Qu’est-ce que le syndrome de Raynaud ?
Le syndrome de Raynaud est un trouble vasomoteur qui se manifeste par une perturbation temporaire de la circulation sanguine au niveau des extrémités, notamment les doigts et les orteils. Ce phénomène est provoqué par un spasme des petits vaisseaux sanguins (artérioles), réduisant brutalement l’apport de sang aux tissus périphériques. L’état survient le plus souvent en réponse au froid ou au stress, entraînant une triade de symptômes caractéristiques : blanchiment, cyanose (bleu), puis rougeur lors du retour du flux sanguin.
Cette pathologie se divise en deux formes : le syndrome de Raynaud primaire (ou idiopathique), généralement bénin, et le syndrome de Raynaud secondaire, souvent associé à une maladie sous-jacente, en particulier auto-immune. Ainsi, la définition du syndrome de Raynaud englobe un trouble fonctionnel réversible de la microcirculation, qui affecte les extrémités et peut avoir des implications diagnostiques importantes selon sa forme.
Comment se manifeste cette maladie ?
Les symptômes apparaissent sous forme de crises soudaines et évoluent en trois phases distinctes :
- Phase de vasoconstriction : Les doigts deviennent blancs et froids, indiquant un arrêt temporaire de la circulation sanguine.
- Phase de cyanose : La peau prend une teinte bleue en raison du manque d’oxygène.
- Phase de reperfusion : Les vaisseaux sanguins se dilatent, le sang revient brutalement, provoquant des rougeurs, des picotements et parfois des douleurs.
Quels sont les types de syndrome de Raynaud ?
Le phénomène de Raynaud, aussi appelé acrosyndrome vasculaire, se décline en deux formes principales : le syndrome de Raynaud primaire (ou forme primitive) et le syndrome de Raynaud secondaire (ou forme secondaire). Ces deux types présentent des symptômes similaires — notamment la vasoconstriction des extrémités — mais diffèrent largement par leurs causes, leur gravité et leur prise en charge.
La forme primitive, aussi désignée sous le terme de maladie de Raynaud, est la plus fréquente. Elle représente environ 80 à 90 % des cas. Ce syndrome de Raynaud primaire est considéré comme bénin et idiopathique, c’est-à-dire sans cause organique identifiable. Il apparaît généralement chez les jeunes femmes, entre 15 et 30 ans, et n’évolue pas vers une maladie systémique. Les épisodes sont souvent déclenchés par le froid ou le stress, mais n’entraînent pas de lésions tissulaires durables. Ce type de Raynaud est souvent chronique, mais il reste stable dans le temps et ne nécessite généralement qu’une surveillance et des mesures préventives.
En revanche, le syndrome de Raynaud secondaire est associé à des pathologies sous-jacentes, notamment des maladies auto-immunes comme la sclérodermie, le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Cette forme secondaire du phénomène est plus rare, mais elle peut être plus sévère et entraîner des complications, telles que des ulcères digitaux, des infections ou, dans les cas extrêmes, une nécrose. Ce type de Raynaud nécessite une investigation approfondie et une prise en chargemédicale spécifique, souvent pluridisciplinaire.
Comprendre les différentes formes de Raynaud permet d’orienter le diagnostic, d’adapter le traitement et de prévenir les complications potentielles, en particulier dans les formes secondaires où l’évolution peut être plus agressive.
Pour résumer, on distingue donc deux formes principales de cette maladie :
- Raynaud primaire : Sans cause identifiable, elle est plus fréquente chez les femmes jeunes et disparaît souvent avec l’âge ou après une grossesse.
- Raynaud secondaire : Associée à une autre maladie, comme des maladies auto-immunes (sclérodermie, lupus), elle peut entraîner des complications graves, comme des ulcères ou une nécrose des tissus.
Quelles sont les causes du syndrome de Raynaud ?
