Passer au contenu principal

jemeremetsausport.com

Érythropoïétine : comment augmenter son EPO naturellement (guide du sportif en reprise)

Sportif courant en altitude avec représentation du rein et des globules rouges illustrant la production naturelle d’EPO

Plus de globules rouges, plus d’oxygène, plus d’endurance : c’est ce que cherchent les sportifs d’endurance. Certains y arrivent par des produits interdits. Vous, vous pouvez stimuler votre EPO naturellement — alimentation, fractionné, sommeil, altitude — sans le moindre risque. Ce guide vous explique comment, étape par étape, en partant de zéro.

Qu’est-ce que l’érythropoïétine (EPO) ?

L’érythropoïétine est une hormone glycoprotéique. Son nom est long, mais son rôle est simple : elle ordonne à votre moelle osseuse de fabriquer des globules rouges.

Où est-elle produite ?

Elle est synthétisée à 90 % par les cellules spécialisées du rein, les cellules péritubulaires. Le foie en produit une petite fraction, surtout chez le fœtus. La production est déclenchée par un signal précis : le manque d’oxygène dans les tissus, appelé hypoxie.

Concrètement, le mécanisme fonctionne ainsi :

  1. Vos tissus manquent d’oxygène (effort intense, altitude, anémie…).
  2. Vos reins détectent cette baisse.
  3. Ils libèrent de l’EPO dans le sang.
  4. L’EPO atteint la moelle osseuse.
  5. La moelle osseuse fabrique davantage de globules rouges.
  6. Ces globules rouges transportent plus d’oxygène vers les muscles.

Le lien direct avec les globules rouges

Les globules rouges contiennent l’hémoglobine, la protéine qui capte l’oxygène dans les poumons et le dépose dans les muscles. Plus vous avez de globules rouges fonctionnels, plus votre sang transporte d’oxygène. C’est ce mécanisme que cherchent à exploiter les sportifs d’endurance — légalement ou non.

La valeur normale d’EPO dans le sang se situe entre 4 et 26 mUI/mL au repos. Elle monte naturellement à l’effort et en altitude.

↑ Retour au sommaire

EPO et performance sportive : ce que dit la science

L’EPO est au cœur de l’érythropoïèse, c’est-à-dire la production de globules rouges. Pour un sportif en reprise, comprendre ce lien, c’est comprendre pourquoi certaines habitudes améliorent réellement l’endurance.

VO2max et transport d’oxygène

Le VO2max mesure la quantité maximale d’oxygène que votre organisme peut utiliser à l’effort. C’est le principal indicateur de la capacité aérobie. Il dépend en partie de la quantité de globules rouges et d’hémoglobine circulants, mais aussi du cœur, des vaisseaux et des muscles.

Les chiffres réels, sans exagération

Les méthodes naturelles augmentent surtout la masse d’hémoglobine : les revues portant sur l’entraînement en altitude rapportent des gains d’environ 2 à 5 % après un stage bien conduit de plusieurs semaines[1].

Attention à un point souvent mal présenté : une méta-analyse récente d’essais contrôlés randomisés a montré que l’entraînement en altitude augmente significativement l’hémoglobine, mais sans effet significatif démontré sur le VO2max[2]. Les gains parfois avancés de « 12 % » ou « 54 % » proviennent d’études sur l’EPO injectée, pas des méthodes naturelles : ne les transposez pas.

Pour un sportif en reprise, même un gain modeste se traduit malgré tout par un effort perçu moins difficile à allure identique, et par une meilleure endurance de fond.

Endurance et récupération

Une meilleure oxygénation des muscles retarde l’apparition de la fatigue. Elle accélère aussi l’élimination des déchets métaboliques (lactate, ions H⁺) après l’effort. Résultat : vous récupérez plus vite entre deux séances et vous encaissez mieux la charge d’entraînement.

