placeMollets excentriques sur step (3–4 s descente) • Squat tempo excentrique2–3×/sem • 3–5 séries/exo • 8–15 repsDouleur >3/10 ou raideur >24 h → baisser volume 20–40 % 1 sem
Sports de saut(basket/volley/athlé)Rotulien, AchillePliométrie à froid, surfaces dures, charge impulsiveSkips, sauts bas + dorsiflexion chevilleSpanish squat isométrique(30–45 s) • Sauts bas contrôlés (progression)2–3×/sem • 3–4 sériesDouleur au tendon pendant/à J+1 → réduire hauteur/contacts, garder isométriques
Raquettes(tennis/padel/badminton)Épicondyliens, coiffe des rotateursPoignées/cordage changés, sur-prise, volume d’échangesRotations externes élastiques + poignets (flex/extension)Extenseurs poignet excentriques• Rotations externes isométriques3×/sem • 2–4 sériesDouleur latérale coude >3/10 → alléger frappe, varier prises, renforcer poignet/épaule
Musculation / Cross-trainingCoiffe, rotulien, bicipital/tricipitalPics de volume, tempo vite, triche en fin de sérieSérie d’amorce légère sur le mouvement du jourRow élastique scapula • Élévations mollets excentriques• Curl/extension contrôlés2–4×/sem • 2–4 séries/exoPerte de forme + douleur → réduire charge 10–20 %, rallonger descentes
NatationCoiffe, long bicepsGros volume, respiration unilatérale, technique catchRotations externes + Y/T/W légersRotations externes excentriques• Pull avec tempo2–3×/sem • 3×12–15Douleur d’épaule nocturne → diminuer paddles, travailler symétrie respiration
Vélo (route/tri)Rotulien, AchilleSelle/cales mal réglées, cadence basseOuvertures de hanches + mollets légersSpanish squat 30–45 s • Mollets excentriques2–3×/semDouleur rotule/Achille → ajuster selle/cales, cadence 85–95 rpm

Rappels pratiques

  • Échelle douleur 0–10 : viser ≤ 3/10 pendant et à 24 h. Au-delà → alléger volume/intensité et conserver l’isométrique indolore.

  • Progressivité : +10–15 %/semaine sur volume OU intensité, pas les deux.

  • Séries excentriques : descente lente (3–4 s), montée contrôlée, amplitude complète.

  • Isométriques : 30–45 s, 3–5 répétitions, respiration calme ; excellent en phase sensible.

  • Semaine “light” toutes les 4–6 semaines : –20 à –40 % de volum

 

Comment soigner une tendinite ?

Les traitements médicaux

Médicaments et anti-inflammatoires : lesquels choisir ?
En phase aiguë (douleur inflammatoire, gonflement, chaleur), l’objectif est de soulager la douleur tout en préparant la rééducation.

  • Paracétamol : option de première intention.

  • AINS oraux (anti-inflammatoires non stéroïdiens) : possibles en cures courtes s’il n’existe pas de contre-indication (digestive, rénale, cardiovasculaire).

  • AINS topiques (gels/crèmes à base de diclofénac, kétoprofène) : utiles pour l’inflammation locale des tissus et du tendon, avec moins d’effets systémiques.
    Évitez l’automédication prolongée et demandez conseil au médecin ou au pharmacien.

Crèmes et gels efficaces (avec ou sans ordonnance)

  • Gels AINS : diclofénac, kétoprofène.

  • Crèmes antalgiques : arnica, capsaïcine (effet chauffant).

  • Patchs antalgiques en complément.
    Des ultrasons thérapeutiques ou de l’électrothérapie peuvent être proposés par le kinésithérapeute comme adjuvants.

Nouveaux traitements : ondes de choc, infiltrations, PRP…

  • Ondes de choc (ESWT) : intéressantes dans les tendinites réfractaires (épicondylite/tennis elbow, aponévrose plantaire, parfois tendon d’Achille).

  • Infiltrations de corticoïdes : effet rapide mais transitoire ; à réserver à des indications ciblées, idéalement sous échographie.

  • PRP (plasma riche en plaquettes) : à discuter après échec d’une rééducation bien conduite ; effet retardé(quelques semaines).

