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Un bout de caoutchouc à quinze euros peut-il rivaliser avec une machine de salle ? Une méta-analyse a posé exactement la question, et sa réponse surprend — y compris ceux qui prennent l'élastique pour un pis-aller. Reste un piège, propre à l'élastique, qui fait rater l'exercice à la plupart des débutants.

Qu'est-ce que le tirage horizontal avec élastique ?

Assis ou debout, un élastique ancré devant vous à hauteur du nombril : on tire les poignées vers le bas des côtes en amenant les coudes vers l'arrière, puis on revient en contrôle. C'est un tirage horizontal, autrement dit un rowing — le mouvement de référence pour l'épaisseur du dos et la posture.

Il reproduit le geste du tirage horizontal à la poulie, mais sans machine, sans charge et sans salle. C'est un mouvement polyarticulaire : épaule, omoplate et coude bougent ensemble.

  • Deux montages possibles : élastique passé derrière les pieds, assis jambes tendues (le plus courant à la maison), ou ancré à un point fixe à hauteur de nombril (porte, poteau, pied de meuble lourd).
  • Un accessoire qui tient dans un sac : c'est l'un des rares exercices de dos réellement transportable.
  • Contrainte lombaire faible : contrairement au rowing barre, le buste n'est pas penché sous une charge.
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Les muscles sollicités

RôleMuscles
Moteurs principauxLe grand dorsal et le grand rond, qui ramènent le bras vers l'arrière. Voir les muscles du dos.
Épaisseur du dosLes rhomboïdes et les trapèzes moyen et inférieur, responsables de la rétraction et de l'abaissement des omoplates — le cœur du bénéfice postural.
Arrière d'épauleLe deltoïde postérieur, d'autant plus sollicité que les coudes s'écartent du buste. Voir les épaules.
Fléchisseurs du coudeLe biceps et le brachial antérieur, assistants — jamais moteurs. Voir les biceps.
Stabilisation de l'épauleLes muscles de la coiffe des rotateurs, qui centrent la tête humérale pendant le tirage.
GainageLes érecteurs du rachis et la sangle abdominale, qui empêchent le buste de basculer en arrière à chaque répétition. Voir les abdominaux.
L'image qui aidePensez à « fermer une fermeture éclair entre vos omoplates », puis à « mettre les coudes dans les poches arrière ». Ces deux consignes suffisent à faire basculer le travail des bras vers le dos.
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Élastique ou charges : ce que dit la science

C'est la question qui décide de tout : l'élastique est-il un vrai outil d'entraînement, ou un dépannage en attendant mieux ? Les données existent, et elles sont claires.

Aucune supériorité des charges classiques

Une revue systématique avec méta-analyse a comparé l'entraînement en résistance élastique (bandes et tubes) à l'entraînement en résistance conventionnelle (machines et haltères) sur le gain de force musculaire[1].

Résultat : aucune différence statistiquement significative entre les deux méthodes, ni pour le haut du corps (différence moyenne standardisée de 0,09 ; IC 95 % : −0,18 à 0,35 ; p = 0,52), ni pour le bas du corps (−0,11 ; IC 95 % : −0,40 à 0,19 ; p = 0,48). Les auteurs concluent que la résistance élastique produit des gains de force similaires à la résistance conventionnelle, chez des profils de population variés et avec des protocoles divers.

La nuance honnêteCette méta-analyse ne regroupe que huit études, et les protocoles étaient hétérogènes. Elle montre une équivalence sur le gain de force, pas que l'élastique remplace la barre en toutes circonstances. Un pratiquant avancé qui tire 100 kg au rowing atteindra vite le plafond de ses bandes : l'élastique reste limité pour la surcharge lourde. Le message utile est ailleurs — pour la grande majorité des pratiquants, et notamment à la maison, l'élastique n'est pas un compromis au rabais.
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La courbe de résistance : l'atout et le piège de l'élastique

La différence de fond entre un élastique et une charge n'est pas la force développée, mais la façon dont la résistance évolue au cours du mouvement.