À retenirL’EPO naturelle agit sur trois leviers : plus de globules rouges → plus d’oxygène transporté → meilleure endurance et récupération plus rapide. Tous les leviers décrits dans ce guide activent ce mécanisme de façon progressive, individuelle et sans risque. Les bénéfices se mesurent en semaines, pas en jours : pour un sportif qui reprend, l’objectif n’est pas de battre des records, mais de retrouver une base aérobie solide sans se blesser.
↑ Retour au sommaire

L’entraînement en altitude : la méthode la plus puissante

L’altitude reste le stimulus le plus efficace pour augmenter son EPO naturellement. En montagne, la pression partielle en oxygène diminue. Vos reins détectent immédiatement cette baisse et libèrent de l’EPO.

Comment ça fonctionne ?

Dès 1 500 m d’altitude, la production d’EPO commence à augmenter. Entre 2 000 et 2 500 m, l’effet est significatif et bien documenté. Au-delà de 3 000 m, les contraintes physiologiques deviennent importantes et la qualité de l’entraînement se dégrade.

La stratégie « live high, train low »

C’est la méthode la plus étudiée. Le principe : vivre et dormir en altitude (2 000-2 500 m) pour stimuler l’EPO, mais s’entraîner en plaine pour maintenir la qualité des séances.

Pourquoi ? Parce qu’en altitude, l’intensité des séances diminue mécaniquement (moins d’oxygène disponible). En descendant s’entraîner, vous conservez le stimulus hypoxique nocturne tout en gardant des séances de qualité.

Ce que disent les données

Un stage d’au moins 3 semaines est nécessaire pour observer une augmentation significative de la masse d’hémoglobine, celle-ci progressant à un rythme d’environ 1 % toutes les 100 heures d’exposition[1]. Les bénéfices persistent généralement 2 à 4 semaines après le retour en plaine.

Les simulateurs d’altitude

Pour ceux qui ne peuvent pas partir en montagne, il existe des tentes hypoxiques et des salles d’entraînement en hypoxie simulée. Ces dispositifs reproduisent artificiellement les conditions d’altitude en réduisant la teneur en oxygène de l’air. Leur efficacité est réelle — une étude en hypoxie simulée sur 6 semaines a mesuré environ +4,5 % de masse d’hémoglobine[3] — mais leur coût est élevé (location de tente : 150-300 €/mois). Ils restent surtout accessibles aux clubs sportifs ou aux athlètes très motivés.

Précautions médicales indispensables Consultez un médecin du sport avant tout stage en altitude, surtout si vous reprenez après une longue pause. Certaines contre-indications existent : maladies cardiovasculaires non contrôlées, anémie sévère non traitée, hypertension artérielle non stabilisée, antécédents de mal aigu des montagnes sévère. Un bilan sanguin préalable (NFS, ferritine, hémoglobine) est fortement recommandé pour vérifier que votre organisme est prêt à répondre positivement au stimulus hypoxique.
↑ Retour au sommaire

L’entraînement fractionné (HIIT) pour stimuler l’EPO

Bonne nouvelle pour ceux qui ne peuvent pas partir en altitude : l’entraînement fractionné de haute intensité (HIIT) peut également contribuer à stimuler la production d’EPO, à condition de respecter certains protocoles.

Pourquoi le HIIT agit sur l’EPO ?

Lors d’un effort intense, vos muscles consomment massivement l’oxygène disponible. Cette baisse locale d’oxygénation crée un signal hypoxique transitoire. Si l’intensité est suffisante et répétée, ce signal peut déclencher une hausse de l’EPO circulante.

Ce que montrent les études

Des travaux ont observé une augmentation de l’EPO circulante dans les 24 heures suivant une séance de HIIT[4]. En hypoxie intermittente, des programmes de 3 semaines rapportent des hausses d’EPO plus marquées.

Nuance importante : le HIIT en air ambiant, au niveau de la mer, produit un effet plus modeste et surtout transitoire que le HIIT en hypoxie. Répété régulièrement, il améliore néanmoins l’endurance par d’autres mécanismes complémentaires : adaptations cardiaques, mitochondriales et capillaires.