  • Plus rarement : infiltrations anesthésiques, viscosupplémentation dans un contexte articulaire, traitement d’une bursite associée.

  • Rupture du tendon (ex. tendon d’Achille, coiffe des rotateurs) : discussion chirurgicale (réparation, peignage, traitement des calcifications) suivie d’une rééducation encadrée.

Les remèdes naturels et solutions maison

Compresses, huiles essentielles, “remèdes de grand-mère”

  • Froid court (cryothérapie:Glaçage ) : 48–72 h après une poussée douloureuse.

  • Chaleur douce avant les exercices : pour échauffer le muscle et le tendon.

  • Certaines personnes rapportent un confort avec argile verte, gaulthérie (salicylés naturels) ou acupuncture. Ces approches peuvent aider le confort mais ne remplacent pas l’entraînement du tendon.

Massages et automassages : quand et comment ?

  • Massages transverses et frictions douces : pour diminuer la douleur perçue et améliorer la circulation sanguinelocale.

  • À pratiquer après l’échauffement, 5–8 minutes, sans douleur aiguë.

  • Évitez de masser une zone très enflée/très douloureuse et jamais juste après une infiltration sans avis médical.

 

 

Rééducation et reprise d’activité

Exercices pour soulager et renforcer le tendon

Le pilier est la kinésithérapie :

  • Exercices excentriques (descente contrôlée) pour tendon d’Achille, tendon rotulien (genou) et coiffe : stimulent la cicatrisation du collagène et la capacité de charge du tissu tendineux.
  • Renforcement lent et lourd (heavy–slow resistance) : restaure la force et la tolérance aux charges.
  • Étirements doux en fin de séance (mollet, quadriceps, fléchisseurs/extenseurs du poignet, biceps) : gagnent en mobilité sans douleur vive.
  • Proprioception et contrôle moteur : cheville, genou, hanche ; scapula/omoplate et humérus pour l’épaule.
  • Technique & matériel : correction des gestes répétitifs (course à pied, travail manuel), semelles orthopédiques si pronation excessive, attelle/orthèse courte durée (poignet/coude) si besoin.

Rôle du kiné dans la récupération

  • Dose les charges (journal de douleur 0–10) et planifie la progression (10–20 %/semaine).
  • Corrige postures et gestuelle, choisit le bon mix excentrique/renforcement.
  • Introduit la pliométrie quand la douleur baisse et balise le retour au sport.
  • Peut proposer ondes de choc, conseils d’échauffement, et coordonner avec médecin.

Peut-on continuer à marcher ou faire du sport ?

  • Oui, en repos relatif : conservez les activités tolérées (douleur ≤ 3/10 et pas d’aggravation le lendemain).
  • Réduisez les mouvements répétés douloureux.
  • Remplacez temporairement par vélo/elliptique/natation si besoin.
  • Reprogressez ensuite par petits paliers.

Ce que disent les études sur les traitements

1) L’exercice ciblé : le socle

Les protocoles d’exercices progressifs (excentrique, « heavy slow resistance » — HSR, pliométrie dosée, isométriques comme outil antalgique) restent la pierre angulaire. Les méta-analyses et essais montrent des bénéfices robustes pour l’Achille et le rotulien, sans supériorité claire et universelle d’une méthode (excentrique vs HSR) : l’important est la dose, la progression et l’adhérence sur 12 semaines et plus.
Pour la tendinopathie rotulienne, un essai pragmatique montre qu’un programme de chargement progressif spécifique au tendon (sauts et force) améliore plus vite la reprise qu’un excentrique « classique ».

2) Ondes de choc (ESWT)

Les données récentes sont contrastées : bénéfice modeste voire négligeable pour rotulien/Achille, mais effet plus marqué pour l’aponévrose plantaire. L’ESWT peut être envisagée en adjuvant quand l’exercice seul ne suffit pas, en informant le patient. 

3) Infiltrations corticoïdes

Soulagement possible à court terme (3–6 semaines) pour certaines localisations (ex. épaule), mais pas d’avantage durable et un risque de résultats inférieurs à moyen/long terme ; à réserver, à faible fréquence, intégrées à un plan d’exercices. Des lignes directrices 2025 sur l’épaule confirment cet usage parcimonieux. 