Le syndrome de Raynaud est un trouble vasculaire caractérisé par une réduction temporaire de la circulation sanguine vers les extrémités, souvent les doigts, en réponse à certains stimuli. Les causes du phénomène varient selon qu’il s’agisse d’un syndrome de Raynaud primaire ou secondaire. L’origine du phénomène dans sa forme primaire, la plus fréquente et généralement bénigne, reste souvent inexpliquée, bien qu’un facteur génétique puisse jouer un rôle. En revanche, le syndrome de Raynaud secondaire, plus grave, est souvent lié à des maladies auto-immunes comme la sclérodermie ou le lupus. Parmi les facteurs déclenchants communs aux deux formes, on retrouve l’exposition au froid, les changements de température brutaux et le stress émotionnel, qui provoquent une vasoconstriction excessive des vaisseaux sanguins. Ces éléments contribuent à aggraver les épisodes, rendant la compréhension des causes du phénomène essentielle pour une prise en charge adaptée.
Fréquence et facteurs de risque du syndrome de Raynaud
Le syndrome de Raynaud est relativement fréquent :
- 3 à 12 % des hommes en sont atteints.
- 6 à 20 % des femmes sont concernées, notamment entre 20 et 30 ans.
- La forme primaire représente 80 à 90 % des cas.
Facteurs de risque du syndrome de Raynaud : une prédisposition multifactorielle
Le syndrome de Raynaud est influencé par plusieurs facteurs qui peuvent favoriser son apparition ou en aggraver les symptômes. Ces éléments touchent autant l’environnement climatique que des caractéristiques individuelles comme la génétique, la profession ou certains comportements.
1️⃣ Facteurs climatiques : l’impact du froid et de l’humidité
L’exposition au froid intense et à l’humidité prolongée joue un rôle majeur dans le déclenchement des crises. Dans un environnement froid, les vaisseaux sanguins des extrémités (doigts, orteils, nez, oreilles) se contractent naturellement pour préserver la chaleur du corps. Chez les personnes atteintes du syndrome de Raynaud, cette vasoconstriction est excessive et prolongée, entraînant une diminution marquée du flux sanguin et la décoloration des extrémités.
Les personnes vivant dans des régions où l’hiver est rigoureux et humide (Canada, Europe du Nord, Russie) sont plus susceptibles de développer des symptômes fréquents et intenses. De même, celles qui pratiquent des activités de plein air en période froide (ski, randonnée en hiver, natation en eau froide) sont particulièrement exposées.
2️⃣ Facteurs génétiques : une hérédité qui influence le risque
Des études ont démontré que l’hérédité joue un rôle dans l’apparition du phénomène de Raynaud. Une personne ayant un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur) atteint présente 30 % de risques supplémentaires de développer cette affection.
Bien que les mécanismes exacts de transmission génétique ne soient pas encore totalement élucidés, des recherches ont montré que certaines mutations génétiques liées à la régulation du tonus vasculaire pourraient être impliquées. Ces anomalies pourraient entraîner une hypersensibilité des vaisseaux sanguins au froid et au stress, favorisant leur contraction excessive.
3️⃣ Facteurs professionnels : des métiers à risque
Certains métiers augmentent le risque de développer un syndrome de Raynaud secondaire, notamment ceux impliquant des mouvements répétitifs, des vibrations intenses ou un contact prolongé avec le froid.
- Exposition aux vibrations : Les personnes utilisant des outils vibrants (marteaux-piqueurs, tronçonneuses, perceuses industrielles) voient leurs petits vaisseaux sanguins endommagés au fil du temps, ce qui peut déclencher des crises de Raynaud. Ce phénomène est connu sous le nom de syndrome main-bras vibratoire.
- Pression mécanique sur les mains : Les pianistes, les dactylographes, les programmeurs ou encore les carreleurs exercent une pression prolongée sur leurs mains, ce qui peut affecter la circulation sanguine et provoquer un Raynaud secondaire.
- Manipulation d’objets froids : Les poissonniers, les ouvriers travaillant dans des chambres frigorifiques ou les bouchers sont constamment exposés au froid, ce qui favorise la contraction excessive des vaisseaux sanguins.
4️⃣ Substances toxiques : tabac, drogues et produits chimiques
Plusieurs substances ont un impact négatif sur la circulation sanguine et peuvent aggraver les crises de Raynaud :
- Tabac et cannabis : La nicotine est un puissant vasoconstricteur, ce qui signifie qu’elle provoque un rétrécissement des vaisseaux sanguins. Les fumeurs sont ainsi plus à risque de développer un Raynaud, car leur système vasculaire est déjà soumis à un stress constant.
