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Maladie rénale chronique : le sport comme traitement

Maladie rénale chronique

La maladie rénale chronique (MRC) touche aujourd’hui des millions de personnes dans le monde, souvent sans qu’elles en aient conscience. À mesure que la fonction des reins se détériore, les complications augmentent : fatigue, hypertension, troubles métaboliques, voire dialyse ou transplantation. Pourtant, un facteur souvent sous-estimé pourrait profondément changer la donne : le sport.

De récentes études scientifiques montrent que l’activité physique régulière peut non seulement améliorer la qualité de vie des patients atteints de MRC, mais aussi ralentir la progression de la maladie, voire réduire les risques de complications cardiovasculaires.

Comprendre la maladie rénale chronique (MRC)

Quel est le rôle des reins dans notre organisme ?

Les reins jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de notre corps. On en possède deux, situés de chaque côté de la colonne vertébrale, à l’arrière de l’abdomen, juste sous la cage thoracique. Leur forme évoque un haricot et chaque rein mesure environ 12 cm de long pour un poids de 160 grammes.

Une station d’épuration naturelle et vitale: Derrière leur petite taille se cache une puissance de filtration impressionnante.Chaque jour, près de 1 700 litres de sang sont acheminés vers les reins via les artères rénales. Autrement dit, les reins filtrent l’équivalent de tout le volume sanguin de l’organisme toutes les 30 minutes !

Fonctions principales des reins :

  1. Filtration des déchets
    Les reins éliminent les déchets produits par le métabolisme (urée, créatinine, acide urique…) et les toxines ingérées. Ces substances sont évacuées dans les urines, tandis que l’eau et les nutriments utiles sont réabsorbés.
  2. Régulation de la composition du sang: Les reins équilibrent la quantité d’eau, de sels minéraux (sodium, potassium, calcium…) et d’ions dans le sang pour garantir une stabilité chimique indispensable au bon fonctionnement des cellules.
  3. Contrôle de la pression artérielle: Grâce à la libération de rénine, une enzyme qui active un mécanisme hormonal (le système rénine-angiotensine-aldostérone), les reins aident à maintenir une tension artérielle adaptée. S’ils ne remplissent plus ce rôle, la pression peut devenir incontrôlable.
  4. Activation de la vitamine D: Les reins transforment la vitamine D inactive (provenant du soleil ou de l’alimentation) en sa forme active, la calcitriol, qui permet à l’intestin d’absorber le calcium et au corps de fixer ce calcium sur les os.
  5. Production de l’érythropoïétine (EPO): L’EPO est une hormone fabriquée par les reins qui stimule la moelle osseuse pour produire les globules rouges. Un dysfonctionnement rénal entraîne souvent une anémie (baisse du nombre de globules rouges).

Et en cas de maladie rénale chronique ?

Lorsque les reins ne parviennent plus à remplir leur fonction, on parle d’insuffisance rénale. Progressivement, les déchets et les liquides s’accumulent dans l’organisme, ce qui peut provoquer :

    • Fatigue chronique

    • Œdèmes (gonflement des jambes, des chevilles)

    • Nausées, perte d’appétit

    • Hypertension non contrôlée

    • Troubles cardiaques

    • Anémie sévère

    • Fragilité osseuse

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Dans les stades avancés, la dialyse ou la transplantation rénale devient indispensable.

 Bon à savoir :Les reins sont des organes silencieux : ils peuvent fonctionner à 10 % de leur capacité sans produire de symptômes. C’est pourquoi un dépistage régulier est recommandé chez les personnes à risque (diabétiques, hypertendus, obèses, personnes âgées, antécédents familiaux).

MRC et insuffisance rénale : est-ce la même chose ?

La maladie rénale chronique (MRC)

La MRC (ou maladie rénale chronique) est le terme médical officiel qui désigne une altération progressive et durable de la fonction rénale pendant au moins 3 mois. Elle peut évoluer en silence, sans symptôme visible, surtout aux premiers stades.

