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Human flag : ce sont vos obliques, pas vos épaules

Vous avez les tractions, vous avez les dips, votre gainage tient la route. Et pourtant, la première fois que vous attrapez ce poteau, le corps refuse de décoller — ou il monte deux secondes avant de s’écrouler. Le blocage n’est presque jamais là où on le cherche : ni dans les bras, ni dans les épaules. Il vient d’un groupe musculaire que la quasi-totalité des pratiquants ne travaille jamais sérieusement.

En bref
  • Le human flag consiste à maintenir le corps horizontal, suspendu à une barre verticale, en appui uniquement sur les bras.
  • Le moteur réel n’est pas l’épaule mais la chaîne latérale : obliques, carré des lombes, grand dorsal.
  • La progression est balisée : planche latérale → support inversé → tuck flag → straddle → drapeau complet.
  • Prérequis minimaux : 8 à 10 tractions strictes, 20 à 30 pompes, planche latérale tenue 30 à 45 s.
  • L’épaule est la première zone blessée chez les pratiquants de street workout : 23 % des blessures déclarées[3].

Qu’est-ce que le human flag ?

Définition et origines

Le human flag — littéralement « drapeau humain » — est une figure de force isométrique dans laquelle le corps est maintenu parallèle au sol, perpendiculairement à une barre verticale. Seuls les bras, en poussée et en traction simultanées, soutiennent l’ensemble du poids du corps.

La figure existe depuis des décennies dans les arts du cirque et les démonstrations de force athlétique. Elle a été popularisée par la vague callisthénie des années 2010 et les compétitions de street workout. Le record homologué de maintien est détenu par Wang Zhonghua, avec 1 minute et 5,71 secondes, établi à Pékin le 15 août 2011[1].

Il se pratique sur une barre verticale fixe, un espalier, un poteau ou tout support rigide permettant une prise à deux mains à hauteurs différentes.

Pratiquant réalisant un human flag complet, corps horizontal en appui sur une barre verticale
Human flag complet : corps aligné de la tête aux talons, bras du bas verrouillé en poussée, bras du haut en traction.

Pourquoi c’est un exercice d’exception

  1. Le bras de levier est maximal. Le corps entier forme un levier horizontal. Plus les jambes s’éloignent de la barre, plus le moment de force à contrer est grand — sans aucun contrepoids possible.
  2. La coordination est unique. Le bras du bas pousse, le bras du haut tire. Ces deux forces opposées doivent s’équilibrer en temps réel, ce qu’aucun autre exercice de base ne demande.
  3. La qualité de force développée est rare. Flexion latérale résistée, gainage anti-rotation et stabilité scapulaire sont sollicités ensemble, à intensité quasi maximale.
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Quels muscles travaille le human flag ?

La chaîne latérale : le vrai moteur

C’est la réponse à la question ouverte plus haut. Le human flag ne se joue pas dans les épaules : il se joue dans la chaîne latérale, l’ensemble des muscles qui empêchent le tronc de se plier sur le côté. Ce sont eux qui retiennent votre bassin quand il veut tomber vers le sol.

Muscles sollicités et rôle dans le maintien
MuscleRôle dans le human flag
Grand dorsal (latissimus dorsi)Traction du bras supérieur, maintien de l’adduction
Grand rond (teres major)Renfort du grand dorsal, côté bras supérieur
Obliques interne et externeRésistance principale à la flexion latérale du tronc
Carré des lombesStabilisation latérale du rachis lombaire
Deltoïde (faisceaux latéral et antérieur)Poussée du bras inférieur, maintien de l’abduction
Grand dentelé (serratus anterior)Contrôle scapulaire côté bras inférieur
Ce que dit la mesure

Une étude électromyographique a comparé plusieurs tâches isométriques ciblant le tronc latéral. La planche latérale classique produit à elle seule 107 % de la contraction volontaire maximale pour l’oblique interne et 72 % pour l’oblique externe[2]. Autrement dit : le simple exercice préparatoire du human flag sollicite déjà les obliques au-delà de leur niveau de contraction maximal de référence. Cela explique pourquoi la planche latérale reste la brique de base de toute progression — et pourquoi elle est si dure à tenir 45 secondes proprement.

