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Le Sport sur prescription médicale

Le Sport sur prescription médicale

sport sur prescription médicale

Dans une ère oĂą la sĂ©dentaritĂ© devient une norme alarmante, l’introduction du sport sur prescription mĂ©dicale Ă©merge comme une bouĂ©e de sauvetage pour contrer les impacts nĂ©fastes de l’inactivitĂ© physique sur notre santĂ©. 

Le sport adaptĂ© sur prescription mĂ©dicale est une approche thĂ©rapeutique novatrice, oĂą des activitĂ©s physiques sont prescrites par des professionnels de santĂ© pour combattre la sĂ©dentaritĂ© et amĂ©liorer la gestion des maladies chroniques. Ce concept englobe une large gamme d’activitĂ©s, soigneusement adaptĂ©es aux capacitĂ©s et aux besoins de chaque patient, afin d’optimiser leur bien-ĂŞtre gĂ©nĂ©ral et leur qualitĂ© de vie.

 

1. Le sport sur prescription médicale : Quel est son fondement ?

Le concept repose sur l’idĂ©e novatrice d’intĂ©grer l’exercice physique au sein du parcours thĂ©rapeutique d’un patient, en tant que prescription formelle de la part d’un professionnel de santĂ©. Cette initiative vise non seulement Ă  amĂ©liorer la condition physique du patient mais Ă©galement Ă  enrichir son bien-ĂŞtre mental et Ă©motionnel, jouant un rĂ´le prĂ©pondĂ©rant dans la gestion et la prĂ©vention de diverses maladies chroniques.

Bénéficiaires du sport sur prescription:

Cette prescription s’adresse Ă  un large Ă©ventail de patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques, ceux en phase de rééducation, les personnes souffrant de troubles mentaux, et ceux qui luttent contre le surpoids ou l’obĂ©sitĂ©. L’objectif est d’offrir Ă  chacun un programme adaptĂ© qui rĂ©pond Ă  ses besoins spĂ©cifiques et contribue Ă  son bien-ĂŞtre global.

Selon la lĂ©gislation française qui a intĂ©grĂ© le sport sur prescription mĂ©dicale dans son Code de la santĂ© publique, les pathologies concernĂ©es par la prescription d’activitĂ© physique adaptĂ©e (APA) incluent principalement les affections de longue durĂ©e (ALD). Voici une liste non exhaustive des pathologies typiquement Ă©ligibles dans le cadre de cette lĂ©gislation :

  1. Maladies cardio-vasculaires : Insuffisance cardiaque, maladie coronarienne, hypertension artérielle sévère.

  2. Diabètes de type 1 et 2 : Prise en charge spĂ©cifique pour la gestion de la glycĂ©mie Ă  travers l’exercice.

  3. Maladies neurologiques : Maladie de Parkinson, sclérose en plaques, certaines formes de paralysie.

  4. Maladies respiratoires chroniques : Asthme sévère, maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).

  5. Maladies mĂ©taboliques : Certaines formes d’obĂ©sitĂ© sĂ©vère, troubles mĂ©taboliques nĂ©cessitant une prise en charge spĂ©cifique.

  6. Maladies musculo-squelettiques sévères : Polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante.

  7. Cancers : Certains types de cancers bĂ©nĂ©ficiant d’un suivi post-traitement par activitĂ© physique.

  8. Affections psychiatriques de longue durée : Troubles bipolaires, dépressions récurrentes sévères.

  9. Insuffisance rénale chronique sévère.

Les avantages indéniables

L’adaptation personnelle des activitĂ©s, l’encadrement professionnel et la motivation accrue due Ă  la prescription formelle par un mĂ©decin constituent des atouts majeurs de cette approche. Elle permet non seulement une personnalisation poussĂ©e du traitement mais aussi une prĂ©vention efficace contre de nombreuses affections.

Défis à relever

MalgrĂ© ses nombreux avantages, le sport sur prescription mĂ©dicale fait face Ă  des dĂ©fis tels que l’accessibilitĂ© limitĂ©e aux structures adaptĂ©es dans certaines rĂ©gions et les questions de financement, qui peuvent varier d’une rĂ©gion Ă  l’autre et ne sont pas toujours couvertes par les systèmes de santĂ©.

