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Tendinite du moyen fessier : causes, symptômes, traitement

tendinite du moyen fessier

En bref : la tendinite du moyen fessier est la première cause de douleur sur le côté de la hanche. On parle aujourd’hui plutôt de tendinopathie, car l’atteinte du tendon est surtout dégénérative (usure) et pas seulement inflammatoire. Elle touche surtout les femmes de 40 à 60 ans — environ une femme sur quatre après 50 ans — et fait partie du syndrome douloureux du grand trochanter. Symptôme typique : une douleur sur la face externe de la hanche, réveillée en dormant sur le côté, en montant les escaliers ou après une station assise prolongée. La bonne nouvelle : la science est claire — l’éducation et les exercices de renforcement progressif sont plus efficaces que les infiltrations de cortisone. Voici les causes, symptômes, tests, traitements et exercices.

À garder en têteCet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Une douleur de hanche mérite un diagnostic précis par un médecin : d’autres causes existent (arthrose de hanche, sciatique, lombaires).

Ce que dit la science

Ce que dit la science

Ce n’est pas une « bursite ». Longtemps étiquetée « bursite trochantérienne », la douleur latérale de hanche est le plus souvent due à une tendinopathie du moyen (et du petit) fessier, confirmée par l’imagerie et les études chirurgicales. Le tendon est abîmé/dégénératif, plus qu’enflammé.

Exercices > cortisone. L’essai de référence LEAP (Mellor et coll., BMJ 2018) a comparé trois approches : éducation + exercices, infiltration de cortisone, et attente. L’éducation associée aux exercices s’est révélée supérieure à l’infiltration à 8 semaines comme à 1 an. La cortisone soulage surtout à court terme.

Le vrai levier : éviter la compression. Les positions qui compriment le tendon contre l’os (jambes croisées, dormir sur le côté douloureux, « s’appuyer sur une hanche ») entretiennent la douleur. Les corriger + renforcer progressivement les fessiers, voilà le cœur du traitement.

Qu’est-ce que la tendinite du moyen fessier ?

Le moyen fessier (gluteus medius) est un muscle clé de la hanche. Son tendon s’insère sur le grand trochanter, la proéminence osseuse que l’on sent sur le côté de la hanche. Quand ce tendon est trop sollicité ou comprimé de façon répétée, il s’abîme : c’est la tendinopathie (le terme « tendinite » sous-entend une inflammation, alors que l’atteinte est surtout une dégénérescence du tendon). Comme le petit fessier est souvent touché en même temps, et que la douleur siège au grand trochanter, on regroupe le tout sous le nom de syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT).

Anatomie du tendon du moyen fessier s'insérant sur le grand trochanter de la hanche
Le tendon du moyen fessier s’insère sur le grand trochanter, sur la face externe de la hanche.

À quoi sert le moyen fessier ?

Le moyen fessier est le principal abducteur de la hanche (il écarte la cuisse) et surtout un stabilisateur du bassin. À chaque pas, quand vous êtes en appui sur une jambe, c’est lui qui empêche le bassin de basculer du côté opposé. Quand il est douloureux ou faible, on observe une démarche instable, une bascule du bassin (signe de Trendelenburg) et une gêne latérale. C’est pourquoi le renforcement de ce muscle est central, à la fois pour traiter et prévenir.

Causes et facteurs de risque

La tendinopathie apparaît quand la charge dépasse la capacité du tendon, souvent par une combinaison de facteurs :

Tendinite (tendinopathie) du moyen fessier : lésion du tendon au niveau de son insertion sur le grand trochanter
La tendinopathie du moyen fessier : usure et lésions du tendon à son insertion sur le grand trochanter.
  • Sexe et âge : nettement plus fréquente chez la femme de 40 à 60 ans, en lien avec les changements hormonaux de la ménopause.
  • Compression répétée : dormir sur le côté, croiser les jambes, rester « appuyé sur une hanche » comprime le tendon contre le trochanter.
  • Surcharge d’entraînement : augmentation trop rapide du volume de course, de marche en côte ou d’escaliers.
  • Faiblesse des fessiers et instabilité du bassin, qui augmentent les contraintes locales.
  • Surpoids et morphologie du bassin (hanches larges) qui accentuent l’angle de compression.
  • Sédentarité puis reprise brutale, ou station debout prolongée en appui asymétrique.

