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Curl de poignet assis avec une barre(avec paume vers le bas )

Chaque tirage, chaque soulevé de terre, chaque traction entraîne vos fléchisseurs de poignet. Combien de fois avez-vous travaillé les muscles du dessus de l'avant-bras ? Cette asymétrie a un nom en consultation : c'est le tendon qui se plaint sur le côté du coude. Le curl de poignet paume vers le bas est l'exercice qui corrige ce déséquilibre — à condition d'oublier la charge.

Qu'est-ce que le curl de poignet inversé ?

Assis, avant-bras calés sur les cuisses, une barre tenue en pronation (paumes vers le bas), poignets dans le vide au-delà des genoux : on laisse la barre descendre, puis on relève les poignets. C'est l'extension du poignet contre résistance, et c'est l'exercice de base des extenseurs de l'avant-bras.

On le trouve sous plusieurs noms : curl de poignet inversé, extension des poignets à la barre, flexion inversée des poignets, ou reverse wrist curl en anglais. Tous désignent le même mouvement.

À ne pas confondre avec le curl inversé

Deux exercices très différents Le curl inversé (reverse curl) est un mouvement de coude : on fléchit le bras en prise pronation, et le travail porte sur le brachio-radial et le brachial antérieur. Le curl de poignet inversé est un mouvement de poignet : le coude ne bouge pas, seule la main se relève. Les deux se pratiquent en pronation, d'où la confusion — mais ils ne ciblent pas les mêmes muscles. Voir les curls inversés.
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Les muscles sollicités

C'est le point où beaucoup de contenus se trompent, y compris des fiches d'exercices très diffusées : la version paume vers le bas ne travaille pas les fléchisseurs. Elle cible la loge postérieure de l'avant-bras, celle du dessus.

RôleMuscles
Moteurs principauxLes extenseurs du carpe : long extenseur radial (ECRL), court extenseur radial (ECRB) et extenseur ulnaire du carpe (ECU). Voir les avant-bras.
AssistantL'extenseur commun des doigts, qui participe dès que les doigts s'ouvrent en fin de descente.
StabilisateurLe brachio-radial, qui maintient l'avant-bras en position.
Co-contractionLes fléchisseurs du poignet et des doigts, qui tiennent la barre sans être moteurs.
IsométrieLe biceps et le brachial antérieur, simples stabilisateurs : le coude reste fixe. Voir les biceps.
Retenez ce muscleLe court extenseur radial du carpe (ECRB) mérite une mention particulière : c'est le tendon le plus souvent atteint dans l'épicondylite latérale. C'est précisément lui que cet exercice charge, ce qui explique son statut d'exercice à double usage — renforcement et prévention.
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Les extenseurs, le maillon oublié de l'avant-bras

Pourquoi cet exercice mérite sa place

Regardez ce que vous faites en salle. Tractions, rowing, soulevé de terre, curls, fermier : tous ces mouvements demandent de serrer. Or serrer, c'est le travail des fléchisseurs des doigts et du poignet. Ils reçoivent donc un volume d'entraînement considérable, séance après séance, sans que vous les programmiez.

Les extenseurs, eux, ne travaillent qu'en co-contraction, pour stabiliser le poignet. Ils ne sont jamais sollicités comme moteurs. Résultat : un déséquilibre qui s'installe silencieusement entre le dessous et le dessus de l'avant-bras.

Ce déséquilibre a des conséquences concrètes : poignet moins stable sous charge, coude qui encaisse davantage, et fatigue précoce des extenseurs sur les gestes répétitifs — clavier, souris, raquette, tournevis. Voir l'équilibre musculaire.

  • Stabilité du poignet : un poignet mieux tenu améliore le transfert de force sur les développés et les tirages.
  • Confort au clavier et à la souris : les extenseurs travaillent en permanence pour tenir la main en position ; les renforcer réduit la fatigue de fin de journée.
  • Sports de raquette et d'escalade : ce sont les disciplines où la sollicitation des extenseurs est la plus forte. Voir l'escalade et le badminton.
  • Volume d'avant-bras : la loge postérieure participe à l'épaisseur visible de l'avant-bras, souvent négligée au profit du seul brachio-radial.
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Le lien avec l'épicondylite : ce que dit vraiment la recherche

C'est l'argument le plus souvent avancé pour cet exercice, et rarement documenté. Voici l'état réel des connaissances.