Protocoles concrets pour le sportif en reprise

Protocole débutant (semaines 1-4) :

  • 1 séance par semaine.
  • 6 × 30 secondes d’effort intense (70-80 % de votre fréquence cardiaque maximale).
  • 1 minute 30 de récupération active entre chaque répétition.
  • Durée totale : 20 minutes avec échauffement et retour au calme.

Protocole intermédiaire (semaines 5-8) :

  • 2 séances par semaine (avec au moins 48 h de récupération entre elles).
  • 8 × 45 secondes d’effort intense (75-85 % FCmax).
  • 1 minute 15 de récupération active.
  • Durée totale : 25-30 minutes.
Règles de sécurité Ne jamais enchaîner deux séances de HIIT consécutives. Toujours s’échauffer 8 à 10 minutes avant. Arrêter en cas de douleur thoracique, de vertiges ou d’essoufflement anormal. Consulter un médecin avant de commencer si vous n’avez pas fait de sport depuis plus de 6 mois. Voir aussi le guide du HIIT.
↑ Retour au sommaire

L’alimentation pour booster l’EPO naturellement

C’est le levier le plus accessible et le plus souvent négligé. L’EPO naturelle ne peut pas faire son travail si les matières premières manquent. Trois nutriments sont indispensables à la fabrication des globules rouges.

Le fer : la brique de base

Le fer est intégré dans l’hémoglobine. Sans fer, pas de globules rouges fonctionnels. La carence en fer est la première cause d’anémie chez les sportifs, en particulier chez les femmes. Les besoins augmentent avec l’activité physique (destruction mécanique des globules rouges, pertes sudorales) : un sportif en reprise doit y prêter une attention particulière.

Astuce d’absorptionAssociez les aliments riches en fer non héminique (végétaux) à une source de vitamine C pour multiplier l’absorption par 2 à 3.

La vitamine B12 : indispensable à la maturation

La vitamine B12 est nécessaire à la maturation des globules rouges dans la moelle osseuse. Une carence entraîne une anémie mégaloblastique : les globules rouges sont trop grands et peu fonctionnels. Elle se trouve quasi exclusivement dans les aliments d’origine animale.

Les folates (vitamine B9) : le partenaire de la B12

Les folates travaillent de concert avec la B12 pour la synthèse de l’ADN des cellules sanguines. Une carence en folates produit les mêmes effets qu’une carence en B12.

Tableau des aliments clés

NutrimentRôleMeilleures sourcesApport/jour
Fer héminique (mieux absorbé)Fabrication de l’hémoglobineFoie de veau, boudin noir, viande rouge, moules, sardines8-18 mg/j selon sexe et âge
Fer non héminiqueFabrication de l’hémoglobineLentilles, pois chiches, épinards, tofu, graines de courgeÀ associer à la vitamine C
Vitamine B12Maturation des globules rougesFoie, rognons, moules, maquereau, œufs, lait, fromage2,4 µg/j (adulte)
Folates (B9)Synthèse de l’ADN des cellules sanguinesLégumes verts à feuilles, brocoli, asperges, lentilles, agrumes, levure400 µg/j (adulte)
Vitamine CAméliore l’absorption du fer non héminiquePoivron rouge, kiwi, agrumes, fraises, persil frais110 mg/j

Exemples concrets de repas

  • Petit-déjeuner riche en B12 et folates : œufs brouillés + épinards sautés + jus d’orange pressé.
  • Déjeuner riche en fer : lentilles corail + filet de maquereau + poivron rouge grillé + citron.
  • Dîner équilibré : foie de veau poêlé + brocoli vapeur + quinoa.
Faut-il se supplémenter ? Pas systématiquement. La supplémentation en fer sans carence diagnostiquée peut être contre-productive et toxique. Faites d’abord un bilan sanguin (NFS, ferritine, vitamine B12, folates). Si une carence est confirmée, votre médecin adaptera la supplémentation à votre situation. Voir aussi l’alimentation du sportif.
↑ Retour au sommaire

Le sommeil et la récupération

Le sommeil est un levier souvent sous-estimé dans la stimulation de l’EPO naturelle. Pourtant, c’est pendant la nuit que votre organisme effectue la majeure partie de ses réparations et de ses adaptations.