Les stabilisateurs

  • Triceps brachial : maintien des coudes en extension complète.
  • Biceps et avant-bras : contrôle de la prise et distribution des forces.
  • Trapèzes et rhomboïdes : stabilisation des omoplates, indispensable pour protéger les épaules.
  • Grand fessier et moyen fessier : alignement du bassin et maintien des jambes dans l’axe.
  • Adducteurs de hanche : contrôle du membre inférieur côté bas.
  • Transverse de l’abdomen : gainage profond, verrouillage du tronc.
  • Grand droit : tension globale de la sangle abdominale.
À retenir

Le human flag n’est pas un exercice d’épaules isolé. C’est un exercice de corps entier à dominante latérale. Négliger le renforcement du tronc ou les fessiers compromet immédiatement la tenue, quelle que soit votre force de bras.

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La mécanique push-pull : ce que personne n’explique

La plupart des tutoriels décrivent la position finale, rarement les forces en jeu. C’est pourtant là que se joue la réussite.

Deux bras, deux missions opposées

Le bras du bas (le plus proche du sol) travaille en poussée. Coude verrouillé, il repousse la barre : c’est une abduction résistée, prise en charge par le deltoïde, le grand dentelé et le triceps. Le bras du haut travaille en traction : il tire la barre vers lui, en adduction, via le grand dorsal et le grand rond.

Si l’une des deux forces domine, le corps pivote et vous tombez. C’est la raison pour laquelle des pratiquants capables de dix tractions lestées échouent au flag : la force brute ne remplace pas l’équilibre entre les deux chaînes.

Le levier : la seule variable que vous contrôlez

Le principe physique est simple : plus la masse est éloignée de la barre, plus le moment de force à contrer est élevé. Toute la progression consiste donc à raccourcir le levier, puis à le rallonger à mesure que la force augmente.

Réduction approximative du levier selon la position des jambes
PositionLevier relatifNiveau
Tuck (genoux à la poitrine)≈ 50 % du levier completDébutant
Une jambe tendue, une fléchie≈ 60-70 %Débutant avancé
Straddle (jambes écartées)≈ 70-80 %Intermédiaire
Jambes jointes et tendues100 %Confirmé

Ces valeurs sont des ordres de grandeur biomécaniques, pas des mesures de laboratoire : elles servent à choisir l’étape suivante, pas à calculer une charge.

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Prérequis : êtes-vous prêt ?

« Human flag débutant » ne signifie pas « sans préparation ». C’est une figure avancée qui exige une base solide. Voici les seuils recommandés avant d’attaquer les exercices spécifiques.

  • Tractions strictes : 8 à 10 répétitions, bras tendus en bas, menton au-dessus de la barre — voir comment réussir ses premières tractions.
  • Pompes : 20 à 30 répétitions avec alignement parfait.
  • Planche latérale : 30 à 45 secondes de chaque côté, bras tendu, sans affaissement du bassin.
  • Dips : 10 à 15 répétitions contrôlées.
  • L-sit : 10 à 15 secondes de maintien aux barres parallèles.

Si l’un de ces critères n’est pas atteint, construisez-le d’abord. Tenter le flag trop tôt est la première cause de blessure d’épaule chez les pratiquants.

Trois tests à passer avant de vous lancer

  1. Planche latérale bras tendu. 45 secondes de chaque côté sans que le bassin ne descende. Si vous ne tenez pas, renforcez les obliques en priorité.
  2. Dead hang unilatéral. Suspendez-vous d’une seule main pendant 10 secondes — voir la suspension passive. Ce test évalue la stabilité de l’épaule et la force de préhension.
  3. Mobilité d’épaule. Levez les deux bras au-dessus de la tête sans cambrer le dos. Une amplitude réduite ou une douleur à ce geste impose un avis médical avant d’aller plus loin.
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Les 5 étapes de progression, de débutant à confirmé

La progression repose sur un principe unique : réduire le bras de levier, puis l’allonger. Ne passez à l’étape suivante que lorsque la précédente est stable et indolore.

Étape 1 — Planche latérale isométrique Débutant

Objectif : activer et renforcer la chaîne latérale sans charge verticale.

Position
Allongé sur le côté, appui sur la main (bras tendu) et le bord du pied, corps aligné de la tête aux pieds, bassin soulevé.
Volume cible
3 × 45 secondes de chaque côté.
Variante progressive
Élévation de la jambe supérieure pendant le maintien.