De quoi parle-t-on

L'épicondylite latérale, ou « tennis elbow », touche environ 1 à 3 % de la population générale, et jusqu'à 7 % chez les travailleurs manuels, principalement entre 30 et 50 ans. Contrairement à ce que le suffixe « -ite » laisse croire, il ne s'agit pas d'une inflammation mais d'une dégénérescence tendineuse : micro-déchirures, collagène désorganisé et absence de cellules inflammatoires à l'analyse histologique. Le tendon le plus souvent atteint est celui du court extenseur radial du carpe.

Détail parlant : seuls environ 5 % des cas sont réellement liés à la pratique du tennis.

L'entraînement excentrique des extenseurs

Puisque le problème vient d'un tendon dégénéré, la logique de prise en charge a changé : on ne cherche plus à « calmer » mais à recharger progressivement le tendon. Le travail excentrique des extenseurs du poignet — exactement la phase de descente de cet exercice — est au cœur de cette approche.

Le niveau de preuve, sans exagérer

Une revue systématique publiée dans Clinical Rehabilitation a examiné l'efficacité de l'exercice excentrique dans l'épicondylite latérale[1]. Sept études rapportent une amélioration de la douleur, de la fonction et de la force de préhension lorsque l'excentrique est intégré au traitement, par rapport aux protocoles qui en sont dépourvus.

Mais les auteurs sont clairs sur les limites : une seule étude, de faible qualité méthodologique, a testé l'excentrique isolément, et n'a pas trouvé d'amélioration significative de la douleur par rapport aux autres traitements. La conclusion retenue est donc que l'exercice excentrique doit faire partie d'un programme multimodal — pas qu'il suffit à lui seul.

Ce qu'il ne faut pas en conclure Faire des curls de poignet inversés ne « soigne » pas une épicondylite, et cet article n'est pas un protocole de rééducation. Si vous avez déjà une douleur installée sur le côté du coude, la prise en charge relève d'un professionnel qui adaptera charge, amplitude et progression à votre stade. Voir l'épicondylite latérale et les exercices de rééducation du coude.

En revanche, en prévention, chez quelqu'un qui n'a pas de douleur, entretenir la force des extenseurs est un investissement raisonnable — surtout si vous soulevez lourd, grimpez, jouez à une raquette ou travaillez huit heures par jour sur un clavier.

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La technique, pas à pas

Curl de poignet inversé : assis, avant-bras posés sur les cuisses, barre tenue en pronation paumes vers le bas, poignets qui dépassent des genoux
Le curl de poignet paume vers le bas : avant-bras plaqués sur les cuisses, poignets dans le vide au-delà des genoux. Seules les mains se relèvent — les avant-bras ne décollent jamais.

L'installation

  1. La position. Assis sur un banc, pieds à plat, dos droit.
  2. Les avant-bras. Posés à plat sur les cuisses, ou sur un banc devant vous. Les poignets dépassent nettement des genoux, dans le vide.
  3. La prise. Barre droite ou barre EZ en pronation, paumes vers le bas, mains à peu près à la largeur des épaules.
  4. Le point fixe. Les avant-bras ne se soulèvent à aucun moment. Si vous les voyez décoller, la charge est trop lourde.

L'exécution

  1. La descente. Laissez les poignets fléchir lentement, sur 3 secondes, jusqu'à sentir un étirement franc sur le dessus de l'avant-bras — sans forcer et sans laisser la barre rouler jusqu'au bout des doigts.
  2. La remontée. Relevez les poignets en 1 seconde, jusqu'à ce que le dos de la main soit dans le prolongement de l'avant-bras.
  3. Le point haut. Marquez une seconde de contraction. N'allez pas au-delà de l'alignement : l'hyper-extension pince l'arrière du poignet sans rien apporter.
  4. La prise. Gardez les doigts fermés sur la barre pendant tout le mouvement, pouce enroulé.
  5. La respiration. Inspirez à la descente, expirez à la remontée.
Le tempo qui compteLe tempo 3-1-1 (trois secondes de descente, une seconde de pause en haut, une seconde de remontée) n'est pas un détail de style : c'est la phase excentrique lente qui porte l'intérêt de cet exercice, tant pour le renforcement que pour la qualité du tendon. Un curl de poignet fait en trois secondes chrono avec de l'élan n'apporte à peu près rien.
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Quelle charge utiliser ? Le point où tout le monde se trompe

Beaucoup plus léger que vous ne pensez

Les extenseurs du poignet sont des muscles petits et rapidement fatigables. Ils ne sont pas conçus pour déplacer des charges lourdes, et les surcharger est le meilleur moyen d'irriter précisément le tendon que l'on cherche à renforcer.