Les symptômes

SituationCe que l’on ressent
LocalisationDouleur sur la face externe de la hanche, au niveau du grand trochanter, parfois irradiant sur le côté de la cuisse.
La nuitDouleur en dormant sur le côté (surtout côté atteint), qui perturbe le sommeil.
Escaliers & côtesGêne à la montée des escaliers, en montée ou en terrain incliné.
Position assiseDouleur après une station assise prolongée, surtout jambes croisées.
Appui sur une jambeDouleur en tenant en équilibre sur la jambe atteinte (s’habiller debout, par exemple).

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic est avant tout clinique. Le professionnel s’appuie sur l’interrogatoire et des tests reproduisant la douleur :

  • Palpation du grand trochanter : douleur reproduite à la pression.
  • Appui unipodal (30 secondes) : tenir en équilibre sur la jambe atteinte reproduit souvent la douleur latérale.
  • Tests de mise en tension/compression : adduction de hanche en décubitus, tests FABER/FADER réalisés par le praticien.
  • Imagerie si besoin : l’échographie ou l’IRM confirment l’atteinte tendineuse et écartent d’autres causes ; elles ne sont pas toujours nécessaires si la clinique est typique.

Les traitements

L’objectif : calmer la douleur, réduire la compression et renforcer progressivement le tendon. Voici les options, de la première ligne aux recours.

ApprocheCe qu’en dit la preuve
Éducation + exercicesTraitement de référence (essai LEAP) : corriger les positions de compression et renforcer les abducteurs, en progressant du gainage isométrique vers des exercices dynamiques.
Modification des chargesAdapter temporairement la course, les escaliers, la marche en côte ; conserver une activité tolérable plutôt qu’un repos total.
AntidouleursAntalgiques simples au besoin, sur conseil médical, pour passer un cap.
Infiltration de cortisoneSoulagement surtout à court terme ; moins efficace que l’éducation + exercices sur le moyen et long terme.
Ondes de choc, PRPOptions d’appoint, aux preuves plus limitées ; à discuter avec un spécialiste.
ChirurgieRare, réservée aux ruptures tendineuses ou aux échecs de traitement bien conduit.

Exercices : ce qui aide, ce qui aggrave

Renforcer sans comprimer

Ce qui aide (avec un professionnel)

  • Isométrie d’abduction : pousser la cuisse vers l’extérieur contre une résistance, sans mouvement, pour calmer la douleur et amorcer le renforcement.
  • Renforcement progressif des fessiers : exercices d’abduction et de pont fessier, en augmentant graduellement la charge.
  • Travail du tronc et de l’équilibre pour stabiliser le bassin à la marche.
  • Cardio sans impact en phase douloureuse : natation, vélo, marche sur terrain plat.

Ce qui aggrave (à éviter)

  • Étirer la bandelette ilio-tibiale ou croiser la jambe pour « étirer la fesse » : ces positions compriment le tendon.
  • Dormir sur le côté douloureux (glissez un coussin entre les genoux si vous dormez sur le côté sain).
  • Rester « appuyé sur une hanche » debout, ou assis jambes croisées longtemps.
  • Reprendre la course trop fort, trop vite, ou enchaîner les escaliers en phase aiguë.
Le réflexe qui change toutRépartissez votre poids sur vos deux jambes en position debout, évitez de croiser les jambes, et gardez les genoux écartés à la largeur des hanches. Réduire la compression au quotidien accélère nettement les progrès.

Combien de temps pour guérir ?

La tendinopathie répond lentement : comptez généralement plusieurs semaines à quelques mois de travail régulier. La clé est la constance (exercices réguliers) et la patience : le tendon se renforce progressivement. La plupart des personnes s’améliorent nettement sans chirurgie lorsqu’elles combinent réduction de la compression et renforcement bien conduit.