ÉlastiquePoids libres ou machine
Début du mouvementRésistance faibleRésistance déjà maximale
Fin du mouvementRésistance maximaleRésistance identique ou décroissante
ConséquenceContraction finale très marquée ; peu de tension à l'étirementTension présente dès l'étirement
Le piège, et comment l'éviter

L'atout : la résistance croissante correspond bien à la position où votre dos est le plus fort, c'est-à-dire en fin de rétraction. La contraction finale y est franche, et les articulations subissent peu de pics de contrainte en début d'amplitude.

Le piège : si vous êtes trop près de l'ancrage, l'élastique est détendu au départ. Vous passez alors la première moitié du mouvement à ne rien faire — et vous perdez précisément la zone d'étirement du grand dorsal, celle qui compte pour la construction musculaire.

La correction : reculez jusqu'à ce que l'élastique soit déjà légèrement tendu bras tendus, avant même de commencer à tirer. Il ne doit jamais y avoir de zone molle.

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La technique, pas à pas

Tirage horizontal avec élastique : assis jambes tendues, élastique passé derrière les pieds, tirage des coudes vers l'arrière jusqu'au bas des côtes, dos droit
Le tirage horizontal avec élastique : dos droit, coudes qui longent le buste et remontent vers l'arrière jusqu'au bas des côtes. Les omoplates se rapprochent avant que les coudes ne se plient.

L'installation

  1. L'ancrage. Fixez l'élastique à hauteur du nombril sur un point solide : ancrage de porte prévu à cet effet, poteau, pied de meuble lourd. Ou passez-le derrière vos pieds, assis jambes tendues.
  2. La position. Assis ou à genoux, dos droit, poitrine ouverte, nuque longue, regard à l'horizon.
  3. La prise. Poignées ou extrémités tenues en prise neutre, paumes face à face, bras tendus devant vous.
  4. La distance. Reculez jusqu'à ce que l'élastique soit déjà tendu bras tendus. C'est le réglage le plus important.
  5. Le gainage. Côtes rentrées, bassin neutre, abdominaux engagés. Le buste ne doit pas basculer.

Le mouvement

  1. L'amorce. Rapprochez d'abord les omoplates de la colonne, en les laissant aussi glisser vers le bas. Les coudes ne bougent pas encore.
  2. La traction. Tirez ensuite les coudes vers l'arrière et légèrement vers le bas, en les gardant proches du buste.
  3. La fin d'amplitude. Arrêtez quand les mains arrivent au bas des côtes, avant que les épaules ne partent en avant. Tenez une seconde.
  4. Le retour. Tendez les bras en 2 à 3 secondes, en laissant les omoplates s'éloigner l'une de l'autre — sans arrondir le haut du dos ni laisser l'élastique vous ramener brutalement.
  5. La respiration. Expirez en tirant, inspirez au retour.
Le test de la servietteGlissez une petite serviette roulée entre votre coude et votre flanc. Si elle tombe pendant la série, vos coudes s'écartent trop : le travail quitte le dos pour partir sur l'arrière d'épaule et le trapèze supérieur.
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Le geste-clé : amorcer par les omoplates

Ce qui sépare un tirage de dos d'un curl assis

La plainte la plus fréquente sur tous les tirages : « je sens mes biceps, pas mon dos ». La cause est presque toujours la même : vous démarrez le mouvement en pliant le coude. Le biceps étant un fléchisseur du coude, s'il lance le geste, il prend la charge et le dos suit en spectateur.

La correction : avant de plier quoi que ce soit, rapprochez les omoplates de la colonne d'un ou deux centimètres. Vos mains doivent reculer légèrement avant que les coudes ne se plient. Ensuite seulement, tirez.

Le repère : vos mains ne sont que des crochets. Ce sont les coudes que vous conduisez vers l'arrière, pas les poignées que vous ramenez vers vous.

Le test : prenez un élastique très léger et faites dix « rétractions » seules, bras tendus, coudes verrouillés : seules les omoplates bougent. Si vous sentez le milieu du dos travailler, vous avez trouvé le mouvement à amorcer.

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Bien régler la tension

Avec des haltères, la charge est chiffrée. Avec un élastique, elle dépend de trois paramètres que vous pouvez ajuster indépendamment — c'est sa souplesse, et sa difficulté.