4) PRP (plasma riche en plaquettes)

Les essais et synthèses récents restent hétérogènes. Certaines méta-analyses suggèrent un bénéfice modeste à moyen terme comparé aux corticoïdes, d’autres ne trouvent pas de supériorité claire sur placebo/exercice, selon la localisation et le protocole (préparation, volume, nombre d’injections). Si proposé, c’est en seconde intention, après au moins 3 mois d’exercice bien conduit. 

5) Autres

Orthèses/straps (épicondyle, rotulien) : utiles pour la douleur à court terme, à combiner avec l’exercice. Thérapies passives (ultrasons, laser, TENS) : preuves faibles pour un effet durable en tendinite chez les sportifs.

Faut-il arrêter totalement le sport avec une tendinite chez les sportifs ? Rarement. On vise plutôt un maintien d’activité « tolérée » (douleur ≤ 3–4/10 pendant et < 24 h après), avec transfert de charge (vélo/eau) et travail de force. L’arrêt complet entretient la décondition physique et la fragilité tendineuse.

Tableau 3: Options de prise en charge (résumé pratique)

InterventionPour quiPreuve synthétiqueBénéficesLimites/Risques 
Exercice progressif (excentrique/HSR + pliométrie dosée)Première intention toutes localisationsForte pour Achille/rotulien (12 sem+), protocole individualiséDouleur, fonction, repriseDemande régularité, progression fine 
IsométriquesAntalgie au débutDonnées variables, utiles chez certainsBaisse transitoire de la douleurNe remplace pas le renforcement 
Ondes de choc(ESWT)Seconde intentionEffet modeste AT/PT, meilleur PFAntalgie, fonctionEfficacité variable selon site 
CorticoïdesCas sélectionnés (épaule, coude)Court terme OK, pas durableAntalgie rapideRécidives, résultat inférieur à terme 
PRPSeconde intention après échec exerciceRésultats hétérogènesPotentiel à moyen termeCoût, standardisation 

 

Protocoles par localisation

Tendinopathie d’Achille (coureurs, sports de course/saut)

Programme type 12 semaines : force lente lourde (mollets debout/assis 3–4×/sem, charge progressive), travail excentrique en pente pour insertionnelle → à éviter si compression douloureuse, pliométrie graduée en phase 2–3 (sauts bilatéraux → unilatéraux), course réintroduite par intervalles à faible volume puis RPE et vitesse croissants.

Les scores VISA-A s’améliorent souvent à 12 semaines, mais une récupération complète peut demander 6–12 mois.
Repères utiles : douleur tolérée ≤ 4/10, pas d’augmentation > 24 h, VISA-A ≥ 96 souvent compatible avec retour au niveau antérieur chez des militaires actifs (à adapter aux sportifs).

Tendinopathie rotulienne (sports de saut)

Chargement progressif du tendon (squats lents lourds, leg press, hack squat), puis pliométrie contrôlée et sauts spécifiques. Un essai comparatif montre plus de reprises sportives à 24 semaines avec un protocole de « tendon loading » vs excentrique seul. Les méta-analyses Cochrane confirment que l’exercice rivalise avec la chirurgie pour la reprise sportive, avec moins de risques.

Coiffe des rotateurs (nageurs, sports de lancer)

Éducation + exercices de renforcement scapulo-huméral, exposition progressive aux gestes au-dessus de la tête. Les corticoïdes peuvent soulager à court terme mais sans avantage durable et avec signaux de prudence tissulaire ; les recommandations 2025 cadrent cet usage.

Épicondylalgie latérale (tennis/padel)

Renforcement des extenseurs du poignet, prise en charge fonctionnelle, straps/orthèses en phase douloureuse. Les lignes directrices JOSPT (2022/2023) détaillent les techniques efficaces (mobilisations, exercices, thérapies actives).

 

Reprise du sport : feux verts, feux orange

La reprise ne suit pas le calendrier, mais des critères. On valide d’abord l’entraînement complet sans « rebond » de symptômes le lendemain, puis les tâches spécifiques (changements de direction, sprints, sauts) avant la compétition.

Le score VISA (Achille/rotulien) et des tests fonctionnels (saut sur une jambe, contre-mouvement jump, tolérance à la pliométrie) aident à objectiver. Chez l’Achille, un VISA-A autour de 90–96 est associé à une bonne tolérance, mais c’est à contextualiser selon le sport et l’historique.