L’hypoxie nocturne : un stimulus naturel

Pendant le sommeil, la respiration ralentit naturellement et la saturation en oxygène baisse légèrement. Ce phénomène physiologique normal constitue un micro-stimulus hypoxique qui peut contribuer à la production d’EPO, notamment chez les personnes dormant en altitude. Des études sur des patients présentant une apnée du sommeil sévère montrent d’ailleurs une augmentation mesurable de l’EPO, qui diminue après traitement : preuve que l’hypoxie nocturne, quand elle est marquée, stimule bien la production d’EPO.

Durée et qualité du sommeil

  • 7 à 9 heures de sommeil par nuit pour un adulte.
  • Privilégier un sommeil continu et non fragmenté : c’est pendant le sommeil profond que la sécrétion d’hormone de croissance est maximale, favorisant la récupération musculaire et l’érythropoïèse.
  • Éviter les écrans 1 heure avant le coucher (la lumière bleue perturbe la mélatonine).
  • Maintenir une régularité des horaires de coucher et de lever.
Ce qu’il ne faut pas faire L’hypoxie nocturne pathologique (apnée du sommeil non traitée) dégrade la qualité du sommeil et nuit à la récupération, même si elle stimule l’EPO. Ce n’est pas un levier à rechercher. Si vous ronflez fortement ou vous réveillez fatigué malgré 8 heures de sommeil, consultez un médecin. Voir aussi sommeil et récupération.
↑ Retour au sommaire

Les autres leviers naturels

Au-delà de l’altitude, du HIIT et de l’alimentation, d’autres approches peuvent contribuer à stimuler la production d’EPO ou à améliorer l’oxygénation des tissus. Voici un panorama honnête de ce que dit la science.

La respiration en apnée

Les techniques d’apnée et de rétention du souffle créent une hypoxie intermittente contrôlée. Certaines pratiques issues du yoga (pranayama, kumbhaka) ou de la plongée en apnée peuvent, si elles sont pratiquées régulièrement, générer un signal hypoxique susceptible de stimuler l’EPO.

Prudence absolueCe type d’exercice est à pratiquer avec prudence, jamais seul et jamais dans l’eau sans surveillance : le risque de syncope existe. Ne cherchez pas à repousser vos limites de rétention ; ce n’est pas un levier prioritaire.

Les bains froids (cryothérapie)

L’immersion en eau froide (10-15 °C) active le système nerveux sympathique et peut stimuler la production de certaines hormones. Des travaux préliminaires suggèrent un effet sur la production d’EPO via l’activation des voies HIF (Hypoxia Inducible Factor). Cependant, les preuves restent limitées et les protocoles varient beaucoup d’une étude à l’autre.

En pratique : les bains froids sont surtout utiles pour la récupération musculaire (réduction de l’inflammation, diminution des courbatures). Considérez-les comme un complément, pas comme un levier principal.

La betterave et les nitrates

Le jus de betterave est riche en nitrates alimentaires. Dans l’organisme, ces nitrates sont convertis en nitrite puis en oxyde nitrique (NO), un vasodilatateur puissant. L’effet principal est une amélioration du flux sanguin musculaire et une réduction du coût en oxygène à l’effort.

Les méta-analyses rapportent une baisse du coût en oxygène de 1,5 à 5 % lors d’efforts sous-maximaux, avec parfois un gain de performance de quelques pourcents sur des efforts de 5 à 40 minutes. L’effet est plus net chez les sportifs peu ou modérément entraînés.