Étape 2 — Support inversé un bras Débutant

Objectif : apprendre la mécanique push-pull sur une barre verticale.

Mise en place
Saisissez la barre verticale à deux mains, écartement de 40 à 60 cm. Montez les pieds au mur ou sur un support, corps vertical, tête en bas.
Consigne
Poussez avec le bras du bas, tirez avec le bras du haut, épaules verrouillées.
Volume cible
3 × 10 à 15 secondes.

Cet exercice enseigne la coordination fondamentale du flag sans la contrainte du levier horizontal.

Étape 3 — Human flag incliné en tuck Intermédiaire

Objectif : première position horizontale, levier minimal.

Mise en place
Barre verticale, bras en position push-pull, genoux ramenés contre la poitrine.
Progression
Corps incliné à 30-45° d’abord, puis descente progressive vers l’horizontale au fil des semaines.
Volume cible
3 × 5 à 10 secondes en position horizontale.

C’est généralement ici que l’on ressent pour la première fois la sensation du flag. La position tuck réduit la longueur du levier d’environ la moitié.

Position de human flag sur barre verticale, illustrant l'alignement du corps et le placement des mains
Le placement des mains conditionne tout : écartement de 40 à 60 cm, bras du bas verrouillé, omoplate du bras haut engagée.

Étape 4 — Incliné jambes tendues et straddle Intermédiaire

Objectif : augmenter le bras de levier avec les jambes en extension.

Progression
Étendez une jambe, puis les deux. Maintenez d’abord à 30-45°, puis descendez vers l’horizontale.
Variante intermédiaire
Straddle flag, jambes écartées : le levier diminue de 20 à 30 % par rapport aux jambes jointes.
Volume cible
3 × 5 à 8 secondes en position horizontale.

Étape 5 — Human flag complet Confirmé

Objectif : corps parfaitement horizontal, jambes jointes et tendues.

  • Bras du bas : coude verrouillé, poussée maximale vers le bas.
  • Bras du haut : traction vers le haut, omoplate engagée.
  • Corps aligné de la tête aux talons, sans cambrure lombaire.
  • Regard vers l’avant ou légèrement vers le bas.
  • Durée initiale : 2 à 3 secondes, puis progression vers 10 puis 20 secondes.
Conseil de notre équipe

Ne cherchez pas à tenir longtemps dès le début. Multipliez les tentatives courtes de 2-3 secondes avec une forme parfaite plutôt que de lutter 10 secondes le dos cambré. Le système nerveux apprend le geste correct, pas la souffrance.

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Programme d’entraînement sur 8 semaines

Ce programme s’adresse à une personne ayant validé les prérequis de force. Trois séances par semaine, avec au moins un jour de repos entre chacune.

Plan de progression sur 8 semaines — 3 séances hebdomadaires
SemaineExercice principalVolumeObjectif
1-2Planche latérale bras tendu4 × 45 s / côtéActiver la chaîne latérale
1-2Dead hang + traction scapulaire3 × 10 rép.Renforcer la prise et les omoplates
3-4Support inversé un bras (étape 2)4 × 12 sApprendre le push-pull
3-4Pompes scapulaires + dips3 × 10 rép.Renforcer le bras inférieur
5-6Human flag tuck incliné (étape 3)5 × 8 sPremière position flag
5-6Planche latérale avec élévation de jambe3 × 30 s / côtéObliques sous charge
7Human flag tuck horizontal5 × 5 sStabiliser l’horizontale
7Straddle flag incliné (étape 4)4 × 5 sAugmenter le levier
8Human flag complet (tentatives)6 × 2-3 sPremier contact avec le flag complet
8Straddle flag horizontal4 × 8 sConsolider le levier intermédiaire

Récupération : 2 à 3 minutes entre chaque série d’isométrie. La sollicitation du système nerveux central est élevée ; une récupération insuffisante dégrade immédiatement la qualité de la tenue — et c’est précisément à ce moment-là que la technique se dégrade et que les tendons encaissent.

Attention au volume

Chez les pratiquants de street workout, le surentraînement est la cause perçue n° 1 des blessures (56,9 % des cas déclarés), et un antécédent de blessure multiplie par quatre le risque de récidive[3]. Trois séances hebdomadaires constituent un plafond, pas un objectif minimal.

