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En bref : l'adduction à la machine renforce l'intérieur des cuisses, et c'est un bon outil d'isolation — accessible, guidé, facile à doser. Mais deux idées circulent à son sujet et méritent d'être corrigées. La première : elle n'affine pas l'intérieur des cuisses, parce que la perte de graisse localisée par un exercice n'existe pas. La seconde : on lit souvent qu'elle prévient les pubalgies — or l'essai qui a démontré une réduction de 41 % des problèmes d'aine chez des footballeurs reposait sur un tout autre exercice[1]. Voici ce que la machine fait réellement, comment l'exécuter, et quand lui préférer autre chose.

Les adducteurs : cinq muscles, et une surprise

Le groupe des adducteurs occupe la face interne de la cuisse. Il en compte cinq, et leur rôle dépasse largement le simple fait de rapprocher les jambes.

MuscleParticularité
Grand adducteurLe plus volumineux. Sa portion postérieure est aussi un puissant extenseur de hanche : elle travaille comme un ischio-jambier.
Long adducteurLe plus superficiel et le plus souvent lésé lors des pubalgies et claquages de l'aine.
Court adducteurProfond, participe à l'adduction et à la flexion de hanche.
PectinéLe plus haut, à la fois adducteur et fléchisseur de hanche.
GracileLe seul à croiser le genou : il rejoint le tibia par la patte d'oie et participe à la stabilité du genou.
Pourquoi cette précision compteLes adducteurs ne sont pas de simples « muscles de l'intérieur des cuisses ». Ils fléchissent ou étendent la hanche selon la portion et l'angle, stabilisent le bassin à chaque appui, et freinent l'écartement de la jambe pendant la course et les changements de direction. C'est ce rôle de frein, en excentrique, qui explique où ils se blessent — et pourquoi une machine qui ne travaille qu'en concentrique ne les prépare pas complètement.
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Ce que la machine travaille réellement

  • Les adducteurs, en cible principale, sur un mouvement guidé d'adduction de hanche, hanches fléchies puisque vous êtes assis.
  • Un travail avant tout concentrique lors du rapprochement, puis excentrique au retour si vous freinez — et c'est là que beaucoup perdent la moitié du bénéfice en laissant les coussins revenir seuls.
  • Une contribution des fessiers et du bassin limitée : ils stabilisent, sans plus. Pour les développer, voir les fessiers.
  • Une position assise qui change la donne : hanche fléchie, le grand adducteur travaille dans une configuration différente de celle de la course ou du sport.
Une correction par rapport à ce qu'on lit souventOn présente parfois « les fléchisseurs de hanche » comme des muscles distincts sollicités en stabilisateurs. En réalité, certains adducteurs sont eux-mêmes des fléchisseurs de hanche — le pectiné et le court adducteur notamment. Il ne s'agit donc pas d'un groupe séparé qui viendrait aider : c'est la même famille musculaire, avec plusieurs fonctions.
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La technique d'exécution

Adduction à la machine : position assise, dos plaqué contre le dossier, faces internes des cuisses en appui sur les coussins, jambes qui se rapprochent contre la résistance
Le détail qui décide de la qualité du mouvement se joue avant même la première répétition : le réglage de l'écartement de départ. Trop large, vous mettez les tendons en tension avant même de contracter ; trop étroit, vous supprimez la majeure partie de l'amplitude utile. Le bon réglage est celui où vous ressentez un étirement net mais confortable, sans douleur au pli de l'aine.
  1. Réglez l'écartement de départ avant de vous asseoir. Commencez modeste : l'amplitude se gagne au fil des séances, pas au premier essai.
  2. Asseyez-vous dos plaqué contre le dossier, bassin bien au fond du siège.
  3. Placez les faces internes des cuisses — et non les genoux — contre les coussins.
  4. Tenez les poignées ou les accoudoirs sans crisper les épaules, pour stabiliser le tronc.
  5. Expirez et rapprochez les cuisses lentement, en poussant par l'intérieur des cuisses et non en tirant sur les bras.
  6. Marquez un temps d'arrêt d'une à deux secondes en position resserrée, en cherchant la contraction.
  7. Inspirez et revenez en freinant, sur trois secondes environ. C'est la phase la plus formatrice : ne laissez jamais les coussins vous ouvrir les jambes tout seuls.
  8. Arrêtez le retour avant le point où l'étirement devient douloureux.
Le repère de qualitéSi vous devez pousser sur les bras, cambrer le dos ou décoller les fesses du siège pour terminer une répétition, la charge est trop lourde. Sur cet exercice plus qu'ailleurs : la sensation prime sur le poids affiché.
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Séries, répétitions et progression