- Drogues stimulantes (cocaïne, amphétamines, LSD) : Ces substances provoquent un resserrement extrême des vaisseaux sanguins, réduisant encore davantage la circulation sanguine vers les extrémités.
- Produits chimiques industriels : L’exposition prolongée au chlorure de vinyle, utilisé dans la fabrication du plastique, a été associée à une incidence plus élevée du phénomène de Raynaud, en raison de son impact sur le tissu conjonctif et les petits vaisseaux sanguins.
5️⃣ Médicaments et traitements médicaux
Certains médicaments peuvent aggraver les symptômes de la maladie de Raynaud en provoquant une vasoconstriction accrue :
- Bêtabloquants (traitement de l’hypertension et des troubles cardiaques).
- Médicaments contre les migraines contenant des dérivés de l’ergot.
- Chimiothérapies et traitements anticancéreux.
- Certains décongestionnants en vente libre contenant de la pseudoéphédrine (utilisée contre le rhume).
Si vous souffrez du syndrome de Raynaud et prenez l’un de ces médicaments, il est recommandé de parler à votre médecin afin d’envisager des alternatives.
6️⃣ Facteurs hormonaux et contraception
Chez les femmes, l’utilisation d’une contraception hormonale contenant des œstrogènes et de la progestérone (pilule, implant, patch) peut favoriser l’apparition du phénomène de Raynaud. Les œstrogènes influencent la régulation vasculaire et peuvent accentuer la réactivité excessive des vaisseaux sanguins.
Les femmes en âge de procréer qui souffrent de Raynaud peuvent discuter avec leur médecin d’autres options contraceptives, comme le stérilet au cuivre, qui n’a pas d’effet hormonal.
7️⃣ Facteurs émotionnels : le rôle du stress
Le stress et l’anxiété sont des déclencheurs fréquents du syndrome de Raynaud. Lorsque nous sommes stressés, notre corps libère des hormones comme l’adrénaline, qui provoquent un rétrécissement des vaisseaux sanguins pour préparer le corps à une réaction de défense ou de fuite.
Chez les personnes atteintes de Raynaud, cette réaction physiologique est exagérée, entraînant une crise de vasoconstriction même en l’absence de froid.
Les techniques de gestion du stress comme la méditation, la respiration profonde et le yoga peuvent aider à réduire la fréquence des crises.
Les maladies associées au syndrome de Raynaud secondaire
Lorsque le syndrome de Raynaud est secondaire, il est souvent le symptôme d’une maladie sous-jacente. Ces pathologies affectent la circulation sanguine et la structure des vaisseaux sanguins, rendant les crises plus sévères et plus longues.
1.Maladies auto-immunes et inflammatoires
Certaines maladies auto-immunes affectent directement les vaisseaux sanguins et augmentent le risque de Raynaud :
- Sclérodermie : Cette maladie chronique entraîne un durcissement de la peau et des tissus internes. Plus de 90 % des patients atteints souffrent aussi de Raynaud.
- Lupus érythémateux disséminé : Ce trouble inflammatoire touche le système immunitaire et est associé au Raynaud dans 30 % des cas.
- Connectivite mixte (syndrome de Sharp) : Ce trouble du tissu conjonctif affecte 85 % des patients sous forme de Raynaud.
- Syndrome de Gougerot-Sjögren : Maladie auto-immune provoquant une sécheresse des muqueuses, elle est liée au Raynaud dans 30 % des cas.
- Polyarthrite rhumatoïde et dermatomyosite : Ces affections inflammatoires des articulations et des muscles peuvent affecter la circulation sanguine des extrémités.
2.Maladies vasculaires et circulatoires
Les affections affectant le réseau vasculaire peuvent provoquer ou aggraver un syndrome de Raynaud :
- Athérosclérose : L’accumulation de plaques de cholestérol dans les artères réduit le flux sanguin.
- Maladie de Buerger : Une inflammation des vaisseaux sanguins causée principalement par le tabac, entraînant une occlusion progressive des artères des membres.