ParamètreEffet
La force de la bandeLe réglage le plus évident : bande plus épaisse = résistance plus forte sur toute l'amplitude.
La distance à l'ancrageReculer augmente la pré-tension et donc la résistance dès le départ. C'est le réglage le plus fin.
Le raccourcissement de la bandeEnrouler l'élastique autour des mains ou doubler la boucle augmente fortement la tension. Effet marqué : à ajuster par petites touches.
Le bon réglage en une phraseChoisissez une tension qui vous laisse 2 à 3 répétitions de marge sur 12 à 15 répétitions propres, sans que le buste bascule en arrière ni que les épaules montent. Si vous devez vous pencher pour finir la série, la bande est trop forte.
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Les erreurs à éviter

ErreurConséquenceCorrection
Zone molle au départLa moitié du mouvement se fait sans résistanceReculer jusqu'à ce que l'élastique soit déjà tendu bras tendus
Démarrer en pliant le coudeLe biceps prend la charge, le dos ne travaille pasAmorcer par la rétraction des omoplates
Hausser les épaules en tirantLe trapèze supérieur compense, tension cervicaleÉpaules loin des oreilles, coudes vers le bas
Basculer le buste en arrièreTriche par le tronc, stress lombaireGainage costal, fessiers engagés, tension réduite
Coudes qui s'écartent tropLe travail quitte le dos pour l'arrière d'épauleTest de la serviette : coudes proches du buste
Retour non contrôléL'élastique vous ramène, la moitié du travail est perdue2 à 3 secondes de retour freiné
Amplitude écourtéeMoins de stimulation, surtout à l'étirementBras presque tendus au départ, mains au bas des côtes en fin
Bande trop forte trop tôtTechnique dégradée dès la troisième répétitionGarder 2 à 3 répétitions de marge
Ancrage improviséRisque réel de retour d'élastique au visagePoint d'ancrage solide, vérifié avant chaque série
Élastique uséRupture brutale sous tensionVérifier fissures et zones blanchies avant utilisation
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Séries, répétitions et progression

NiveauFormatRepos
Débutant3 séries de 12 à 15 répétitions, bande légère à moyenne, tempo 2-1-260 à 90 s
Intermédiaire4 séries de 10 à 12 répétitions, pause de 1 à 2 s en fin d'amplitude75 à 120 s
Avancé4 à 5 séries de 8 à 12 répétitions, variantes unilatérales ou tempo 3-1-390 à 120 s
Fréquence2 à 4 fois par semaine selon votre volume total de tirage

Comment progresser quand on n'a pas de kilos

C'est la difficulté propre à l'élastique : pas de plaques à ajouter. Voici les leviers, du plus fin au plus marqué.

  1. Ajouter des répétitions jusqu'au haut de votre fourchette, en gardant la même qualité.
  2. Reculer de dix centimètres par rapport à l'ancrage : la pré-tension augmente sans changer de bande.
  3. Ralentir le tempo : passer d'un retour de 2 secondes à 3 secondes augmente nettement le temps sous tension.
  4. Ajouter une pause de 2 à 3 secondes en fin d'amplitude, omoplates serrées.
  5. Passer en unilatéral : la charge par bras double, et le tronc travaille en anti-rotation.
  6. Changer de bande pour une résistance supérieure, ou en superposer deux.
  7. Terminer par un isométrique de 10 à 20 secondes en fin d'amplitude pour finir les rhomboïdes.
Le principeSur élastique, on progresse d'abord par le temps sous tension et la pré-tension, ensuite seulement par la force de la bande. C'est plus progressif qu'un saut de 5 kg, et souvent mieux toléré. Voir la surcharge progressive.
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Les variantes

VarianteCe qu'elle apporte
Assis, élastique derrière les piedsLa version de référence à domicile : stable, aucun ancrage nécessaire.
Debout, élastique ancréAjoute du gainage debout ; plus proche du geste fonctionnel de tirage.
UnilatéralDouble la charge par bras, corrige les asymétries et impose un travail anti-rotation du tronc.
Prise pronation, coudes ouvertsAccent sur les trapèzes moyens, les rhomboïdes et l'arrière d'épaule : la version la plus posturale.
Prise neutre, coudes serrésAccent sur le grand dorsal et le grand rond.
À genouxSupprime la triche par les jambes et le bassin.
Tempo lent 3-1-3Augmente le temps sous tension sans changer de bande.
Isométrique en fin d'amplitude10 à 20 s omoplates serrées : excellent finisher postural.