ObjectifFormatPrécisions
Découverte, reprise2 à 3 séries de 12 à 15 répétitions.Charge légère, amplitude modérée, priorité au contrôle du retour.
Renforcement général3 à 4 séries de 10 à 15 répétitions.Progression par petits paliers de charge, une fois le format tenu proprement.
Travail de force3 à 4 séries de 8 à 10 répétitions.Réservé à ceux qui maîtrisent déjà le mouvement, sans compensation.
Fréquence1 à 2 fois par semaine.En fin de séance jambes, après les mouvements polyarticulaires.
  • Progressez d'abord en amplitude et en contrôle, ensuite en charge. L'inverse est la voie royale vers la douleur d'aine.
  • Allongez la phase de retour avant d'ajouter du poids : passer de 2 à 4 secondes de freinage augmente réellement la difficulté.
  • Placez cet exercice en fin de séance, après le squat sumo ou les fentes, qui demandent plus de coordination.
  • Ne cherchez pas l'échec musculaire systématiquement sur un groupe aussi impliqué dans la stabilité du bassin.
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Les erreurs fréquentes

  • Laisser les jambes s'ouvrir sans freiner. L'erreur la plus coûteuse : vous supprimez la phase excentrique, celle qui rend le muscle résistant.
  • Régler un écartement de départ trop large pour « gagner en souplesse ». La machine n'est pas un outil d'étirement, et cette position met les tendons en tension avant même la contraction.
  • Claquer les coussins l'un contre l'autre en fin de mouvement.
  • Charger trop lourd et compenser en cambrant, en décollant le bassin ou en tirant sur les poignées.
  • Placer les genoux et non les faces internes des cuisses contre les coussins : contrainte inutile sur l'articulation.
  • Bloquer sa respiration pendant l'effort.
  • En faire l'exercice principal des jambes, alors que c'est un complément d'isolation.
  • Continuer malgré une douleur au pli de l'aine, qui doit toujours faire arrêter la série.
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« Affiner l'intérieur des cuisses » : pourquoi ça ne marche pas ainsi

La perte de graisse localisée n'existe pas

C'est la première raison pour laquelle on monte sur cette machine, et il faut le dire clairement : aucun exercice ne fait fondre la graisse de la zone qu'il sollicite. Travailler les adducteurs ne puise pas dans la graisse des cuisses, pas plus que les abdominaux ne font fondre le ventre.

Le mécanisme est simple : la graisse est mobilisée sous forme d'acides gras libérés dans la circulation générale, puis utilisée par l'ensemble de l'organisme. Le muscle qui travaille ne se sert pas prioritairement du tissu adipeux qui le recouvre. La répartition des zones où l'on perd d'abord dépend de facteurs individuels — génétiques et hormonaux — sur lesquels le choix de l'exercice n'a pas de prise.

Ce qui fonctionne réellement : un déficit calorique modéré et tenable, une activité physique globale suffisante, et du renforcement musculaire pour préserver la masse maigre pendant la perte de poids. La machine à adducteurs peut faire partie de ce programme — mais comme exercice de renforcement, pas comme outil de ciblage.

Ce qu'elle peut apporter en revanche : un léger développement musculaire de la zone, qui modifie la forme, et une meilleure tonicité. C'est réel, mais ce n'est pas la même promesse.

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Prévention des pubalgies : ce que dit vraiment la recherche

L'essai de référence — et sa nuance

Trente-cinq équipes de football semi-professionnelles norvégiennes ont été réparties par tirage au sort : 18 équipes (339 joueurs) dans le groupe intervention, 17 équipes (313 joueurs) en contrôle. Sur la saison, la prévalence moyenne des problèmes d'aine était de 13,5 % dans le groupe intervention contre 21,3 % dans le groupe contrôle, soit un risque inférieur de 41 % (odds ratio 0,59 ; IC 95 % : 0,40-0,86 ; p = 0,008)[1].