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Quelle barre, quel support ?

Point systématiquement oublié par les guides existants : le support conditionne la prise, et la prise conditionne la tenue.

  • Diamètre : un poteau trop large empêche de fermer la main, un poteau trop fin concentre la pression sur la paume. Visez un diamètre que vous pouvez entourer complètement avec les doigts, sans forcer.
  • Rigidité : toute barre qui vibre ou fléchit sous votre poids est à écarter. Les poteaux de parcours sportifs et les espaliers muraux sont les supports de référence.
  • Adhérence : le métal peint glisse par temps humide. Magnésie ou gants fins, jamais de sangles de tirage — vous avez besoin du retour d’information de la main.
  • Hauteur de prise : écartement de 40 à 60 cm entre les deux mains. Plus l’écart est grand, plus la poussée du bras du bas est facilitée, mais plus l’épaule haute travaille en amplitude extrême.

Pour les progressions préparatoires (planche latérale, tractions, pompes), une simple barre de traction suffit. Aucun matériel spécifique n’est nécessaire avant l’étape 3.

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L’échauffement en 10 minutes

Le human flag impose une mise en tension quasi maximale d’emblée : il n’y a pas de « série légère » possible. L’échauffement n’est donc pas optionnel.

  1. 2 min — Circulation générale. Corde à sauter, montées de genoux ou marche rapide : augmenter la température musculaire.
  2. 3 min — Mobilité d’épaule. Cercles de bras, dislocations à l’élastique, étirements dynamiques d’épaule. Amplitude progressive, jamais forcée.
  3. 2 min — Activation scapulaire. Tractions scapulaires en suspension (3 × 8) et pompes scapulaires (2 × 10) : réveil du grand dentelé et des fixateurs d’omoplate.
  4. 2 min — Activation latérale. 2 × 20 s de planche latérale de chaque côté, sans chercher la performance.
  5. 1 min — Poignets et coudes. Cercles de poignets, extensions douces, pompes sur le dos des mains. Le poignet du bras du bas encaisse une contrainte importante en extension.
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Les erreurs les plus courantes

Erreurs fréquentes, conséquences et correction
ErreurConséquenceCorrection
Coudes fléchisPerte de force, sollicitation tendineuse du coudeVerrouiller les coudes avant de monter
Dos cambréDouleur lombaire, alignement rompuEngager le transverse, rentrer légèrement le bassin
Bras du bas qui plieChute immédiateRenforcer deltoïde et grand dentelé (pompes, dips)
Bassin qui s’affaissePerte de l’horizontaleContracter fessiers et obliques simultanément
Progression trop rapideBlessure d’épaule ou de coudeRespecter les étapes, ne jamais en sauter une
Absence d’échauffementTendinopathie, lésion musculaire10 min d’échauffement articulaire avant chaque séance
Entraînement quotidienSurcharge, inflammation tendineuse3 séances hebdomadaires maximum, jours de repos inclus
Apnée pendant le maintienMontée brutale de la pression artérielleRespiration courte et continue, jamais bloquée
Pourquoi ne jamais bloquer sa respiration

Les mesures intra-artérielles réalisées pendant un effort résistant maximal avec manœuvre de Valsalva ont enregistré des pressions dépassant 300/200 mmHg chez des sujets sains[4]. L’isométrie prolongée en apnée reproduit ce mécanisme. À l’inverse, l’entraînement isométrique régulier et contrôlé figure parmi les modalités les plus efficaces pour abaisser la pression artérielle de repos[5]. Le paramètre décisif n’est pas l’isométrie : c’est l’apnée.

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Combien de temps pour y arriver ?

C’est la question la plus posée, et celle qui reçoit le plus de réponses fantaisistes. Voici les repères honnêtes.

Délais indicatifs selon le point de départ
Point de départPremier tuck flagFlag complet 2-3 s
Prérequis validés, entraînement 3×/sem.6 à 10 semaines3 à 6 mois
Prérequis partiels3 à 5 mois8 à 14 mois
Débutant complet en callisthénie6 à 9 mois12 à 24 mois

Le poids du corps compte, et il compte beaucoup

Le poids corporel est la charge à soulever. Chaque kilogramme supplémentaire augmente le moment de force à contrebalancer. À technique égale, un pratiquant de 90 kg doit développer une force latérale nettement supérieure à un pratiquant de 65 kg pour tenir la même position. Ce n’est pas une raison d’abandonner, c’est une variable à intégrer dans vos délais attendus.

