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Épicondylite latérale

epicondylite latérale Tennis elbow

L’épicondylite latérale (souvent appelée « tennis elbow ») affecte spécifiquement la face externe du coude : elle résulte d’une sur‑sollicitation des tendons des muscles extenseurs de l’avant‑bras, en particulier à leur insertion sur l’épicondyle latéral de l’Épicondyle latéral de l’humérus.
Bien que le terme « tendinite du coude » soit couramment utilisé, il est plus juste de parler de tendinopathie ou d’« épicondylalgie latérale » : on y retrouve souvent des lésions dégénératives plus que de l’inflammation aiguë classique.

 

Épidémiologie

  • La prévalence dans la population générale adulte est estimée entre 1 % et 3 % par an.

  • Elle est plus fréquente dans la tranche d’âge 40‑60 ans, avec un pic vers 45‑54 ans. 

  • Le bras dominant est le plus touché.

  • Les professions ou loisirs impliquant des mouvements répétitifs du poignet/avant‑bras (saisie, préhension, extension) augmentent le risque.

 

Quels sont les facteurs de risque ?

Exposition et charge

  • Activité intense ou pics de charge mal préparés (beaucoup d’heures d’un coup, augmentation brutale du volume).

  • Surmenage et mouvements répétitifs de préhension/serrage, vissage, port de charges bras tendus.

  • Travail prolongé en poignet cassé (en extension) ou coude tendu, sans pauses.

Contraintes professionnelles

  • Postes manuels : mécanicien, menuisier·e, carreleur·euse, cuisinier·e (couteaux, fouets), femme de ménage(serrage d’outils, gestes récurrents).

  • Bureaux mal réglés : souris loin/haute, clavier mal positionné, appuis durs.

Individuel & santé

  • Antécédent d’épicondylite ou de douleur au coude, faiblesse/raideur de l’avant-bras ou de l’épaule.

  • Sommeil court, stress, tabac ; âge 35–60 ans (souvent plus exposé).

  • Pathologies associées possibles (à évaluer par un professionnel de la santé).

Matériel et organisation

  • Outils vibrants, poignées trop épaisses/fines, gants inadaptés.

  • Manque de pauses, rotation des tâches absente, formation gestuelle insuffisante.

 

Mécanisme et physiopathologie

Les muscles extenseurs du poignet, notamment l’Extenseur radial du carpe (ERC) – et en particulier son court chef (ECRB) – sont soumis à des forces de cisaillement et de traction répétées à leur insertion osseuse.
Au fil du temps, ces microtraumatismes entraînent :

  • des micro‑dégradations tendonaires (déchirures microscopiques) ;

  • des modifications dégénératives (angiofibroblastiques) plutôt que purement inflammatoires. 

  • un déséquilibre biomécanique possible entre l’avant‑bras, l’épaule et la ceinture scapulaire.

  • Ce mécanisme explique pourquoi l’affection survient non seulement dans le tennis mais également dans d’autres sports ou activités professionnelles/manuelles.

 

Quelles sont les causes de l’épicondylite ?

Voici les causes les plus courantes de l’épicondylite (tennis elbow), pour comprendre d’où vient la douleur et comment l’enrayer.

  • Surcharge mécanique du tendon des extenseurs (souvent l’extenseur radial court du carpe)
    Trop de charge, trop vite : volume, intensité ou fréquence augmentés sans progressivité → micro-lésions qui s’accumulent.

  • Travail répétitif et sollicitation excessive de la main/du poignet
    Serrer, visser, taper clavier/souris longtemps, porter avec le poignet cassé, bricolage/jardinage : les mêmes mouvements répétés finissent par irriter l’insertion au coude.

  • Activité professionnelle exposante
    Métiers manuels (outil vibrant, tournevis, marteau), manutention, coiffure, cuisine, métiers du bâtiment, mais aussi postes informatiques mal réglés (souris haute/loin, appuis durs).

  • Geste sportif mal dosé
    Raquettes (tennis/padel/badminton), musculation (tirages/prises trop serrées), sports de lancer : manque d’échauffement, technique perfectible, changement de matériel (cordage/poignée) ou de volume peut développerune irritation tendineuse.