3.Troubles endocriniens et neurologiques
Certains troubles hormonaux et neurologiques peuvent affecter la circulation sanguine :
- Hypothyroïdie : Une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes ralentit le métabolisme et favorise le Raynaud.
- Syndrome du canal carpien : Cette compression nerveuse du poignet réduit la circulation sanguine dans les doigts et aggrave les symptômes du Raynaud.
💡 En cas de Raynaud secondaire, un diagnostic précoce est essentiel pour traiter la maladie sous-jacente et éviter les complications graves.
Quels sont les symptômes de la maladie de Raynaud ?
Les symptômes de la maladie de Raynaud se manifestent principalement au niveau des extrémités, notamment des doigts, en réaction au froid ou au stress. Lors d’une crise, les doigts deviennent soudainement pâles, voire totalement blancs : c’est la phase ischémique, où la circulation sanguine est temporairement interrompue dans les petits vaisseaux. Ce blanchiment s’accompagne généralement d’un engourdissement, d’une perte de sensibilité et parfois d’une douleur vive ou lancinante.
La crise évolue en plusieurs étapes. Après le blanchiment, les doigts peuvent prendre une teinte bleutée (cyanose), traduisant un manque d’oxygène local. Ensuite, lorsqu’une certaine circulation sanguine reprend, les doigts deviennent rouges, chauds et peuvent être douloureux — signe d’un retour brutal du sang dans les tissus. Finalement, les doigts retrouvent leur aspect normal, mais cette alternance de couleurs et de sensations est caractéristique du phénomène de Raynaud.
Ces épisodes peuvent durer de quelques minutes à plus d’une heure, et toucher aussi d’autres zones comme les orteils, le nez ou les oreilles. Identifier précocement ces symptômes de la maladie est essentiel pour éviter les complications, surtout dans les formes secondaires, où les atteintes vasculaires peuvent être plus sévères.
Comment diagnostiquer le syndrome de Raynaud ?
Le diagnostic repose sur plusieurs examens médicaux :
Tests cliniques
- Manœuvre d’Allen : Compression des artères du bras pour observer la vitesse de recoloration des doigts.
- Manœuvre du chandelier : Répétition rapide d’ouverture et de fermeture des poings pour voir si une crise est déclenchée.
Examens complémentaires
- Capillaroscopie : Analyse des petits vaisseaux sous les ongles.
- Échodoppler : Étude de la circulation sanguine.
- Prises de sang : Recherche de maladies auto-immunes sous-jacentes.
Que faire en cas de crise de Raynaud ?
- Réchauffer immédiatement les mains avec de l’eau tiède (jamais chaude).
- Placer les mains sous les aisselles ou dans la bouche.
- Effectuer des rotations rapides des bras pour stimuler la circulation sanguine.
- Porter des gants ou des moufles en période de froid.
Comment soulager les symptômes de Raynaud ?
Pour soulager les symptômes du syndrome de Raynaud, plusieurs solutions naturelles et médicales peuvent être envisagées, selon la sévérité des crises et leur fréquence. L’un des premiers axes de traitement repose sur des mesures générales : adopter une bonne protection contre le froid est essentiel, en portant des gants thermiques, des chaussettes épaisses et des vêtements adaptés dès que la température chute. La prévention passe aussi par l’évitement des environnements climatiques extrêmes et des sources de stress, souvent déclencheurs du phénomène.
L’activité physique régulière constitue une stratégie efficace pour améliorer la circulation sanguine et limiter les épisodes vasospastiques. Côté remèdes naturels, certaines plantes médicinales comme le ginkgo biloba, reconnu pour ses propriétés vasodilatatrices, peuvent aider à renforcer la microcirculation. L’huile essentielle de romarin, notamment en massage local diluée dans une huile végétale, est également réputée pour son action stimulante sur la circulation périphérique.
Enfin, dans les formes plus sévères, un traitement médicamenteux peut être prescrit, notamment des inhibiteurs calciques pour dilater les vaisseaux sanguins. Une approche personnalisée, combinant hygiène de vie, solutions naturelles et traitements ciblés, reste la voie la plus efficace pour soulager durablement les symptômes de Raynaud.
Quels traitements sont efficaces pour Raynaud ?