Combien de temps dure une tendinite chez les sportifs ?

Les améliorations cliniques sont fréquentes à 12 semaines d’exercice, mais la récupération complète peut prendre 6–12 mois, surtout si le problème traînait. Évitez le piège « je n’ai plus mal → je saute les étapes ». 

 

Quel est le temps de récupération après une tendinite ?

La récupération après une tendinite (tendinopathie) n’est pas un chrono unique mais un processus par phases, guidé par la douleur et la tolérance à la charge, plus que par un nombre de jours fixe. Repère simple et réaliste :

Les 3 phases, avec fourchettes de durée

  1. Calmer & recharger doucement (phase “réactive”) — ~1 à 3 semaines

    • Objectif : faire baisser la douleur sans “couper tout”.

    • Actions : réduire/adapter l’activité sportive agressive, isométriques indolores (30–45 s × 4–5), mobilité douce, sommeil sérieux.

    • Critère pour avancer : douleur ≤ 3/10 pendant et dans les 24 h qui suivent.

  2. Renforcement progressif (phase de réparation) — ~3 à 8 semaines

    • Objectif : réhabituer le tendon à la contrainte.

    • Actions : excentriques lents, charges modérées, 2–4 séances/sem, ajout d’amplitude et de vitesse graduellement.

    • Critère pour avancer : volume/charge en hausse sans “rebond” douloureux > 24 h.

  3. Remodelage & retour au sport (phase de performance) — ~6 à 12+ semaines

    • Objectif : retrouver les qualités spécifiques (vitesse, sauts, changements de direction).

    • Actions : pliométrie graduée, sprints/gestes techniques, retour aux formats de ton sport.

    • Critères “feu vert” : force quasi symétrique, tests fonctionnels OK, douleur ≤ 2/10 et transitoire, pas de raideur matinale persistante.

Rappel crucial : on parle de reprise progressive, pas d’un arrêt total prolongé. On met en pause l’agresseur direct, on remplace par des charges tolérées, puis on remonte.

 

Repères par zones (variable selon antécédents & charge)

  • Tendon d’Achille / rotulien : souvent 6–12+ semaines pour un retour solide ; plus long si chronique.

  • Épicondyliens (coude) : 6–10 semaines typiques, avec travail de poignet/prise.

  • Coiffe des rotateurs : 8–12+ semaines, parfois davantage pour les sports au-dessus de la tête.

  • Moyen fessier / tendons glutéaux : 8–12+ semaines, progression patiente sur la course/sauts.

 

Combien de temps de repos au départ ?

  • Plutôt repos relatif : 3–10 jours d’évitement du geste déclencheur, maintien du cardio/renfo “neutre”, puis reprise progressive.

  • Le “repos total” prolongé affaiblit le tendon ; on vise la charge juste.

 

Fréquence et  douleur : deux règles simples

  • Douleur pendant l’effort ≤ 3/10 : acceptable si elle n’augmente pas dans les 24 h.

  • Si la douleur grimpe au-delà de 4/10 ou dure > 24–36 h : réduis la charge (volume, intensité, vitesse) la semaine suivante.

Rééducation efficace (trame hebdo type)

  • 2–4 séances de renfo (isométrique → excentrique → pliométrie).

  • 1–2 séances techniques spécifiques (geste, cadence, appuis).

  • 1 jour “léger” entre deux charges lourdes.

  • Suivi minimal : note durée, charge, douleur à 24 h.

Quand consulter rapidement

  • Douleur aiguë avec “claquement”, perte de force, gonflement marqué.

  • Douleur qui progresse malgré 1–2 semaines d’ajustements.

  • Contexte médical particulier (diabète, prise de fluoroquinolones, etc.).

Bilan 

  • Durée moyenne : simple cas récent ≈ 4–8 semaines ; chronique/chargé ≈ 8–12+ semaines.

  • Retour au sport : valide par critères (douleur basse, force proche de l’autre côté, tolérance à la charge) plutôt que par une date arbitraire.