Le repère de départ : une barre à vide, voire une barre courte de 5 kg. Beaucoup de pratiquants avancés ne dépassent jamais 10 à 15 kg sur cet exercice, et c'est normal.

La règle : choisissez une charge qui vous permet 15 répétitions propres au tempo lent, sans que les avant-bras décollent des cuisses et sans douleur au coude. Si vous devez utiliser de l'élan, vous avez déjà trop chargé.

Le signal d'alarme : une douleur piquante sur le côté externe du coude pendant ou après la série. Ce n'est pas une brûlure musculaire normale — arrêtez, allégez nettement, et réévaluez.

C'est d'ailleurs pour cette raison que la barre EZ est souvent préférable à la barre droite : ses angles réduisent la contrainte sur les poignets en pronation prolongée.

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Séries, répétitions et fréquence

ObjectifFormatRepos
Découverte2 à 3 séries de 15 répétitions, barre à vide, tempo 3-1-145 à 60 s
Renforcement et volume3 à 4 séries de 12 à 20 répétitions60 s
Endurance et confort au clavier2 à 3 séries de 20 à 25 répétitions, charge minimale45 s
Travail excentrique accentué3 séries de 10 à 12, descente ralentie à 4-5 s60 à 90 s
Isométrie complémentaire2 à 3 maintiens de 20 à 30 s en position haute45 s
Fréquence2 à 3 fois par semaine : la charge est faible et la récupération rapide
  • Placez-le en fin de séance, jamais avant vos tirages ou vos développés : des avant-bras fatigués dégradent la prise sur tous les exercices lourds.
  • Associez-le à son opposé : une série de curl de poignet paume vers le haut pour les fléchisseurs, une série paume vers le bas pour les extenseurs. Voir le curl de poignet assis à la barre.
  • Progressez lentement : ajoutez des répétitions avant d'ajouter du poids, puis montez de 1 à 2 kg seulement. Voir la surcharge progressive.
  • Terminez par un étirement doux des extenseurs, 20 à 30 secondes par côté. Voir l'étirement des avant-bras.
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Les erreurs à éviter

ErreurConséquenceCorrection
Charger trop lourdIrritation du tendon extenseur, coude douloureuxBarre à vide au départ, 15 répétitions propres comme critère
Soulever les avant-bras des cuissesLe mouvement devient un curl, les extenseurs décrochentAvant-bras plaqués, seuls les poignets bougent
Descente rapide, avec élanOn perd la phase excentrique, celle qui compte3 secondes de descente contrôlée
Hyper-extension en position hautePincement à l'arrière du poignetS'arrêter à l'alignement avant-bras / dos de la main
Laisser la barre rouler dans les doigtsPerte de contrôle, surcharge des fléchisseursDoigts fermés, pouce enroulé pendant toute la série
Amplitude écourtéePeu de bénéfice sur le tendon et le muscleDescendre jusqu'à l'étirement franc, sans forcer
Placer l'exercice en début de séancePrise fatiguée sur les tirages et soulevésLe garder pour la fin de séance
Continuer malgré une douleur au coudeRisque d'installer une tendinopathieArrêter, alléger, consulter si la douleur persiste
Ne travailler que les extenseursOn crée le déséquilibre inverseAlterner avec la version paume vers le haut
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Les variantes