ImportantLa betterave n’augmente pas directement la production d’EPO ni le nombre de globules rouges. Elle améliore l’utilisation de l’oxygène disponible. C’est un levier d’efficacité, pas d’érythropoïèse. Dose pratique : 400-500 mg de nitrates, soit environ 500 mL de jus de betterave concentré, 2 à 3 heures avant l’effort.

La spiruline

La spiruline est une microalgue riche en fer, en phycocyanine (pigment antioxydant) et en protéines. Certaines études suggèrent qu’elle peut contribuer à améliorer le taux d’hémoglobine chez des personnes carencées en fer. Son effet sur la production d’EPO directement n’est pas démontré de façon robuste.

Elle peut néanmoins être utile comme complément pour couvrir les besoins en fer et en protéines, notamment chez les sportifs végétariens ou végétaliens. Dose habituelle : 3 à 5 g par jour.

↑ Retour au sommaire

Ce qu’il faut éviter : EPO synthétique et dopage

Ce guide traite exclusivement de méthodes naturelles et légales. Il est important de comprendre pourquoi l’EPO synthétique est à la fois interdite et dangereuse.

L’EPO recombinante : ce que c’est

L’EPO recombinante (rHuEPO) est une version synthétique de l’hormone humaine, produite en laboratoire. Elle est utilisée légitimement en médecine pour traiter certaines anémies (insuffisance rénale chronique, chimiothérapie). Détournée à des fins sportives, elle constitue un dopage.

Les risques cardiaques réels

L’injection d’EPO synthétique augmente brutalement le nombre de globules rouges et l’hématocrite. Le sang devient plus visqueux. Cette hyperviscosité entraîne :

  • Hypertension artérielle sévère.
  • Thromboses (caillots sanguins dans les veines et artères).
  • Infarctus du myocarde.
  • Accidents vasculaires cérébraux.
  • Mort subite, notamment pendant le sommeil (fréquence cardiaque basse + sang épais = risque maximal).

Des décès de cyclistes professionnels dans les années 1990 ont été attribués à l’usage d’EPO dopante. Le risque est réel, documenté et non négligeable.

La légalité et les contrôles

L’EPO est inscrite sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage (AMA), dans la catégorie S2 (agents stimulant l’érythropoïèse)[5]. Elle est détectable dans les urines et le sang par des méthodes analytiques très précises. Les contrôles peuvent intervenir à tout moment, y compris hors compétition. Pour un sportif amateur en reprise, la question ne se pose généralement pas — mais il est utile de le rappeler : aucun gain de performance ne justifie de risquer sa vie.

Les « boosters d’EPO » vendus en ligneMéfiez-vous des compléments vendus sous des noms évocateurs promettant d’« augmenter votre EPO ». La plupart ne contiennent que des vitamines et minéraux à doses standards, sans effet démontré sur l’EPO. Certains peuvent contenir des substances non déclarées. Restez sur des produits certifiés et des marques transparentes sur leur composition.
↑ Retour au sommaire

En résumé. Vous pouvez réellement stimuler votre EPO, et donc votre endurance, sans le moindre produit interdit. Quatre leviers ressortent : l’altitude (la plus puissante, mais exigeante), le HIIT (accessible et complémentaire), l’alimentation (fer, B12, folates — le levier le plus négligé) et le sommeil (la récupération où tout se joue).

Gardez en tête l’ordre de grandeur honnête : les méthodes naturelles augmentent la masse d’hémoglobine d’environ 2 à 5 % sur plusieurs semaines. Ce n’est pas le « boost » spectaculaire des injections — c’est un progrès durable, légal et sans danger, qui respecte votre physiologie. Pour un sportif en reprise, c’est exactement ce qu’il faut : retrouver une base aérobie solide, pas battre un record dans le mois.

Un dernier réflexe avant de vous lancer : un bilan sanguin (NFS, ferritine, hémoglobine) et, en cas de reprise après une longue pause ou de projet en altitude, un avis médical. C’est le point de départ le plus rentable de toute cette démarche.