 

Prévenir la tendinite chez les sportifs : l’art de doser

  • Progression : augmenter volume/intensité/fréquence par paliers (éviter les bonds > 20–30 % d’une semaine sur l’autre), avec au moins 1 jour sur 2 de non-impact pour les tendons sollicités.

  • Diversifier : alterner séances de saut/course avec vélo/natation/renfo.

  • Renforcement : 2–3 séances/sem ciblant les chaînes à risque (mollets, quadriceps/ischios, fessiers, extenseurs du poignet, coiffe).

  • Technique : travailler les appuis et la mécanique de saut/atterrissage.

  • Sommeil/nutrition : déficit d’énergie et manque de sommeil nuisent à l’adaptation tissulaire.

  • Médicaments : prudence avec les fluoroquinolones ; discuter avec le médecin en cas de facteurs de risque.

Le fameux « ACWR » (acute:chronic workload ratio) marche-t-il ?

L’outil est critiqué : en modèle « taille unique », il ne prévient pas de manière fiable les problèmes et confond charge d’entraînement et charge mécanique. Mieux vaut suivre quelques indicateurs simples (RPE, volume de sauts, vitesse), votre ressenti et le « test 24 h ». 

 

Plan d’action en 5 étapes 

  1. Évaluer la douleur et l’exposition : noter une échelle 0–10 pendant l’effort et le lendemain, identifier les « pics » de charge de la semaine.

  2. Adapter sans arrêter : maintenir 60–80 % du volume toléré, retirer les tâches les plus agressives (sauts, sprints) puis les réintroduire.

  3. Lancer le renforcement : 3 exercices « pilier » selon la localisation (ex. mollets debout/assis lourds + excentrique sur step pour Achille ; squat/leg press + leg extension lente pour rotulien ; élévations/scapula pour coiffe).

  4. Ajouter la pliométrie : d’abord bilatérale basse intensité, puis unilatérale, puis spécifiques au sport.

  5. Tester et valider : séance-type de votre sport, puis match/compète. Utiliser un questionnaire VISA et des tests fonctionnels simples (sauts ou douleur à un test standardisé).

 

Erreurs fréquentes à éviter

  • Repos total prolongé : le tendon se désentraîne et la reprise devient douloureuse.
  • Recourir trop tôt aux ondes de choc ou au PRP avant 12 semaines d’exercices bien conduits.
  • Augmenter la charge dès disparition de la douleur sans stabilisation sur 2–3 semaines.
  • Ignorer les drapeaux rouges : douleur aiguë violente, déficit de force net (risque de rupture).
  • Prendre des fluoroquinolones pendant une préparation sportive à fort volume.

La récupération durable repose sur la patience, la progressivité et l’écoute des signaux du tendon.

Comment prévenir les tendinites chez les sportifs ?

Prévenir les tendinites chez les sportifs, c’est piloter la charge, soigner l’échauffement, muscler ce qui protège les tendons et respecter le repos. Mode d’emploi concret :

1) Échauffement (8–12 min)

  • Général : 3–4 min d’élévation douce du rythme (rameur, vélo, footing).

  • Mobilité ciblée : 2–3 min sur les articulations du mouvement du jour (chevilles, hanches, épaules).

  • Pré-activation : 2 séries légères des muscles clés (ex. tirage élastique, mini-squats).
    Objectif : arriver à la première série de travail déjà “chaud”, pas surpris.

2) Gestion de la charge (le vrai pare-feu)

  • Progressivité : +10–15 %/semaine sur le volume ou l’intensité, jamais les deux.

  • RPE (ressenti) majoritairement 6–8/10 ; garde 1–3 reps en réserve.

  • Varie surfaces, prises et amplitudes pour casser la routine gestuelle.

  • Délestage toutes les 4–6 semaines (–20 à –40 % de volume).

3) Renforcement musculaire protecteur (2–3×/sem)

  • Excentriques lents et isométriques sur les zones à risque :

    • Achille : montées de mollets lentes + tenues 30–45 s.

    • Rotulien : squats tempo (descente 3 s), “Spanish squat”.

    • Épaule : rotations externes à l’élastique, Y-T-W légers.

    • Coude/poignet : wrist curl / reverse curl contrôlés.
      Règle d’or : contrôle > charge.

4) Technique et hygiène de mouvement

  • Postures stables (genoux alignés, épaules basses, colonne neutre).