Âge et sexe

Il n’existe pas d’âge limite : des pratiquants de plus de 50 ans maîtrisent la figure. Au-delà de 40 ans, la récupération tendineuse est simplement plus lente et la progression doit s’étaler davantage. Côté femmes, la mécanique est strictement identique ; la masse musculaire du haut du corps étant en moyenne plus faible, la phase de construction des prérequis est souvent plus longue — sans que cela constitue un obstacle.

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Précautions médicales et contre-indications

Le human flag impose des contraintes élevées aux épaules, coudes, poignets et au rachis. Chez les pratiquants de street workout, l’épaule est la première localisation de blessure (23 % des cas) et les tendinopathies représentent 31 % des diagnostics[3].

Contre-indications

  • Rupture de la coiffe des rotateurs non opérée ou en cours de rééducation.
  • Instabilité gléno-humérale : luxation d’épaule récente ou récidivante.
  • Fracture récente du membre supérieur ou du rachis.
  • Hernie discale cervicale ou lombaire symptomatique.
  • Tendinopathie aiguë du coude ou du poignet.

Situations nécessitant un avis médical préalable

  • Antécédents de douleur chronique à l’épaule ou au coude — voir notre dossier sur la tendinopathie de la coiffe des rotateurs.
  • Syndrome du canal carpien ou neuropathie du membre supérieur.
  • Hypertension artérielle non contrôlée.
  • Reprise sportive après une interruption de plus de six mois.
  • Surcharge pondérale importante : la contrainte articulaire est proportionnelle au poids corporel.
Signaux d’arrêt pendant l’entraînement
  • Douleur aiguë à l’épaule, au coude ou au poignet, distincte d’une fatigue musculaire.
  • Fourmillements ou engourdissements dans les bras ou les mains.
  • Craquements douloureux à l’épaule.
  • Douleur persistant plus de 48 heures après la séance.

En cas d’épaule douloureuse non traumatique, la recommandation française de bonne pratique place le programme de kinésithérapie — recentrage actif de la tête humérale et renforcement progressif — au premier plan, avec une amélioration clinique attendue entre 6 semaines et 3 mois ; l’imagerie n’est pas systématique d’emblée[6]. Autrement dit : une épaule qui fait mal se rééduque, elle ne se « pousse » pas.

Notre position

Les courbatures post-effort sont normales et attendues. Une douleur articulaire ou tendineuse est un signal d’arrêt. Ne confondez pas les deux : c’est cette confusion qui transforme une gêne de quelques jours en tendinopathie de plusieurs mois.

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FAQ : vos questions sur le human flag

Avec les prérequis de force validés et trois séances hebdomadaires, la plupart des pratiquants atteignent un premier maintien de 2 à 3 secondes en 3 à 6 mois. Un hold de 10 secondes demande généralement 6 à 12 mois de travail progressif. En partant de zéro en callisthénie, comptez 12 à 24 mois. La régularité prime largement sur l’intensité des séances.

Une barre verticale fixe et rigide : poteau de street workout, espalier, barre murale verticale. Les poteaux de parcs sportifs sont idéaux. Évitez les supports instables, trop fins ou qui vibrent. Pour les progressions préparatoires — planche latérale, tractions, pompes — une barre de traction classique suffit largement.

Oui, sans réserve. La mécanique est identique. La masse musculaire du haut du corps étant en moyenne plus faible, la phase de construction des prérequis est souvent plus longue, mais elle ne constitue pas un obstacle : de nombreuses athlètes de callisthénie maîtrisent la figure. La progression par étapes décrite ici s’applique à tous.

Non, pas sans avis médical. Une douleur d’épaule pendant ou après les exercices de human flag est un signal d’arrêt immédiat : les contraintes sur la coiffe des rotateurs et l’articulation gléno-humérale sont très élevées. Consultez un médecin du sport ou un kinésithérapeute pour identifier la cause avant de reprendre. Continuer à s’entraîner sur une épaule douloureuse aggrave la lésion dans la quasi-totalité des cas.