La MRC est classée en 5 stades, selon la gravité :

Stade Débit de filtration glomérulaire (DFG) Description
Stade 1 ≥ 90 ml/min/1,73 m² Fonction rénale normale avec signes de lésion
Stade 2 60–89 Légère baisse de fonction rénale
Stade 3a 45–59 Insuffisance rénale modérée
Stade 3b 30–44 Insuffisance rénale modérée à sévère
Stade 4 15–29 Insuffisance rénale sévère
Stade 5 < 15 Insuffisance rénale terminale (dialyse ou greffe nécessaire)

L’insuffisance rénale : un stade avancé de la MRC

Le terme « insuffisance rénale » est souvent utilisé pour désigner :

  1. La maladie rénale chronique à partir du stade 3, quand la fonction rénale est significativement altérée.

  2. Surtout le stade 5, qu’on appelle insuffisance rénale terminale, où les reins ne peuvent plus filtrer suffisamment le sang sans aide (dialyse ou greffe indispensable).

 À retenir :
  • Tous les patients atteints d’insuffisance rénale ont une MRC, mais tous les patients atteints de MRC ne sont pas toujours en insuffisance rénale terminale.

  • La MRC est une maladie progressive : elle peut être stabilisée ou ralentie, notamment grâce à l’alimentation, au sport et aux traitements médicaux.

  • Le dépistage précoce permet d’agir avant que la situation ne devienne irréversible.

Causes principales de la MRC

  • Diabète (type 2 principalement)
  • Hypertension artérielle
  • Glomérulonéphrites
  • Polykystose rénale
  • Infections rénales chroniques

 Épidémiologie : la MRC, un fléau silencieux

À l’échelle mondiale
  • Près de 850 millions de personnes dans le monde vivent avec une MRC (Lancet, 2020).
  • Plus de 10 % des adultes sont concernés.
  • La MRC est aujourd’hui la 8e cause de décès dans le monde.
  • Elle pourrait devenir la 5e cause de mortalité d’ici 2040.
En France
  • 1 adulte sur 10 présente une forme de MRC.
  • Plus de 90 000 personnes sont en dialyse ou greffées.
  • Près de 11 000 nouveaux cas d’insuffisance rénale terminale par an.
  • La maladie reste largement méconnue : seuls 28 % des patients savent qu’ils sont atteints (Santé Publique France, 2022).
Au Canada
  • Environ 4 millions de Canadiens sont touchés par la MRC.
  • 1 adulte sur 10 est concerné.
  • Plus de 50 000 personnes sont sous traitement de suppléance (dialyse ou greffe).
  • Les communautés autochtones ont jusqu’à 3 fois plus de risque.
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Les bienfaits du sport chez les patients atteints de maladie rénale chronique (MRC)

L’activité physique régulière est aujourd’hui considérée comme une véritable thérapie non médicamenteuse pour les personnes vivant avec une maladie rénale chronique. Contrairement aux idées reçues, même une fonction rénale altérée ne contre-indique pas le sport, bien au contraire. Voici comment l’exercice physique agit positivement à plusieurs niveaux.

1. Amélioration de la fonction cardiovasculaire

La maladie rénale chronique augmente fortement le risque de maladies cardiovasculaires, qui représentent la première cause de mortalité chez ces patients. L’activité physique, notamment l’exercice aérobie (marche rapide, vélo, natation), contribue à renforcer le cœur et les vaisseaux sanguins.

  • Réduction de la pression artérielle : L’exercice aide à réguler la tension artérielle, un facteur clé dans la progression de la MRC.

  • Amélioration du profil lipidique : Diminution du LDL (mauvais cholestérol) et augmentation du HDL.

  • Réduction de la rigidité artérielle : Cela diminue la charge de travail du cœur et la pression sur les reins.

2. Réduction de l’inflammation chronique

La MRC est associée à un état d’inflammation systémique de bas grade. Cette inflammation participe à la dégradation des tissus, y compris les reins.

L’exercice physique modéré :

  • Diminue les cytokines inflammatoires comme l’IL-6 ou le TNF-α.

  • Stimule la production d’antioxydants naturels.