Prévenir la récidive

  • Renforcez régulièrement vos fessiers et le bas du corps.
  • Progressez graduellement en course, marche ou escaliers (règle des petites augmentations).
  • Soignez vos postures : évitez les appuis asymétriques et les jambes croisées prolongées.
  • Échauffez-vous et respectez des temps de récupération suffisants.
  • Gardez un poids de forme pour limiter les contraintes sur la hanche.
⚠ Quand consulter

Consultez si la douleur persiste malgré les adaptations, vous réveille chaque nuit, s’accompagne d’une faiblesse marquée, d’un blocage, d’un gonflement important, de fièvre, ou fait suite à une chute. Ces signes imposent un avis médical pour écarter une rupture tendineuse ou une autre cause.

FAQ — Tendinite du moyen fessier

Le mot « tendinite » suggère une inflammation, alors que l’atteinte du tendon du moyen fessier est surtout dégénérative (une usure du tendon). Les spécialistes parlent donc de « tendinopathie ». C’est plus qu’une question de vocabulaire : cela oriente le traitement vers le renforcement progressif plutôt que vers les seuls anti-inflammatoires.
Pas en première intention. L’essai LEAP a montré que l’éducation associée aux exercices est plus efficace que l’infiltration sur le moyen et le long terme. La cortisone peut soulager à court terme dans certains cas, mais elle ne traite pas la cause. Elle se discute au cas par cas avec le médecin, en complément et non en remplacement de la rééducation.
Souvent oui, en adaptant. On réduit temporairement le volume et l’intensité (surtout les côtes et le fractionné) pour rester sous le seuil de douleur, puis on réintroduit progressivement la course à mesure que le tendon se renforce. Un repos total prolongé n’est généralement pas la meilleure option : mieux vaut une charge adaptée et régulière.
Attention aux étirements qui mettent la hanche en adduction (croiser la jambe, tirer le genou vers l’épaule opposée, étirer la bandelette ilio-tibiale) : ils compriment le tendon et peuvent aggraver la douleur. On privilégie le renforcement progressif et la réduction des positions de compression plutôt que les étirements agressifs.
Évitez de dormir sur le côté douloureux. Si vous dormez sur le côté sain, glissez un coussin entre les genoux pour empêcher la jambe du dessus de tomber vers l’intérieur (adduction), ce qui comprime le tendon. Sur le dos, un léger coussin sous les genoux peut aussi aider. Réduire la compression nocturne améliore souvent le sommeil en quelques jours.
Comptez généralement plusieurs semaines à quelques mois de travail régulier. La progression n’est pas toujours linéaire, mais la grande majorité des personnes s’améliorent nettement sans chirurgie en combinant réduction de la compression et renforcement progressif, avec de la constance.
Note : ces réponses sont informatives et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

La tendinite (tendinopathie) du moyen fessier est fréquente et souvent invalidante, mais son pronostic est bon quand la prise en charge est adaptée. Le message clé de la science : moins de compression, plus de renforcement progressif — et les exercices l’emportent sur la cortisone.

Corrigez vos postures, dormez en protégeant la hanche, renforcez vos fessiers avec régularité, et progressez par paliers. Avec de la patience et de la constance, la douleur latérale de hanche cède le plus souvent sans chirurgie. En cas de doute ou de blocage, faites-vous accompagner par un professionnel.

Aller plus loin

  • Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy (essai LEAP). BMJ, 2018;361:k1662.
  • Mellor R, Grimaldi A, Wajswelner H, et al. Exercise and load modification versus corticosteroid injection versus ‘wait and see’ for persistent gluteus medius/minimus tendinopathy (protocole LEAP). BMC Musculoskeletal Disorders, 2016;17:196.
  • Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, et al. Gluteal Tendinopathy : A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Medicine, 2015;45(8):1107-1119.
  • French HP, Woodley SJ, Fearon A, et al. Physiotherapy management of greater trochanteric pain syndrome (GTPS). Physiotherapy, 2020;109:111-120.
  • Segal NA, et al. Greater trochanteric pain syndrome : epidemiology and associated factors. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 2007;88:988-992.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical personnalisé. Une douleur de hanche persistante ou invalidante doit être évaluée par un professionnel de santé (médecin, kinésithérapeute) afin d’établir un diagnostic précis et un programme d’exercices adapté à votre situation.

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