  • Facteurs aggravants
    Récupération insuffisante (peu de sommeil), faiblesse ou raideur de l’avant-bras/épaule, ergonomie pauvre, antécédent côté opposé, stress, surfaces/outils inadaptés.

 

Sports et activités à risque

Bien que cette affection puisse toucher toute personne effectuant des mouvements répétitifs, certains sports sont particulièrement connus pour leur risque plus élevé de développer cette affection :

  1. Tennis : Comme son nom l’indique, le tennis est l’un des sports les plus couramment associés au tennis elbow, en raison des coups répétitifs et de la force exercée sur le coude lors des services et des coups de fond.

  2. Golf : Bien que l’épicondylite médiale l’épitrochleite (golfer’s elbow) soit plus typique, le tennis elbow peut également survenir chez les golfeurs en raison du grip et du swing répétitifs.

  3. Sports de raquette : D’autres sports de raquette comme le squash, le badminton et le ping-pong peuvent également augmenter le risque de tennis elbow, en raison des mouvements similaires à ceux du tennis.

  4. Lancer de sports : Les sports qui impliquent des lancers, comme le baseball, le javelot, ou le cricket, peuvent conduire à un tennis elbow en raison de la sollicitation intense et répétée des tendons du coude lors du lancer.

  5. Sports de force : Les activités qui nécessitent une prise en force, comme l’haltérophilie ou l’escalade, peuvent également augmenter le risque de développer un tennis elbow en raison de la pression constante exercée sur les tendons de l’avant-bras.

  6. Boxe : Les mouvements répétitifs et l’impact des coups en boxe peuvent solliciter les tendons de l’avant-bras et conduire à un tennis elbow.

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Il est important de noter que le tennis elbow n’est pas limité aux athlètes et peut affecter toute personne réalisant des activités impliquant des mouvements répétitifs de l’avant-bras et du poignet, y compris certaines professions et hobbies. Pour prévenir le tennis elbow dans ces sports à risque, il est essentiel d’utiliser la technique appropriée, de s’échauffer correctement avant l’activité, de renforcer les muscles de l’avant-bras et du poignet, et de ne pas ignorer la douleur ou la fatigue dans cette région

 

Pourquoi cette zone est‑elle si vulnérable ?

  • L’insertion du tendon dans l’épicondyle latéral présente une contrainte mécanique élevée (effet de bras de levier, extension du poignet) : l’ECRB est particulièrement exposé. 

  • Le coude bénéficie d’une vascularisation modérée dans cette zone d’insertion, ce qui pourrait ralentir la réparation tendon‑os. 

  • Une mauvaise technique (par exemple au tennis) ou un équipement mal adapté peut augmenter la contrainte (raquette lourde, grip trop petit, geste mal calibré). 

 

Identifier les symptômes

Localisation et nature de la douleur

  • Douleur ou sensibilité à la partie externe du coude, plus précisément à l’épicondyle latéral.

  • Douleur exacerbée par la préhension (serrage d’objets), l’extension du poignet contre résistance, ou la saisie de surfaces. 

  • Parfois la douleur peut se propager dans l’avant‑bras ou même jusqu’au poignet.

Faiblesse musculaire / limitation fonctionnelle

  • Diminution de la force de poigne (grip) : le patient peut avoir du mal à serrer la main ou porter un objet.

  • Activités quotidiennes perturbées : porter une tasse, ouvrir une porte ou utiliser un outil peut devenir douloureux.

Si la douleur persiste ou s’aggrave

  • Si la douleur devient constante, même au repos, ou s’accompagne de signes neurologiques ou d’arthrose de coude, il sera nécessaire d’envisager d’autres diagnostics (radiculopathie, neuropathie du nerf interosseux postérieur, arthrose radiohumerale). 

 

Stratégies de diagnostic

Diagnostic clinique

  • L’interrogatoire : antécédents de gestes répétitifs, professionnel/manuels ou sportif.

  • L’examen : douleur à la palpation de l’épicondyle latéral, douleur à l’extension résistée du poignet ou du majeur. 

  • Tests spéciaux (exemple : test de l’extension du poignet contre résistance).

Imagerie et examens complémentaires

Bien que la majorité des cas soient diagnostiqués cliniquement, l’imagerie peut être utile si le tableau est atypique ou si l’évolution est défavorable.