Pour compléter le dos dans l'autre plan, associez un tirage vertical : tractions inversées, tractions ou tirage vertical à l'élastique.

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Élastique, poulie ou haltères : lequel choisir ?

CritèreÉlastiquePoulieHaltères
RésistanceCroissante : faible en bas, forte en finConstante sur toute l'amplitudeVariable selon l'angle
Tension à l'étirementFaibleBonneBonne
Charge maximaleLimitéeÉlevéeÉlevée
Gain de forceComparable entre élastique et charges classiques d'après la méta-analyse disponible[1]
Contrainte articulaireFaibleFaibleModérée
Matériel et coûtTrès faible, transportableSalle nécessaireEncombrant
ProgressionPar paliers moins précisChiffrée et fineChiffrée

La conclusion pratique : l'élastique est excellent à domicile, en voyage, en échauffement ou en finisher, et il ne vous fera pas moins progresser en force qu'une machine pour la plupart des objectifs. En salle, la poulie garde l'avantage de la tension constante et d'une progression chiffrée — les deux se complètent très bien. Voir aussi le rowing haltère à un bras.

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Programme maison de 4 semaines

Deux à trois séances par semaine, à intégrer dans une routine plus large. Voir les exercices de dos à la maison.

  • Semaine 1 : 3 × 12 répétitions, bande légère, tempo 2-1-2. Objectif : sentir les omoplates, pas la charge.
  • Semaine 2 : 3 × 15, même bande, avec 1 seconde de pause en fin d'amplitude.
  • Semaine 3 : 4 × 12, en reculant de dix centimètres par rapport à la semaine précédente, retour ralenti à 3 secondes.
  • Semaine 4 : 4 × 10 avec une bande plus forte, ou 3 × 10 par bras en unilatéral. Terminer par un isométrique de 15 secondes.
Pour équilibrer la séanceAssociez ce tirage à un mouvement de poussée en superset — pompes ou développé couché à l'élastique. Une série de tirage, une série de poussée : c'est la façon la plus simple de préserver l'équilibre musculaire du haut du corps.
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Précautions

  • Vérifiez l'élastique avant chaque séance : fissures, zones blanchies, micro-déchirures. Une bande qui cède sous tension peut revenir violemment au visage.
  • L'ancrage doit être solide : les ancrages de porte prévus pour cet usage, oui ; une poignée de porte ou un pied de chaise, non.
  • Ne travaillez jamais dans l'axe des yeux : gardez le visage hors de la trajectoire de retour de la bande.
  • Douleur d'épaule : réduisez la tension, rapprochez les coudes du buste et vérifiez que les épaules ne montent pas. Voir les épaules.
  • Antécédent lombaire : la version assise dos droit est bien tolérée ; évitez de basculer le buste pour finir la série. Voir la lombalgie.
  • Échauffement : quelques rétractions scapulaires et une série très légère avant de charger. Voir l'échauffement musculaire.
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En résumé. Le tirage horizontal avec élastique est un vrai exercice de dos, pas un dépannage. La méta-analyse disponible ne trouve aucune supériorité des charges classiques sur la résistance élastique pour le gain de force, ni pour le haut ni pour le bas du corps. Avec une nuance : elle repose sur huit études, et l'élastique reste limité pour la surcharge très lourde.

Le piège propre à cet outil tient à sa courbe de résistance : faible au départ, forte en fin d'amplitude. Si vous restez trop près de l'ancrage, vous perdez toute la première moitié du mouvement. Reculez jusqu'à ce que la bande soit déjà tendue bras tendus — c'est le réglage le plus important de l'exercice.

Pour le reste, une seule consigne domine : amorcez par les omoplates, puis conduisez les coudes vers l'arrière, mains au bas des côtes. Vos mains ne sont que des crochets. Épaules basses, buste immobile, retour freiné sur trois secondes — et vous obtenez, avec un accessoire qui tient dans un sac, l'un des meilleurs mouvements pour l'épaisseur du dos et la posture.

Aller plus loin

FAQ — Le tirage horizontal avec élastique

Quels muscles travaille le tirage horizontal avec élastique ?