    Newsletter

    Recevez nos prochains guides sport-santé

    Un e-mail de temps en temps, uniquement quand un nouvel article vaut le détour. Pas de publicité, désinscription en un clic.



    Aller plus loin

    FAQ — Vos questions sur l’EPO naturelle

    L’EPO naturelle est-elle légale ?

    Oui, totalement. Votre corps produit de l’EPO en permanence. Stimuler cette production par des moyens naturels — alimentation, entraînement, altitude, sommeil — est parfaitement légal et sans restriction dans tous les sports. Seule l’injection d’EPO synthétique est interdite.

    Combien de temps faut-il pour voir les effets ?

    Cela dépend du levier utilisé. L’alimentation commence à produire des effets en 4 à 8 semaines si une carence est corrigée. Un stage en altitude de 3 semaines montre des bénéfices mesurables dès le retour en plaine, qui persistent 2 à 4 semaines. Le HIIT régulier améliore l’endurance naturelle en 6 à 8 semaines de pratique régulière.

    Peut-on mesurer son taux d’EPO ?

    Oui. Le dosage de l’EPO sérique est possible par prise de sang. Il est prescrit par un médecin en cas de suspicion d’anémie, de polyglobulie ou de pathologie rénale. Pour un sportif en bonne santé, ce dosage n’est pas systématiquement utile : un bilan NFS avec hémoglobine, hématocrite et ferritine est généralement suffisant pour évaluer votre capacité érythropoïétique.

    Le sport en altitude est-il accessible à tous ?

    Non. Certaines personnes ne doivent pas pratiquer en altitude sans avis médical préalable : maladies cardiovasculaires, anémie sévère, hypertension non contrôlée, grossesse, antécédents de mal aigu des montagnes. Pour un sportif en reprise après une longue pause, une consultation préalable est fortement recommandée avant tout séjour au-dessus de 2 000 m.

    La betterave peut-elle vraiment remplacer l’altitude ?

    Non. La betterave améliore l’utilisation de l’oxygène disponible (via l’oxyde nitrique), mais elle n’augmente pas la production d’EPO ni le nombre de globules rouges. C’est un complément utile, pas un substitut à l’altitude ou à l’entraînement.

    Quelle est la différence entre l’EPO et l’hémoglobine ?

    L’EPO est l’hormone qui déclenche la fabrication des globules rouges. L’hémoglobine est la protéine contenue dans ces globules rouges, qui transporte l’oxygène. L’EPO agit en amont : plus d’EPO conduit à plus de globules rouges, donc plus d’hémoglobine, donc plus d’oxygène transporté.

    Un sportif débutant peut-il vraiment améliorer son EPO ?

    Oui, et c’est même plus facile pour un débutant que pour un athlète confirmé. Les adaptations physiologiques sont plus marquées chez les personnes peu entraînées. Les gains en endurance naturelle sont souvent spectaculaires dans les 8 à 12 premières semaines de reprise, en partie grâce à l’optimisation de l’érythropoïèse.

    Faut-il prendre du fer en complément si on reprend le sport ?

    Pas automatiquement. La supplémentation en fer sans carence diagnostiquée est inutile et peut être toxique (surcharge en fer). Faites d’abord un bilan sanguin avec dosage de la ferritine. Si votre ferritine est inférieure à 30 µg/L (ou 50 µg/L chez un sportif régulier), discutez d’une supplémentation avec votre médecin.

    Le HIIT au niveau de la mer stimule-t-il vraiment l’EPO ?

    Il produit une hausse d’EPO circulante dans les heures qui suivent la séance, mais cet effet est modeste et transitoire comparé au HIIT réalisé en hypoxie. L’intérêt principal du HIIT en plaine pour l’endurance passe donc surtout par d’autres adaptations : amélioration du cœur, des mitochondries et de la densité capillaire. C’est un excellent levier global, à ne pas juger uniquement sur l’EPO.

    Les gains d’endurance en altitude sont-ils aussi énormes qu’on le lit ?