Le résultat est solide, et il est important : c'est le premier programme spécifique à l'aine ayant démontré une réduction significative, les tentatives précédentes ayant échoué[1].

Mais l'exercice testé n'est pas la machine. Le programme reposait sur l'adduction de Copenhague — un exercice au poids du corps, réalisé en appui latéral, avec une jambe posée sur un partenaire ou un banc, et une forte composante excentrique. Rien à voir, mécaniquement, avec un mouvement guidé assis.

La conclusion honnêteDire que « l'adduction à la machine prévient les pubalgies » revient à transférer à un exercice le résultat obtenu avec un autre. Ce que l'on peut affirmer, c'est que la force des adducteurs est un facteur de risque modifiable, et que la renforcer a du sens. Ce que l'on ne peut pas affirmer, c'est que cette machine produise le même effet préventif que l'exercice évalué.
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Machine ou adduction de Copenhague ?

Adduction à la machineAdduction de Copenhague
MatérielMachine de salle.Un banc ou un partenaire. Rien d'autre.
PositionAssis, hanches fléchies.Appui latéral, corps aligné, gainage important.
Régime dominantConcentrique, excentrique si l'on freine.Fortement excentrique, très exigeant.
Niveau de preuvePas d'essai de prévention spécifique.Réduction de 41 % des problèmes d'aine chez des footballeurs[1].
AccessibilitéTrès accessible, y compris débutants et personnes limitées.Difficile d'emblée, nécessite des régressions.
Point faibleTransfert limité au geste sportif.Observance faible dans la durée[2].
Une nuance qui remet les choses en placeL'exercice le mieux démontré souffre d'un vrai problème d'application : dans l'étude d'accompagnement, seuls 46 % des joueurs déclaraient l'avoir suivi comme prescrit, et 31 % seulement comptaient le poursuivre[2]. Un exercice bien exécuté avec régularité vaut mieux qu'un exercice supérieur sur le papier mais abandonné au bout de trois semaines. C'est le principal argument en faveur de la machine.
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À qui cette machine est vraiment utile

  • Aux débutants, qui découvrent la contraction d'un groupe musculaire souvent négligé, sans exigence de coordination.
  • En rééducation ou en reprise, quand un mouvement libre reste trop contraignant : la charge se dose finement et le trajet est guidé. À conduire avec le professionnel qui vous suit.
  • En complément d'isolation, pour ajouter du volume de travail sur les adducteurs après les exercices polyarticulaires.
  • Aux personnes ayant des limitations articulaires rendant les squats larges ou les fentes difficiles.
  • Comme première marche vers l'adduction de Copenhague, dont elle prépare la tolérance.
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Les limites, dites franchement

  • Un transfert limité au sport : les adducteurs se blessent en freinant un écartement brutal, debout, en appui, souvent en pleine course. Une machine assise ne reproduit pas cette situation.
  • Un travail en chaîne ouverte, le pied libre, alors que la majorité des gestes du bas du corps s'effectuent pied au sol.
  • Pas de sollicitation du gainage ni de l'équilibre, contrairement aux variantes debout ou en appui latéral.
  • Un argument souvent avancé et pourtant faux : la machine ne « supprime pas les risques de mauvaise exécution ». Elle limite les erreurs de trajectoire, ce qui n'est pas la même chose — on peut parfaitement se blesser en chargeant trop ou en réglant une amplitude excessive.
  • Un intérêt modeste si votre programme est déjà complet : squats larges, fentes latérales et travail unipodal sollicitent déjà largement les adducteurs.
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Les alternatives et compléments

ExerciceIntérêt
Adduction de CopenhagueLe mieux documenté pour la prévention. À aborder par des versions régressées : genou fléchi en appui, amplitude réduite.
Squat sumoSollicite les adducteurs dans un mouvement complet et fonctionnel, avec quadriceps et fessiers.
Fente latéraleTravail en charge et en amplitude, debout, proche des contraintes réelles.
Adduction à la poulie basseDebout, sur une jambe : sollicite en plus la stabilité du bassin.
Serrage isométrique d'un ballonSans matériel, utile en reprise progressive après une douleur d'aine.
Élastique en adductionAlternative à domicile, résistance croissante en fin d'amplitude.
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Précautions