  • Amplitude du mouvement maîtrisée, surtout en phase excentrique.

  • Évite les sprints/pliométrie “à froid” et les changements de plan brutaux.

5) Récupération qui compte

  • Repos / sommeil : 7–9 h régulières, jours faciles intercalés.

  • Hydratation & nutrition : eau répartie sur la journée, apport protéique suffisant (≈1,6–2 g/kg/j), fruits/légumes, oméga-3.

  • Auto-surveillance : si la douleur > 3/10 et dure > 24 h, ajuste la charge 1–2 semaines.

6) Matériel & contexte

  • Chaussures/non-usées et adaptées au terrain ; réglages vélo/cales OK.

  • Élastiques/prises en bon état ; surfaces ni trop dures ni trop inégales.

 

 

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Tendinite et travail : une pathologie fréquente des TMS

La tendinite fait partie des troubles musculo-squelettiques (TMS) les plus fréquents en entreprise. Elle résulte de mouvements répétitifs, de postures statiques prolongées et d’une sollicitation excessive des tendons et des articulations.

Les zones les plus touchées concernent l’épaule, le coude, le poignet, mais aussi le genou, la cheville et le tendon d’Achille. Le cumul répétition + force + contraintes de temps entretient la douleur et favorise la chronicité.

Bureautique, manutention, bâtiment, soins, coiffure ou restauration exposent à des gestes à risque : prises serrées, élévation prolongée de l’épaule, outils vibrants, flexion-extension répétées.

La prévention repose sur l’ergonomie du poste, l’organisation du travail (rotation des tâches, aides techniques), les pauses actives et le signalement précoce des symptômes auprès des acteurs de santé au travail.

Une prise en charge précoce et coordonnée limite les arrêts de travail, réduit le risque de récidive et permet un retour au poste progressif et sécurisé.

tendinites

En résumé :

La douleur tendineuse chez les sportifs n’est ni une fatalité ni un badge de courage : qu’il s’agisse d’une tendinite ou tendinopathie (tendinopathie achilléenne, tendon rotulien (patellar tendinopathy) ou supra épineux ou autres tendinites), la clé est une prise en charge structurée, pensée “sport santé”. Premier temps : un examen clinique précis par un professionnel de santé (médecin), complété si besoin par l’imagerie , pour situer la zone touchée, l’état de la structure du tendon (le corps du tendon, ses fibres de collagène et le collagène de type), et éliminer les drapeaux rouges (suspicions de rupture du tendon). On cartographie les facteurs de risque : mouvements répétitifs, manque de souplesse d’un groupe musculaire (ex. moyen fessier en course à pied), alimentation déséquilibrée, mauvaise hydratation, voire acide urique élevé ; puis on lance un programme de rééducation qui vise d’abord l’activité indolore, avec travail excentrique, renforcement musculaire et entraînement en force dosés, en modulant le système nerveux central (pacing, exposition graduée) et en cherchant à améliorer la circulation sanguine.

Du point de vue “sports med / médecine et du sport”, on traite une tendinite par un traitement médical raisonné (adaptation de charge, temps de repos ciblé, éventuels antalgiques) et un plan actif dès la première séance ; on ajuste la technique et la charge selon le niveau du tendon, on protège la structure tendineuse, on renforce autour (chaînes proximales) pour limiter le risque de récidive et préparer la reprise du sport et de la vie quotidienne. Le traitement chirurgical ne se discute qu’en dernier recours et il est exceptionnel dans la pratique courante chez les sportifs, après échec des approches conservatrices bien conduites. Bref : oriente ta pratique sportive et ton activité physique par des choix intelligents, progresse avec méthode, et transforme chaque séance en investissement pour la longévité des tendons robustes, un athlète prêt pour le haut niveau, et un coureur, nageur ou lifter qui bouge mieux, plus longtemps.