  • Favorise un équilibre entre les processus pro- et anti-inflammatoires.

3. Meilleure gestion de la glycémie

Chez les patients diabétiques, première cause de la MRC, le contrôle glycémique est fondamental pour éviter l’aggravation de la néphropathie.

L’exercice :

  • Améliore la sensibilité à l’insuline.

  • Réduit la glycémie à jeun.

  • Aide à stabiliser les taux d’HbA1c (hémoglobine glyquée).

Même sans perte de poids, l’activité physique permet de ralentir la progression des lésions rénales liées au diabète.

4. Préservation de la masse musculaire et prévention de la sarcopénie

La sarcopénie, ou perte musculaire, est fréquente chez les patients insuffisants rénaux. Elle est accentuée par la sédentarité, les déséquilibres nutritionnels et l’inflammation.

Le sport, surtout les exercices de renforcement musculaire :

  • Préserve la masse maigre.

  • Améliore la force musculaire et la capacité fonctionnelle.

  • Réduit le risque de chutes et d’hospitalisations.

5. Lutte contre la fatigue chronique

La fatigue est l’un des symptômes les plus handicapants pour les patients atteints de MRC. Elle touche près de 70 % des personnes au stade avancé, selon la Fondation du Rein.

L’exercice :

  • Améliore le niveau d’énergie global.

  • Régule le rythme veille-sommeil.

  • Stimule la production de dopamine et sérotonine, favorisant le bien-être.

6. Amélioration de la santé mentale et de la qualité de vie

La MRC affecte profondément le moral, en raison des contraintes médicales, de l’isolement ou des effets secondaires des traitements (dialyse, immunosuppresseurs…).

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Le sport est un excellent antidépresseur naturel :

  • Libération d’endorphines (hormones du plaisir)

  • Diminution des symptômes d’anxiété et de dépression

  • Renforcement de la confiance en soi et du sentiment de contrôle sur la maladie

7. Réduction du risque d’hospitalisations et de décès

Les patients actifs vivent plus longtemps. Selon une méta-analyse regroupant plus de 250 000 patients atteints de MRC(Shi et al., Kidney International Reports, 2022), la pratique régulière d’une activité physique est associée à une réduction de 24 % du risque de mortalité toutes causes confondues.

 

Activités recommandées :

Pas besoin de devenir marathonien. L’important, c’est la régularité.

  • Marche rapide
  • Vélo d’appartement
  • Natation douce
  • Yoga, Pilates
  • Exercices de renforcement doux

 À éviter :

  • Sports à fort impact (rugby, boxe)
  • Charges lourdes
  • Activités intenses sans surveillance médicale

👉 Recommandation : 150 minutes d’activité modérée par semaine (selon la National Kidney Foundation).

 Sport pendant la dialyse : est-ce possible ?

Oui, et même recommandé. De nombreux centres utilisent des vélos adaptés pendant les séances.

 – Bénéfices observés :

  • Moins de crampes
  • Moins d’hypotension
  • Meilleure oxygénation
  • Moins de dépression

👉 Zhou et al., Journal of Renal Nutrition (2018) : 70 % des patients dialysés ont vu leur qualité de vie s’améliorer grâce à l’exercice.

Et après une transplantation rénale ?

L’activité physique est fortement recommandée pour :

  • Améliorer la récupération post-opératoire
  • Réduire les effets secondaires des médicaments
  • Stabiliser le métabolisme

Comment intégrer le sport dans son quotidien ?

Quelques idées simples :

  • Marcher 10 min après chaque repas
  • Prendre les escaliers
  • Utiliser un podomètre
  • S’étirer matin et soir
  • Faire du jardinage ou du ménage dynamique

 

Conclusion : le sport, un pilier dans la gestion de la maladie rénale chronique

Le sport ne remplace pas les traitements médicaux. Mais il complète efficacement la prise en charge de la MRC. Il permet de ralentir la progression de la maladie, d’améliorer le quotidien, de réduire les risques de complications… et surtout, de garder le contrôle.

Même 10 minutes de marche par jour peuvent faire une grande différence.