Demandez un avis avant de l'utiliser En cas de douleur d'aine évoluant depuis plusieurs semaines ou de pubalgie connue ; après une lésion récente des adducteurs, où la reprise se conduit par paliers encadrés ; après une prothèse de hanche, certains mouvements pouvant être limités selon la technique chirurgicale ; pendant et après une grossesse, en raison des contraintes sur le plancher pelvien et la symphyse ; et devant toute douleur qui persiste après la séance ou réapparaît le lendemain. Voir prévention des blessures.
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Comment l'intégrer à un programme

  • En fin de séance jambes, après squats, fentes et travail des ischio-jambiers.
  • 1 à 2 fois par semaine suffisent pour un objectif de renforcement général.
  • En superset avec l'abduction pour équilibrer le travail interne et externe de la hanche.
  • Sans négliger le reste : c'est un complément, pas la base. Voir le programme jambes.
  • Avec un travail de mobilité de hanche en parallèle, plutôt qu'en cherchant l'amplitude sur la machine elle-même. Voir le guide des étirements.
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En résumé. L'adduction à la machine est un bon exercice d'isolation : accessible, guidé, facile à doser, précieux pour les débutants, en reprise ou en complément de volume. Exécutée correctement — écartement de départ raisonnable, dos plaqué, retour freiné sur trois secondes — elle renforce réellement l'intérieur des cuisses.

Deux promesses sont en revanche à écarter. Elle n'affine pas les cuisses : la perte de graisse localisée n'existe pas, et c'est le déficit calorique global qui décide, pas le choix de l'exercice. Et elle ne prévient pas les pubalgies au sens où l'entend l'étude souvent citée : la réduction de 41 % observée chez des footballeurs a été obtenue avec l'adduction de Copenhague, un exercice excentrique en appui latéral, mécaniquement très différent.

Si votre objectif est esthétique ou de renforcement général, la machine fait le travail. Si votre objectif est de protéger vos adducteurs pour un sport à changements de direction, orientez-vous vers l'adduction de Copenhague — en gardant à l'esprit que l'exercice que vous ferez réellement chaque semaine vaut mieux que celui que vous abandonnerez.

Aller plus loin

FAQ — L'adduction à la machine

L'adduction à la machine fait-elle maigrir des cuisses ?

Non. La perte de graisse localisée n'existe pas : aucun exercice ne fait fondre la graisse de la zone qu'il sollicite. La graisse est mobilisée sous forme d'acides gras libérés dans la circulation générale, puis utilisée par l'ensemble de l'organisme, et la répartition des zones où l'on perd dépend de facteurs génétiques et hormonaux. Ce qui fonctionne : un déficit calorique modéré, une activité physique globale et du renforcement pour préserver la masse maigre. La machine peut développer légèrement le muscle et modifier la forme, mais c'est une autre promesse.

Combien de séries et de répétitions faire ?

Pour une découverte ou une reprise : 2 à 3 séries de 12 à 15 répétitions avec une charge légère. Pour du renforcement général : 3 à 4 séries de 10 à 15 répétitions. Pour un travail de force, réservé à ceux qui maîtrisent le mouvement : 3 à 4 séries de 8 à 10. Une à deux séances par semaine suffisent, en fin de séance jambes. Progressez d'abord en amplitude et en contrôle, ensuite en charge.

Cet exercice prévient-il les pubalgies ?

Pas au sens où on l'entend souvent. L'essai de référence a réparti 35 équipes de football norvégiennes et observé une prévalence de problèmes d'aine de 13,5 % contre 21,3 %, soit un risque inférieur de 41 %. Mais le programme testé reposait sur l'adduction de Copenhague, un exercice au poids du corps en appui latéral à forte composante excentrique — mécaniquement très différent d'un mouvement guidé assis. Ce qu'on peut dire : la force des adducteurs est un facteur de risque modifiable et la renforcer a du sens.

Quelle est la principale erreur à éviter ?

Laisser les jambes s'ouvrir sans freiner au retour. C'est la phase excentrique qui rend le muscle résistant, et la négliger supprime une grande partie du bénéfice. Comptez environ trois secondes pour revenir. Les autres erreurs fréquentes : régler un écartement de départ trop large en croyant gagner en souplesse, claquer les coussins en fin de mouvement, charger trop lourd et compenser en cambrant ou en décollant le bassin, et placer les genoux plutôt que les faces internes des cuisses contre les coussins.

