
Depuis 2016, un médecin peut inscrire l'activité physique sur une ordonnance, au même titre qu'un médicament. C'est le principe du sport sur ordonnance, ou plus exactement de l'activité physique adaptée (APA) : une thérapeutique non médicamenteuse, encadrée et personnalisée.
Qui peut en bénéficier ? Qui la prescrit et qui l'encadre ? Est-elle remboursée ? Ce guide fait le point sur le sport sur prescription médicale en France, cadre légal 2016-2023 à l'appui.
- Le sport sur ordonnance désigne l'activité physique adaptée (APA), prescrite par un médecin à des patients qui en ont besoin.
- Il concerne les personnes en affection de longue durée (ALD), atteintes d'une maladie chronique, présentant des facteurs de risque ou en perte d'autonomie.
- L'APA est encadrée par des professionnels qualifiés (kinésithérapeutes, enseignants en APA, etc.), selon le niveau de limitation du patient.
- Elle n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie, mais certaines mutuelles et collectivités la financent.
- Les Maisons Sport-Santé orientent et accompagnent les patients partout en France.
Le sport sur ordonnance, c'est quoi ?
Le « sport sur ordonnance » désigne la prescription, par un médecin, d'une activité physique adaptée (APA) à l'état de santé du patient. Il ne s'agit pas de compétition ni de performance, mais d'une thérapeutique non médicamenteuse : un moyen reconnu de prévenir, d'accompagner ou de limiter l'aggravation de certaines maladies.[5]
APA ou sport classique : quelle différence ?
L'activité physique adaptée s'adresse à des personnes qui ne se sentent pas capables de pratiquer une activité sportive en autonomie, pour des raisons de santé. Le programme est individualisé — intensité, type d'effort, progression — et encadré par un professionnel formé, dans un cadre sécurisé. C'est cette adaptation et cet accompagnement qui distinguent l'APA du sport pratiqué librement.
Pour qui ? Les bénéficiaires du sport sur ordonnance
À l'origine réservé aux patients en affection de longue durée, le dispositif a été nettement élargi. Il s'adresse aujourd'hui aux personnes atteintes d'une ALD, d'une maladie chronique, présentant des facteurs de risque ou en situation de perte d'autonomie.[2]
| Catégorie | Exemples |
|---|---|
| Affections de longue durée | Diabète de type 2, cancers, maladies cardiovasculaires, insuffisance respiratoire… |
| Maladies chroniques | Pathologies articulaires, obésité, maladies neurologiques… |
| Facteurs de risque | Hypertension, sédentarité, surpoids… |
| Perte d'autonomie | Personnes âgées à risque de chute, fragilité… |
La liste précise des maladies chroniques, facteurs de risque et situations de perte d'autonomie ouvrant droit à la prescription a été fixée par décret en 2023.[3]
Ce que dit la loi : le cadre légal de 2016 à 2023
Le sport sur ordonnance repose sur un cadre juridique construit en plusieurs étapes.
- 2016 — La naissance du dispositif. La loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 (article 144) crée la prescription d'APA pour les patients en ALD.[1] Le décret d'application, entré en vigueur le 1er mars 2017, en fixe les conditions.
- 2022 — L'élargissement. La loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport étend la prescription au-delà des seules ALD : maladies chroniques, facteurs de risque et perte d'autonomie.[2]
- 2023 — Les précisions. Deux décrets du 30 mars 2023 fixent la liste des bénéficiaires et précisent les conditions de prescription et de dispensation de l'APA.[3]
Qui prescrit et qui encadre l'APA ?