Pas d’âge limite strict : des pratiquants de plus de 50 ans y parviennent. Au-delà de 40 ans, la récupération tendineuse ralentit et la progression doit être plus prudente — échauffement rigoureux, jours de repos respectés, surveillance des douleurs. Chez l’adolescent en croissance, les charges isométriques maximales sur les articulations sont à éviter au profit du travail de base.

Oui, directement : le poids du corps est la charge à soulever. Chaque kilogramme supplémentaire augmente le moment de force à contrebalancer. À technique égale, un pratiquant de 90 kg doit développer une force latérale nettement supérieure à un pratiquant de 65 kg. Ce n’est pas une raison de renoncer, mais une variable à intégrer dans la gestion des délais.

Les deux sont des isométries avancées, mais elles sollicitent des chaînes différentes. Le front lever, qui exige une force de traction et un gainage antérieur extrêmes, est généralement considéré comme plus exigeant. Le human flag est souvent décrit comme plus accessible, à condition d’avoir une base de force latérale solide. Les deux se complètent bien dans un programme de callisthénie avancé, au même titre que le dragon flag ou le muscle-up.

Oui. Les parcs de street workout, équipés de barres verticales et d’espaliers, sont parfaitement adaptés et gratuits dans la plupart des grandes villes. Pour les progressions préparatoires, aucun équipement spécifique n’est nécessaire : une barre de traction fixée à un cadre de porte couvre l’essentiel du travail de renforcement.

Oui, systématiquement. Le flag est un exercice asymétrique : travailler un seul côté crée un déséquilibre de la chaîne latérale qui se paie sur le rachis et l’épaule dominante. Alternez les côtés à chaque série, même si l’un des deux progresse plus vite — c’est normal, et c’est précisément pour cela qu’il faut entretenir le côté faible.

L’essentiel à retenir

Le human flag n’est pas une affaire d’épaules : c’est la chaîne latérale — obliques, carré des lombes, grand dorsal — qui retient le corps à l’horizontale. Tant que la planche latérale n’est pas tenue 45 secondes proprement, aucune quantité de tractions ne débloquera la figure.

Construisez les prérequis, respectez les cinq étapes dans l’ordre, tenez-vous à trois séances hebdomadaires et traitez toute douleur articulaire comme un arrêt, pas comme un obstacle à franchir. C’est la voie la plus courte — et la seule qui n’implique pas six mois d’interruption pour une épaule abîmée.

Aller plus loin

  1. Guinness World Records. Longest duration to maintain a human flag (male). Record établi par Wang Zhonghua (Chine), 1 min 5,71 s, Pékin, 15 août 2011.
  2. Kinney AL, Giel M, Harre B, Heffner K, McCullough T, Savino M, Scott A, Barrios JA. Surface Electromyography of the Internal and External Oblique Muscles During Isometric Tasks Targeting the Lateral Trunk. Journal of Sport Rehabilitation. 2021;30(2):255-260. doi:10.1123/jsr.2018-0442
  3. Ngo JK, Solis-Urra P, Sanchez-Martinez J. Injury Profile Among Street Workout Practitioners. Orthopaedic Journal of Sports Medicine. 2021;9(6):2325967121990926. doi:10.1177/2325967121990926
  4. MacDougall JD, Tuxen D, Sale DG, Moroz JR, Sutton JR. Arterial blood pressure response to heavy resistance exercise. Journal of Applied Physiology. 1985;58(3):785-790. doi:10.1152/jappl.1985.58.3.785
  5. Edwards JJ, Deenmamode AHP, Griffiths M, et al. Exercise training and resting blood pressure: a large-scale pairwise and network meta-analysis of randomised controlled trials. British Journal of Sports Medicine. 2023;57(20):1317-1326. doi:10.1136/bjsports-2022-106503
  6. Haute Autorité de Santé. Conduite diagnostique devant une épaule douloureuse non traumatique de l’adulte et prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs. Recommandation de bonne pratique, 31 août 2023 (fiche mise à jour janvier 2024). has-sante.fr
Avertissement

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical individualisé. Le human flag est un exercice avancé à forte contrainte articulaire : en cas d’antécédent d’épaule, de coude, de poignet ou de rachis, demandez l’avis d’un médecin du sport ou d’un kinésithérapeute avant de commencer. Toute douleur articulaire ou tendineuse impose l’arrêt de l’exercice.