Principalement le grand dorsal et le grand rond, qui ramènent le bras vers l'arrière, ainsi que les rhomboïdes et les trapèzes moyen et inférieur, responsables de la rétraction des omoplates et du bénéfice postural. Le deltoïde postérieur participe, d'autant plus que les coudes s'écartent. Le biceps et le brachial antérieur assistent la flexion du coude, la coiffe des rotateurs stabilise l'épaule, et les érecteurs du rachis et la sangle abdominale empêchent le buste de basculer.

L'élastique est-il aussi efficace que les charges classiques ?

Pour le gain de force, oui. Une revue systématique avec méta-analyse comparant résistance élastique et résistance conventionnelle n'a trouvé aucune différence statistiquement significative, ni pour le haut du corps ni pour le bas du corps, chez des profils de population variés. À nuancer toutefois : cette méta-analyse ne regroupe que huit études, et l'élastique reste limité pour la surcharge très lourde. Pour la grande majorité des pratiquants, et notamment à domicile, ce n'est pas un compromis au rabais.

Comment régler la bonne tension ?

Trois paramètres se règlent indépendamment : la force de la bande, la distance à l'ancrage et le raccourcissement de l'élastique autour des mains. Le plus important : reculez jusqu'à ce que la bande soit déjà légèrement tendue bras tendus, avant même de tirer. Choisissez ensuite une tension qui vous laisse 2 à 3 répétitions de marge sur 12 à 15 répétitions propres. Si vous devez basculer le buste en arrière pour finir la série, la bande est trop forte.

Pourquoi je sens mes biceps et pas mon dos ?

Parce que vous démarrez le mouvement en pliant le coude. Le biceps étant un fléchisseur du coude, s'il lance le geste, il prend la charge et le dos ne fait que suivre. La correction : avant de plier quoi que ce soit, rapprochez les omoplates de la colonne d'un ou deux centimètres, puis conduisez les coudes vers l'arrière. Vos mains ne sont que des crochets. Testez avec une bande très légère en faisant dix rétractions seules, coudes verrouillés.

Comment progresser sans pouvoir ajouter de kilos ?

Sept leviers, du plus fin au plus marqué : ajouter des répétitions, reculer de dix centimètres par rapport à l'ancrage pour augmenter la pré-tension, ralentir le retour de 2 à 3 secondes, ajouter une pause de 2 à 3 secondes en fin d'amplitude, passer en unilatéral pour doubler la charge par bras, changer de bande ou en superposer deux, et terminer par un isométrique de 10 à 20 secondes. Progressez d'abord par le temps sous tension, ensuite par la force de la bande.

Faut-il ancrer l'élastique ou le passer derrière les pieds ?

Les deux fonctionnent. Assis jambes tendues avec l'élastique derrière les pieds est la version de référence à domicile : stable, aucun ancrage nécessaire, et la hauteur de traction est naturellement correcte. L'ancrage à un point fixe, à hauteur de nombril, permet de travailler debout ou à genoux et ajoute du gainage. Dans ce cas, utilisez un ancrage de porte prévu pour cet usage ou un point réellement solide, jamais une poignée de porte ni un pied de chaise.

Jusqu'où faut-il tirer ?

Jusqu'à ce que les mains arrivent au niveau du bas des côtes, coudes passés derrière la ligne du buste, avant que les épaules ne partent en avant. Marquez une seconde à ce point, omoplates serrées. Au retour, tendez presque complètement les bras en laissant les omoplates s'éloigner, sans arrondir le haut du dos. Une amplitude écourtée réduit la stimulation, en particulier dans la zone d'étirement du grand dorsal.

Quelle prise choisir : neutre ou pronation ?

La prise neutre, paumes face à face, avec les coudes proches du buste, met l'accent sur le grand dorsal et le grand rond. La prise pronation, paumes vers le bas, ouvre naturellement les coudes et accentue les trapèzes moyens, les rhomboïdes et l'arrière d'épaule : c'est la version la plus intéressante pour la posture. Aucune n'est supérieure ; alternez selon l'objectif de la séance et votre confort articulaire.

Combien de séances par semaine ?

Deux à quatre fois par semaine selon votre volume total de tirage. Comptez 3 séries de 12 à 15 répétitions pour débuter, 4 séries de 10 à 12 en intermédiaire, avec 60 à 120 secondes de repos. Comme la contrainte articulaire est faible, cet exercice supporte bien une fréquence élevée : il peut même servir en activation d'échauffement, en rappel postural quotidien de deux mini-séries, ou en finisher de séance dos.