  • Radiographie : pour éliminer arthrose, fracture, calcification.

  • Échographie ou IRM : visualiser les lésions tendineuses, l’épaississement, l’hypervascularisation.

  • Électromyographie (EMG) : si l’on suspecte une neuropathie compressive.

 

Diagnostic différentiel

Parmi les autres causes de douleur latérale du coude :

  • Radiculopathie cervicale (C6‑C7) ;

  • Neuropathie du nerf interosseux postérieur ;

  • Arthrose de l’articulation radio‑humérale ;

  • Ostéochondrite au coude. 

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Options de traitement

Le traitement de l’épicondylite latérale vise à réduire la douleur, restaurer la fonction et prévenir la chronicité.

 Prise en charge conservatrice de première intention

-Reconnaissance et repos

  • Identifier et limiter les gestes aggravants : préhension, extension du poignet, utilisation d’outils lourds.

  • Repos relatif : éviter ou modifier les activités douloureuses.

  • Pose de glace : application 15‑20 minutes plusieurs fois par jour pour soulager l’inflammation et la douleur.

-Médicaments anti‑inflammatoires

  • Les AINS (ex. ibuprofène, naproxène) peuvent soulager à court terme. Toutefois, leur efficacité à long terme est incertaine dans cette tendinopathie. 

-Kinésithérapie / rééducation+++

L’exercice thérapeutique est un pilier central :

  • Renforcement des muscles de l’avant‑bras, en particulier des extenseurs.

  • Étirements statiques des extenseurs du poignet ;

  • Exercices excentriques ont montré des effets bénéfiques sur la douleur à court terme. 

  • Thérapie manuelle (mobilisation du coude, poignet, colonne cervico‑thoracique) : bénéfice immédiat mais les effets à long terme sont encore peu documentés. 

-Orthèses et supports

  • Bande de contention proximale de l’avant‑bras (« strap épicondylien ») ou attelle de coude : l’évidence reste controversée quant à leur supériorité. 

 Interventions avancées

-Injections

  • Injections de corticostéroïdes offrent souvent un soulagement rapide de la douleur mais se sont révélées moins efficaces à long terme et peuvent présenter un risque de récidive élevé. 

  • Le traitement par Plasma riche en plaquettes (PRP), cellules souches ou techniques biologiques est en cours d’investigation : résultats prometteurs mais encore non suffisamment robustes pour recommandation formelle. 

-Thérapies par ondes de choc

  • Certaines études ont testé la thérapie par ondes de choc extracorporelles (ESWT) : les résultats sont hétérogènes et la preuve d’efficacité reste limitée. 

– Chirurgie

  • Réservée aux formes réfractaires (après > 6‑12 mois de traitement conservateur sans amélioration). Elle consiste à débrider la zone tendon‑os, libérer l’insertion du tendon. Le choix entre percutanée, arthroscopique ou ouverte dépend du contexte. 

Durée de l’évolution et pronostic

  • Dans la majorité des cas, une prise en charge conservatrice permet une amélioration significative : l’article de la revue StatPearls indique que « most patients will have pain relief within 12 months of conservative treatment ».

  • Toutefois, certains cas peuvent devenir chroniques ou récurrents, notamment si les facteurs de risque ou gestes répétitifs persistent.

  • Il n’existe pas de traitement unique garanti et la qualité des études reste variable.

 

Prévenir l’épicondylite latérale

Optimiser la technique et l’équipement

  • En sport : veiller à ce que la prise de raquette soit adaptée (taille grip, poids, cordage) et que le geste ne sollicite pas excessivement le poignet ou l’avant‑bras, privilégier le mouvement du torse et du bras pour transmettre la force. En travail ou activité manuelle : adopter des outils ergonomiques, limiter les mouvements répétitifs, faire des pauses, alterner les tâches.

Renforcement musculaire ciblé

  • Exercices de renforcement des extenseurs du poignet et de l’avant‑bras, ainsi que des groupes musculaires proximaux (épaule, ceinture scapulaire) pour mieux répartir les contraintes. 

Échauffement et étirements

  • Avant l’activité sportive ou manuelle : échauffement du poignet, de l’avant‑bras, et de l’épaule.

  • Après l’activité : étirements réguliers des muscles extenseurs du poignet.