VarianteIntérêtPour qui
Barre EZAngles plus doux pour les poignets en pronationPoignets sensibles, version recommandée par défaut
Haltère, un bras à la foisCorrige les asymétries, contrôle plus finDéséquilibre gauche-droite, rééducation
Avant-bras sur un bancIsolation maximale, aucun élan possibleCeux qui trichent avec les cuisses
À la poulie basseTension constante sur toute l'amplitudeTravail en séries longues
Debout, bras le long du corpsAngle différent, plus de gainage de l'avant-brasVariation, manque de banc
Excentrique un bras (l'autre aide à monter)Permet de surcharger la seule phase de descenteTravail excentrique accentué
Avec élastiqueRésistance croissante, très progressiveDomicile, reprise après douleur
Extension des doigts à l'élastiqueComplète le travail sur l'extenseur commun des doigtsGrimpeurs, travail au clavier
Pour aller plus loin sur l'avant-brasUn avant-bras complet demande trois angles : extension du poignet (cet exercice), flexion du poignet pour les fléchisseurs, et travail de préhension pure comme la suspension passive. Les trois sont complémentaires et ne se remplacent pas.
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Préhension et longévité : la mise au point nécessaire

Vous avez peut-être lu qu'une force de préhension faible est associée à un risque de décès plus élevé, et que muscler ses avant-bras améliorerait donc votre santé. La première partie est exacte, la seconde est une sur-interprétation.

Ce que montre réellement l'étude

L'étude PURE, publiée dans The Lancet, a suivi 139 691 participants dans 17 pays. Chaque diminution de 5 kg de force de préhension était associée à une augmentation du risque de mortalité toutes causes avec un rapport de risque de 1,16 (IC 95 % : 1,13 à 1,20) — la force de préhension s'y révélant même un meilleur prédicteur de mortalité que la pression artérielle systolique[2].

Mais les auteurs eux-mêmes concluent qu'il reste à démontrer qu'une amélioration de la force réduit la mortalité. La force de préhension est un marqueur de l'état de santé global : elle reflète la masse musculaire, la condition physique et l'état nutritionnel. Ce n'est pas un levier que l'on actionne avec des curls de poignet.

Deux raisons de ne pas faire ce raccourciLa force mesurée dans ces études est celle de la préhension, obtenue au dynamomètre : elle dépend des fléchisseurs des doigts, pas des extenseurs que travaille cet exercice. Et surtout, améliorer un marqueur ne modifie pas nécessairement ce qu'il mesure : c'est l'activité physique globale et la masse musculaire d'ensemble qui comptent, pas un exercice d'isolation de l'avant-bras.
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Précautions

  • Douleur au côté externe du coude : n'utilisez pas cet exercice pour « faire passer » une douleur installée. Faites évaluer avant. Voir tendinite du coude, que faire.
  • Poignets sensibles : privilégiez la barre EZ ou les haltères, et réduisez l'amplitude basse.
  • Fourmillements dans la main ou les doigts : arrêtez ; une compression nerveuse peut être en cause et justifie un avis.
  • Après une fracture ou une chirurgie du poignet : reprise uniquement sur avis professionnel.
  • Échauffement : rotations de poignets et une série à vide avant de charger. Voir l'échauffement musculaire.
  • Progression : sur cet exercice plus qu'ailleurs, la patience paie. Les tendons s'adaptent plus lentement que les muscles.
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En résumé. Le curl de poignet paume vers le bas travaille les extenseurs du poignet — et non les fléchisseurs, contrairement à ce qu'affirment beaucoup de fiches d'exercices. Il cible en particulier le court extenseur radial du carpe, le muscle le plus concerné par l'épicondylite latérale.

Son intérêt réel tient à un déséquilibre : tous vos tirages entraînent déjà vos fléchisseurs, jamais vos extenseurs. Cet exercice est le seul qui les charge comme moteurs. Sur le plan de la prévention, l'entraînement excentrique des extenseurs figure dans les protocoles validés de l'épicondylite — en complément d'une prise en charge, jamais comme traitement isolé.

Deux règles suffisent à bien le faire : très léger (souvent la barre à vide), et très lent à la descente (trois secondes). Avant-bras plaqués, arrêt à l'alignement en haut, doigts fermés. Et si une douleur piquante apparaît sur le côté du coude, ce n'est pas un signe de progrès : c'est le signal d'arrêt.

Aller plus loin

FAQ — Le curl de poignet inversé

Quels muscles travaille le curl de poignet paume vers le bas ?

Les extenseurs du poignet, situés sur le dessus de l'avant-bras : le long extenseur radial du carpe, le court extenseur radial du carpe et l'extenseur ulnaire du carpe. L'extenseur commun des doigts participe également. Le brachio-radial stabilise, tandis que les fléchisseurs tiennent la barre sans être moteurs et que le biceps travaille en simple isométrie, le coude restant fixe. Attention : la version paume vers le bas ne travaille pas les fléchisseurs, contrairement à ce qu'indiquent beaucoup de fiches d'exercices.