 

2.Cadre législatif: Pour qui est destiné le sport sur prescription ?

La pratique cible particulièrement les individus souffrant de pathologies de longue durée telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, ou encore des troubles moteurs comme la paraplégie. Le sport prescrit, adapté à chaque cas spécifique, peut prendre diverses formes, allant de la natation au cyclisme, en passant par des activités moins conventionnelles comme le jardinage.

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La lĂ©gislation française a fait un pas de gĂ©ant dans la promotion du sport en tant qu’outil thĂ©rapeutique avec l’adoption de la loi du 2 mars 2022. Cette loi marque une Ă©volution significative dans la dĂ©mocratisation de l’activitĂ© physique pour la santĂ©, en Ă©largissant le champ des possibles en matière de prescription mĂ©dicale d’activitĂ©s physiques adaptĂ©es. Auparavant encadrĂ©e par la loi du 26 janvier 2016, qui permettait uniquement au mĂ©decin traitant de prescrire du sport aux patients atteints d’une affection de longue durĂ©e, la nouvelle rĂ©glementation ouvre cette facultĂ© Ă  tous les mĂ©decins prenant part au suivi du patient. Ce changement lĂ©gislatif souligne l’importance accordĂ©e Ă  la lutte contre l’inactivitĂ© physique, reconnue pour ses effets bĂ©nĂ©fiques sur la longĂ©vitĂ© et la qualitĂ© de vie.

Nouvelles orientations législatives pour le sport sur prescription

1-Expansion de la prescription mĂ©dicale d’activitĂ© physique: L’amendement apportĂ© Ă  l’article L1172-1 du Code de la SantĂ© publique par la loi du 2 mars 2022 Ă©largit considĂ©rablement le spectre des bĂ©nĂ©ficiaires. Les critères d’Ă©ligibilitĂ© s’Ă©tendent dĂ©sormais aux personnes souffrant de maladies chroniques, aux individus prĂ©sentant des facteurs de risque tels que l’hypertension ou l’obĂ©sitĂ©, et Ă  ceux en situation de perte d’autonomie. Ce cadre lĂ©gislatif inclusif vise Ă  encourager une participation plus large Ă  des programmes d’activitĂ©s physiques adaptĂ©es, favorisant ainsi le bien-ĂŞtre gĂ©nĂ©ral de la population.

-2-PrĂ©cisions et modalitĂ©s d’application: Le dĂ©cret 2023-235 du 30 mars 2023 vient apporter des clarifications essentielles en listant les conditions de santĂ© et situations spĂ©cifiques ouvrant droit Ă  la prescription d’activitĂ©s physiques adaptĂ©es. Il dĂ©finit Ă©galement le cadre d’exercice de ces activitĂ©s, que ce soit dans des structures dĂ©diĂ©es, des clubs sportifs labellisĂ©s ou des centres de rééducation.

-3- La procĂ©dure de prescription et son renouvellement: L’article D1172-2 du Code de la santĂ© publique stipule que la dĂ©marche de prescription d’une activitĂ© physique doit ĂŞtre initiĂ©e avec l’accord du patient. Il mentionne Ă©galement la possibilitĂ© pour le mĂ©decin de s’appuyer sur des rĂ©fĂ©rentiels d’aide Ă  la prescription publiĂ©s par la Haute AutoritĂ© de SantĂ© (HAS). De plus, la loi introduit la possibilitĂ© pour les masseurs-kinĂ©sithĂ©rapeutes de renouveler et d’ajuster les prescriptions initiales, renforçant ainsi le suivi et l’adaptabilitĂ© du programme d’activitĂ©s physiques adaptĂ©es au parcours de soin du patient.

Cette avancĂ©e lĂ©gislative reflète la reconnaissance croissante du rĂ´le prĂ©ventif et curatif du sport dans le domaine mĂ©dical. Elle tĂ©moigne de la volontĂ© des autoritĂ©s de promouvoir un mode de vie actif au sein de la population, en intĂ©grant l’activitĂ© physique comme un pilier de la santĂ© publique et du bien-ĂŞtre individuel.