Le syndrome de Raynaud, qu’il soit primaire ou secondaire, nécessite une prise en charge adaptée à la gravité des symptômes et à leur fréquence. Plusieurs approches thérapeutiques sont disponibles, allant des mesures simples aux traitements médicamenteux plus spécifiques.
En première intention, on recommande des mesures simples comme éviter l’exposition au froid, arrêter le tabac, gérer le stress et pratiquer une activité physique régulière pour améliorer la circulation périphérique. Si ces mesures ne suffisent pas, un traitement médicamenteux peut être envisagé, en particulier chez les patients présentant des crises fréquentes ou douloureuses.
Les inhibiteurs calciques représentent la classe de médicaments la plus couramment utilisée. La nifédipine, souvent prescrite, agit en dilatant les vaisseaux sanguins et en réduisant la fréquence et l’intensité des crises. Une autre molécule, l’amlodipine, offre des effets similaires avec parfois une meilleure tolérance, notamment sur le plan digestif.
Pour les personnes en quête d’approches alternatives, le traitement naturel peut être un complément utile. L’homéopathie, bien que controversée scientifiquement, est parfois utilisée pour atténuer les symptômes. Toutefois, son efficacité reste à démontrer par des études cliniques rigoureuses. Il est donc essentiel de ne pas substituer ces traitements naturels à une prise en charge médicale sérieuse.
Dans tous les cas, une consultation avec un médecin reste indispensable pour évaluer la forme du syndrome (primaire ou secondaire), identifier d’éventuelles pathologies sous-jacentes et adapter le traitement en conséquence. Une approche personnalisée permet d’assurer une prise en charge optimale du syndrome de Raynaud.
Traitements et prévention du syndrome de Raynaud
Conseils pour limiter les crises
- Éviter les expositions au froid : Porter des gants, des chaussettes épaisses.
- Arrêter le tabac et la caféine : Ces substances contractent les vaisseaux sanguins.
- Éviter les bijoux serrés et les charges lourdes : Ils bloquent la circulation.
- Adopter une activité physique régulière : Stimule la circulation sanguine.
- Limiter le stress : Pratiquer la méditation, la sophrologie ou le yoga.
Traitements médicamenteux
Lorsque la maladie impacte la qualité de vie, des vasodilatateurs peuvent être prescrits :
- Inhibiteurs calciques (ex. nifédipine) : Réduisent la fréquence et l’intensité des crises.
- Prostaglandines (ex. iloprost) : Utilisées en injection intraveineuse pour les cas sévères.
- Bosentan : Recommandé en cas de sclérodermie pour prévenir les ulcérations des doigts.
En cas de complications sévères (ulcères, nécrose), un traitement antibiotique et des soins locaux sont nécessaires.
Reconnaissance en tant que maladie professionnelle
Certaines professions exposant les mains à des vibrations ou au froid peuvent faire reconnaître le syndrome de Raynaud comme une maladie professionnelle. Il est inscrit au tableau n°69 du régime général de la Sécurité sociale.
Les travailleurs concernés peuvent demander une adaptation de leur poste pour limiter les risques.
Syndrome de Raynaud et sorties sportives en temps froid : comment se protéger ?
Pratiquer une activité sportive en extérieur par temps froid peut être un défi majeur pour les personnes atteintes du syndrome de Raynaud. En raison de leur hypersensibilité aux basses températures, ces individus risquent de voir leurs symptômes se déclencher rapidement, rendant l’expérience inconfortable, voire douloureuse. Cependant, il est possible de continuer à profiter des sports d’hiver ou des activités en plein air en prenant certaines précautions adaptées.
Quels sont les risques liés aux sports en hiver ?
Lorsque la température extérieure baisse, le corps met en place des mécanismes naturels de thermorégulation pour préserver la chaleur interne. Chez les personnes atteintes du syndrome de Raynaud, la réponse vasculaire est exagérée, entraînant une contraction excessive des vaisseaux sanguins des extrémités. Cela se traduit par :
- Un refroidissement rapide des mains et des pieds.
- Une perte de sensibilité et un engourdissement, rendant plus difficile la manipulation d’objets (skis, bâtons de randonnée, guidon de vélo, etc.).