Vigilance et adaptation

  • Ne pas ignorer une douleur naissante : adapter ou réduire les activités tant que les signes ne se sont pas apaisés.

  • Adapter la progression d’effort : ne pas passer brusquement d’une activité légère à une activité très exigeante.

 

Quel est le temps de guérison ?

Fourchettes de durée (variable selon le cas)

  • Épisode récent (non chronique) : ~ 4 à 8 semaines avec un traitement actif (ajustement de charge + exercices isométriques/excentriques).

  • Évolution chronique (> 3 mois de symptômes) : souvent 8 à 12+ semaines, parfois plusieurs mois si la charge reste mal gérée ou si l’ergonomie n’est pas corrigée.

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Ce qui fait gagner (ou perdre) du temps

  • Gagne du temps : réduction ciblée du geste douloureux, progression de charge bien dosée, exercices réguliers, sommeil, ergonomie (souris/prise), suivi pro si besoin.

  • Rallonge la durée : repos total prolongé (déconditionne), pics d’effort, gestes répétitifs non modifiés, faible adhérence au programme, facteurs individuels (stress, manque de sommeil).

Feux verts de guérison fonctionnelle

  • Douleur ≤ 2/10 pendant/après les activités clés.

  • Force/poigne presque symétrique.

  • Gestes spécifiques tolérés 24 h après sans rebond douloureux.
    Ces critères priment sur un calendrier strict pour valider la récupération et la reprise.

 Tableau comparatif des traitements

ModalitéEffet à court termeEffet à long termeNiveau de preuve
Repos + glace + modification des gestesOuiOui (dans beaucoup de cas)élevé/modéré
AINS (courte durée)OuiIndéterminémodéré 
Exercices de renforcement / étirementsOuiOui (amélioration fonctionnelle)modéré à élevé 
Orthèse (bandage)Soulagement possibleMoins clair s’il y a avantage long termemodéré 
Injection corticostéroïdeSoulagement rapideMauvais résultats à 1 an comparé au placebo dans certaines études  
PRP / thérapies biologiquesDonnées prometteusesDonnées limitéesfaible à modéré
ChirurgiePour formes réfractairesVariable selon technique et patientfaible/modéré

 

Conclusion

L’épicondylite latérale, connue sous le nom de lateral epicondylitis ou tennis elbow ou épicondylite au coude—est une douleur du membre supérieur centrée sur la face externe du coude (l’épicondyle latéral), souvent liée au travail répétitif, à une activité intense ou à une sollicitation excessive des extenseurs du poignet (notamment le court extenseur radial / extenseur radial du carpe). Cette douleur au coude typiquement localisée à la face latérale du coude peut irradier vers la face externe du bras et s’aggrave en extension du poignet ou en gardant le coude tendu. Elle fait partie des troubles musculo-squelettiques et, dans certains contextes d’activité professionnelle (poste répétitif, charges, vibrations), peut être reconnue comme maladie professionnelle—de la femme de ménage au mécanicien, en passant par les métiers sur écran où le poste de travail est mal réglé.

La prise en charge s’appuie d’abord sur la médecine physique et la rééducation : adaptation de charge, ergonomie, renforcement progressif, gestes techniques corrigés pour réduire la douleur et soulager la douleur au quotidien. Le médecin traitant et le médecin du travail évaluent les facteurs de risque, la nécessité d’un arrêt de travail, et coordonnent le traitement médical (antalgiques, anti-inflammatoires si besoin).Un examen clinique rigoureux écarte d’autres causes de douleur à la face externe (ex. épicondylite médiale du côté interne, atteinte du nerf radial, ou douleurs projetées type canal carpien). Le temps de guérison dépend de la chronicité et de l’adhérence au plan, mais la majorité des patients retrouvent une vie quotidienne confortable et leurs activités(du “coude du joueur” sportif au professionnel exposé) si l’on agit tôt et de façon structurée.

Pour poursuivre, ajuste ton poste de travail, applique les recommandations d’exercices, puis remonte en haut de la page sur ce site internet pour revoir les repères clés : signes d’alerte, étapes de progression et adaptations par sport. L’épicondylalgie latérale ne doit pas te définir ; bien traitée, l’épicondylite du coude recule et ton niveau du coude redevient un allié, pas un frein.

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