Objectifs: Les objectifs de la lĂ©gislation sur le sport sur prescription mĂ©dicale, notamment dans le contexte français avec la loi du 26 janvier 2016 et ses Ă©volutions ultĂ©rieures, sont multiples et visent Ă  intĂ©grer l’activitĂ© physique comme un Ă©lĂ©ment central du parcours de soins. Voici les principaux objectifs tels qu’ils ressortent de la lĂ©gislation :

  1. Promouvoir la santĂ© publique : L’un des objectifs clĂ©s est de renforcer la santĂ© et le bien-ĂŞtre de la population en encourageant un mode de vie actif. En reconnaissant le sport comme un outil thĂ©rapeutique, la loi vise Ă  prĂ©venir l’apparition de maladies liĂ©es Ă  la sĂ©dentaritĂ©.

  2. Une optimisation de la prise en charge des maladies chroniques : La lĂ©gislation cherche Ă  intĂ©grer l’activitĂ© physique dans le traitement des maladies chroniques, afin de rĂ©duire  leur impact sur la qualitĂ© de vie des patients.

  3. AmĂ©lioration de l’accessibilitĂ© aux activitĂ©s physiques adaptĂ©es : La loi a pour objectif de faciliter l’accès Ă  des programmes d’exercices adaptĂ©s, encadrĂ©s par des professionnels formĂ©s, pour les personnes souffrant de maladies chroniques ou en situation de handicap.

  4. Renforcement de la collaboration interprofessionnelle : Un autre objectif est d’encourager la coopĂ©ration entre les professionnels de santĂ©, les Ă©ducateurs sportifs et les structures spĂ©cialisĂ©es dans le sport santĂ©, pour assurer une prise en charge holistique et efficace des patients.

  5. Sensibilisation et Ă©ducation : La lĂ©gislation vise Ă©galement Ă  sensibiliser les professionnels de santĂ© et le grand public aux avantages de l’activitĂ© physique pour la santĂ©, afin d’encourager une culture du sport et du bien-ĂŞtre dans la sociĂ©tĂ©.

  6. QualitĂ© et sĂ©curitĂ© des pratiques : L’un des buts est de garantir que les programmes d’activitĂ©s physiques prescrits soient sĂ»rs, adaptĂ©s et de haute qualitĂ©, rĂ©pondant aux besoins spĂ©cifiques de chaque patient et encadrĂ©s par des professionnels compĂ©tents.

  7. Suivi et Ă©valuation : La loi prĂ©voit Ă©galement des mĂ©canismes de suivi et d’Ă©valuation des programmes de sport sur prescription, afin d’assurer leur efficacitĂ© et de les ajuster en fonction des besoins et des retours des patients.

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3.Comment accéder à un programme de sport sur prescription ?

Identifier les professionnels qualifiés

Pour entamer ce voyage vers une santé optimale par le sport, le point de départ est souvent le médecin traitant qui peut orienter vers des spécialistes tels que des kinésithérapeutes, des éducateurs sportifs ou des ergothérapeutes. Ces experts conçoivent un programme sur mesure, harmonisant les besoins du patient avec les exigences de son état de santé.

 La sélection du bon professionnel

La clĂ© rĂ©side dans la communication ouverte avec le professionnel choisi, afin d’assurer que le programme proposĂ© rĂ©ponde prĂ©cisĂ©ment aux besoins et objectifs santĂ© du patient. Il est judicieux de se renseigner, de demander des recommandations, et de lire des avis pour trouver le spĂ©cialiste le plus adaptĂ©.

Le financement du sport sur ordonnance : Quelles options ?

Bien que les activitĂ©s sportives prescrites ne soient pas directement remboursĂ©es par l’Assurance Maladie, certaines collectivitĂ©s et mutuelles peuvent offrir un soutien financier. Il est conseillĂ© de se renseigner auprès des institutions locales et de sa mutuelle pour explorer les possibilitĂ©s de prise en charge.

 

4.Les maisons sport-santĂ© : des piliers pour l’activitĂ© physique thĂ©rapeutique

Une collaboration interdisciplinaire: FondĂ©es en 2019, les maisons sport-santĂ© reprĂ©sentent l’incarnation d’une collaboration fructueuse entre les professionnels de la santĂ© et du sport. Leur crĂ©ation repose sur le principe d’offrir un suivi personnalisĂ© et adaptĂ© aux besoins spĂ©cifiques de chaque individu, dans le but de promouvoir un mode de vie actif et sain. Ces structures offrent un cadre idĂ©al pour l’application des prescriptions d’activitĂ© physique, en assurant un accompagnement de qualitĂ©.