La tendinite chez les sportifs n’est donc ni une fatalité ni une simple « inflammation » à faire taire : c’est un problème d’adaptation à la charge qui se traite par un dosage intelligent de l’activité, un renforcement progressif et une reprise guidée par des critères. Les preuves les plus solides soutiennent l’exercice sur 12 semaines ou plus, avec une montée en puissance méthodique, des repères (douleur tolérée, test 24 h) et une pliométrie réintroduite en temps voulu. Les outils adjuvants (ESWT, PRP, corticoïdes) peuvent aider des profils spécifiques, à condition d’être intégrés à ce socle actif. En respectant ces principes et en surveillant les facteurs de risque (y compris médicamenteux), la majorité des athlètes reprennent leur sport au niveau souhaité, en réduisant le risque de rechute. Autrement dit : pour traiter une tendinite chez les sportifs, il faut surtout l’entraîner… intelligemment.

 

FAQ – Tendinite : vos questions les plus fréquentes

Quand consulter pour une tendinite ?
Si la douleur persiste au-delà de 2–3 semaines malgré un ajustement des charges, si elle réveille la nuit, s’il existe un craquement avec perte de fonction, ou en cas de prise de médicaments à risque (fluoroquinolones, corticoïdes).
Comment faire pour guérir une tendinite ?
La prise en charge repose sur trois temps : 1) calmer la phase douloureuse et adapter les charges (repos relatif, gel AINS, cryothérapie) ; 2) rééducation active (excentrique, HSR, étirements, correction technique) pendant 8–12 semaines ; 3) reprise progressive et entretien. Les ondes de choc ou une injection peuvent être discutées si la douleur persiste.
Est-ce que la tendinite fait mal au repos ?
Oui, surtout la nuit ou après une immobilisation prolongée. Cela traduit une irritation tendineuse. Il faut réduire la charge, adapter les postures et fractionner les efforts.
Quelle est la cause des tendinites ?
La cause principale est la surcharge mécanique (répétition, intensité). Des facteurs individuels peuvent s’y associer : technique, postures, chaussures, hydratation, ou frottement contre un relief osseux. Les TMS professionnels sont favorisés par gestes répétitifs et postures contraignantes.
Quel est le médicament le plus efficace contre la tendinite ?
Il n’existe pas de médicament « magique ». Le paracétamol ou les AINS peuvent soulager à court terme. Les AINS topiques sont à privilégier. La guérison dépend surtout de la rééducation et du chargement progressif.
Existe-t-il un remède de grand-mère pour la tendinite ?
Pas de solution instantanée. L’argile, les massages ou l’acupuncture peuvent améliorer le confort, mais la cicatrisation durable repose sur l’entraînement progressif du tendon.
Quel gel ou quelle crème sans ordonnance pour la tendinite ?
Les gels AINS (diclofénac, kétoprofène) sont efficaces pour la douleur des tissus mous. Demandez conseil au pharmacien et respectez les précautions d’exposition solaire.
Quel est le nouveau traitement pour la tendinite ?
Les ondes de choc ont gagné en preuves pour certaines localisations. Le PRP est une option après échec de la kinésithérapie, avec un effet retardé et des résultats variables.
Quelle est la durée de guérison d’une tendinite ?
Une amélioration est attendue en 6–12 semaines avec un programme structuré. Le retour complet peut prendre 3–6 mois selon la localisation et l’ancienneté.
Pourquoi ma tendinite ne passe pas ?
Le plus souvent : charges mal dosées, manque d’adhérence au programme, facteurs mécaniques non corrigés, comorbidités ou programmation insuffisante. Une réévaluation est alors nécessaire.
Faut-il marcher ou faire du sport avec une tendinite ?
Oui si la douleur reste ≤ 3/10 et sans rebond le lendemain. Adapter distance, intensité et éviter les accélérations brutales.
Est-ce qu’il faut masser une tendinite ?
Oui, en complément. Les massages doux ou transverses peuvent soulager et améliorer la perception du tendon, sans provoquer de douleur vive.
Qui consulter pour une tendinite ?
Médecin généraliste ou du sport pour le diagnostic, kinésithérapeute pour la rééducation, podologue pour la foulée, et chirurgien orthopédique en cas de rupture ou d’échec prolongé.
Les anti-inflammatoires accélèrent-ils la guérison ?
Ils soulagent parfois à court terme, mais la récupération du tendon dépend surtout du chargement progressif.
Quelle place pour les infiltrations et le PRP ?
Les infiltrations ont un effet surtout à court terme et doivent être ciblées. Le PRP se discute après un véritable essai d’exercices, avec des résultats variables selon les tendons.
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