    Non, et c’est important de le savoir. Les chiffres très élevés que l’on trouve parfois — gains de 12 % ou plus de VO2max, temps d’effort prolongé de moitié — proviennent d’études sur l’EPO injectée, pas des méthodes naturelles. En altitude, la masse d’hémoglobine augmente d’environ 2 à 5 %, et une méta-analyse récente n’a même pas retrouvé d’effet significatif sur le VO2max. Le bénéfice est réel mais modéré, et surtout durable.

    Sources et références

    1. Saunders PU, Garvican-Lewis LA, Chapman RF, Périard JD. Special environments : altitude and heat, et revues associées sur le « live high-train low ». Les synthèses de la littérature rapportent, après un stage d’altitude de plusieurs semaines, une augmentation de la masse totale d’hémoglobine de l’ordre de 2 à 5 %, la progression se faisant à un rythme d’environ 1 % toutes les 100 heures d’exposition en altitude modérée (> 2000 m). Voir aussi la revue narrative Physiological and performance effects of live high train low altitude training for elite endurance athletes, Journal of Science in Sport and Exercise / ScienceDirect, 2023.
    2. Méta-analyse d’essais contrôlés randomisés sur l’entraînement en altitude et la capacité aérobie : Impact of Altitude Training on Athletes’ Aerobic Capacity : A Systematic Review and Meta-Analysis, 2025 (13 études, 276 participants âgés de 18 à 35 ans). L’entraînement en altitude augmente significativement l’hémoglobine (différence moyenne standardisée 0,70 ; IC 95 % : 0,27 à 1,13) mais sans effet significatif sur la consommation maximale d’oxygène (VO2max : DMS −0,13 ; p = 0,68). Les protocoles d’au moins trois semaines sont les plus efficaces.
    3. Étude en hypoxie simulée sur des coureurs de fond : 6 semaines d’entraînement en conditions hypoxiques (FiO₂ 14-15 %) contre conditions normoxiques. Le groupe hypoxie a présenté une amélioration significative de la masse d’hémoglobine (environ +4,5 %, p < 0,01) et du VO2max (environ +6,8 %, p < 0,01), contre des variations minimes et non significatives dans le groupe témoin. Résultats à considérer avec prudence compte tenu de la taille d’échantillon.
    4. Travaux d’électromyographie et de physiologie de l’exercice sur la réponse aiguë de l’EPO au HIIT : une élévation de l’EPO circulante est observée dans les heures suivant une séance de haute intensité, l’ampleur et la persistance de cette réponse étant nettement supérieures lorsque l’exercice est réalisé en hypoxie plutôt qu’en normoxie. L’effet en air ambiant reste transitoire.
    5. Agence mondiale antidopage (AMA). Liste des interdictions, catégorie S2 « Hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées et mimétiques », incluant les agents stimulant l’érythropoïèse (dont l’EPO recombinante). L’EPO est détectable dans le sang et les urines, en et hors compétition.
    6. Organisation mondiale de la santé et sociétés savantes : physiologie de l’érythropoïèse et régulation de l’érythropoïétine par le facteur induit par l’hypoxie (HIF). L’EPO est produite à environ 90 % par les cellules interstitielles du rein, sa synthèse étant activée par la baisse de l’oxygénation tissulaire selon une boucle de rétrocontrôle sensible à l’oxygène.

    Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical. Avant tout stage en altitude, toute reprise après une longue pause ou toute supplémentation, consultez un médecin, en particulier en cas de maladie cardiovasculaire, d’hypertension, d’anémie ou de grossesse. Un bilan sanguin préalable est recommandé. L’usage d’EPO synthétique à des fins sportives est interdit et dangereux : ce guide traite exclusivement de méthodes naturelles et légales.

      Newsletter

      Recevez nos prochains guides sport-santé

      Un e-mail de temps en temps, uniquement quand un nouvel article vaut le détour. Pas de publicité, désinscription en un clic.