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Cadre rĂ©glementaire et missions:L’ancrage de ces maisons dans le Code de la SantĂ© publique, grâce Ă  la loi du 2 mars 2022, ainsi que le cahier des charges Ă©tabli par l’arrĂŞtĂ© du 25 avril 2023, dĂ©finissent clairement les missions, le fonctionnement et les critères d’Ă©valuation de ces Ă©tablissements. Leur reconnaissance officielle et leur suivi par les Agences RĂ©gionales de SantĂ© (ARS) et les DĂ©lĂ©gations rĂ©gionales acadĂ©miques Ă  la jeunesse, Ă  l’engagement et aux sports (DRAJES) assurent un cadre structurĂ© et efficace pour leur opĂ©rationnalitĂ©.

Objectifs et perspectives:Les maisons sport-santĂ© ont pour vocation première de rendre l’activitĂ© physique accessible Ă  tous, en jouant un rĂ´le clĂ© dans l’information, l’orientation et la formation des diffĂ©rents acteurs impliquĂ©s. La rĂ©ussite de cet objectif est illustrĂ©e par le dĂ©passement de l’objectif gouvernemental, avec 573 structures actives en 2023. Le soutien financier de l’État, prĂ©vu Ă  hauteur de 12 millions d’euros, et les initiatives visant Ă  renforcer leur modèle Ă©conomique et leur visibilitĂ©, notamment via une prĂ©sence sur des plateformes comme Doctolib, tĂ©moignent de l’ambition de pĂ©renniser et d’Ă©largir leur impact sur la santĂ© publique.

La mise en place des maisons sport-santĂ© constitue une avancĂ©e remarquable dans la promotion de la santĂ© par le sport. En offrant un espace dĂ©diĂ© oĂą la prescription d’activitĂ© physique peut ĂŞtre mise en Ĺ“uvre de manière optimale, elles incarnent une vision holistique de la santĂ©, oĂą le bien-ĂŞtre physique et mental est accessible Ă  tous, contribuant ainsi Ă  une sociĂ©tĂ© plus saine et plus dynamique.

 

Conclusion

L’adoption du sport sur prescription mĂ©dicale s’impose comme une rĂ©ponse innovante et efficace face Ă  l’augmentation prĂ©occupante de la sĂ©dentaritĂ© et de ses consĂ©quences nĂ©fastes sur la santĂ©. Cette approche, qui intègre l’exercice physique dans le parcours de soins des patients, est soutenue par une lĂ©gislation Ă©volutive, en particulier en France, oĂą les rĂ©formes rĂ©centes ont Ă©largi les possibilitĂ©s de prescription d’activitĂ©s physiques adaptĂ©es Ă  une gamme plus large de conditions mĂ©dicales et de besoins individuels.

Les bĂ©nĂ©fices du sport prescrit mĂ©dicalement sont multiples, allant de l’amĂ©lioration de la condition physique et mentale Ă  la gestion efficace des maladies chroniques. Les maisons sport-santĂ©, en tant que piliers de cette initiative, offrent un cadre interdisciplinaire pour l’application des prescriptions d’activitĂ© physique, garantissant un accompagnement personnalisĂ© et de qualitĂ© pour les patients. Cependant, le succès de cette approche thĂ©rapeutique requiert la surmontĂ©e de dĂ©fis tels que l’accessibilitĂ© et le financement, afin de garantir son intĂ©gration durable dans les pratiques de santĂ© publique.

En rĂ©sumĂ©, le sport sur prescription mĂ©dicale reprĂ©sente une avancĂ©e significative dans la prise en charge de certaines  maladies chroniques, soulignant l’importance cruciale de l’activitĂ© physique pour le bien-ĂŞtre et la santĂ© globale. Son intĂ©gration croissante dans les stratĂ©gies de santĂ© publique et la collaboration entre professionnels de la santĂ© et du sport sont essentielles pour rĂ©aliser pleinement son potentiel en tant que pilier de la mĂ©decine prĂ©ventive et curative.

 
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