- Une décoloration des doigts et des orteils (blanc, bleu, rouge), parfois accompagnée de douleurs vives.
- Un risque accru de gelures et d’engelures, car la circulation sanguine est fortement réduite.
Les sports particulièrement concernés sont le ski, la randonnée hivernale, l’alpinisme, le vélo par temps froid et même le running en hiver. Les cyclistes et les coureurs sont particulièrement vulnérables en raison de l’exposition prolongée au vent froid qui intensifie la vasoconstriction.
Comment minimiser les crises de Raynaud lors d’activités en extérieur ?
Heureusement, plusieurs mesures permettent de continuer à pratiquer des activités sportives en plein air en hiver tout en réduisant les risques :
- Superposer les couches de vêtements : Opter pour un système multicouches afin de réguler la température du corps. Il est recommandé de porter une première couche respirante, une couche isolante thermique (laine ou polaire) et une couche coupe-vent et imperméable.
- Utiliser des gants chauffants ou à double épaisseur : Les moufles sont plus efficaces que les gants, car elles permettent aux doigts de se réchauffer mutuellement. Des chauffe-mains chimiques ou des gants chauffants électriquespeuvent être une bonne solution pour les sports en hiver.
- Porter des chaussettes épaisses et des chaussures adaptées : Les chaussettes en laine de mérinos sont idéales pour garder les pieds au chaud. Les chaussures doivent être isolantes et résistantes à l’humidité, notamment pour la randonnée en neige ou le ski.
- Éviter le contact direct avec des objets froids : Tenir un guidon de vélo, des bâtons de ski ou de randonnée en métal sans protection thermique accélère la perte de chaleur. L’utilisation de poignées isolantes ou de gants spéciaux peut limiter cet effet.
- Ne pas commencer l’activité avec des extrémités froides : Avant de sortir, il est conseillé de réchauffer les mains et les pieds à l’aide de compresses chaudes ou en les gardant sous une couverture pendant quelques minutes.
- Faire des pauses régulières pour réchauffer les mains et les pieds : Il est essentiel de prévoir des arrêts en intérieur ou d’avoir une source de chaleur portable (chauffe-mains, semelles chauffantes) pour éviter un refroidissement excessif.
- Privilégier une respiration profonde et un bon échauffement : Une bonne oxygénation et une activité physique progressive permettent de stimuler la circulation sanguine, réduisant ainsi le risque de crise.
- Éviter la caféine et la nicotine avant une activité sportive en extérieur : Ces substances favorisent la vasoconstriction et augmentent le risque d’apparition des symptômes du syndrome de Raynaud.
Sports plus adaptés aux personnes atteintes de Raynaud
Certains sports d’hiver sont plus tolérables que d’autres, notamment ceux qui permettent un mouvement constant des extrémités pour favoriser la circulation sanguine :
- Course à pied par temps frais, avec des pauses fréquentes pour réchauffer les mains.
- Marche rapide ou randonnée modérée, bien couvert avec des vêtements adaptés.
- Ski de fond, qui permet un mouvement constant des bras et des jambes.
- Vélo par temps frais, avec des poignées isolantes et des gants chauffants.
En revanche, les sports nécessitant de longues périodes d’immobilité ou un contact prolongé avec des surfaces froides(ski alpin, escalade sur glace) peuvent être plus difficiles à pratiquer pour les personnes atteintes du syndrome de Raynaud
Conclusion
Le syndrome de Raynaud est une maladie fréquente qui, bien que souvent bénigne, peut être invalidante dans ses formes sévères. Il est essentiel d’en identifier les causes, de suivre des mesures préventives et d’adopter un mode de vie adapté pour limiter les crises.
Si vous ressentez des symptômes persistants, consultez un médecin pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
RÉFÉRENCES
- Herrick AL, Muir L. Raynaud’s phenomenon. Best Practice & Research Clinical Rheumatology, 2020. DOI: 10.1016/j.berh.2019.101474
- Wigley FM. Raynaud’s phenomenon. New England Journal of Medicine, 2016. DOI:10.1056/NEJMra1507638
- Phénomène de Raynaud, Assurance maladie.