Quelle différence entre curl inversé et curl de poignet inversé ?

Ce sont deux exercices distincts, souvent confondus parce qu'ils se pratiquent tous deux en pronation. Le curl inversé est un mouvement de coude : on fléchit le bras, et le travail porte sur le brachio-radial et le brachial antérieur, avec un peu de biceps. Le curl de poignet inversé est un mouvement de poignet : le coude ne bouge pas du tout, seule la main se relève, et le travail porte sur les extenseurs du carpe. Les muscles ciblés sont donc différents.

Quelle charge utiliser pour le curl de poignet inversé ?

Beaucoup plus léger qu'on ne l'imagine. Commencez avec une barre à vide, voire une barre courte de 5 kg. Beaucoup de pratiquants avancés ne dépassent jamais 10 à 15 kg sur cet exercice, et c'est normal : les extenseurs du poignet sont de petits muscles rapidement fatigables. Le bon critère : une charge permettant 15 répétitions propres au tempo lent, sans que les avant-bras décollent des cuisses. Si vous devez utiliser de l'élan, c'est trop lourd.

Cet exercice aide-t-il contre le tennis elbow ?

Le travail excentrique des extenseurs du poignet fait partie des protocoles de prise en charge de l'épicondylite latérale. Une revue systématique montre une amélioration de la douleur, de la fonction et de la force de préhension lorsque l'exercice excentrique est intégré au traitement. Mais les auteurs précisent que l'excentrique isolé n'a pas démontré d'efficacité propre : il doit s'inscrire dans un programme multimodal. En clair, cet exercice est utile en prévention, mais si une douleur est déjà installée, faites-vous évaluer plutôt que de vous auto-traiter.

Pourquoi faut-il descendre lentement ?

Parce que c'est la phase excentrique, celle où le muscle freine la charge en s'allongeant, qui porte la majeure partie du bénéfice sur cet exercice, tant pour le renforcement que pour la qualité du tendon. Un tempo de 3 secondes à la descente, 1 seconde de pause en haut et 1 seconde de remontée est un bon repère. Une série expédiée en trois secondes avec de l'élan n'apporte pratiquement rien, quelle que soit la charge utilisée.

Combien de séries et à quelle fréquence ?

Pour débuter, 2 à 3 séries de 15 répétitions avec une barre à vide, au tempo 3-1-1. Pour le renforcement, 3 à 4 séries de 12 à 20 répétitions. Vous pouvez y ajouter des maintiens isométriques de 20 à 30 secondes en position haute. Deux à trois séances par semaine conviennent, la charge étant faible et la récupération rapide. Placez toujours cet exercice en fin de séance, jamais avant vos tirages ou vos soulevés.

Faut-il faire aussi la version paume vers le haut ?

Oui, les deux sont complémentaires. La version paume vers le haut travaille les fléchisseurs du poignet et des doigts, la version paume vers le bas les extenseurs. Cela dit, si votre pratique comporte beaucoup de tirages, de soulevés de terre et de tractions, vos fléchisseurs reçoivent déjà un volume de travail considérable sans que vous les programmiez. Dans ce cas, accordez la priorité à la version paume vers le bas, qui corrige un déséquilibre réel.

Barre droite ou barre EZ ?

La barre EZ est généralement préférable pour cet exercice. Ses angles réduisent la contrainte sur les poignets en pronation prolongée, ce qui compte quand on travaille en séries longues et en tempo lent. La barre droite offre une tension plus directe et convient si vous n'avez aucune gêne articulaire. Les haltères constituent une troisième option intéressante, notamment pour corriger un déséquilibre entre les deux côtés.

Peut-on le faire à la maison sans barre ?

Oui, facilement. Un haltère léger tenu à une main, avant-bras posé sur la cuisse, reproduit exactement le mouvement. Une bande élastique fixée sous le pied fonctionne très bien aussi, avec l'avantage d'une résistance progressive. À défaut, une bouteille d'eau ou un petit sac lesté suffisent pour commencer : sur cet exercice, la charge nécessaire est si faible que l'improvisation est tout à fait viable.

Muscler ses avant-bras améliore-t-il l'espérance de vie ?