Le prescripteur
La prescription est établie par le médecin intervenant dans la prise en charge du patient (médecin traitant ou autre médecin). Depuis les évolutions réglementaires récentes, le masseur-kinésithérapeute peut renouveler ou adapter la prescription initiale une fois, sauf avis contraire du médecin.[5]
Les professionnels qui dispensent l'APA
Le professionnel habilité dépend du niveau de limitation du patient (léger, modéré, sévère). Plus les limitations sont importantes, plus l'encadrement requis est spécialisé.
| Professionnels | Rôle |
|---|---|
| Kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens | Professionnels de santé, pour les limitations les plus importantes. |
| Enseignants en APA (STAPS) | Titulaires d'une qualification « activité physique adaptée et santé ». |
| Éducateurs sportifs | Sous certaines conditions, pour les limitations légères à modérées. |
| Intervenants certifiés | Personnes certifiées par des fédérations sportives agréées. |
Comment ça se passe concrètement ?
Le parcours suit généralement les étapes suivantes :
- La consultation médicale. Le médecin évalue l'état de santé, les limitations et les objectifs, puis rédige la prescription d'APA.
- Le bilan initial. Le professionnel qui encadre réalise une évaluation (condition physique, capacités, freins) pour bâtir un programme sur mesure.
- Les séances. Elles se déroulent souvent à raison de 2 à 3 fois par semaine, en cycles d'environ 3 mois renouvelables, pour des séances de 45 à 60 minutes.[5]
- Le suivi. Les progrès sont réévalués régulièrement, l'objectif étant de tendre vers une pratique autonome et durable.
Remboursement : qui paie le sport sur ordonnance ?
C'est le point le plus souvent mal compris : même prescrite sur ordonnance, l'APA n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie.[5] Le reste à charge dépend donc des aides mobilisables.
- Les mutuelles : certaines complémentaires santé remboursent tout ou partie des séances.
- Les collectivités : de nombreuses communes et régions financent des dispositifs locaux de sport sur ordonnance.
- Les caisses de retraite et associations : peuvent proposer des aides selon la situation.
Avant de commencer, renseignez-vous auprès de votre mairie, de votre mutuelle et de la Maison Sport-Santé la plus proche : le coût réel varie fortement d'un territoire à l'autre, et des dispositifs gratuits ou subventionnés existent dans de nombreuses villes.
Les Maisons Sport-Santé : où s'adresser
Créées à partir de 2019, les Maisons Sport-Santé (MSS) sont des structures qui accueillent, informent et orientent les personnes souhaitant se (re)mettre à l'activité physique pour raison de santé. Elles réunissent des professionnels de santé et du sport autour d'un accompagnement coordonné.
Le réseau s'est fortement développé : on en comptait 573 en 2023, réparties sur l'ensemble du territoire. C'est souvent le meilleur point de départ pour savoir concrètement vers qui se tourner et quelles aides mobiliser.
Les bénéfices prouvés de l'activité physique
Si le sport peut être prescrit, c'est parce que ses effets sur la santé sont solidement documentés.
La Haute Autorité de santé rappelle que l'activité physique régulière est un déterminant majeur de santé : elle réduit la mortalité et joue un rôle démontré dans la prévention et la prise en charge de nombreuses pathologies — diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers, surpoids, troubles anxio-dépressifs.[4]
À retenir : l'APA n'est pas un simple « plus » de confort. C'est une intervention thérapeutique à part entière, dont l'intensité et la nature sont ajustées à chaque patient pour un bénéfice réel et un risque maîtrisé. Chez les personnes âgées, par exemple, un travail doux de l'équilibre comme la marche Tai Chi aide à prévenir les chutes.
Questions fréquentes
- LOI n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, article 144. Légifrance. legifrance.gouv.fr
- LOI n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France. Légifrance. legifrance.gouv.fr
- Décret n° 2023-235 du 30 mars 2023 fixant la liste des maladies chroniques, des facteurs de risque et des situations de perte d'autonomie ouvrant droit à la prescription d'activités physiques adaptées. Légifrance. legifrance.gouv.fr
- Haute Autorité de santé. Consultation et prescription médicale d'activité physique à des fins de santé (guide et référentiels). has-sante.fr
- Assurance Maladie (ameli.fr). La prescription d'activité physique adaptée. ameli.fr