Machine à adducteurs ou adduction de Copenhague ?

Cela dépend de l'objectif. Pour un renforcement général, une reprise ou un début, la machine est accessible, guidée et facile à doser. Pour protéger ses adducteurs dans un sport à changements de direction, l'adduction de Copenhague est mieux documentée. Mais elle souffre d'un vrai problème d'observance : dans l'étude d'accompagnement, seuls 46 % des joueurs déclaraient l'avoir suivie comme prescrit et 31 % comptaient la poursuivre. L'exercice réellement fait chaque semaine vaut mieux que le meilleur exercice abandonné.

Quels muscles travaille l'adduction à la machine ?

Principalement les cinq adducteurs : grand adducteur, long adducteur, court adducteur, pectiné et gracile. Le grand adducteur mérite une mention particulière, sa portion postérieure étant aussi un puissant extenseur de hanche. Le gracile est le seul à croiser le genou. À noter que certains adducteurs — pectiné et court adducteur — sont eux-mêmes des fléchisseurs de hanche : il ne s'agit donc pas d'un groupe séparé qui viendrait aider. Les fessiers n'interviennent qu'en stabilisation.

Peut-on faire cet exercice en cas de douleur à l'aine ?

Pas sans avis. Une douleur d'aine évoluant depuis plusieurs semaines, une pubalgie connue ou une lésion récente des adducteurs imposent un avis médical avant reprise, celle-ci se conduisant par paliers encadrés. Prudence également après une prothèse de hanche, où certains mouvements peuvent être limités, et pendant ou après une grossesse. Une douleur au pli de l'aine pendant la série doit toujours faire arrêter, et une douleur qui persiste après la séance ou revient le lendemain doit faire réévaluer.

Sources et références

  1. Harøy J, Clarsen B, Wiger EG, Øyen MG, Serner A, Thorborg K, Hölmich P, Andersen TE, Bahr R. The Adductor Strengthening Programme prevents groin problems among male football players : a cluster-randomised controlled trial. British Journal of Sports Medicine, 2019 ;53(3) :145-152. Essai contrôlé randomisé en grappes : 35 équipes de football semi-professionnelles norvégiennes réparties en un groupe intervention (18 équipes, 339 joueurs) et un groupe contrôle (17 équipes, 313 joueurs) ; programme fondé sur l'exercice d'adduction de Copenhague, réalisé en présaison puis durant la saison. Prévalence moyenne des problèmes d'aine sur la saison : 13,5 % (IC 95 % : 12,3-14,7) dans le groupe intervention contre 21,3 % (IC 95 % : 20,0-22,6) dans le groupe contrôle ; risque de rapporter un problème d'aine inférieur de 41 % (odds ratio 0,59 ; IC 95 % : 0,40-0,86 ; p = 0,008). Les auteurs soulignent que les programmes de prévention spécifiques à l'aine antérieurs n'avaient pas démontré de réduction significative, et que la force d'adduction de hanche constitue un facteur de risque modifiable. doi:10.1136/bjsports-2017-098937
  2. The neuromuscular effects of the Copenhagen adductor exercise : a systematic review. International Journal of Sports Physical Therapy. Revue systématique montrant que des gains de force sont associés à l'exercice d'adduction de Copenhague, la recherche sur son effet en matière de réduction des lésions des adducteurs étant plus récente. La revue rapporte également les données d'observance issues du suivi de l'essai norvégien : seuls 46 % des joueurs déclaraient avoir suivi le programme tel que prescrit et 31 % déclaraient vouloir le poursuivre après l'étude, un travail ultérieur faisant état d'une observance encore plus faible. Complément : Harøy J, et coll. Implementation of the Adductor Strengthening Programme : players primed for adoption but reluctant to maintain — a cross-sectional study. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 2019 ;29(8) :1092-1100.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical ou l'accompagnement d'un professionnel qualifié. Une douleur au pli de l'aine pendant l'exercice doit faire arrêter la série. Une douleur d'aine persistante, une pubalgie connue, une lésion récente des adducteurs, une prothèse de hanche, une grossesse en cours ou récente imposent un avis avant d'utiliser cet exercice.

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