Le tirage horizontal améliore-t-il vraiment la posture ?

Il y contribue, en renforçant les muscles qui rétractent et abaissent les omoplates, précisément ceux que la position assise prolongée laisse s'affaiblir. C'est le contrepoids logique des épaules enroulées. Attention toutefois à ne pas en attendre une correction posturale à lui seul : la posture dépend aussi de la mobilité thoracique, de la souplesse des pectoraux et surtout des habitudes quotidiennes. Combinez le renforcement avec des étirements des pectoraux et des pauses régulières.

Quelle différence avec le tirage vertical ?

Le tirage horizontal amène les coudes vers l'arrière dans le plan du sol : il met l'accent sur les rhomboïdes, les trapèzes moyens et l'épaisseur du dos, avec un fort bénéfice postural. Le tirage vertical, type traction ou tirage poitrine, amène les bras du haut vers le bas et développe davantage la largeur via le grand dorsal. Ce ne sont pas des concurrents mais deux plans complémentaires : un dos complet a besoin des deux.

Quelle bande élastique choisir pour débuter ?

Un jeu de trois à cinq bandes de résistances différentes est le meilleur investissement : cela permet d'adapter la tension selon les exercices et de progresser sans racheter de matériel. Pour le tirage horizontal, une bande légère à moyenne convient au départ. Privilégiez les modèles avec poignées et un ancrage de porte dédié pour le confort et la sécurité, et vérifiez systématiquement l'état du caoutchouc avant chaque séance.

Sources et références

  1. Lopes JSS, Machado AF, Micheletti JK, de Almeida AC, Cavina AP, Pastre CM. Effects of training with elastic resistance versus conventional resistance on muscular strength : a systematic review and meta-analysis. SAGE Open Medicine, 2019 ;7 :2050312119831116. Revue systématique avec méta-analyse comparant l'entraînement en résistance élastique (bandes et tubes) et en résistance conventionnelle (machines et haltères) sur le gain de force musculaire, à partir de huit études issues de PubMed/MEDLINE, EMBASE, PEDro et CENTRAL. Aucune supériorité d'une méthode sur l'autre n'est mise en évidence, ni pour les membres inférieurs (différence moyenne standardisée −0,11 ; IC 95 % : −0,40 à 0,19 ; p = 0,48), ni pour les membres supérieurs (0,09 ; IC 95 % : −0,18 à 0,35 ; p = 0,52). doi:10.1177/2050312119831116
  2. Lehman GJ, Buchan DD, Lundy A, Myers N, Nalborczyk A. Variations in muscle activation levels during traditional latissimus dorsi weight training exercises : an experimental study. Dynamic Medicine, 2004 ;3(1) :4. Étude électromyographique montrant que les variations de prise et de position modifient le niveau d'activation du grand dorsal lors des exercices de tirage, ce qui justifie de varier prises et angles plutôt que de répéter un seul montage.
  3. Sur l'anatomie fonctionnelle du tirage horizontal : le grand dorsal et le grand rond assurent l'extension et l'adduction de l'épaule ; les rhomboïdes et les trapèzes moyen et inférieur assurent la rétraction et l'abaissement de l'omoplate. Un tirage horizontal recrute davantage les fixateurs de l'omoplate qu'un tirage vertical, ce qui explique son intérêt postural. Données de référence en anatomie fonctionnelle du membre supérieur.
  4. Sur la courbe de résistance des bandes élastiques : la force développée par une bande élastique augmente avec son allongement, produisant une résistance croissante au cours du mouvement, à la différence des charges gravitaires dont la résistance dépend de l'angle articulaire. Cette caractéristique implique de pré-tendre la bande en position de départ pour éviter une zone sans résistance en début d'amplitude. Principe appliqué en préparation physique et en rééducation.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel qualifié. Vérifiez l'état de votre élastique et la solidité de votre point d'ancrage avant chaque série : une bande qui cède sous tension peut occasionner une blessure. Une douleur d'épaule ou un antécédent lombaire justifient une adaptation ou un avis avant de pratiquer cet exercice.