C'est un raccourci répandu, mais abusif. L'étude PURE, menée sur près de 140 000 personnes, a montré qu'une force de préhension plus faible est associée à une mortalité plus élevée, avec un rapport de risque de 1,16 par tranche de 5 kg en moins. Mais les auteurs concluent qu'il reste à démontrer qu'améliorer cette force réduit la mortalité : la préhension est un marqueur de l'état de santé global, pas un levier. De plus, elle dépend des fléchisseurs, pas des extenseurs travaillés ici.

Jusqu'où descendre les poignets ?

Jusqu'à sentir un étirement franc sur le dessus de l'avant-bras, sans forcer et sans laisser la barre rouler jusqu'au bout des doigts. Descendre exagérément met le poignet en flexion extrême sous charge, ce qui expose à des irritations sans bénéfice supplémentaire. À l'inverse, en position haute, arrêtez-vous quand le dos de la main est aligné avec l'avant-bras : chercher l'hyper-extension pince l'arrière du poignet.

Cet exercice fait-il grossir les avant-bras ?

Il y contribue, mais modestement s'il est pris isolément. La loge postérieure participe à l'épaisseur visible de l'avant-bras, souvent négligée au profit du seul brachio-radial. Pour un développement complet, combinez trois angles : extension du poignet, flexion du poignet et travail de préhension pure comme les suspensions. Sachez aussi que le potentiel de développement des avant-bras est fortement conditionné par la génétique et par le volume de travail lourd effectué par ailleurs.

Sources et références

  1. Cullinane FL, Boocock MG, Trevelyan FC. Is eccentric exercise an effective treatment for lateral epicondylitis ? A systematic review. Clinical Rehabilitation, 2014 ;28(1) :3-19. Revue systématique de la littérature sur l'exercice excentrique dans l'épicondylite latérale : sept études rapportent une amélioration de la douleur, de la fonction et/ou de la force de préhension lorsque l'excentrique est inclus dans le traitement, par rapport aux protocoles qui en sont dépourvus. Une seule étude, de faible qualité méthodologique, a évalué l'excentrique isolé et n'a pas mis en évidence d'amélioration significative de la douleur par rapport à d'autres traitements. Les auteurs concluent que l'exercice excentrique doit être intégré à un programme thérapeutique multimodal. doi:10.1177/0269215513491974
  2. Leong DP, Teo KK, Rangarajan S, et al., pour les investigateurs de l'étude PURE. Prognostic value of grip strength : findings from the Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) study. The Lancet, 2015 ;386(9990) :266-273. Étude de cohorte prospective portant sur 139 691 participants dans 17 pays, avec un suivi médian de 4 ans. La force de préhension est inversement associée à la mortalité toutes causes (rapport de risque de 1,16 par diminution de 5 kg ; IC 95 % : 1,13 à 1,20 ; p < 0,0001), à la mortalité cardiovasculaire et à l'infarctus, et constitue un meilleur prédicteur de mortalité que la pression artérielle systolique. Les auteurs précisent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir si une amélioration de la force réduit la mortalité. doi:10.1016/S0140-6736(14)62000-6
  3. Sur la nature de l'épicondylite latérale : l'affection touche environ 1 à 3 % de la population générale et jusqu'à 7 % des travailleurs manuels, avec un pic entre 30 et 50 ans. L'analyse histologique montre une tendinose — micro-déchirures, hyperplasie vasculaire, collagène désorganisé et absence de cellules inflammatoires — et non une inflammation, le tendon du court extenseur radial du carpe étant le plus souvent atteint. Données issues de la littérature de référence sur la tendinopathie latérale du coude.
  4. Tyler TF, Thomas GC, Nicholas SJ, McHugh MP. Addition of isolated wrist extensor eccentric exercise to standard treatment for chronic lateral epicondylosis : a prospective randomized trial. Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 2010 ;19(6) :917-922. Essai randomisé évaluant l'ajout d'un travail excentrique isolé des extenseurs du poignet au traitement standard de l'épicondylose latérale chronique.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel qualifié. Une douleur installée sur le côté externe du coude, des fourmillements dans la main ou un antécédent de fracture ou de chirurgie du poignet justifient un avis avant de pratiquer cet exercice. Le travail excentrique cité s'inscrit dans des programmes de rééducation encadrés : cet article n'est pas un protocole de traitement.